Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Lhysender le Ven 24 Juil 2015, 18:54

Comme dirait ce bon vieux Joseph Joestar: "Oh my god !"

Ce chapitre c'est la définition même du: "On est dans la mouise...". Et décidément, ces elfes avec leur grand air supérieur là...si ils font du mal à Elsa, y vont savoir de quel bois je me chauffe ! :tronçonneuse:

*Elfes sylvains, bois, jeu de mot pourri, tout ça..* jesuisdehors

Et cette fichue araignée qui refuse de mourir ! J'ai seulement vu une telle dissidence chez les chats, et encore !

Bref, comme d'habitude, les descriptions sont juste magnifiques, c'est toujours aussi bien décrit et le sentiment de désespoir est bien présent. En d'autres termes, encore un excellent chapitre !

Vivement la suite ! Very Happy
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Ven 24 Juil 2015, 19:51

Ce jeu de mot était génial! On te remettra une médaille et trois Oscars Lhys.^^
Ah oui, les elfes ont beau être 'les plus sages et les plus respectables de toutes les créatures' ils ne sont pas sans défauts. bravo
C'est sûr que je pourrai appeler ce chapitre 'on est dans la mouise', ou même juste 'et merde!' Razz
Bref, content de continuer à te plaire, et j'espère ne pas mettre trop longtemps avant de poster la suite.^^

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Micky93 le Ven 31 Juil 2015, 22:22

J'ai rattrapé mon retard ! bravo

Bon bah, que dire mise à part que c'est un encore et toujours un excellent chapitre.  Very Happy Comme d'habitude quoi. bravo En tout cas, je suis content d'apprendre qu'Elsa va finalement atterrir chez les elfes. Bah oui, moi qui croyait qu'elle allait venir délivrer les nains avec l'aide de Bilbon. D'ailleurs, j'ai hâte de voir comment va se dérouler cette rencontre.

Bref, je dis donc vivement la suite mon cher M.B ! bravo
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Invité le Sam 08 Aoû 2015, 14:26

Coucou Baggins n__n

Bon, déjà je peux commencer par noter la date, et l'heure -ça devient une habitude quand je vois la longueur de tes merveilleux chapitres, mais là j'ai juste envie de pleurer en voyant que j'en ai quatre de retard tu vois xD - Bon donc. Nous sommes le 06 août 2015 (oui, précisons l'année sait-on jamais bravo ) et il est 21h24. Ok, il me reste 36 minutes pour tout lire, tout va bien ! Go go go !

Chapitre 5 !

J'ai déjà lu ce chapitre, mais j'étais dans l'incapacité de commenter, donc on va recommencer et faire ça bien cette fois.

Alors déjà, il me semble que tu en a déjà fait, mais pas souvent, des petites "remarques" comme si tu t'adresse aux lecteurs. Enfin, tu ne t'adresse peut-être pas à eux mais on a l'impression de changer de type de narrateur, et une fois de temps je trouve ça plaisant, donc très sympa que tu l'ais fait pour ce début de chapitre Smile

Elsa fut d'ailleurs parcourue d'un frisson lorsqu'elle les vit enfin: ils étaient noirâtres, leurs troncs étaient tordus, emmêlés, tourmentés, leur écorce s'écaillait en de nombreux endroits, laissant couler un liquide gluant et odorant qui gouttait lentement sur le sol de terre sombre et humide, tapissée de feuilles mortes et sombres et parcourue de plantes rampantes, semblables à des prédateurs à l'affut se tapissant pour saisir sournoisement leur proie inconsciente avant même qu'elle ait put sentir leur présence.
Tu sais qu'elle est sport à lire ta phrase là ? Razz Bon au moins elle est géniale cette phrase. Là le côté "on en rajoute une couche, et encore une, et encooooore une" marche niquel, on comprend qu'à leur place, on partirait très vite en courant ^^'

Mouahahah !! Elsa qui ne parvient pas à faire son pont ! Je t'en aurais voulu si elle avait su !
J'adore le passage avec Bilbon x) "il y a un problème ! Il y a un problème !" Je peux pas m'empêcher d'imaginer la scène qui est juste géniale xD
Ohoh ! Torture psychologique d'Elsa..Ouh le vilain Baggins ! -non enfaite, elle a pas encore assez souffert, tu peux y aller Razz -
Ca y est ils sortent du chemin *-* On va rire maintenant x)

Bon en tout cas pour ce chapitre tu as très bien su décrire la situation dans laquelle ils se trouvent. L’effroi, la panique, la lassitude, la folie presque aussi. Vraiment c'est top ! Et arrête d'aussi bien écrire tes chapitre, j'en ai marre de me prendre des claques à chaque fois ><

... Il est 22h10, j'ai dépassé mon heure de 10 minutes. Oui oui je suis très pointilleuse sur mes heures de dodo quand je travaille le lendemain xD -du moins, mes heures pour me débarrasser de l'ordi ^^' -

Bon bah sur ce, à demain Razz

Chapitre 6 :] - 8/08/2015 et il est 11h50 Razz

J'aime beaucoup les hallucinations d'Elsa. Enfin, les voix qu'elle entend, le fait qu'elle entende des réprimandes, c'est, une fois de plus, très bien décrit, et on sent comme ça peut être oppressant. On la sent, la détresse, pour le coup.

L'échange entre Elsa et Sauron est..génial, vraiment ! Super bien trouvé, tourné, décrit, et les sensations sont super bien transmises O.O Donc heu ben..chapeau quoi ^^' Je crois bien que ça va être mon passage favoris dans ce chapitre n__n

AAaaaaah j'adore !! Y'a des flocons ! C'est bizarre ! Qu'est-ce qui se passe ? Elsa ! Bah oui, Elsa ! Toujours notre blondinette à tresse Razz Je trouve trop mignon dans le fond ^^
Quand Bilbon retrouve Elsa, la manière dont tu décris le passage, et la manière dont Elsa a l'air de se trouver, sa me rappelle la fin du film quand elle tombe à genoux -bon sauf qu'à ce moment là y'a plus de tempête contrairement à ta fiction x) -
"Elsa, je vous aim..."
NOOOOOOoooooooooooonnnn !!!!!!!!!! :poele:  Comment as tu pu ?!! Baggins, viens là ça va être ta fête ! :fouet:

... x) Elsa vous les pète avec une tempête de neige ? Ballotez la et tout est arrangé ~

Bon, laisse moi te dire, que depuis qu'ils sont dans la forêt noire, enfin, jusque là vu que j'ai pas encore lu le chapitre 7, je me dois de te remercier. Par ta fiction tu m'as fait totalement redécouvrir ce passage, donc wouha !

Et...ouuh la ! 12h38 ! Bon bah, chapitre 7 hein x) -je suis longue quand même O.O

Ca y est, je deviens parano, je vois des araignées partout U_U
Ah ! Les voilà enfin ces fameux elfes Razz Legolas ♥ -oui je suis fan de ce perso xD - Et Tauriel :O Quelle classe cette Tauriel quand même Very Happy
Ahah il est trop génial le passage avec les portraits appartenant à Gloïn x)

Bon..Elsa qui saute à pieds joints, tout ça tout ça, pour tenter d'échapper aux vilaines araignées..je trouve juste ça trop comique xD
La fuite d'Elsa face aux araignées, après qu'elle ait vu les squelettes, j'aime beaucoup. En plus en lisant ce passage, j'écoutais En la mar et ça collait parfaitement bien à la situation à mon sens, donc pour imaginer la scène comme si elle avait existé dans le film, c'était le top du top Razz

Je trouve ça intéressant qu'Elsa soit plus ou moins mise au courant du secret de Bilbon.
Toutefois je n'ai pas trop bien comprit le plan X.X J'espère qu'Elsa sera confronté aux elfes, et même à leur Roi. Je pense qu'il y a moyen que ce soit vraiment intéressant et un dialogue entre ces deux personnages peut être super n__n
Donc bon, on verra ça dans le prochain chapitre x) Mais en attendant..pause déjeuner !!
Bon bah non en faite, au régime Gel ^^'

Bah du coup...Attaquons le chapitre 8 !

Bon, pour le coup j'ai tout lu d'une traite sans faire de pause pour commenter de temps à autre ^^'
Ce chapitre était -encooooooooooooooooore >< - fort bien rédigé, et je trouve sincèrement que ta manière d'écrire est juste très poétique. -si si je t'assure, même quand ils sont près de se faire bouffer et tout Razz - Je pense que c'est aussi en partie pour cela que ta fiction est si agréable à lire. Pour certaines phrases, je me met à les relire plusieurs fois en me disant "punaise mais ça rime là..oh et là aussi..mais il nous fait un poème ou bien ?!"
Non enfin, tout ça pour dire que c'était encore niquel, et bon bah, connaissant déjà l'histoire tout ça, ce qui m'intéresse le plus du coup c'est de voir ce qu'il va se passer avec Elsa, bien évidemment ^^' Alors ? Sera t-elle considérée comme une vilaine sorcière ? J'espère pas quand même, la pauvre Razz


Donc voilà voilà n__n...Et je me rend compte que...je n'ai plus de retard chez toi !! Wouhou c'est la fête ! Et il est...14h24 ! Bon..je m'en sors pas trop mal quand même -Non ? ^^' -

Bref, il me tarde de lire la suite ♥

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Lun 17 Aoû 2015, 14:59

Salut Gel, content que tu sois enfin de retour! cheers :calin:
Eh bien écoute, merci pour tous ces beaux compliments, ça fait toujours plaisir.^^
C'est vrai que pour la description de la Forêt, je me sentais bien d'y aller à fond tu vois, histoire de bien rendre l'horreur extrême de la situation. Twisted Evil

Gelwarin a écrit:NOOOOOOoooooooooooonnnn !!!!!!!!!! :poele:  Comment as tu pu ?!! Baggins, viens là ça va être ta fête ! :fouet:

Tu veux dire que toi non plus tu n'aimes pas cette relation? Sad  Bon, je vais vous faire un genre de micro spoiler: ne vous inquiétez pas, elle existera mais sera loin d'être centrale dans cette histoire. Wink

Bref, encore merci pour tout.^^
La suite arrivera cette semaine, et pour me faire pardonner de mon retard, je posterai les deux prochains chapitres d'un seul coup. What a Face
Alors à la prochaine...^^
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Invité le Mer 19 Aoû 2015, 16:39

Ouais enfaite t'es un sadique qui veut nous faire autant flipper que les persos >.>

@M.Baggins a écrit:

Gelwarin a écrit:NOOOOOOoooooooooooonnnn !!!!!!!!!! :poele:  Comment as tu pu ?!! Baggins, viens là ça va être ta fête ! :fouet:

Tu veux dire que toi non plus tu n'aimes pas cette relation? Sad  Bon, je vais vous faire un genre de micro spoiler: ne vous inquiétez pas, elle existera mais sera loin d'être centrale dans cette histoire. Wink

C'est pas que j'aime pas..Enfin si, je n'aime pas >< Mais c'est juste que je m'étais tellement mis en tête que leur relation était juste hyper amicale. Enfin, les meilleurs amis du monde quoi. Mais bon, j'attends de voir ce que tu feras vraiment, je ne te condamne pas encore Razz

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Mer 19 Aoû 2015, 17:53

Ou alors je suis juste un mec qui adore les GROOOOOOOOSSES.... Descriptions. A quoi tu pensais? X)
Trop aimable de ne pas encore me condamner. Razz Mais je suis sûr qu'en fouillant au plus profond de toi-même (c'est une image bien sûr, ne va pas chercher la grosse pelle. jesuisdehors ) tu pourrais trouver de quoi apprécier ce petit amour.^^ Allez, ouvre tes chakras (ça s'écrit comme ça? scratch ) et trouve en toi la bonne voie. bravo

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Invité le Mer 19 Aoû 2015, 18:12

les GROOOOOOOOSSES.... Descriptions. A quoi tu pensais? X)

Moi, à rien, contrairement à toi x)

Mmh...Non ! Je refuse cet amour ! xD La seule chose qui me ferait changer d'avis c'est la manière dont tu transcris l'idée. Et même si je crois très fort en tes talents littéraires, tout ça tout ça...je te souhaite bonne chance pour me convaincre Razz

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Mer 19 Aoû 2015, 18:15

Pourquoi le refuses-tu? Enfin, si tu ne l'aimes pas, je ne peux pas te forcer. Rolling Eyes
Par contre, que veux-tu dire par 'la façon dont je transcris l'idée'? Je ne suis pas sûr là... XD

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Invité le Mer 19 Aoû 2015, 18:26

Non mais on verra n__n J'attends voir Razz
Ben heu..comment tu vas rendre compte de ça dans l'histoire tu vois ? Hm..La manière dont tu en parleras et la façon dont sera décrit éventuellement ce qui se passe dans la tête des deux persos Razz 
Pourquoi, qu'as tu compris mon cher Baggins ? x)

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Mer 19 Aoû 2015, 18:29

Ben rien justement: je n'avais pas compris. ^^' (doué)
Eh bien j'essaierai de faire au mieux ma chère Gel. J'espère arriver à te convaincre, tout comme les autres d'ailleurs. Wink

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Invité le Mer 19 Aoû 2015, 18:32

Ahlala mon pauvre Baggins x)
Tu as tes chances Razz En attendant j'ai hâte au prochain chapitre, tu vas nous faire un super truc je suis sûre n__n

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Mer 19 Aoû 2015, 18:33

La suite arrive normalement demain: et ce ne sera pas un, mais deux chapitres d'un coup! Twisted Evil

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Invité le Mer 19 Aoû 2015, 18:34

T'es dur là xD Je suis du matin en plus cette semaine, je vais jamais réussir à rester à jour >< Vilain Baggins !

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Jeu 20 Aoû 2015, 15:15

Bon les gens, voici la suite de ma fic!^^
Et comme prévu, pour rattraper mon retard, je vous poste deux chapitres d'un coup. Après, libre à vous de les lire à votre rythme. Wink
Voilà, je n'ai pas grand chose à dire sinon: bonne lecture. ^^

Chapitre 9 (partie 1):

Comme le poison ruisselant dans une plaie douloureuse qui est enfin aspiré hors du corps affaibli de la victime, les ténèbres avaient progressivement abandonné l'esprit évanoui d'Elsa, leur voile noir et vicié s'extirpant des méandres de la pensée en laissant cependant une empreinte douloureuse comme une marque au fer rouge dans la chair. Mais malgré ce mal, une pâle lumière remplaçait enfin l'obscurité dans le cœur de la jeune femme, et ses membres endoloris et crispés, son visage plissé par le terrible effort de la lutte contre le poison, s'adoucissaient enfin, révélant enfin le portrait de l'apaisement et du soulagement.
Elsa était restée totalement inconsciente durant un long temps après avoir chu sur le bas sol de la Forêt, plongée dans une inertie des plus profondes, chacun de ses membres aussi immobile que la pierre. Mais ses pensées, elles, s'étaient agitées plus que jamais: des rêves et des songes aussi vagues qu'étranges avaient défilé devant ses yeux clos. Des milliers d'étoiles avaient tourné, tourné, dansé dans un ballet ininterrompu de lucioles semblant vouloir la guider dans le noir, avant qu'un océan de clarté blanche et éblouissante n'engloutisse ces lumières pour mieux les rassembler dans un rideau immaculé. Elsa s'était sentie vaciller un moment devant cette soudaine clarté, mais au final celle-ci lui avait amené réconfort et émerveillement, et l'avait aidé à se redresser et à tenir debout. Puis soudain, après un long moment à rester là, regardant cette mer de blancheur éclatante, des traits avaient commencé de se dessiner devant la jeune femme. Des contours délicats et colorés étaient doucement apparus, devant le regard ébloui d'Elsa qui était à présent étendue sur le sol. Elle restait là, paisible, à regarder la douce forme apparaître au dessus d'elle. Pourtant une étrange peur continuait de troubler son cœur, mais cette image qui lui apparaissait lui apportait, sans qu'elle puisse dire pourquoi, un grand soulagement mêlé d'une douce félicité.
Mais bientôt, elle put enfin expliquer ce qui lui procurait cette sensation: car cette forme qui apparaissait était un visage, un visage qui lui était bien connu, et qui de tout temps avait été la plus belle source de joie, d'espoir et de réconfort au milieu de l'ombrage sinistre de la nuit. C'était le visage d'Anna: ses yeux émeraudes la baignant de leur regard si vif et si aimant, sa peau teintée de tâches de rousseur courant comme de petites flammes d'amour et de bonté sous ses cheveux orangés de la plus douce des chaleurs. Elsa eut les larmes aux yeux et voulut tendre la main pour donner ne serait-ce qu'une simple caresse sur la joue de cette personne qui lui était si chère: plus chère que tout au monde. En cet instant, elle ressentit fortement dans son cœur le désir ardent de revoir Anna, de revoir sa petite sœur qui lui manquait tant, et qui n'avait jamais été aussi loin d'elle. Elle finit par murmurer son nom, qui sortit dans un triste souffle d'entre ses lèvres:

'Anna...'

Et le visage sembla lui répondre:

'Elsa, Elsa...'

Et ce fut avec le son de cette voix claire et pure, qui sonnait comme une berceuse aux oreilles d'Elsa, que ce monde de lumière commença à s'affadir et à perdre de son éclat, disparaissant peu à peu dans les ténèbres les plus reculées de son esprit encore si fragilisé par la malfaisance des bois. Tout disparaissait, ne laissant qu'une trace pourtant vivace dans l'esprit de la jeune femme qui commençait à revenir à elle.
Une fois que les ténèbres furent réapparues devant ses yeux, elle sut qu'elle revenait dans le monde réel car elle sentit de nouveau ses paupières lourdes et closes. Bientôt, tout son corps se désengourdit et elle se sentit allongée sur quelque chose de doux, tandis qu'un léger sifflement traversa ses oreilles pendant quelques secondes. Elle fronça légèrement les sourcils, ce son étant déjà comme une grande douleur pour elle après le rêve merveilleux qu'elle venait de vivre: elle n'avait pas envie d'ouvrir les yeux, car elle savait bien qu'elle découvrirait à nouveau l'obscurité de la Forêt noire autour d'elle, et qu'à nouveau elle devrait lutter, se battre et endurer maintes souffrances pour atteindre un but inatteignable.
Mais pourtant, elle se dit qu'elle ne pouvait se trouver sur la terre empoisonnée des bois, car elle sentait sous elle quelque chose de véritablement doux et moelleux. Qu'est-ce que cela pouvait bien être? Peut-être cela valait-il la peine d'ouvrir simplement les paupières pour constater si oui ou non elle se trouvait toujours au cœur de Vertbois...
Alors, lentement, un peu péniblement, elle entrouvrit les yeux et revint à elle pour de bon. Une lumière l'éblouit quelque peu dans un premier temps, mais cela passa vite car c'était loin d'être un éclat intense; à vrai dire c'était plus un petit filet de lumière qui éclairait l'endroit juste comme il fallait pour qu'elle puisse discerner son environnement. Et la première chose qu'elle constata fut qu'elle était allongée sur un matelas: une étoffe soyeuse tendue sur quelque chose de mou (peut-être de la laine ou même des feuilles particulièrement agréables au toucher). Sur elle s'étendait une couverture confectionnée dans un tissus doux et frais, tandis que sa tête reposait sur un coussin empli de tendres plumes. En découvrant tout cela, elle eut envie de ne plus jamais bouger de cette position: jamais depuis bien longtemps, à vrai dire depuis sa chambre à Fondcombe, elle n'avait dormi aussi confortablement, dans des conditions si éloignées du sol sale et parcouru de racines coriaces de la Forêt.
Mais elle ne pouvait rester éternellement ainsi: alors, avec des membres encore engourdis de fatigue, elle se redressa dans le lit pour atteindre une position assise, ses jambes dépassant du matelas et ses pieds posés sur le sol. Ce soudain changement de position lui fit tourner la tête et bourdonner les oreilles pendant quelques instants, et elle dut cligner des yeux plusieurs fois pour retrouver une vision bien nette. Alors elle put enfin contempler le lieu où elle se trouvait: c'était une pièce sombre, aux murs de pierres qui dégageaient dans l'air une fraicheur et une certaine humidité pour tout dire assez agréables. Elle était assise sur un lit sculpté dans le bois d'un grand arbre et au cadre parcouru de quelques motifs floraux simples mais tout de même plaisants à voir. Le lit était appuyé contre l'un des quatre murs de la pièce, et au-dessus de lui se dessinait dans le mur une ouverture assez grande pour laisser entrer des rayons de lumière blanche dans lesquels volaient quelques grains de poussière. Près de la tête du lit se trouvait une petite table, sculptée très sobrement dans un bois clair, tandis que sur le mur en face d'Elsa, sur son côté gauche, était une porte à deux battants taillés dans un bois sombre et renforcés par endroit par quelques pièces de métal luisant.
Elsa resta un moment perplexe: quel était cet endroit? Où donc pouvait-elle bien se trouver? Elle se rappelait très nettement être tombée lourdement et douloureusement sur le sol de la Forêt, alors comment était-elle arrivée ici? Quelqu'un avait du l'y amener bien sûr, mais qui?
Alors elle remarqua soudain que l'air était ici bien moins vicié, bien moins chargé de maléfices qu'au cœur de Vertbois, bien qu'on put encore sentir leur terrible influence. Elle se trouvait donc toujours quelque part dans la Forêt, mais dans un endroit qui semblait encore résister comme il pouvait à la magie noire qui la rongeait. Alors elle comprit enfin: elle devait se trouver chez les elfes, le grand royaume des elfes de Taur'e'Ndaedelos. Mais en comprenant cela, dans son cœur se bousculèrent soudain violemment soulagement et grande angoisse. Car il était toujours rassurant de se trouver à l'abri des démons des bois, mais cela signifiait également que les elfes l'avaient trouvée et capturée, comme le lui avait dit Bilbon lorsqu'ils s'étaient retrouvés. Bilbon... Où pouvait-il bien être à présent? Elle espérait qu'il avait réussi à échapper aux elfes. Et les nains, que leur était-il arrivé à présent? Depuis combien de temps était-elle étendue dans ce lit, sans aucune conscience de ce qui se passait autour d'elle?
Elle devait à tout prix leur venir en aide, elle ne pouvait rester là à attendre. Elle regarda alors la porte sur le mur en face du lit, et n'hésita pas un seul instant: elle ignorait ce qui se trouvait de l'autre côté, mais peu lui importait, elle devait, elle voulait retrouver enfin ses compagnons. Alors elle se leva d'un bond et se précipita vers cette porte, poussée par une soudaine énergie qu'elle avait récupérée après ce long et paisible sommeil.
Mais soudain, elle fut brutalement arrêtée dans sa course, car quelque chose retint ses mains derrière elle. Surprise, elle vacilla et mit quelque secondes à retrouver son équilibre. Elle se demanda un instant ce qui s'était passé, mais sentit soudain que quelque chose lui enserrait les deux mains: quelque chose de dur et de froid. Elle tourna alors la tête et vit deux grosses menottes, sous la forme de grands tubes de fer, retenir ses mains prisonnières en remontant jusqu'au dessus des poignets, tandis que deux grosses chaînes sombres les rattachaient solidement au sol de pierre.
Elle resta alors bouche-bée, anéantie, impuissante: non... Bilbon avait donc raison, elle avait été faite prisonnière par les elfes. Mais pourquoi? Que leur avait-elle fait? De quel droit l'enfermaient-ils de la sorte alors même qu'elle était inconsciente? La panique et la colère montèrent alors en elle: qu'allait-elle faire maintenant? Comment pourrait-elle rejoindre ses camarades? Pourrait-elle jamais sortir d'ici? Elle tenta de se débattre, de tirer sur les chaînes de toutes ses forces, mais rien n'y fit: le métal était bien trop solide. La panique aurait très bien pu l'envahir, et la pousser à perdre tout son calme et à agir désespérément sans réfléchir à ce qu'elle faisait, mais ce ne fut curieusement pas le cas. Elle resta là, droite, immobile, le visage impassible, semblant au contraire réfléchir intensément: car après tout cette situation n'était pas réellement une surprise pour elle, elle s'y était attendue et l'avait redoutée pendant longtemps. Il était donc bien inutile de s'affoler, et mieux valait penser calmement à tout ce qui pourrait se passer ensuite et éventuellement lui permettre de s'échapper d'ici.
Elle n'aurait su dire combien de temps elle resta ainsi, toute droite, à envisager tous les cas de figure possibles, mais au bout d'un moment, elle fut soudain tirée de ses pensées. Un cliquetis de serrure se fit entendre au niveau de la porte de bois, et lui fit brusquement tourner la tête. Il lui sembla ensuite que la clef était retirée de la serrure et qu'un loquet était soulevé: son cœur se mit à battre plus fort. Qui allait franchir cette porte? Un elfe de toute évidence, mais quelles étaient ses attentions? Puis enfin, le battant de droite s'ouvrit lentement, laissant passer un filet de lumière et d'air frais, avant de laisser enfin paraître celui qui avait ouvert la porte.
Lentement, dans une grâce et une droiture impressionnantes, entra dans la pièce un grand elfe aux cheveux blonds et lisses comme une cascade scintillante sur ses épaules et son crâne surmonté d'une couronne habilement sculptée dans le bois et ornée des feuilles flamboyantes de l'automne. Son visage était beau et lisse, mais ferme et froid, avec des yeux d'un bleu argenté semblant toucher d'un étrange envoûtement tout ce qu'ils regardaient. Il était vêtu d'un long manteau argenté parsemé de lueurs scintillantes comme les étoiles dans le ciel. Elsa resta un instant subjuguée par cette apparition, de même que l'elfe resta ainsi à la regarder droit dans les yeux, le visage impassible, semblant lui aussi être quelque peu hypnotisé par celle qui se trouvait devant lui. La jeune femme ne mit pas bien longtemps à comprendre qu'il devait s'agir du roi du royaume de Vertbois, au vu de son accoutrement et de cette couronne qui ornait sa tête.
Puis finalement, l'elfe prit la parole, avec sa voix profonde et au ton aussi lisse que ses cheveux.

"Ah vous voilà enfin réveillée, dit-il en refermant la porte derrière lui.
-Qui êtes-vous? demanda Elsa bien qu'elle le sut déjà très bien. Que me voulez-vous donc?
-Les présentations reviendraient plutôt à vous qui vagabondez ainsi sur mes terres, répondit-il en croisant ses mains derrière son dos, se tenant toujours parfaitement droit. Mais vous brusquer et vous apeurer n'est nullement mon intention, je me présenterai donc le premier: je suis Thranduil, souverain de Vertbois le grand et de tous les elfes de la Forêt. Et pour l'instant, je ne désire que vous connaître également."

La jeune femme se sentit alors un peu rassurée, mais la crainte laissa vite place à la colère et à l'irritation. Comment ce Thranduil osait-il la faire enfermer ici sans qu'elle puisse se défendre, la retenir comme une bête dangereuse et venir ainsi lui demander des comptes?

"Je m'appelle Elsa, répondit-elle tout de même en tentant comme elle pouvait de garder son calme.
-Elsa... répéta alors Thranduil dans un murmure, le mot glissant sur ses lèvres avec une grande finesse. Un nom que je n'ai rencontré que peu souvent, et dont le panache semble planer entre les us de chaque race de ce monde, convenant autant à une humaine qu'à une elfe...
-Pourquoi suis-je ici? le coupa soudain Elsa d'une voix agressive, la colère lui faisant perdre son calme et sa patience. De quel droit me retenez-vous enchaînée entre ces murs?"

Thranduil ne répondit pas: il resta un moment silencieux, et ne réagit nullement à la soudaine saute d'humeur de son interlocutrice. Il la regarda simplement de bas en haut, avant de reprendre la parole.

"Cela n'est en effet pas un sort enviable pour quelqu'un comme vous, et il pourrait être écarté d'un simple geste de la main. L'on m'a dit, Elsa, que vous étiez détentrice d'un don fabuleux: l'on m'a dit qu'à vous répondaient vents, étoiles dansantes des neiges et lances aiguës des glaces, que vous les commandiez comme un chef commande ses troupes et qu'à votre volonté les cieux devenaient aussi déchaînés que le plus terrible des ouragans. Est-ce vrai?
-En effet, approuva Elsa dans un grognement, souhaitant serrer les poings mais ne le pouvant pas du fait de ses menottes de fer. Est-ce pour cela que je croupis ici? Cela est-il trop impressionnant pour vous, grand Roi?
-Calmez-vous voyons, ordonna Thranduil d'une voix toujours aussi tranquille.
-Que je me calme? s'écria soudain Elsa en perdant de plus en plus le contrôle de ses nerfs. Détachez-moi et ensuite je pourrai me calmer! Que craignez-vous donc? De quoi avez-vous peur?
-Il est certain que jamais un pouvoir comme le vôtre n'a paru dans ces contrées, et que pour chacun d'entre nous cette première démonstration fut des plus alarmantes. Qui êtes-vous Elsa Lossluithien? Pourquoi avoir ainsi dévasté de votre ouragan rugissant notre Forêt?
-Si vous voulez tout savoir, je dirai que votre Forêt a causé bien plus de dommages en moi que je ne lui en ai causé! cria la jeune femme dans un accès de rage, tirant de toutes, ses forces sur ces chaînes qui lui étaient insupportables. Ne voyez-vous donc pas qu'un terrible mal est à l'œuvre dans ces bois? Pensez-vous réellement que je sois le plus grand danger qui vous menace?"

La perte de contrôle d'Elsa commença à faire apparaître du givre et de la glace sur le sol et les murs de la pièce. Thranduil, soudain apeuré, son expression figée quittant enfin son visage, recula de quelques pas et regarda le fin tapis d'un glacial argenté étendre ses bras comme pour se saisir de lui. Il tenta cependant de garder son calme et releva vers Elsa un regard à la fois appréhensif et accusateur.

"Je vous demande de rappeler vos fées de cristal! ordonna-t-il d'un ton autoritaire. J'ai longtemps désiré parler avec vous, et nous pourrions le faire dans l'instant, mais j'ai pour cela besoin de votre calme et de votre coopération.
-Mon calme? Ma coopération? s'indigna de plus belle la jeune femme. Peut-être voulez-vous aussi dire ma docilité? Ma soumission? Mais quel pouvoir croyez-vous avoir pour vous battre contre l'hiver? Retirez-moi donc ces chaînes et vous verrez bien quelles sont mes réelles intentions!"

Elle avait hurlé ces dernières paroles avec une rage incontrôlable, et de grandes lances de glace avaient soudain jailli du sol et des murs, leurs pointes acérées venant siffler non loin du manteau argenté de Thranduil.
Celui-ci sursauta presque en voyant les pics glacials se dresser ainsi contre lui et manquer de le transpercer de toutes parts. La peur passée, il reprit son souffle pendant quelques instants, puis lança un regard noir à la jeune femme.

"Très bien, fit-il entre ses dents. J'étais prêt à vous accorder ma confiance, à vous considérer comme une amie de notre peuple, mais vous n'êtes clairement pas disposée à entretenir de telles relations. Restez donc ici à méditer et à apprendre à retenir vos sortilèges: je reviendrai vous voir lorsque vous serez plus encline à entendre ce que j'ai à dire."

Alors il tourna les talons et referma la porte dans un claquement sec, avant de la verrouiller à l'aide des clefs d'argent. Puis on entendit ses pas s'éloigner pendant quelques instants, avant que le silence n'enveloppe à nouveau la pièce de son étreinte pesante.
Elsa resta alors là, respirant frénétiquement, le regard ardent fixé sur ses démons glacés, l'envie de hurler le nom du roi pour l'obliger à revenir lui brûlant les lèvres. Mais finalement, la pénombre assez froide pour éteindre une flamme et le silence si étouffant finirent par calmer la fureur qui avait brûlé en elle, et elle réussit finalement à retrouver son calme. Et alors elle réalisa qu'elle était de nouveau seule, enfermée dans ce cachot isolé, sans rien pouvoir faire pour en sortir, et un terrible sentiment s'empara d'elle. Non pas de la peur, ni de la panique, mais de la honte: elle eut vite terriblement honte d'elle-même.
De par son emportement incontrôlé et inconsidéré, elle venait de laisser passer sa seule chance de pouvoir peut-être quitter cet endroit. Elle s'accabla elle-même de reproches, se disant qu'elle n'aurait pas pu plus mal réagir à la situation: si tous ses professeurs de diplomatie et de dialogue politique l'avaient vue en cet instant ils seraient certainement tombés dans les pommes. Comment avait-elle pu être aussi stupide? Aussi maladroite? Oui, plus aucun autre sentiment que la honte ne l'habitait à présent. Elle se frappa le front de la main, et se fit terriblement mal à cause de la menotte qu'elle avait oubliée.

"Aïe!"

Elle avait toujours envie de rappeler le roi, mais cette fois sur un ton suppliant, un ton d'excuse, un appel désespéré pour tenter de rattraper son seul espoir. Mais elle savait que cela était inutile: Thranduil était déjà loin. Accablée de remords et de chagrin, elle se mit à faire les cent pas dans une ronde tourmentée et insensée, remuant nombre de pensées obscures et amères. Et elle finit par se laisser lourdement tomber sur le lit, le poids de tant de tourments semblant l'écraser sous leur joug de culpabilité. Elle avait laissé échapper sa chance, et elle ignorait bien à présent comment la rattraper.

Les nains de leur côté ruminaient également bien des songes désagréables, l'ombre du découragement pesant de plus en plus lourd sur leurs cœurs. Même la Forêt semblait chaque jour crouler un peu plus sous le poids de l'ombre qui grondait au dessus d'elle. Et pourtant, la vie au royaume de Vertbois tentait comme elle pouvait de continuer à mener son cours.
Les visages si gracieux mais si troublés des elfes déambulaient dans le village arboricole, les mains caressant tristement les feuilles dépérissante et désirant tellement pouvoir comme autrefois cueillir les fruits argentés qui ornaient les branches aux temps de réjouissance. Dans la forteresse, tout le monde s'affairait à sa tâche: les gardes patrouillaient, le roi et ses conseillers s'occupaient de toutes les tâches importantes, dans les caves l'on s'occupait du commerce... En effet, les grandes caves aux murs de pierre regorgeaient de différentes marchandises: des fruits, des graines, des plantes, des étoffes, du métal, des armes... Mais également et en grande quantité du vin: des bouteilles et des fioles entières remplies d'un envoûtant liquide pourpre qui dégageait une odeur chargée des parfums la terre, qui flattait les narines et embrasait la bouche jonchaient de grandes étagères de bois.
Pourtant aucune vigne ne s'étendait au royaume de Vertbois, ni même dans les régions alentours. Mais ce vin là provenait d'une région bien plus au Sud: le Dorwinion, aux abords Ouest de la mer de Rhûn, là où demeuraient des populations d'Hommes cultivateurs et campagnards. Et le vin était le produit que les Elfes de Vertbois leur enviait le plus, si bien que depuis bien longtemps une grande route d'échange courait entre la Forêt et la mer, les caravanes de marchands envoyant le précieux alcool vers les contrées du Nord, ou les compagnies d'échangeurs elfes venant elles-mêmes le chercher au Sud.
Mais en plus de se délecter de ce nectar pourpre, le royaume de la Forêt en faisait lui-même commerce avec d'autres Hommes, beaucoup plus proches. En effet, sur le Long Lac, non loin de la lisière Est de Vertbois demeurait la ville d'Esgaroth. Et les Hommes qui vivaient là-bas commerçaient fréquemment avec les elfes, leur envoyant des poissons, aliment totalement introuvable au cœur de la Forêt, et parfois de la viande de porc dont l'élevage se faisait également là-bas, en échange de tonneaux de vin, mais aussi de graines, de plantes et parfois même d'armes. Et ces échanges se faisaient notamment à l'aide du Taurduin qui coulait entre les deux royaumes.
A côté de cela, les gardiens du royaume continuaient d'effectuer leurs patrouilles et de protéger leur contrée des attaques qu'elle subissait régulièrement. Et pour les guider dans leur tâche et leurs combats, ils bénéficiaient d'un excellent capitaine, ou plutôt d'une excellente capitaine. Une elfe sylvestre aux cheveux flamboyants marchait dans les couloirs de la forteresse d'un pas empressé mais aussi anxieux: Tauriel était bel et bien la capitaine des gardes de Ndaedelos. Excellente archère, habile et rapide à la course, dotée d'une force surprenante et maniant la dague avec une dextérité hors-pair, elle avait été désignée par le roi en personne pour assurer et commander la défense de ce royaume.
Elle revenait à présent d'un nouveau mouvement de défense contre une attaqua d'araignées arrivées par le Sud-Ouest et qui avaient assailli les quartiers des artisans de la ville des bois. Elle et ses gardes en étaient venus à bout, mais l'inquiétude n'avait cessé de croître dans l'esprit de la jeune elfe ces derniers temps: ces attaques devenaient presque quotidiennes, cela ne pouvait plus durer ainsi. Qui sait ce qui adviendrait si un jour une meute toute entière de ces monstres s'en prenaient à la forteresse? Oui, Tauriel était inquiète et troublée, car jamais auparavant de telles créatures n'avaient montré autant de hargne envers les habitants de ces bois. Quelle pouvait bien être la source de cette fureur belliqueuse? Peut-être était-elle plus proche qu'on ne le pensait...
Quoi qu'il en fut, l'elfe aux cheveux de feu avait coordonné bien des combats ces derniers jours, et au vu de ces attaques répétées le roi exigeait des rapports réguliers de l'activité et des mouvements de ces bêtes. Elle marchait donc vers les appartements royaux en vue de délivrer le récit des derniers évènements. Bien que son esprit fut des plus braves et courageux, une fragilité mêlée d'une grande tristesse se lisait toujours dans ses yeux bruns pareils à la sève qui coulait dans chaque arbre de cette Forêt. Car dernièrement, un autre trouble était venu s'ajouter aux tourments de son esprit: celui d'une furieuse tempête de glace et de neige qui avait dévasté les bois, et qui était provenue d'une seule personne, d'une simple humaine. Comment cela était-il possible? Qui était-elle donc? Etait-elle dangereuse? Tauriel aurait souhaité obtenir des réponses à toutes ces questions, mais ce n'était pas sa priorité pour l'instant.
Elle finit par arriver aux portes des appartements du roi, mais s'arrêta soudain, hésitant à entrer. Elle se mordit les lèvres, car une idée avait germé dans son esprit ces derniers temps, mais elle craignait que le roi ne l'approuve guère. Pourtant cela lui paraissait bien la meilleure solution à leurs problèmes... Oserait-elle lui faire part de cette idée? Elle connaissait bien le roi, et il était extrêmement intransigeant et n'appréciait pas que les choses n'aillent pas comme elles doivent aller pour le bien du royaume.
Elle se tenait donc là, hésitant à franchir la porte ouverte, quand soudain une voix l'appela de l'intérieur de la pièce:

"Je sais que vous êtes là, dit la voix lente et calme du roi Thranduil. Pourquoi attendez-vous dans l'ombre?"

Elle se raidit alors, comprenant qu'elle ne pouvait plus reculer. Elle serra les poings, prit une inspiration, puis se décida enfin à franchir la porte d'un pas assuré pour ne laisser paraître aucune faiblesse et avoir une chance de convaincre le roi.

"Je venais vous faire mon rapport, répondit-elle en entrant."

Il s'agissait d'une grande pièce circulaire aux murs ornés de longs motifs taillés dans la pierre. Des escaliers allaient et venaient en plusieurs endroits, menant à d'autres lieux de ce palais, tandis qu'au centre de la salle était un bassin ovale rempli d'une eau aussi bleue que la pierre Lapis Lazulis, dans les reflets et les ondulations de laquelle le roi aimait plonger son regard lorsque trop de tourments perturbait son esprit. Et non loin de ce bassin était une table sculptée dans le bois d'un chêne, accompagné d'un fauteuil du même arbre: le bureau du souverain. Sur lui reposaient nombre de parchemins, une longue plume de hibou Grand duc, ainsi qu'une coupe d'argent et une bouteille remplie de vin rouge.
Thranduil se tenait debout, toujours enveloppé de son vêtement argenté, au bord du bassin. Il tourna son regard impénétrable vers Tauriel.

"N'avais-je pas ordonné que ce nid soit détruit il y deux Lunes de cela? demanda-t-il d'un ton légèrement mécontent.
-Nous avons nettoyé la Forêt mon seigneur, assura la capitaine des gardes, mais d'autres araignées continuent d'arriver du Sud."

Alors ce fut le moment décisif: elle avait l'occasion de faire part de
sa suggestion, mais l'oserait-elle? Elle se pinça les lèvres: après tout qu'avait-elle à perdre? Il ne s'agissait que d'une idée, le roi ne pourrait tout de même pas la punir pour cela. Alors elle prit son courage à deux mains, et continua en s'efforçant de paraître toujours aussi sûre d'elle:

"Elles pondent dans les ruines de Dol Guldur, si nous pouvions les tuer dans l'œuf il...
-Cette forteresse se trouve hors de nos frontières, la coupa brusquement Thranduil d'une voix toujours aussi lisse. Débarrasser nos terres de ces immondes créatures: voilà votre tâche.
-Nous pouvons toujours les chasser, mais ensuite? s'empressa de répliquer Tauriel, ne voulant pas abandonner son idée aussi facilement maintenant qu'elle s'était lancée. N'envahiront-elles pas d'autres terres?
-Les autres terres m'indiffèrent, répondit alors sèchement le roi."

En entendant, la capitaine regarda soudain son souverain avec des yeux ronds: que venait-il de dire? Etait-il sérieux? Le regard de ce dernier était en effet toujours impassible et froid, et ne reflétait aucune plaisanterie. Lentement, il se tourna de nouveau vers le bassin bluté et reprit d'une voix profonde:

"Le Monde connaîtra des apogées et des déclins, mais ce royaume qui est notre perdurera."

La jeune elfe resta un moment immobile, sans savoir que dire: elle ne pouvait pas croire que Thranduil, ce si grand et noble souverain tenait à présent de pareils propos. Elle s'était bien sûr attendue à ce qu'il rejette sa proposition, mais jamais elle n'aurait pensé que son refus aille si loin. Et pourtant cela était bel et bien le cas: comprenant qu'il était inutile d'insister et qu'elle n'avait plus rien à faire ici, elle baissa tristement les yeux avant de se détourner et de se diriger vers la porte. Mais soudain, Thranduil la rappela:

"Tauriel, j'ai une chose à vous demander: une tâche que je souhaiterais accomplie."

La capitaine des gardes se retourna alors vers lui, l'air intrigué.

"Comme vous le savez, nos murs renferment en ce moment même une personne bien mystérieuse, et dangereusement puissante, reprit le souverain.
-En effet, je suis au courant, acquiesça Tauriel avec un air soudain grave. Pourquoi donc avez-vous besoin de moi mon seigneur?
-J'ai tenté d'en savoir plus sur elle et d'apprendre à la connaître après qu'elle fut sortie du sombre monde des songes; mais elle s'est montrée aussi déchaînée et indomptable que les forces qu'elle manipule. Je crois cependant qu'elle pourrait bien nous être utile, et qu'il serait très avantageux de pouvoir la compter parmi nos alliés, c'est pourquoi je veux qu'elle soit bien soignée et reste au mieux de sa forme. Je vous charge, vous ou certains de vos gardes, de lui apporter régulièrement eau et nourriture afin qu'elle puisse boire et manger à sa faim. Est-ce bien clair?"

Tauriel ouvrit alors de grands yeux effarés: le roi lui demandait d'approcher cette femme au don si dévastateur? L'idée la terrifia dans un premier temps: elle frissonna en imaginant les harpons de cristal tournoyant à une vitesse folle dans un ouragan hurlant de vent et de flocons aux branches aiguisées. Mais après réflexion, elle se dit que cela était peut-être l'occasion d'en apprendre par elle-même plus sur cette étrange enchanteresse, ainsi que sur son pouvoir. Alors elle se ressaisit et acquiesça lentement.

"Oui mon seigneur, dit-elle en s'inclinant. Je ferai selon votre souhait."

Puis à nouveau, elle se détourna et marcha vers la porte, quand soudain:

"Une dernière chose, lança Thranduil. Legolas dit que vous vous êtes bien battue aujourd'hui."

En entendant cela, Tauriel se retourna de nouveau, et vit le visage si lisse du seigneur des bois lui adresser un pâle sourire satisfait et presque bienveillant. Devant cette vision si rare et chaleureuse, la jeune elfe ne put que lui rendre le sourire. Puis, retrouvant son expression figée, Thranduil reprit:

"Il s'est beaucoup attaché à vous."

La belle aux cheveux écarlates perdit soudain son sourire et baissa les yeux, l'air gêné, comprenant toutes les insinuations de cette dernière phrase.

"Je vous assure, mon seigneur, que Legolas ne voit en moi que la capitaine des gardes, affirma-t-elle sur un ton aussi solennel que possible.
-Auparavant peut-être, répliqua le roi en se dirigeant vers son bureau, aujourd'hui je n'en suis plus sûr.
-Je ne crois pas que vous laisseriez votre fils nouer des liens avec une humble elfe sylvestre, remarqua la capitaine d'un ton si humble en baissant les yeux.
-Non, certainement pas, confirma sèchement le roi. Cependant il tient à vous: ne lui donnez pas de faux espoir."

Tauriel resta quelques instants là, silencieuse, déboussolée par ce qu'elle venait d'apprendre: Legolas... Amoureux d'elle? Etait-ce bien la vérité? Quoi qu'il en fut, et malgré la rudesse des paroles du roi, elle se ressaisit et s'inclina avant de quitter la pièce, sachant qu'elle avait une tâche à accomplir. Et bien vite, elle se retrouva face à une peur qu'elle n'avait plus connue depuis bien longtemps.
Et ce faisant, elle laissa derrière elle un Thranduil troublé et tourmenté, se tenant aussi droit et raide qu'un tronc d'arbre au bord de son bassin azuré, fixant son reflet déformé et affadi par les ondulations et les vaguelettes de l'eau. Il semblait soudain épuisé et grandement préoccupé: était-il en train de s'éteindre? De se laisser emporter dans le flou et de succomber sous les dégâts du temps comme ce reflet se tordait sous l'ondée sans rien pouvoir y faire?
Il soupira, car ce genre de songes mornes le hantait de plus en plus intensément depuis quelques années. Le mal qui terrassait son royaume avait tout bonnement surgi de nulle part, avançant lentement mais sûrement comme un serpent que personne ne remarque mais qui finit par tout empoisonner autour de lui. Il tentait de résister, de tenir le coup, mais les ténèbres le rongeaient comme une terrible fièvre, et bien qu'il ne voulut en aucun cas laisser paraître son inquiétude aux yeux des siens, il se sentait de plus en plus vulnérable.
Parfois, lorsque le silence régnait autour de lui, lorsqu'il s'asseyait sur son trône, seul, il se regardait dans un miroir et avait l'impression d'y voir un visage las, squelettique et blanc comme le drap de la mort, avec des yeux vitreux et épuisés, comme au bord de sombrer dans un sommeil éternel. Et il sentait sa couronne sur sa tête devenir un insupportable fardeau, comme si le poids des cieux tout entier venait écraser son crâne, tandis que la couronne se resserrait autour de son front comme un terrible serpent constricteur, exerçant une intenable pression sur son crâne et chacune des veines de ses tempes. Il avait envie de hurler, de pousser le plus atroce des cris de douleur, car il lui était impossible de retirer l'objet de son front.
Et soudain, une voix caverneuse, rauque et terrifiante, une voix d'outre-tombe, lui murmurait dans son esprit:

"Si lourde est ta couronne... Ton temps est terminé, Semi Elfe, tu ne peux plus porter ce royaume sur tes épaules. Tu t'écrouleras le premier et il te suivra dans ta chute... Mais tu peux éviter cela: donne moi la couronne, abandonne moi Ndaedelos et n'y reviens jamais.
-Non! hurlait Thranduil en une protestation désespérée."

Puis soudain il se réveillait, affalé sur son trône et encore plus terrassé qu'avant. Oui, vraiment, rarement avait-il eu aussi peur pour son royaume et les siens.



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That I'm a light-speed distraction,
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I hear the universe calling my name
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Jeu 20 Aoû 2015, 15:24


Chapitre 9 (partie 2):


Enfermée dans sa pièce sombre, assise sur son lit si confortable mais tout pareil à une cage, Elsa laissait pendre ses bras, un regard vide de tout espoir fixé droit devant elle sur le mur de pierre froide qui faisait obstacle à tous ses sens. Elle avait longuement réfléchi, cherchant désespérément un moyen de se libérer de ses chaînes, mais il n'y avait rien, rien qu'elle pouvait faire. Cette évidence était si flagrante et lui écorchait tant les yeux qu'elle avait décidé de ne plus y penser, et avait tout simplement arrêter de réfléchir, restant là, inerte, espérant peut-être qu'un miracle se produise.
Elle n'avait cependant jamais cessé de penser à ses compagnons: eux qu'elle avait perdus il y avait une éternité, et dont les visages inaccessibles, cachés derrière tant de murs et de pierre glacée lui manquaient terriblement. Ils étaient tous devenus de véritables amis pour elle, et leur absence lui creusait à présent un terrible vide dans le cœur. Que leur était-il donc arrivé? Elle souhaitait de toute son âme qu'ils aillent bien, et surtout qu'ils puissent un jour accomplir leur rêve de toujours, même si cela devait se faire sans elle.
Ainsi était elle ballottée entre maintes pensées noires, quand soudain un cliquetis se fit entendre: on tournait à nouveau une clef dans la serrure de la porte. Elsa tourna soudain et enfin la tête: était-ce donc le roi qui revenait déjà? Etait-ce sa seconde chance si inespérée qui se présentait à elle? Si c'était le cas, il était hors de question qu'elle la laisse passer. Elle redressa le dos et maintint sa tête droite, avec un air calme mais impassible pour bien montrer qu'elle n'en était pas au point de ramper pour le supplier. Son cœur se remit à battre et les quelques secondes qui s'écoulèrent furent comme une pesante éternité pour elle. Puis enfin, la porte s'ouvrit: la jeune femme inspira une grande bouffée d'air et se tint prête à faire de nouveau face au roi de la Forêt. Mais ce ne fut pas lui que révéla la porte.
Elle vit en réalité entrer une femme elfe vêtue d'une étoffe verte et aux cheveux roux, qui portait dans ses bras un pichet et un gobelet de métal, ainsi que des fruits en tout genre et un genre de grande feuille verte aux extrémités repliées, formant comme un emballage naturel. Grandement surprise, Elsa resta un moment à la regarder: et elle dut bien admettre qu'elle fut séduite par la beauté de cette nouvelle arrivante. Son visage n'était pas comme celui du roi Thranduil, ou même du seigneur Elrond et de bon nombre d'elfes qu'elle avait vu à Fondcombe. Tous les elfes gardaient un visage aux traits éternellement jeunes, mais sur son visage à elle se lisait une véritable lueur de curiosité, d'émerveillement mais aussi une certaine crainte: expressions totalement absente de tous les visages elfes qu'elle avait vu jusqu'à présent. Celle-ci devait être assez jeune pour une elfe, et par conséquent Elsa se sentit tout de suite beaucoup plus proche d'elle.
Ses beaux yeux brun clair dans lesquels semblait se refléter l'âme de chaque arbre de la Forêt ne manquèrent pas non plus de fasciner la dame des neiges. Mais surtout, ses longs cheveux d'un orange flamboyant allumèrent en elle un feu ardent qui n'avait plus brulé depuis bien longtemps, et qu'une seule autre personne était capable d'allumer: une personne aux cheveux également roux. Oui, en voyant cette elfe entrer, Elsa ne put empêcher son cœur de fondre car ses cheveux de feu lui rappelaient Anna avec une intensité foudroyante. Et ainsi resta-t-elle là, les yeux écarquillés, la bouche entre-ouverte, ébahie par cette vision.
Mais elle remarqua vite que l'elfe, elle, semblait craintive et apeurée. Elle se tenait là, la fixant en tremblant, ses yeux animés d'une prudence extrême comme si elle se tenait prête à bondir au moindre danger. Elle referma finalement la porte derrière elle, mais n'osa pas faire un seul pas en direction du lit, ses mains tremblant comme les dernières feuilles des arbres brusquées par le premier vent d'hiver.
Sortant enfin de son état d'admiration, Elsa prit enfin conscience du fait que cette jeune elfe était terrorisée par elle, et qu'elle était saisie de peur à l'idée de l'approcher. Même s'il ne s'agissait pas du roi, Elsa tenait toujours à mettre toutes les chances de son côté et à se bien mieux comporter que la dernière fois. Et de plus, elle éprouvait tout au fond d'elle le profond désir de voir de plus près cette chevelure si chaleureuse qui lui rappelait tant sa petite sœur. Elle décida donc de parler la première:

"Bonjour; je vous en prie venez."

En entendant ces mots, l'elfe releva les yeux vers la jeune femme, l'air toujours anxieux et le cœur semblant soudain s'emballer, son sang se glaçant presque.

"Puis... Puis-je m'approcher de vous? demanda-t-elle, hésitante.
-Avez-vous réellement besoin de ma permission pour cela? rétorqua Elsa d'un ton avenant. Vous êtes ici chez vous après tout."

L'elfe se contracta et serra les lèvres, mais prit une grande inspiration puis fit enfin un pas en direction du lit où était assise celle qui lui causait tant d'angoisse. Mais voyant que rien ne se passait, elle reprit un peu d'assurance et marcha lentement jusque près du lit. Une fois arrivée, tout resta silencieux pendant un moment, les deux jeunes femmes se fixant mutuellement. L'elfe plongeait son regard dans les yeux azurs de la femme-hiver, dont elle pouvait presque sentir l'aura glacée emplir la pièce de sa puissance et sa magnificence, tandis qu'Elsa se délectait des flammes des cheveux de sa visiteuse qui ravivaient en elle une chaleur que la Forêt noire avait sauvagement éradiquée au cours de ces dernières semaines.
Finalement, la belle rousse sortit de son silence, la voix toujours tremblant un peu:

"Pardonnez-moi, mais qui êtes-vous si je puis ainsi demander?
-Vous le pouvez naturellement, et cela est même très naturel, répondit la jeune femme en paraissant toujours aussi ouverte au dialogue. Bien peu de gens me connaissent dans ces contrées, et je puis comprendre qu'ils soient très intrigués en me rencontrant. Je m'appelle Elsa, et je suis venu d'un royaume... Très lointain. Rassurez-vous, vous n'avez rien à craindre de moi. Et qui êtes-vous, vous-même?
-Oui, pardonnez-moi: je me nomme Tauriel, et je suis la capitaine des gardes de ce royaume.
-Tauriel... répéta Elsa en réalisant que les noms elfiques avaient le don de l'enchanter par leur sonorité si poétique. Acceptez mes salutations, et transmettez-les également à votre roi lorsque vous le verrez."

La jeune femme inclina légèrement la tête, et l'elfe afficha alors pour la première fois un pâle sourire, avant qu'un silence ne s'installe de nouveau. Elsa finit par tourner la tête vers tout ce que tenait Tauriel dans ses mains.

"Qu'est-ce donc que tout cela? demanda-t-elle.
-Des provisions que je vous apporte, répondit l'elfe en posant le tout sur la petite table près du lit. Nous vous avons trouvée au milieu des bois, et nous savons qu'au temps présent les mœurs de la Forêt ne la poussent pas à apporter aide et réconfort à ceux qui la traversent. Vous devez être affamée et assoiffée."

Elsa n'y avait encore jamais prêté attention depuis son réveil, mais maintenant qu'on le lui disait, elle se rendit compte que son ventre criait en effet la famine et que sa gorge était aussi sèche que le plus aride des déserts. La vision du pichet d'eau et des fruits que Tauriel venait de déposer sur la table lui parut soudain le plus magnifique et le plus heureux des tableaux qui lui ait été donné de contempler. A présent tenaillée par le désir d'avaler enfin quelque chose, elle acquiesça fébrilement, et Tauriel répondit à sa demande.
Elle commença par verser dans le gobelet de bronze une eau claire et miroitante.

"De l'eau du Taurduin, expliqua-t-elle tout en se faisant. Claire et pure, venue d'Ered Mithrin où la pierre se fond souvent avec les larmes du ciel."

Elle reposa le pichet et porta le gobelet à la bouche d'Elsa, celle-ci ne pouvant le prendre en main. La jeune femme ferma les yeux et vida lentement la coupe, savourant chaque gorgée d'eau fraiche qui coula dans sa gorge et chassa en quelques instants dans un torrent de bienfaits l'amertume, la sécheresse, le poison et le goût du sang qu'avait semé la Forêt noire. Lorsqu'elle eut fini, Elsa inspira une grande bouffée d'air et fut pendant un instant la femme la plus heureuse du monde.
Tauriel lui proposa ensuite le contenu de l'étrange feuille verte: il s'agissait d'une sorte de galette très claire, ornée d'une fine couche croustillante sur l'extérieur mais délicieusement moelleuse à l'intérieur. Lorsqu'Elsa y goutta, un mélange de saveur sucrée et de plusieurs céréales savoureuses lui emplirent la bouche, et lorsqu'elle avala elle se sentit déjà grandement rassasiée.

"Du Lembas, expliqua l'elfe. Du pain elfique: une seule bouchée suffit à nourrir un adulte."

Surprise et émerveillée par cet aliment qui jamais encore ne lui avait été offert, Elsa remercia secrètement Tauriel avec une grande reconnaissance en elle pour avoir ainsi terrassé sa terrible faim. Et pour faire mieux faire passer la bouchée de Lembas, qui était fort bon mais tout de même un peu étouffant, elle exprima le désir de goûter quelques bouchées des fruits. L'elfe se saisit alors d'un couteau d'étain qu'elle avait apporté et s'affaira à couper en tranches une pêche à la peau dorée.
Se faisant, la jeune femme aux cheveux blonds remarqua que sa visiteuse semblait plus confiante, et qu'un certain apaisement était apparu dans ses yeux. Et elle en fut heureuse, car voir les elfes la craindre comme une bête féroce à cause de ses pouvoirs n'avait de cesse de lui rappeler cette terrible soirée de son couronnement.

"Vous avez dit que vous veniez d'un royaume très lointain, reprit soudain Tauriel en reportant son regard vers Elsa. Ce doit être un pays si fabuleux, pour qu'on y trouve des gens avec un don tel que le vôtre.
-Ha, fit Elsa dans un petit rire. C'est en effet un endroit qui ne ressemble en rien à ces terres, ni à toutes celles que j'ai visitées jusqu'à présent, car il est voisin de la vaste et insondable mer. Là-bas, les vagues soupirantes glissent contre les coques des bateaux aux voiles blanches et viennent caresser les rivages de sable doux et de pierre dure et forte, tandis que les pins verts des montagnes se dressent sous le Soleil et que les sommets couverts de neiges éternelles connaissent tous les secrets des vents murmurants et des nuages du ciel.
-La grande mer? répéta l'elfe en ouvrant de grands yeux fascinés. Vous êtes donc venue des dernières terres rescapées du Beleriand? Ou peut-être même de l'Ouest lointain par-delà la grande Mer?
-C'est plus compliqué que cela, mais n'en parlons pas, cela serait trop long à expliquer.
-Mais... Puis-je vous demander les raisons qui vous ont poussée à venir jusqu'ici, si loin de votre royaume natal?"

Tauriel semblait à présent réellement fascinée par la jeune femme, et ses yeux rayonnaient d'une curiosité passionnée. Elsa, elle, sentit son cœur s'alourdir quelque peu à l'idée de devoir parler à nouveau de sa fuite du royaume d'Arendelle; mais la jeune elfe lui devenaient également de plus en plus sympathique, et elle commençait à apprécier cette conversation. La capitaine des gardes lui tendit un morceau de la pêche fraîche et juteuse que la dame des neiges savoura longuement, avant d'avaler et de pousser un soupir satisfait, et d'enfin commencer son récit.

"Le royaume d'où je viens est effectivement magnifique, mais un don comme le mien n'y est en réalité pas courant le moins du monde. Il y est même craint, redouté et détesté, à tel point que je ne trouvai jamais ma place parmi le peuple qui y vit. J'ai alors décidé de partir afin de voir d'autres pays que je sais également magnifiques et fabuleux pour y trouver une place et donner un but à ma vie, même si le parcours doit être semé de dangers. C'est alors que j'ai rencontré cette compagnie de nains en marche pour un long voyage, et que j'ai décidé de me joindre eux pour leur porter assistance.
-Quoi? s'exclama l'elfe en ouvrant soudain de grands yeux. Des nains? Voulez-vous dire que vous voyagiez avec ces treize nains que nous avons également trouvés dans les bois?
-Pourquoi? Vous l'ignoriez? s'étonna Elsa."

L'elfe acquiesça sans la quitter des yeux, et la jeune femme se sentit soudain idiote. Elle venait de révéler une information que ses geôliers ignoraient encore... Mais elle ne se lamenta pas longtemps, car après tout elle n'avait pas parlé de Bilbon et n'avait donc pas compromis leur dernier espoir d'évasion, et elle pensa que les elfes auraient tôt ou tard découvert le lien qui l'attachait aux nains.

"Mais que donc avez-vous à faire avec eux? demanda alors Tauriel après un silence. Comment pouvez-vous préféré leur compagnie à celle des gens de votre royaume?
-Eh bien car ce sont des gens formidables, répondit simplement la jeune femme.
-Des gens formidables?
-Oui: ils m'ont accepté comme j'étais et se sont toujours comporté en amis généreux avec moi. Croyez-moi, derrière les apparences ils sont tous braves, dignes, habiles et fiers. Leur histoire n'a pu que m'encourager à compatir avec eux, tout comme la mienne les a poussé à compatir avec moi. En eux brûle le puissant feu des profondeurs de la terre, qui leur procure détermination et force de volonté. Je me suis bien plus épanouie avec eux en trois mois que dans mon royaume en une vingtaine d'années.
-Vraiment? s'ébahit Tauriel dans un murmure. Les nains font-ils une si agréable compagnie que cela?
-Ils sont comme toute personne en ce monde, avec leurs qualités et leurs défauts. Mais l'on apprend à vivre avec et leurs qualités finissent par paraître éclatantes avec le temps. Pourquoi êtes-vous donc si rebutés par les nains dans vos peuples?
-Je ne le sais... A vrai dire je ne les ai jamais vraiment connu: mais l'on m'a toujours dit qu'ils étaient cupides, vaniteux et sans aucune tendresse dans leurs cœurs.
-Cette description est bien loin de correspondre à mes compagnons, dit Elsa dans un petit sourire."

Un silence s'installa alors pendant un moment, les deux jeunes femmes baissant les yeux au sol et préférant ne rien dire, une lueur d'humilité miroitant dans les yeux de l'elfe devant ce que venait de lui apprendre la reine des neiges. La capitaine finit par reposer le couteau dans un soupir.

"Peut-être dites-vous vrai, murmura-t-elle. J'ai toujours trouvé glaçant le fait de vivre dans la pierre, entre des murs épais et humides, dans des couloirs exigus enfouis profondément sous la terre, loin de la lumière et de l'air pur... Mais après tout je n'ai jamais eu l'occasion de voir quelque demeure naine que ce soit."

Elle reporta un regard brillant d'envie sur Elsa.

"Vous dites avoir traversé de nombreux territoires après être partie de votre royaume: vous avez donc du enjamber les plaines vertes d'au-delà des Montagnes de brume où courent de nombreuses rivières et où la grandeur des Hommes demeurait autrefois, rencontrer les Hauts Elfes du Lindon, et gravi les hautes montagnes où serpentent les galeries des nains de jadis.
-J'ai vu certaines de ces choses en effet, approuva Elsa en repensant à toutes les terres qu'elle avait vues jusqu'à présent.
-Comme j'aimerais les voir moi aussi, dit Tauriel en levant des yeux mélancoliques bers la petite fenêtre par laquelle se glissait des rayons de lumière pâle. Jamais je ne me suis aventurée plus loin que les frontières du royaume des Forêts... Autrefois il était splendide, envoûtant et pur: des ombres bleutées s'étendaient fréquemment, portant leurs secrets et leurs murmures dans une fraicheur reposante, tandis que les feuilles d'émeraude laissaient couler les fils d'or du Soleil sur le sol de terre sauvage et fertile d'où sortaient des arbres robustes aux branches aimables et abondantes ornées de fruits dorés et argentés nourris de toute l'essence magique coulant dans la sève de chaque arbre. Mais à présent, rien n'est plus pareil: tout n'est qu'obscurité malfaisante, pourriture et magie noire aux illusions malsaines, tandis que ces féroces araignées nous assaillent sans répit... Si seulement nous pouvions trouver la source de cette décrépitude et la tarir une bonne fois pour toute."

La jeune elfe ferma les yeux d'un air affreusement triste et poussa le plus mélancolique des soupirs. Elsa se sentit alors désolée pour elle, et soudain affreusement mal à l'aise d'avoir déchaîné un tel ouragan sur la Forêt déjà malade.

"Je... commença-t-elle en balbutiant. Je suis navrée pour vous et tous les vôtres; et... D'avoir empiré les choses. Mais je vous assure que cela n'avait rien d'intentionnel: à vrai dire mes pouvoirs me contrôlent parfois plus que je ne les commande moi-même.
-Vraiment? s'étonna l'elfe.
-Oui, je vous le promets.
-Je vous crois, finit par affirmer Tauriel après l'avoir dévisagée pendant quelques instants. Je ne lis pas le mal en vous, et je ne crois pas que vous soyez animée par de mauvaises intentions. Mais j'en viens à présent à me demander ce qu'ont pensé et dit les différentes personnes que vous avez du croiser lors de vos voyages au sujet de votre don, si cela n'est pas trop indiscret.
-Tous ces gens étaient bien différents de ceux de mon royaume: ils n'ont jamais montré aucune hostilité envers moi. Et même si la haine s'était lue dans leurs yeux, je me sentais toujours capables d'y résister de par le soutien que m'apportaient constamment mes treize compagnons de voyage. Vraiment, tout ce périple n'aurait pas été aussi plaisant et facile sans eux."

Un petit sourire intéressé s'afficha sur les lèvres de Tauriel, que lui rendit Elsa. Alors que l'elfe s'apprêtait à reprendre la conversation après un silence si serein, un son se fit soudain entendre au dehors: un long souffle sonnant farouchement contre les murs de la forteresse.

"Le cor de la garde, dit soudain la capitaine en se tournant brusquement vers la porte, l'air confuse. Je suis désolée, je... Il y a un rassemblement, je dois aller rejoindre les autres, ils ont besoin de moi."

Elle rouvrit la porte de bois et s'apprêta à sortir de la pièce, mais se retourna une dernière fois vers Elsa, les yeux scintillants d'une lueur amicale, et lança un léger:

"Au revoir."

Puis elle sortit de la pièce et referma la porte derrière elle. Elsa resta un moment silencieuse, un peu déconfite de voir cette elfe si aimable s'en aller, et finit par murmurer à son tour:

"Au revoir."

Puis se retrouva de nouveau seule dans la pénombre, avec ses songes et ses démons.
Mais cette conversation fut loin de s'effacer aussitôt après qu'elle eut pris fin: elle eut au contraire bien des résonnances dans l'esprit de la jeune Tauriel, qui n'oublia jamais ce que lui avait dit Elsa à propos des nains, et tourna et retourna sans cesse ces paroles dans son esprit. Si bien qu'elle en vint à se poser certaines questions sur le sort qu'elle et les siens avaient réservé à ces treize voyageurs.
Un jour qu'elle marchait dans les couloirs, l'air pensif et préoccupé, elle finit par tomber sur son ami Legolas, le fils du roi Thranduil.

"Tauriel! dit-il en la voyant. Je vous cherchais: que diriez-vous de..."

Mais il se tut soudain lorsqu'il remarqua l'expression qu'affichait son amie.

"Tauriel? appela-t-il alors doucement, comme s'il ne voulait pas la brusquer. Est-ce que tout va bien?
-Mon corps se porte parfaitement bien, répondit la capitaine des gardes sans même lever les yeux du sol, mais mon esprit est grandement troublé.
-Qu'y a-t-il donc?
-Legolas, combien de temps comptons-nous garder les treize nains prisonniers?
-Eh bien... Jusqu'à ce que le roi décide de les libérer.
-Mais pourquoi les avons-nous emprisonnés? Quel a été leur crime?
-Mais Tauriel, ce sont les ordres du roi: nous n'avons pas à les discuter. Tout étranger est à présent considéré comme une menace sur ces terres, et particulièrement les nains. Vous savez bien que l'on ne peut...
-Oui, je sais! le coupa brusquement Tauriel d'une voix soudain irritée. On ne peut faire confiance aux nains: c'est ce que l'on entend toujours dire, et ce que l'on entendra toujours!"

Alors elle tourna sèchement les talons et s'en alla rejoindre sa loge, laissant derrière elle un Legolas décontenancé.
Oui, elle était réellement irritée, voire presque en colère. Elle en avait assez d'entendre toujours prononcer ces mêmes paroles, et ces mêmes justifications pour toute situation qui se présentait, et par dessus tout de s'entendre dire par son ami Legolas de ne pas douter un instant des ordres du roi et de ne rien dire contre, de simplement se taire et faire ce qu'on attendait d'elle, comme un mouton bien docile.
Elle finit par arriver devant la porte de sa chambre qu'elle ouvrit avant de la claquer derrière elle. Elle se trouva dans une petite pièce aux jolis murs de pierre très claire, chacun percé de plusieurs petites fenêtres donnant sur les feuillages des arbres de la colline. Un lit habilement sculpté reposait contre le mur du fon, tandis qu'à l'opposé était une table de nuit tout aussi travaillée où reposaient les effets personnels de la jeune femme: des vêtements, mais également certaines armes et toutes sortes de clefs pour les différentes serrures du château.
Tauriel se laissa tomber assise sur son lit et resta un long moment silencieuse, les yeux dans le vague, l'air déconfit. Peu à peu, la colère laissa place au vague à l'âme et à la mélancolie, qui saisirent le cœur de la jeune elfe avec une intensité plus forte que jamais. Le silence était presque comme un souffle continu et narquois, qui n'avait rien d'agréable à ses oreilles: elle était seule dans cette chambre, et qui était là pour l'entendre? Qui dans ce domaine était là pour écouter ce qu'elle avait à dire, et ce qu'elle pouvait penser du monde qui les entourait? Elle n'avait jamais réellement saisi la source de ce malaise qui s'était emparé d'elle jusqu'à ce jour, mais à présent elle comprenait: jamais elle ne s'était sentie aussi seule que depuis ces quelques dernières années.
Alors, lentement, elle tourna la tête vers sa table de nuit, car le souvenir d'un objet qu'elle contenait venait de ressurgir dans son esprit. Elle se leva, marcha doucement vers le meuble en bois d'if, en ouvrit le premier tiroir et, parmi les nombreux objets qu'il contenait, en sortit avec des mains fébriles une petite statuette de pierre taillée. Elle la prit délicatement entre ses doigts et resta un moment à la regarder en silence.
Il s'agissait d'un bélier sculpté dans la pierre avec une incroyable précision: raclant le sol d'un de ses sabots et la tête baissé, prêt à charger, chacun des traits de son corps se dessinait dans une ligne si fine et artistique qu'on aurait pu croire qu'il s'agissait d'un vrai. Et pour représenter ses yeux, deux belles petites émeraudes scintillantes étaient incrustées dans la pierre, lui donnant un regard presque vivant.
Tauriel avait toujours conservé cette statuette auprès d'elle depuis son plus jeune âge, comme un souvenir qu'elle s'était juré de ne jamais laisser sombrer dans l'oubli. Car cette petite statuette était l'œuvre d'artisans nains, et elle se souvenait parfaitement du jour où elle l'avait obtenue.

Dans son enfance, elle habitait avec ses parents dans une des maisons du village sylvestre. Ces derniers se rendaient quelques fois dans la ville de Däle afin d'y acheter quelques une des plus belles soieries, certains mets des plus réputés ou tout simplement pour y contempler l'architecture des bâtiments.
Un jour, Tauriel les avait accompagné , désireuse de voir de ses propres yeux cette ville des Hommes si célèbre. Après avoir promis d'être prudente, elle s'était éloignée de ses deux parents pour aller déambuler à sa guise dans les rues pavées de pierres claires et aux façades décorées de milles fleurs aux couleurs d'arc-en-ciel. L'animation était à son comble: les villageois volaient d'étalages en étalages au milieu des charrettes de marchands transportant leurs produits d'un bout à l'autre de la cité, tandis que des enfants dansaient dans leurs tuniques aux milles rubans colorés au son des orchestres de cors, de harpes, de flutes et de tambours qui jouaient son plein des airs résonnant dans tous les recoins.
Et parmi les musiciens et les marchands étaient de nombreux nains, apportant des mélodies de leur peuple, jouant de leurs tambours et de leurs harpes et chantant de leurs voix gutturales, tandis que les marchands apportaient toutes sortes de richesses forgées et sculptées comme seuls les nains savaient le faire.
La petite Tauriel s'émerveillait sur chacune d'entre elle: admirant les colliers de joyaux scintillants, les bracelets d'or et d'argent, les épées brillantes aux poignées incrustées de gemmes dans lesquelles était cachée la plus intense des lumières,... Elle se demandait comment il était même possible de créer pareilles merveilles. Puis vint un moment où son attention fut retenue par un étalage où s'étendaient des centaines de petites statuettes de pierres et de pierres précieuses. L'on y voyait des aigles en vol étendant leurs ailes aux plumes de bronze, des ours rugissant en découvrant leurs dents de diamant, des chevaux galopant en laissant flotter au vent leurs crinières d'argent,...
Tous étaient magnifiques, mais elle fut particulièrement éblouie par un bélier avec ses grandes cornes comme une couronne et ses yeux d'émeraude. Fascinée, sa main se tendit presque instinctivement et saisit l'objet pour le voir de plus près. Mais soudain, une main lui saisit brutalement le poignet et la fit sursauter.

"Alors, qu'est-ce que c'est que ça? s'exclama un citoyen de la ville assez âgé vêtu d'une chemise aux fils argentés surmontée d'un long manteau noir. Je vois que même les elfes sont capables de vol à l'étalage: jamais le seigneur de la ville ne permettrait que le moindre trouble soit causé à l'ordre de cette cité. Les voleurs ne sont absolument pas tolérés, et le même sort leur est à tous réservé.
-Que se passe-t-il ici? appela soudain une voix grave de derrière l'étalage."

Il s'agissait du propriétaire des marchandises: un nain blond comme la paille et à la barbe parfaitement lisse et taillée. Il regardait les deux personnages sans comprendre la situation.

"Figurez-vous, messire, que cette petite voleuse venue tout droit de la Forêt vient de tenter de dérober l'une de vos statuettes, expliqua l'homme en désignant Tauriel d'un signe de tête méprisant.
-Jamais je n'ai voulu voler quoi que ce soit, se défendit l'elfe dans une grimace de douleur, car l'étreinte du citadin sur son poignet lui faisait mal. Je désirais simplement contempler cet objet de plus près.
-Quelle pitoyable excuse! pesta l'Homme. Quant à vous, messire, je vous conseillerai de mieux tenir votre étalage, car avec une aussi piètre surveillance, toutes vos marchandises auront bientôt disparu.
-Et moi, je vous conseillerais de mieux tenir votre langue avant de proférer vos paroles de serpent! répliqua le marchand d'un air agacé. Lâchez donc cette enfant, ne voyez pas que vous la faites souffrir? Quelle mal a-t-elle fait? Rien n'a été volé; et je ne crois pas que vous ayez quelque rapport que ce soit avec la justice dans cette ville, ce ne sont donc en aucun cas vos affaires! Si vous ne comptez rien faire d'autre ici qu'importuner le monde, je vous prierais de circuler monsieur!"

L'Homme parut un instant abasourdi, puis devant l'air féroce et le ton dissuasif du marchand, il afficha une moue puis lâcha brutalement la main de Tauriel avant de tourner les talons et de s'éloigner dans la foule. La jeune elfe se massa le poignet, baissant les yeux au sol d'un air honteux. Mais soudain:

"Allons ne t'en fais plus, dit la voix à présent calme et rassurante du marchand, l'on trouve toujours gens désagréables dans quelques cité que ce soit. Tu n'as simplement pas eu de chance de tomber sur lui.
-Je promets que je n'avais en aucun cas l'intention de voler votre statuette messire, assura Tauriel d'une voix timide.
-Oh, je le pense bien: je ne crois pas qu'une jeune elfe s'abaisserait à ce genre de chose. Cependant, tu as dit vouloir la regarder de plus près?
-Oui messire. Toutes ces sculptures sont magnifiques, et nous n'en avons aucune de ce genre dans notre peuple. Je voulais en admirer une au moins une fois dans ma vie."

La marchand la fixa quelques instants, puis porta son regard sur le bélier de pierre, sa gratta la barbe comme s'il réfléchissait, puis finalement prit l'objet en main et le tendit à la jeune elfe avec un grand sourire.

"Allons, tiens, prends la: je t'en fais cadeau. Ainsi tu montreras à ton peuple ce que nous savons faire chez les nains, et tu pourras fièrement dire que tu en as admirer une de très près."

Tauriel ouvrit de grands yeux, semblant ne pas y croire.

"V... Vraiment? balbutia-t-elle.
-Puisque je te le dis: prends-la, ce sera notre petit secret."

Alors, toujours dans un sourire, il lui adressa un clin d'œil. Tauriel, émerveillée, lui rendit alors son sourire et prit doucement la statuette entre ses mains. Puis, après un dernier remerciement, elle s'éloigna afin d'aller retrouver ses parents et leur montrer le magnifique présent que venait de lui offrir ce marchand nain.

Et dans sa chambre, dans la forteresse, Tauriel tremblait légèrement en se remémorant ce jour. Elle regardait la statuette qui n'avait nullement perdu de son éclat, même avec les nombreuses années, l'air totalement perdu, comme si elle ne savait plus où elle en était.
Toute sa vie on lui avait appris que les Nains étaient des êtres antipathiques, cupides, sans âme et ne vivant que pour l'or et les richesses. Alors, noyée dans ce même discours, elle avait fini par l'accepter et se mettre elle-même à mépriser les Nains.
Mais pourtant, un doute avait toujours survécu en elle, éternellement ravivé par cette petite statuette: car grâce à elle, elle s'était toujours souvenu de ce visage souriant aux yeux si bienveillants qui lui avait généreusement fait cadeau de ce magnifique objet. Elle se demandait comment quelqu'un d'aussi généreux pouvait appartenir à un peuple si avare et attiré par l'appât du gain. Mais les nains étaient-ils réellement comme cela?
Que devait-elle penser? Quelle était la vérité? Elle n'en savait rien, et peut-être était-il temps qu'elle parte elle-même chercher ces réponses.


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Some say I have no direction,
That I'm a light-speed distraction,
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This life in the stars is all I've ever known:
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And the moment that I hit the stage
I hear the universe calling my name
And I know deep down in my heart I have nothing to fear.
And as the solar wind blows through my hair,
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Jeu 20 Aoû 2015, 15:33


Chapitre 10:

Les jours s'égrainaient inexorablement pour les compagnons au cœur du royaume de Vertbois, et avec leur course qui dans un souffle insaisissable quittait le présent pour entrer dans les méandres du passé, l'espoir et la vaillance s'effaçaient à vue d'œil dans leurs cœurs.
Dans leurs cellules, les nains attendaient, ne pouvant rien faire d'autre que les cent pas en laissant filer le temps et espérant que quelqu'un vienne les sortir de ces cages. Enfermés dans leurs propres têtes, ils regardaient tristement passer les gardes dans leurs armures rutilantes, leur cliquetis perturbant le silence envoûtant qui semblait résonner contre chaque mur de pierre, et ils écoutaient le chant des eaux de la cascade toute proche et dont les voix prestes semblaient pourtant si lointaines. Leurs vies semblaient ralentir à mesure que le temps passait: chaque battement de leurs cœurs était pareil aux résonnances d'une grosse cloche, sonnant le glas et la fin proche.
Seules les visites que leur rendaient quelques fois les gardes de la Forêt pour leur apporter quelques pichets d'eau et quelques morceaux de pin et de fromage venaient les tirer quelques instants de leur sombre torpeur. Tauriel fut quelques fois de ceux-là: apportant les provisions, elle les tendaient aux nains entre les barreaux, mais ceux-ci ne daignaient même pas lever les yeux vers elle. Ils demeuraient dans un silence grondant et affichaient des regards assassins au moindre elfe qui passait près d'eux.
Seul Kili, lorsqu'il vit l'elfe aux cheveux roux lui tendre des gracieuses mains ces quelques provisions, daigna montrer un minimum de gratitude. Car, malgré sa colère et sa rancœur, il savait au fond de lui que cette capitaine ne faisait que suivre les ordres de son roi, et qu'elle n'avait pas le pouvoir de changer la situation. Et il n'oubliait pas non plus la manière dont elle l'avait tiré des filets mortels des araignées géantes: geste pour lequel il n'avait jamais pu la remercier. Alors, lorsqu'elle lui offrit la nourriture, il s'en saisit doucement et s'efforça, malgré son air renfrogné et son regard courroucé, de prononcer distinctement:

"Merci."

En entendant cela, Tauriel le regarda soudain: il venait de la remercier. Tous les autres ne lui avaient exprimé que haine et mépris pour une chose qui n'était pas de son fait, mais ce jeune nain ci avait eu la bonté de lui montrer un peu d'amabilité et de tendresse. Elle resta un instant à regarder son visage dont la barbe avait notablement poussé, et dont les yeux bruns semblaient brûler d'un feu puissant que jamais elle n'avait vu dans les yeux d'un elfe. Puis, revenant à elle, elle lui adressa un signe de tête et s'éloigna, ses pas disparaissant bientôt dans le son de la cascade.
Le temps avait semblé interminable aux nains, mais ils n'avaient pourtant vu passer aucun Soleil ni aucune Lune au dessus d'eux: les froides parois de pierre leur cachaient l'éclat orangé du Soleil levant ou la course d'argent de la Lune vagabonde. Ils ignoraient depuis combien de temps exactement ils étaient enfermés ainsi sous terre, mais une chose les inquiétait pourtant: le jour de Durin n'avait jamais été aussi proche, peut-être même était-il déjà passé. Ils tremblaient à cette pensée, mais ne pouvaient rien faire d'autre que souhaiter de tout cœur que cela ne soit pas le cas. Certains tentaient d'estimer le temps qui avait passé, comme si c'était là tout ce qui pouvait encore les maintenir en vie et leur donner un sens.

"Le Soleil doit être en train de se lever, suggéra Bofur en fixant avec des yeux mornes le sombre plafond de sa cellule. Cela doit bientôt être l'aube...
-Nous n'atteindrons jamais la Montagne, n'est-ce pas? souffla Ori d'une petite voix tremblotante."

Cette dernière question jeta soudain un froid dans toute la compagnie: le jeune nain venait de dire exactement cette évidence que tous redoutaient au plus profond d'eux-mêmes, mais qu'aucun n'avait voulu prononcer à haute voix, comme pour essayer de conjurer ce destin si amer.
Fili leva des yeux désespéré vers le haut plafond de pierre de la forteresse où scintillaient nombre de lanternes blanches et orangées, accroché aux barreaux de sa cellule comme à la dernière branche qui peut vous maintenir en vie lorsque vous êtes emporté par un terrible torrent, et pensant avec une peine immense à ses grandes salles de pierre sculptées dont toujours sa mère, son oncle et tant d'autres lui avaient conté les merveilles et qui à présent lui échappaient comme de l'eau coulant entre les doigts. Il avait envie de crier, de pousser le plus long des sanglots pour tenter de les rattraper, mais il savait qu'il était totalement impuissant: jamais il ne verrait la cité d'Erebor, et ses jours s'achèveraient dans ces souterrains du royaume des elfes.
Mais le plus accablé de tous était sans doute Thorin, désolé et déchiré à l'idée d'avoir échoué dans sa tâche de rendre ses terres à son peuple, et de ne jamais pouvoir offrir à ses neveux cette vie qu'il leur avait toujours promise. Silencieux, immobile, il gardait les yeux dans le vague, semblant espérer un secours divin. En réalité, comme tous ses compagnons, il espérait follement que ses deux camarades Bilbon et Elsa surgissent enfin du silence et viennent ouvrir ces immondes cages qui les retenaient prisonniers. Mais ce triste espoir s'effaçait peu à peu de son cœur, alors que la peur pour ses deux compagnons l'envahissait chaque minute un peu plus: ils n'avaient absolument aucune nouvelles d'eux depuis bien trop longtemps, et l'idée qu'ils puisse leur être arrivé malheur le plongeait dans un infini chagrin. Chagrin que le temps, lent et pesant, ne faisait qu'amplifier à chacune de ses lourdes secondes.

Elsa, elle, avait pu garder la notion du temps grâce aux rayons de Lune et de Soleil se glissant par la fenêtre de sa sombre chambre. Elle avait avec attention suivie la course des astres et observé les étoiles tourner scintillantes sur le ciel bleu roi, tandis que le vent soufflait doucement sur les feuilles survivant encore à l'automne et que le courant du Taurduin chantait en contrebas, son chœur tumultueux grimpant jusqu'à la fenêtre pour venir bercer les oreilles de la jeune femme. Mais pourtant, le temps lui semblait également affreusement long: depuis son réveil, deux jours s'étaient à présent écoulés, et le silence obscur de sa prison avait nourri toutes les angoisses qui saisissaient son cœur, rendant chaque minute qui passait angoissante et morbide.
Quelle ne fut alors pas sa joie lorsqu'alors que le Soleil était levé depuis peu, la porte de sa chambre s'ouvrit de nouveau pour laisser une nouvelle fois entrer Tauriel, avec de nouvelles provisions dans les bras. Elsa commença par se rassasier avec quelques bouchées de Lembas, puis à nouveau quelques fruits frais avant d'étancher sa soif avec la claire eau de la rivière.
Mais ce qui fit finalement le plus grand bien à la jeune femme, fut de pouvoir à nouveau parler, discuter avec l'elfe, et ne plus être enfermée seule face à ses démons. La conversation commença tout d'abord par s'intéresser de nouveau au vaste monde et au voyage qu'avait mené Elsa jusqu'ici, mais s'orienta bientôt vers la vie qu'elle avait mené dans son royaume natal. Tauriel, toujours grandement intéressée, lui posa des questions sur sa famille et les relations qu'elle entretenait avec elle.

"Qu'ont donc pensé vos parents à propos de votre départ? vint-elle à demander. Ont-ils donné leur accord, ou bien avez-vous agi contre leur souhait?"

L'expression d'Elsa s'assombrit soudain.

"En réalité, lors de mon départ, la mort les avait déjà emportés depuis plusieurs années, répondit-elle avec des yeux soudain emplis de regret."

Un horrible silence s'installa alors pendant un instant, une expression horrifiée et désolée sur le visage de l'elfe. Elle finit par baisser les yeux au sol et reprit dans un murmure:

"Je suis navrée... Cela est l'une de pires choses qui puisse arriver à une personne dans sa vie: croyez-moi, je sais ce que vous ressentez.
-Ne vous excusez pas, vous ne pouviez pas savoir. Mais je ne pense pas que vous puissiez savoir ce que je ressens: et c'est une grande chance que vous avez là.
-Je vous assure que je le sais, insista Tauriel avec un air à son tour sombre. Mes parents sont également morts lorsque j'étais jeune enfant."

Ce fut alors au tour d'Elsa d'être horrifiée et désolée.

"Pardonnez-moi, je ne pensais pas à mal...
-Ce n'est rien, assura l'elfe avec une voix tremblante et des yeux humides. Je sais ce que vous ressentez... J'étais présente ce jour là: ils sont morts sous mes yeux, et jamais cette image ne s'en est allée depuis."

Alors elle se détourna pour tenter de cacher ses sanglots. Mais Elsa les entendit très nettement, leur son déchirant son cœur et ponctuant le silence d'une amère tristesse. Après un moment, Tauriel finit par reprendre le dessus et se retourna vers la jeune femme en essuyant ses yeux encore rouges. Les larmes étaient passées mais la détresse était toujours là, et Elsa lisait dans ses yeux bruns le besoin de se confier.

"L'un des premiers jours de l'hiver recouvrait le monde: les branches dénudées des arbres brillaient sous leur fine couche de givre et la fraicheur vivifiante de l'air provoquait un doux picotement sur chaque recoin de la peau. Je ne regardais encore le monde que du haut de douze années, et vivait la vie d'un elfe du royaume des Forêts aux côtés de mes deux parents, Istiel et Sùlinnod. Notre demeure se logeait dans les hautes branches d'un orme centenaire, qui réside toujours parmi les arbres de la Forêt aujourd'hui, bien qu'il arrive sur la fin de sa vie et que ses nobles branches vétéranes ne portent plus que quelques tristes feuilles ridées. Mais ce jour là fut touché d'un terrible coup du sort: alors que le Soleil d'hiver approchait de son pâle zénith, une terrible rumeur se fit entendre au loin dans les bois, comme des milliers de pattes furieuses martelant le sol. Et bientôt, venue du Nord-Ouest, une meute toute entière d'Orques chevauchant les féroces Wargs déferla sur le royaume et attaqua sauvagement le village sylvestre, tuant de nombreux elfes et abattant bien des arbres sur leur passage. La terreur se répandait comme une trainée de poudre, mais fort heureusement la garde du palais vint rapidement au secours: leurs chevaux galopant entre les arbres, tout d'or vêtus dans leurs armures, ils décochèrent flèche après flèche et mirent à bas bien des monstres avec leurs épées scintillantes. Et à leur tête était notre roi Thranduil, monté sur son grand cerf royal aux immenses bois d'airain, maniant son épée d'argent avec une fascinante habileté. Mais, malgré tous leurs efforts, ils ne purent venir à bout de toutes les créatures... Voulant défendre notre demeure, mon père sortit armé d'une dague, et se battit comme il put contre ces monstres, sous nos yeux terrifiés, à ma mère et moi-même. Et comme nous le redoutions, il ne résista pas longtemps: une flèche sournoise lui fut tirée droit entre les deux épaules, et il tomba à terre avant de se faire trancher la gorge."

Elle s'interrompit, fermant les yeux, tremblant fébrilement et retenant ses sanglots, sous le regard navré d'Elsa qui avait mal pour elle. Mais elle finit par se calmer, et reprit tristement son récit.

"Le cri que désespoir que je poussai avec ma mère fut le plus déchirant que l'on eut jamais entendu dans toute la Forêt. Mais cela n'arrêta pas les créatures, qui s'empressèrent de monter jusqu'à nous. Des larmes lui brûlant les yeux et le visage, ma mère me cria de me cacher du mieux que je pouvais. Protestant d'abord, le visage ruisselant de pleurs, je finis par accepter devant ses supplications. Je me terrai alors dans un recoin sombre, me laissant tout juste la possibilité de voir ce qui se déroulait. Retenant ma respiration et mes pleurs, je regardai donc ma mère tenter avec toute sa rage et son chagrin de repousser les monstres à l'aide d'une grande serpe destinée à la cueille des fruits. Elle se battit de toutes ses forces, mais les Orques étaient trop nombreux, et l'une de leurs sombres lances lui fut plantée droit dans le cœur. Horrifiée, croyant vivre un cauchemar, je la vis alors s'effondrer à son tour, face contre terre, avant que le sang pourpre ne se répande sur le sol de notre belle demeure. Et les créatures auraient fini par me trouver moi aussi si le roi Thranduil et quelques uns de ses gardes n'étaient pas arrivés à ce moment et mis à bas toutes ces immondes bêtes. Lorsque tout fut terminé, je sortis en bondissant de ma cachette, hurlant le nom de ma mère et m'affalant sur son corps que je serrai dans mes bras avec toute la force du désespoir, tandis que mes larmes amères se mêlaient au sang sur le sol. J'eux l'impression que tout s'effondrait autour de moi, et chaque seconde me paraissait une éternité de douleur: je ne voulais pas y croire, je refusais de le croire... Mais c'était bien la vérité. Je ne sais ce que je serais devenu si le roi de la Forêt, ému et bouleversé par le spectacle de cette petite fille affalée en pleurs sur le corps de sa mère tuée devant ses yeux, ne m'avait alors pas emmené avec lui, accueillie au palais et pris sous son aile, comme sa propre fille."

Enfin arrivée à la fin de son récit, elle prit une grande inspiration et se tut quelques instants pour essuyer de nouveau les larmes qui avaient coulé sur ses joues. Accablée, elle se laissa tomber assise sur le lit, aux côté d'Elsa, qui restait totalement muette, ne sachant que dire.
Alors, elle posa doucement sa main sur celle de l'elfe, bien que la menotte créât une froide barrière empêchant le contact rassurant qu'aurait pu présenter sa paume. Mais la capitaine des gardes leva tout de même vers elle des yeux brillant à présent d'une faible lueur d'espoir.

"Je ne puis rien dire de suffisamment fort pour vous exprimer mon soutien et mes encouragements, finit par dire la dame des neiges d'une voix basse et douce, mais sachez que vous les avez tous. Je vous crois être la personne la plus forte et résistante que ce monde ait porté pour avoir échappé à la mort et à la folie après une telle épreuve, et je vous admire pour être ainsi toujours restée droite et noble."

Tauriel lui adressa alors un faible sourire.

"C'est donc ainsi que les portes du palais vous ont été ouvertes... Murmura Elsa, étonnée et amère.
-Oui: le roi, sa femme et sont fils sont rapidement devenue une famille pour moi. J'ai été élevée comme leur enfant, reçu toute l'éducation et les enseignements d'une fille de souverain: l'on ma enseigné l'Histoire, la langue, les armes et les usages des plantes magiques, tant pour la médecine que pour les incantations ou les potions. Et lorsque j'eus terminé mon apprentissage, le roi, me trouvant fort habile au maniement de la dague et de l'arc, décida de me nommer capitaine de ses gardes. J'ai alors juré, autant à lui qu'à moi-même, de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour protéger ces terres d'attaques pareilles à celle responsable de la mort de mes parents, et de combattre de toutes mes forces ces immondes, ces cruelles, ces affreuses créatures que sont les Orques.
-Je comprends cela: j'ai moi-même eu affaire aux Orques plusieurs fois. Je crois en réalité que vous savez parfaitement ce que je ressens, et que vous le savez même bien mieux. Car le destin a au moins eu la clémence de ne pas faire mourir mes parents devant mes yeux: ils ont été emportés par la fureur de la mer lors d'un voyage ne devant durer que deux semaines, mais les a finalement éloignés de ma sœur et moi a tout jamais.
-Votre sœur? Vous avez donc une sœur?
-Oui, une jeune sœur, confirma la jeune femme en fixant soudain la chevelure de flammes de l'elfe qui lui rappelait précisément sa cadette. Elle est sans doute la personne à laquelle je tiens le plus au monde... Et je regrette tant de ne jamais avoir pu le lui montrer, car ces pouvoirs qui sont les miens nous ont rudement séparées lorsque nous étions enfants. Je sais que tout comme moi elle fut terriblement déchirée par la mort de nos parents, mais même alors je ne pouvais être auprès d'elle; et lorsque j'ai été contrainte de partir, je l'ai lâchement laissée derrière moi... Et aujourd'hui les remords me rongent jusqu'au plus profond de mon être."

La jeune femme ferma les yeux et baissa tristement la tête: ce fut alors au tour de Tauriel de poser sa main sur son épaule.

"Lorsque votre voyage sera achevé et votre but atteint, vous devriez aller la trouver et lui confier toutes ces choses que vous avez tues durant tant d'années. Lui avouer les raisons de votre départ, de votre séparation et lui dire à quel point vous l'aimez... Vous êtes à présent maîtresse de votre don Elsa; vous pouvez clamer ce que vous voulez, mais je vous assure que cela se voit et se ressent. Pas une fois depuis que je vous connais vous n'avez perdu le contrôle: et je doute que votre sœur soit la personne la plus susceptible de vous priver de vos moyens.
-Mais qu'est-ce qui vous fait croire que je pourrai jamais trouver la force de retourner là d'où je viens? Lorsque tous ne souhaitent que vous chasser et vous bannir, comment peut-on se sentir chez soi? Comment pourrais-je retourner là-bas et affronter leurs regards après être partie si longtemps?
-Elsa, vous avez une chance inestimable, une chance que je n'ai pas eue: celle d'avoir encore une proche parente en vie, et qui semble beaucoup tenir à vous. Ne laissez pas passer cette chance, car alors plus rien ne pourra être rattrapé: tout sera balayé et plus rien ne pourra vous permettre d'être là-bas chez vous. Promettez-moi Elsa, promettez-moi, lorsque votre voyage touchera à sa fin, d'aller voir votre sœur et de l'étreindre avec toute la tendresse de votre cœur afin de déternir ce lien qui vous unit."

Elsa resta un moment à la regarder droit dans les yeux, puis finit par acquiescer d'un air solennel, un petit sourire reconnaissant sur les lèvres. Mais Tauriel finit par détourner le regard, fixant les sombres murs qui les entouraient. Elle poussa alors un triste soupir, et se leva d'un bond, semblant contrariée et gênée.

"Mais pour cela vous devrez d'abord sortir d'ici... murmura-t-elle en se mettant à faire les cent pas. Je suis sincèrement navrée que vous dussiez être retenue entre ces murs: je vois bien à présent que vous n'avez rien de dangereux. Mais je n'ai pas le pouvoir d'interférer dans les décisions du roi. Si seulement... Oui, peut-être: je pourrai dérober les clefs de vos fers et vous mener secrètement jusqu'à la sortie, alors vous n'auriez qu'à suivre la Rivière pour atteindre l'orée de la Forêt. Il faudra que j'échappe à la vigilance des gardes et...
-Non Tauriel, l'interrompit soudain Elsa. Ne vous mettez pas en danger pour moi: vous en avez suffisamment fait pour m'aider. Je ne veux pas qu'il vous arrive malheur à cause de moi. Je ne suis retenue ici que par ma faute: je n'ai pas su rester sereine lorsqu'il le fallait, et c'est à moi seule de rattraper cette erreur lorsque l'occasion se présentera."

Tauriel se tut un instant, fixant la jeune femme avec des yeux démunis, implorants, comme si elle souhaitait désespérément rappeler la pâle chance de résoudre cette situation qui disparaissait sur l'horizon flou. Devant son air désemparé, Elsa lui adressa un sourire confortant.

"Ne vous en faites pas Tauriel, je vous remercie mille fois pour me proposer ainsi une aide si engagée, mais je m'en sortirai seule, sans que cela ne vienne entacher votre vie. Encore merci pour m'avoir déjà tant soutenue, et encore tous mes encouragements pour poursuivre votre vie. Dont vous devriez d'ailleurs aller profiter, en lieu de demeurer ici dans l'obscurité avec moi."

L'elfe, après un silence, afficha un pâle sourire mélancolique, puis tourna doucement les talons et quitta la pièce, jetant un dernier regard brillant d'un pâle espoir à la dame des neiges. Puis la porte se referma, laissant à nouveau Elsa dans la fraiche obscurité et le silence suscitant toutes ces pensées contradictoires dans sa tête.

Ce jour-ci, une nouvelle activité semblait bouillonner au cœur du royaume des Forêts, et animer ses résidents d'une nouvelle ardeur. Dans les bois, des lanternes commençaient d'être allumées sous les noirs feuillages, blanches et pures, tandis que des chants couraient gracieusement entre les arbres et que de grandes tuniques blanches étaient revêtues par nombre d'elfes.
Dans la forteresse, l'on s'animait également, tandis que les couleurs de couronnes végétales et des guirlandes de fruits et de fleurs étaient hissées haut au dehors et que le vin coulait à flot dans les bouteilles de cristal dans les caves du roi Thranduil. En vérité, il se préparait une grande fête, une fête des plus importantes pour les elfes de ces bois: Mereth Engilith, la fête de la lumière des Etoiles. Cette fête était célébrée chaque année sur les derniers jours de l'automne, tandis que le ciel affichait des étoiles vives et miroitantes à l'approche du froid de l'hiver, mais juste encore assez adoucies par les chaleurs de l'été.
Et ces derniers temps, cette année encore plus que les précédentes, cette fête représentait un véritable éclat d'espoir pour les elfes qui voyaient leur Forêt dépérir peu à peu, car ils espéraient que le somptueux scintillement des astres perceraient enfin les ténèbres de leurs lances si douces. Le roi tenait donc toujours à ce que cette fête soit des plus réussies, des plus magnifiques et des plus solennelles.
Tauriel avaient toujours adoré du plus profond de son être cette cérémonie: regarder les étoiles filer sur leurs chars de diamants, tirés par leurs cortèges de poussières étincelantes, remuait toujours en elle les plus magnifiques et les plus tristes des sentiments; et ce mélange était pour elle la plus belle chose qui soit. Aussi, chaque année était-elle comblée lorsque ce jour arrivait enfin.
Aujourd'hui n'échappait pas à la règle, et elle bouillait d'impatience de voir le ciel se couvrir enfin de son voile de velours noir semé de ses milles diamants chatoyants. Elle avait grimpé tout en haut d'un grand et vieux chêne, et se tenait debout sur les plus hautes branches, surplombant l'océan des dernières feuilles orangées et des branches à présent nues, révélant leur triste décrépitude. Les yeux rivés vers le ciel rosé, elle tenait au bout d'une douce corde une lanterne de cristal, semblable à des feuilles d'arbre, qui brillait d'une pâle lueur orangée. Les étoiles n'étaient pas encore apparues mais ses yeux brillaient déjà de mille feux, l'émerveillent en eux étant presque palpable.
Et à ses côtés se tenait Legolas, assis sur une branche derrière elle, un verre de vin à la main, fixant lui aussi le ciel avec un sourire charmé, mais regardant également sa belle et douce amie dessiner sa prestigieuse silhouette sur les cieux de rubis. Un calme alizé entrainait leurs cheveux derrière eux telles des bannières d'or et de feu affichant leur éclat au dessus du monde.
Legolas était heureux, car il savait que pour l'heure, son amie l'était également: il avait été grandement troublé et inquiet lorsqu'elle l'avait brusquement quitté dans un élan de colère le jour passé. Mais à présent, voir un sourire radieux sur son visage le rassurait et lui mettait du baume au cœur.

"Un vent amical souffle dans les feuilles aujourd'hui, dit-il tout en continuant d'admirer le ciel. Leur frémissement entonne un chant sans fin, tandis que les lumières scintillent sous elles et brilleront bientôt au dessus: cette fête sera plus que bienvenue pour chacun d'entre nous.
-Oui, les voix s'échappent enfin des cœurs, leurs prisons de tourments et d'ombre de doute, répondit Tauriel sans détourner son regard de la voûte rosée. Une pâle sérénité semble enfin pouvoir s'installer, ne serait-ce que pour un temps si éphémère... Avant que les ténèbres ne nous assaillent de nouveau.
-Allons Tauriel! répliqua le prince de la Forêt en portant son regard sur sa compagne. Ne pensez pas à cela: je ne peux supporter de voir le sombre voile de la peine recouvrir votre visage. Ce soir le ciel scintillera, et chacun de nos yeux seront frappés par cette aimable clarté. Je ne veux pas que des pensées obscures vous tiennent prisonnières entre leurs sinistres filets lors de cette cérémonie: je veux vous voir profiter au mieux de ce moment si pur et magnifique. Me le promettez-vous?"

Tauriel ne répondit pas tout de suite: elle porta tout d'abord un regard sur son ami. Elle ressentait alors une grande peine à son égard et se sentait navrée pour lui: elle l'avait toujours considéré comme son grand frère. Même s'il avait en premier lieu été quelque peu bouleversé lorsqu'elle avait rejoint la famille royale, il avait tôt fait de l'accepter et de passer le plus clair de son temps avec elle. Ils avaient ensemble appris à chasser, à manier l'arc, la dague, l'épée, à utiliser les incantations et le pouvoir des elfes... Legolas lui était très cher, cela ne faisait aucun doute, et elle ressentirait une grande peine si elle venait à le perdre.
Mais elle n'était pas amoureuse de lui, elle en était absolument sûre: jamais elle ne l'avait été, et jamais elle ne pourrait l'être. Savoir alors que lui éprouvait de tels sentiments à son égard, sentiments qu'elle était incapable de lui rendre, risquant de provoquer son malheur, la plongeait dans une profonde désolation. Et cependant, en voyant le visage bienveillant, attentionné et si confiant de ce dernier, elle n'eut pas le cœur de lui avouer que ses sentiments n'étaient pas partagés. Abattue, elle lui adressa un sourire forcé avant de détourner de nouveau la tête.

"Hélas non, je ne peux vous le promettre, dit-elle en baissant les yeux. Car je ne prendrai pas part aux festivités ce soir.
-Comment? s'effara le prince en ouvrant de grands yeux. Que voulez-vous dire?
-Croyez bien que je le regrette, mais le roi m'a désignée pour prendre la tête des patrouilles de garde dans les cachots. Je suis officiellement affectée aux rondes de surveillance avec les autres, et je ne pourrai donc me joindre à vous pour cette fête."

Legolas resta un moment silencieux, ne sachant que répondre.

"Oh Tauriel, je... Je suis navré... finit-il par dire, gêné et désolé.
-Ne le soyez pas, répondit son amie avec un sourire apaisant. Cela n'est pas de votre fait, et j'ai déjà échappé à cette tâche de nombreuses années pour assister à la grande Fête des étoiles: il est bien normal qu'elle finisse par m'échouer un jour ou l'autre. En revanche, je veux que vous-même profitiez de cette soirée autant que possible, est-ce entendu?"

Le visage sombre, Legolas acquiesça. Et ils restèrent encore un moment là, à regarder le Soleil se coucher, tandis que la toute première étoile, pâle et fluette, venait d'apparaître à l'Est.

Lorsque l'heure fut enfin venue, tout le monde au palais, excepté les gardes tenus à la surveillance, quittèrent les longs couloirs de pierre pour se rendre au lieu dit dans les bois où se tenaient les festivités. Ils marchaient dans de grandes tuniques blanches et bleues, aux allures de feuillages et de plantes vénérables, tandis que mille joyaux blancs perlaient dans leurs cheveux pareils à de fins branchages.
Dans leurs cellules, sombres et aigris, les nains entendaient les voix chantantes monter vers les cieux aux cœur des escaliers sculptés, tandis que les elfes leur apparaissaient comme de furtifs voiles miroitant et disparaissant dans un souffle aussi vermeil et fragile que la rosée du matin. Et leur solitude derrière ces austères barreaux ne leur parut alors que plus amère.

Le dernier à quitter ses grandes salles fut le roi Thranduil: il se tenait dans ses appartements, face à son miroir orné de tous les diadèmes fleuris de la Forêt, vêtu d'un grand manteau d'argent où courraient les éternels sillons de diamant de tous les âges de le Forêt, regardant amèrement son relfet sombre, ses yeux emplis de chagrin et de regret, tandis que son front couronné semblait s'écrouler sous le poids du voile qui recouvrait à présent son royaume. Mais pourtant il devait tenir bon: ce soir était celui que tous attendaient avec tant d'ardeur, celui où il devait apporter enfin réconfort et courage aux siens. Il ne pouvait se montrer las ou désespéré, il devait être radieux et inspiré.
Il s'efforçait encore à trouver son courage, quand soudain il entendit quelqu'un arriver dans la pièce. Il le reconnut immédiatement au bruit de ses pas:

"Qu'y a-t-il, Legolas? demanda-t-il en se retournant lentement.
-Je voulais simplement vous voir avant de nous rendre sous la grande voûte, père, répondit celui-ci en marchant calmement au bord du bassin bleu."

Il avait abandonné sa tenue de traque, verte protégée d'une cotte de feuilles et d'écorce, pour un habit de blanc et d'argent, tandis qu'une petite couronne scintillante cernait son front.

"Je sens que, plus que jamais, cette fête est attendue par les nôtres, reprit-il en continuant de longer les eaux. Il faut bien admettre que dans nos cœurs et nos âmes, l'ombre a depuis longtemps tenté d'étouffer l'espoir resplendissant, et que nous n'avons guère plus que de rares occasions comme celle-ci pour pouvoir ne serait-ce qu'abreuver nos sens d'un mince rideau d'éclat du ciel. Chacun d'entre nous en rêve, et chacun d'entre nous devrait pouvoir y assister.
-Que voulez-vous dire Legolas? demanda le roi avec un regard soupçonneux, montrant qu'il avait en réalité parfaitement saisi les insinuations de son fils.
-Pourquoi avoir privé Tauriel de ce moment de paix et de sérénité? J'ai lu une grande peine sur son visage lorsqu'elle m'a annoncé qu'elle n'était pas attendue à la fête: cela lui déchirait le cœur, et le mien par la même occasion.
-Legolas, répondit doucement Thranduil en marchant d'un pas lent vers son fils, cela a toujours été ainsi: nous ne pouvons laisser le palais sans aucune surveillance tandis que nous déambulons dans les bois, il doit rester des gardes pour assurer sa protection. Chaque année, cependant, je fais en sorte d'alterner les rôles entre ceux qui se joindront à la cérémonie, et ceux qui veilleront sur notre demeure de toujours. Et j'ai le plus souvent essayé de faire en sorte que Tauriel soit des nôtres pour les festivités, mais cette fois elle doit comme les autres assurer son tour de garde, et je ne reviendrai pas sur cette décision: cela ne serait rien d'autre que de l'injustice."

Un silence s'installa alors, toute parole courbant l'échine devant le ton lisse et déterminé du roi de la Forêt. Legolas baissa quelques instants les yeux au sol, avant de reprendre doucement la parole:

"Je comprends père. Cependant, Tauriel est troublée au-delà même de cela: je le lis dans son regard.
-Vraiment? s'étonna le roi en haussant les sourcils. Et d'où provient donc ce tourment?
-Pourquoi refusez-vous d'écouter ce qu'elle a à dire père? demanda soudain le prince d'un ton un peu précipité, comme si défier ainsi son père pour la première fois lui était une épreuve ardue. Elle ressent un grand chagrin en voyant que vous ne vous préoccupez nullement de ses idées, et qu'elle n'est guère plus pour vous qu'une voix venant apporter les rapports des mouvements de la Garde.
-Quelle idée! Je ne veux point qu'elle s'imagine pareille chose, protesta Thranduil sans pour autant quitter son expression impassible. Seulement, je sais pertinemment ce qu'elle souhaite me dire depuis un certain temps, et je ne daigne pas écouter ces propos car ils sont vides de sens et ces idées sont absolument hors de question!
-Mais si vous la laissiez parler jusqu'au bout, pour entendre tous ses arguments et comprendre les détails de son plan?
-Comment les ramages et les feuilles pourraient ils être séduisants quand la racine et déjà noircie? Je ne mènerai pas d'attaque sur d'autres terres, Tauriel ferait bien de l'entendre!
-Mais pourquoi?
-CAR C'EST AINSI!"

Le soudain et puissant cri que poussa Thranduil avec des yeux lançant soudainement des éclairs fit taire Legolas et régner un silence dans la pièce pendant un moment. Mais Thranduil finit par se calmer, se prenant le front dans une main, et poussa un long soupir, avant de plonger son regard dans l'eau azur de son grand bassin.

"Toi et Tauriel devriez bien comprendre que nous avons déjà mené ce genre de chevauchées par le passé, reprit-il beaucoup plus calmement. Il y a bien longtemps, lors de la Guerre de l'ultime Alliance, j'ai mené mes troupes au pied des sombres montagnes de Mordor, et là nous avons combattu aux côtés des Hommes pour libérer les terres du Sud de la terrible Ombre qui les recouvrait et les étouffait depuis bien trop longtemps. Tauriel a-t-elle idée des pertes considérables que notre peuple a subi ce jour là? Mesure-t-elle à quel point nous sommes rentrés affaiblis et harassés par l'impensable labeur qui venait d'être le nôtre?"

Puis il se tut un moment, fixant son reflet dans l'eau: ses lèvres semblaient à présent trembler d'un terrible chagrin qui se lisait également dans ses yeux.

"Et as-tu oublié ce qui est arrivé lorsque nous avons mené nos guerriers au pied du mont Gundàbad pour libérer les contrées au Nord?"

Legolas se raidit soudain, et des larmes commencèrent à perler dans ses yeux.

"Non, je ne l'ai pas oublié, répondit-il dans un souffle.
-Comprends-tu à présent? Je ne veux plus jamais que de pareilles choses se reproduisent, et c'est pourquoi je refuse de mener une nouvelle fois les nôtres devant un danger inconnu et sans doute bien trop grand pour eux."

L'air sombre et accablé, le prince de Vertbois acquiesça cependant, laissant couler une simple larme grise sur sa joue si lisse.

"Je comprends père.
-Fort bien, dit le roi en posant une main rassurant sur l'épaule de son fils. Allons-y à présent: la Forêt nous attend."

Et finalement, tous deux quittèrent lentement la pièce, se dirigeant côte à côte vers les grands escaliers menant au dehors. Leurs visages affichaient des airs bien sombres, car effectivement, ni l'un ni l'autre n'avait oublié ce qui était arrivé ce fameux jour.

C'était il y a fort longtemps, bien avant que Smaug ne s'empare de la Montagne, avant même que Thorin soit né, tandis que Thraïn n'était encore que jeune prince sous la Montagne.
Legolas lui aussi était encore bien jeune: il avait à peine dix-sept ans à cette époque. La Forêt était encore verdoyante, et l'ombre n'avait pas encore assailli ses feuilles de jade qui dansaient sous le ciel. A la tête du royaume de Ndaedelos, étaient le grand roi Thranduil et sa chère et tendre épouse, Rossivrin. Ses cheveux étaient d'un brun envoûtant, comme la plus noble et la plus pure écorce de tous les fiers arbres supportant le ciel grondant au dessus du monde depuis les temps jadis, tandis que ses yeux si uniques étaient d'un vert d'émeraude, comme chacune des plus belles feuilles de la Forêt. Son visage aux traits fins mais forts se tenait dans une parfaite droiture, tandis que son front était souvent ceint d'une couronne aux branches argentées et albes, comme celles qui l'hiver se font de la neige le plus pur des manteaux, et aux petits bourgeons de diamants étincelants.
Thranduil était follement amoureux de sa femme, et pas même le long et insaisissable temps n'avait altéré leurs sentiments. Chacun aimait tendrement l'autre, et tous deux étaient depuis peu très fiers d'avoir offert au royaume un fier héritier.
Mais hélas, même alors, rien n'était vraiment tranquille: une ombre venue du Nord étendait ses sinistres ailes au-dessus des terres voisines des Montagnes Grises, et commençait même à recouvrir les arbres de Vertbois. Ces derniers temps, l'on tremblait en évoquant la terreur qui vivait dans les cols d'Ered Mithrin et répandait la terreur dans le cœur des Hommes vivant près de ces régions. Il s'agissait d'un dragon: non pas un grand dragon comme l'étaient Smaug et tous ses ancêtres, mais un dragon de moindre lignée, dont la taille n'était pas aussi conséquente et le feu point aussi terrible. Mais il n'en restait pas moins un terrible danger: attaquant régulièrement les villages, les plaines et les caravanes de voyageurs, brûlant tout ce qu'il trouvait et s'en prenant occasionnellement aux arbres du Nord de la Forêt.
Les murmures de terreur et les cris de chagrin et de douleur se faisaient à présent si fort dans ces régions, que Thranduil et les siens décidèrent de mettre un terme à tout cela. Bientôt, ils marcheraient droit vers les Montagnes Grises, et useraient de tous leurs moyens pour terrasser ce démon dont la férocité ne ferait qu'empirer avec le temps si on le laissait faire.
Ainsi, un matin, Thranduil et Rossivrin prirent la tête d'une troupe de soldats, laissant Legolas et la jeune Tauriel, qu'ils avaient accueillie au palais il y avait de cela quatre ans, aux bons soins de leurs seconds.
Le roi montait son immense cerf, tandis que la reine chevauchait une grande biche aux sabots d'or et aux yeux de saphir. Tous deux avaient revêtu leurs armures d'argent, tandis que derrière eux, montés sur leurs chevaux braves et robustes, la lance à la main et l'épée au fourreau, leurs soldats se tenaient prêts à les suivre. Le cor résonna alors, clair, et tous se mirent enfin en route, chevauchant bravement à travers les arbres droit vers le Nord et l'Ouest, l'étendard de leur royaume à la verte feuille de hêtre flottant dans le vent gémissant.
Le voyage fut anxieux et tendu, et une clameur grondante et pleine d'appréhension s'élevait constamment de la bouche des soldats, accompagnant la rumeur des sabots de leurs chevaux. Et Thranduil regrettait bien cette atmosphère si tendue, car pour sa part il aurait préféré pouvoir offrir pleinement sa joie et son bonheur à sa chère femme qu'il aimait tant.
Un soir qu'ils avaient atteint la lisière Nord de la Forêt et avaient ici installé leur camp pour la nuit, il alla la trouver, un peu à l'écart, assise sur un rocher couvert d'une tendre mousse, plongée dans des cartes sous l'éclat des étoiles. Il vint s'asseoir auprès d'elle et prit tendrement sa main, et elle leva son beau regard sinople vers lui, avant de lui adresser un sourire qu'il lui rendit aussitôt. Puis tous deux s'embrassèrent avec passion, avant de faire silence et de lever les yeux vers le ciel, enlacés comme au premier jour de l'amour.

"C'est une bien triste Lune qui chevauche dans les cieux aujourd'hui, remarqua doucement le roi. Quel pitié que nous devions mener cette rude entreprise, alors qu'il y aurait tant de raison de se réjouir et tant à fêter.
-Vraiment? s'étonna la reine avec un sourire complice. Et qu'y a-t-il donc tant à célébrer?
-Une longue vie de couple et d'harmonie, Rossivrin, répondit Thranduil, jamais entachée par quelqu'amertume que ce soit. Cela fait à présent bien longtemps que nous partageons nos vies, et nous avons un fils à présent, un merveilleux enfant. N'est-ce pas suffisant pour vous?
-Si bien sûr... Vous avez raison: nous devrions être aux réjouissances, et non à la peur et à la peine. Je suis navrée que nous dussions subir cette épreuve aujourd'hui, mon aimé.
-Ne vous tourmentez pas, ma mie, répondit Thranduil avec un large sourire. Nous avons promis à Legolas de revenir victorieux, et nous tiendrons cette promesse! Lorsque tout cela sera accompli, nous rentrerons chez nous et prendrons tout le temps nécessaire pour chérir ces cadeaux que la longue vie nous a offerts."

Affichant à son tour un sourire, Rossivrin reposa sa tête sur l'épaule de son mari, qui lui-même reposa sa tête sur la sienne. Puis, après un moment de silence, il reprit la parole:

"Pareille occasion nécessite un somptueux présent, ne croyez-vous point?
-Que voulez-vous dire? s'étonna-t-elle en relevant la tête.
-Une grande surprise vous attend à notre retour, ma tendre: j'ai demandé aux plus fins et aux plus réputés des forgerons et des orfèvres de vous confectionner un présent avec les plus magnifiques pierres qui soient. Les travailleurs de la Montagne solitaire en personne vous auront tissé un splendide collier avec les Pierres de la Forêt.
-Comment?! Vous avez confié les joyaux de Lasgalen aux Nains?"

Rossivrin s'était soudain redressée, comme piquée par une aiguille brûlante. Mais à vrai dire, l'horreur dans ses yeux bientôt remplacé par l'admiration et la plus délicieuse excitation.

"Mais vous êtes fou! dit-elle d'un ton presque amusé.
-Ne vous tracassez point: ils ont accepté de réaliser ce travail, et nous pouvons au moins leur faire confiance pour confectionner quelque chose d'absolument remarquable.
-Ils ont accepté? Mais comment cela fait-il?
-Je ne saurais le dire; mais après tout peu nous importe, tant que la tâche est accomplie. Le plus beau des collier pour la plus belle et la plus respectables des femmes..."

Ils s'échangèrent alors des sourires radieux, et posèrent amoureusement leurs front l'un contre l'autre, souhaitant pouvoir demeurer ainsi jusqu'à l'orée de la nuit.
Mais l'aube rouge finit par apparaître à l'Est, entre les frondaisons et les lointains dévers des montagnes, et le voyage dut se poursuivre durant encore plusieurs jours moroses, à travers les herbes susurrantes et sous les nuages aubains au ciel bleu. Puis enfin, un matin gris sur l'horizon grondant, se dressa devant eux le grand Mont Gundàbad; que rasait un vent sempiternel en soufflant la poussière des solides rochers noirs et sombres qui jonchaient les versants arides, tandis qu'une étrange fumée flottait dans les airs environnants.
Cette montagne représentait le dernier col à l'Ouest d'Ered Mithrin, et faisait en quelque sorte office de jonction avec le Nord des Monts Brumeux et les monts du Rhudaur. Provenant du Sud, la cavalerie elfe dut franchir une crête escarpée derrière laquelle se trouvait un genre de grande cuvette stérile où se joignaient des ombres grelottantes, et où se dressaient le fameux Mont. Sa pointe sombre semblait écorcher les cieux, tandis que sur son flanc demeurait une grande et étrange forteresse, inerte, silencieuse. Bien que ce lieu eut jadis appartenu aux premiers Naugrims, il était depuis longtemps connu comme l'un des plus fameux repères d'Orques de ces terres. Pourtant, depuis un long temps maintenant, plus aucun signe de ces créatures ne se laissait apercevoir ici: et le roi, la reine et leurs soldats purent le constater d'eux-mêmes. L'endroit était totalement désert, silencieux, fantomatique, abandonné... Du moins le paraissait-il.
Le silence, percé uniquement par l'aigre souffle du Nord, avait quelque chose d'extrêmement angoissant. Après être restés parfaitement immobiles durant un long moment, tendant l'oreille, fixant chaque recoin de terre d'un œil aiguisé, les deux souverains décidèrent de forcer la bête à se montrer si celle-ci refusait de venir à eux. Retenant leur respiration, tous se mirent à descendre la pente rocailleuse menant droit au pied de la montagne. Les sabots de leurs montures clapotaient sur le sol à un rythme régulier, comme des tambours funestes annonciateurs d'un grand malheur.
Puis, alors que le roi était tout proche des premières pentes du Mont, et que tous étaient prêts de penser que le dragon ne se cachait en réalité plus ici, un terrible rugissement déchira soudain les airs et fit se cabrer tous les chevaux de la troupe. Des gémissements de terreur se firent soudain entendre chez les soldats, et Thranduil et sa femme regardèrent avec effroi la bête émerger enfin de sa cachette. D'une grand et sombre crevasse, plus loin sous d'imposants rochers, surgit soudain une énorme masse noire aux immenses ailes de ténèbres. Devant les regards terrorisés et la panique la plus totale des chevaux et des soldats, le dragon prit son envol de mort et survola la troupe une première, tel un sinistre messager de l'au-delà. Ses écailles étaient d'un noir de nuit sans Lune ni étoiles, tandis que ses yeux étaient d'un rouge flamboyant tandis que ses pattes crochues se recourbaient en de grandes griffes, terribles appendices pareils aux plus cruels des sabres et des faux.
Les chevaux se seraient mis à courir et à se disperser en tous sens si le roi ne les avait pas rappelé et poussé à se mettre en rang d'un puissant cri. Ils finirent par écouter leurs souverains, et tous les soldats sur leurs montures formèrent rapidement des lignes aussi impénétrables que résistantes, et pointèrent leurs lances haut vers les cieux. Mais bien vite, la noire créature fondit sur eux et, en un instant, un terrible torrent de flammes ardentes jaillit de sa gueule béante pour engloutir un grand nombre des infortunés combattants, rendant leur dernier souffle dans un effroyable cri de douleur, qui fit frissonner Thranduil lui-même. Voir ainsi les siens réduits en cendres venait de lui causer un terrible choc, mais il se ressaisit lorsque le dragon poussa un nouveau hurlement et redescendit à l'assaut.
Il brandit alors son épée éclatante et, avec l'aide de son épouse pointant elle aussi son arme, ordonna aux soldats rescapés d'attendre son commandement pour envoyer tous ensemble leurs lances sur la bête. Ceux-ci empoignèrent leurs javelots de mains fermes, et attendirent en tremblant, la sueur perlant sur leurs visages, le signal de leurs dirigeants. Et lorsque la bête passa juste au-dessus d'eux, Thranduil hurla un 'maintenant!', déclenchant un véritable feu d'artifice de lances qui piquèrent toutes en même temps droit vers les cieux, leurs pointes dorées fendant l'air dans un sifflement glorieux. Mais hélas, certaines manquèrent leur cible, trop rapide, et les autres vinrent s'écraser sourdement contre les écailles robustes et impénétrables de son ventre et de son torse, se brisant avant de retomber tristement sur le sol.
La panique s'empara alors de tous les cœurs, et le dragon ne tarda pas à revenir à la charge, encore plus furieux qu'auparavant. Voyant la bête des ténèbres fondre sur eux tel un terrible corbeau de la mort déjà prompt à dévorer leurs chairs, Rossivrin et Thranduil sonnèrent une retraite et appelèrent leurs soldats à les suivre. Tous lancèrent alors leurs montures au galop, tentant désespérément d'échapper au prochain assaut du monstre, et les derniers sentant la chaleur ardente des flammes les rattraper inexorablement. Quelques uns périrent à leur tour dans le torrent de feu, mais les autres n'eurent guère plus de chance: car la terrible ombre les survola en les dépassant, et en un éclair le dragon vint se poser droit devant eux, et d'un terrible claquement de sa queue fendant les airs, balaya tous ceux qui furent à sa portée: le roi et la reine furent bel et bien de ceux qui furent jetés à bas de leurs montures et violemment expulsés dans les airs avant de raterrir lourdement sur le sol de pierre tranchantes. Leurs armures les protégèrent des plus grands dégâts, mais ils furent tout de même saisis d'une pénible douleur.
Tout comme leurs courageux soldats, ils se relevèrent péniblement, se tenant les côtés et respirant avec difficulté; et à peine furent-ils remis sur pieds que le rugissement du démon retentit à nouveau. Ils ouvrirent les yeux et virent l'énorme créature noire courir droit sur eux, ses pattes heurtant le sol comme un féroce bélier enfonce une grande porte. Les soldats, tremblant comme des feuilles, tinrent cependant leurs positions et sortirent leurs épées du fourreau, les pointant vers le monstre dans un geste désespéré de défense; mais rien n'y fit bien entendu. Le dragon ouvrit de nouveau la gueule et l'on vit le fond de son gosier rougeoyer comme un ardent brasier infernal: les flammes ne tarderaient pas à jaillir, et ils ne pouvaient plus fuir, acculés qu'ils étaient au pied des pentes de Gundàbad.
La gueule du dragon était à présent prête à cracher son cataclysme sur les derniers soldats encore en vie. Voyant cela, les vies de ses derniers Hommes au bord de s'éteindre dans un enfer de flammes, Thranduil se précipita vers eux et les entraina avec lui à se jeter sur sol, leur évitant in extremis le flot ardent. Mais lui n'eut pas autant de chance: il sentit soudain une ardente et perçante douleur sur toute la partie gauche de son visage, et poussa le plus terrible des hurlement de douleur. Alors qu'il était encore affalé au sol, il sentait la peau de son visage le piquer et le brûler, une souffrance telle qu'il n'en avait jamais ressentie. Il sentait sa chair fondre et être déchirée sous sa peau calcinée roussie, tandis que la vision de son œil gauche était troublée.
Des larmes dégoulinant de ses yeux, terrassé, épuisé, incapable de se remettre sur pied, il releva le regard uniquement pour contempler une dernière fois l'effrayante tête reptilienne et noire qui le fixait de ses yeux rouge sang, sa gueule ouverte laissant paraître ses dents aiguës d'où était prêt à jaillir le dernier jet de flammes, le coup de grâce. Il ferma les yeux, et attendit la fin en pensant:

'Je suis désolé Rossivrin, Legolas...'

Mais soudain, il entendit quelqu'un pousser un cri:

"Par ici, immonde serpent!"

Il rouvrit péniblement les yeux et tourna la tête pour voir un peu plus loin sa chère épouse faire de grands signes pour attirer l'attention de la bête, qui tourna presque aussitôt vers elle son regard qui aurait fait s'écrouler de peur le plus valeureux des guerriers. Mais pourtant, la reine ne trembla pas un seul instant, faisant face, droite et fière, à cet ange de la mort. Celui-ci grogna sournoisement et, devant ce petit être qui osait se tenir debout en face de sans trembler, décidé de déchaîner toute sa colère. Il ouvrit alors la gueule pour finalement diriger toute sa puissance destructrice contre la reine de la Forêt.

"Non! cria Thranduil en voyant cela."

Mais rien n'y fit. Cependant, voyant la gueule grande ouverte de la créature, Rossivrin se baissa, ramassa une lance qui se trouvait à ses pieds et, dans un froid et stupéfiant contrôle de sa personne, l'envoya de toute la puissance de son bras droit dans la gorge du monstre. La pointe dorée s'enfonça entièrement dans la chair, suivi du manche en robuste bois de chêne, provoquant soudain chez le dragon un horrible et strident cri de détresse et de douleur. Sous les yeux anxieux et ébahis des soldats et du roi, le monstre vacilla, prêt à tomber. La victoire était là, mais elle coûta un terrible prix: car alors que l'ardente lueur de ses yeux s'éteignait pour toujours, le monstre, fou de rage et de douleur, se mit à courir droit sur sa meurtrière, toutes griffes sorties, en poussant des dernières forces de ses poumons son dernier souffle, qui s'accompagna de cette terrible gerbe de flammes. Alors, sous le regard horrifié de Thranduil, la reine de Vertbois fut engloutie en un instant dans cet ouragan déferlant de feu ardent, qui sembla tout balayer sur son passage. Et, alors que l'air environnant était encore embrasé, le monstre poursuivit presque inconsciemment sa course, ses pattes écrasant tout ce qui se trouvait sous elles et sa queue comme un terrible fouet balayant tout autour d'elle. Finalement il s'écroula et, entraîné par son élan et son poids, tomba et disparut à jamais dans la crevasse d'où il était sorti, dans un dernier rugissement de mort qui resta en suspension dans l'air encore quelques instants après qu'il eut été englouti dans les ténèbres, tout comme si la terreur qu'il avait fait régner ne quitterait jamais ce monde. Mais finalement, la bête était morte.
Mais aucun cri, aucune acclamation, aucun applaudissement ne se fit entendre chez les elfes: car avec le démon venait de disparaître leur reine. Thranduil resta figé, immobile, la bouche béante, les yeux exorbités d'horreur: il ne voulait pas y croire, et pourtant quelle autre vérité pouvait-il y avoir? Il n'y avait plus aucune trace de la reine: même son corps calciné avait été emporté dans la chute par les terribles coups de la bête.

"ROSSIVRIN!!! hurla finalement le roi dans le plus déchirant de tous les cris, qui dut s'entendre à des milles à la ronde."

Ignorant son visage endoloris, il se leva d'un bond et se rua jusqu'au bord du gouffre, tomba à genoux de désespoir et fixant les ténèbres sans fin qui s'étendaient au dessous de lui et ui venaient d'engloutir à jamais son aimée, la plus précieuse qui lui fut. Des larmes brûlantes ruisselaient, coulaient à flot sur ses joues, ou du moins ce qu'il en restait. Il n'y avait plus rien à faire: son amour était perdu à jamais.
Il n'aurait su dire combien de temps il resta là, agenouillé, silencieux, sentant que le monde autour de lui n'existait, que plus rien n'avait de sens et qu'il flottait dans les ténèbres, sans aucune échappatoire. Mais finalement, après une éternité, il sentit une main se poser sur son épaule: il leva lentement les yeux et vit l'un de ses soldats.

"Je suis navré majesté, dit-il, les yeux embués rivés sur le sol. Je ne puis rien dire pour vous consoler, mais nous devrions partir, nous ne pouvons nous attarder ici plus longtemps."

Après un long moment de silence, Thranduil se releva lentement, le visage impassible, mais ses yeux débordant du pire des chagrins. Il regarda alors autour de lui et vit tous les corps de ses soldats, calcinés ou bien écrasés et déchirés par les féroces griffes du monstre, gisant sans vie sur le sol, les lances brisées et les fiers casques vulgairement piétinés. Alors de terribles images d'un jour sombre au pied de hautes montagnes derrière lesquelles brûlait un terrible volcan lui revinrent en un éclair, le faisant frissonner. Et lorsque la pensée de son épouse défunte lui transperça de nouveau le cœur, il se jura que plus jamais cela ne se reproduirait, et que plus jamais il ne mettrait ainsi les siens en danger.
Et finalement, sous de mornes nuages défilant dans le ciel, les derniers survivants chevauchant leurs montures encore tremblantes quittèrent ce terrible endroit qui porterait à jamais le terriblement amer souvenir de la mort de leur reine. Et ce fut le coeur plus lourd que jamais dans toute sa vie, que le roi s'éloigna sur son noble cerf, écoutant les larmes aux yeux les tristes voix de ses fidèles chanter doucement une lancinante complainte pour le trépas de leur chère souveraine.

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Lhysender le Jeu 20 Aoû 2015, 17:23

Et bien j'ai tout lu d'un coup !

Partie 1 du chapitre 9:
AH ! Bah alors monsieur le roi des elfes, on fait dans son froque ? On a perdu son courage ? Non mais, vouloir faire d'Elsa son toutou, quel culot !
Et après on s'étonne que les elfes soit pas la race que je préfères le plus, non mais...
Sauf Legolas. Lui il est classe. Et puis il est devenu pote avec un nain.
Pareil pour Tauriel. J'attend de voir si elle serra plus diplomatique avec Elsa que l'autre idiot de roi de mes *censuré*.

Partie 2 du chapitre 9:
Je me disais bien que ça collerais entre Elsa et Tauriel. C'était tout mignon, et je me disais bien que le fait de voir une autre rousse rappellerait Anna à Elsa. Et le fait qu'Elsa commence à ouvrir les yeux de Tauriel, ne serait-ce qu'au sujet des nains, me fait d'autant plus plaisir  Very Happy
Et c'était très intéressant tout ce passage sur son passé, surtout que si je ne me trompe, il n'était pas dans le bouquin original , Enfin ça fait tellement longtemps que je ne l'ai rouvert aussi bravo

Chapitre 10:
L'amitié Elsa/Tauriel est vraiment super sympa, moi perso j'en suis complètement fan  :jesaispasquoimettre  !
Pour ce qui est de Legolas...je compatis mon pauvre, tu es lentement en train de sombrer dans la friendzone...
Par contre le récit de la mort de la femme de Thranduil...bon, d'accord, je comprend un peu mieux son comportement...m'enfin ça reste un enfoiré...mais je suis triste pour lui quand même  Sad ...m'enfin si il laisse pas Elsa partir, ça change rien au fait qu'il ne pourra rien faire contre le lance flamme purificateur de l'Inquisition ! Je suis sûr que c'est un fan du Jelsa tiens...

Remarque générale:
C'est toujours aussi excellent, ces semaines de vacances n'ont pas émoussé ta plume mon cher M.B. Descriptions aux petits oignons, texte toujours aussi agréable à lire et toujours aussi fluide, bref encore d'excellents chapitres !

Bref, que dire de plus sinon que: vivement la suite ! Very Happy
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Jeu 20 Aoû 2015, 18:25

Eh bien merci Lhys, je suis content que ça t'ait plu parce que j'ai mis BEAUCOUP de temps à écrire ces chapitres, en me disant tout le temps que là ça n'allait pas, que ce n'était pas assez bien dit, qu'il fallait rendre les conversations à la fois intéressantes pour l'histoire mais aussi y introduire pas mal de background... Et quand je les ai posté, je n'étais pas très sûr de moi et j'avais peur que ça ne plaise pas autant que les autres. No
Mais bon, du coup je suis rassuré.^^
Pour ce qui est du récit de l'enfance de Tauriel, il y a effectivement peu de chance qu'il soit dans le livre puisque Tauriel est un personnage complètement inventé par Peter Jackson et n'existe pas du tout chez Tolkien. ^^'
De toute façon dans le livre, les personnages n'ont tellement aucun background que... voilà quoi. La plupart n'ont même pas de nom (dans le livre, le roi des elfes est appelé... ben roi des elfes. Tolkien ne l'a nommé que plus tard. -_-').
Bref, merci encore, et ça devrait reprendre un rythme normal à partir de maintenant. Wink

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Lhysender le Jeu 20 Aoû 2015, 18:29

...oh le *censuré* ! Comment j'ai pu oublier que Tauriel était pas dans le bouquin ?! :sorry: :poele: :fouet:

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Ven 28 Aoû 2015, 16:21

'A y est, voici le chapitre 11.^^
Rien de spécial à dire, si ce n'est que c'est le dernier chapitre un peu contemplatif et centré sur les personnages. Au prochain chapitre, l'histoire recommence à avancer et l'action reprend, promis. bravo
Sur ce, j'espère qu'il vous plaira et bonne lecture. Very Happy

Chapitre 11:

Lorsque la nuit sans nuage s'étendait au dessus de la grande Forêt, les étoiles des elfes que portaient les hêtres ondulants comme d'éclatants joyaux dans leur chevelure de branchages étaient comme un doux chant d'espoir qui parvenait tant bien que mal à faire oublier un instant le voile obscur qui étouffait les bois.
Le roi et son fils étaient enfin sortis de leur noble forteresse par la grande porte d'azur et marchaient à présent dans les bois, le long de la rivière scintillant de ses milles feux sous les bienfaits d'une Lune largement découverte et plus argentée que jamais. Leurs pas sur le sol étaient si graciles, si léger qu'on ne discernait qu'une douce caresse lorsque leurs pieds se posaient sur le sol: même les feuilles mortes et empoisonnées préféraient taire leur craquements cinglants sur leur passage. Ils ne disaient rien, regardant simplement droit devant eux, deux silhouettes aimablement ceintes d'un pâle halo de brume miroitante, lumière autrefois pure à présent ternie par le mal qui rongeait ces terres.
Après avoir ainsi marché sous les branchages gémissant pendant un moment, ils finirent par arriver paisiblement dans une grande clairière au sol tapissé d'une mousse d'émeraude, parsemée de fleurs aux pétales blancs s'étalant comme des langues de cristal et de mille boutons d'or autour desquels voletaient de candides lucioles, tandis que des rochers gris et lisses, polis par les âges, se tenaient assis là, aussi vieux que le monde, contemplant cette scène dans le plus sage des silences. Là étaient rassemblés tous les elfes du royaume, vêtus de leurs tuniques blanches, argentées et pâles, décorées de feuilles vertes et des fleurs encore vivaces étendant leurs pétales radieux dans la douce cascade de leurs cheveux.
Personne ne dit rien lorsqu'arrivèrent le roi et le prince: un silence serein, apaisé mais également un peu tendu régnait dans la clairière. Tous inclinèrent simplement la tête, tandis que le roi les remercia d'un signe de la main. Ils se dirigea alors lentement vers la place qui lui était attribuée: là, entre deux rochers, était une petite estrade de pierre blanche aux côtés de laquelle poussaient deux jeunes magnolias dont les fins branchages se rejoignaient au dessus de la pierre, formant une délicate arche de branches, au printemps fleurie de milles étoiles aux reflets mauves et janthines. Mais l'automne avait à ce jour tout emporté, et seuls subsistaient le bois grisâtre, luttant pour survivre dans cette Forêt maudite et se préparant à affronter le froid de l'hiver.
Ainsi le roi vint-il se tenir droit et fier sur cette dale de pierre blanche, Legolas à son côté. Et tout resta un moment silencieux avec lui, tandis qu'il regardait tous ses sujets rassemblés ici, inquiétude et chagrin rongeant leurs visages, mais une lueur d'espoir tremblotant encore au fond de leurs yeux. Il sentait quelque chose basculer en lui, quelque chose tomber si douloureusement qu'il menaçait de ne plus jamais se relever. Mais il tint bon: il devait tenir bon, il devait rester le souffle pur qui continuerait de faire flamboyer cette pâle flamme d'espérance dans le cœur des siens, et ne pouvait se permettre de laisser paraître son découragement propre. Il savait qu'il allait devoir parler, et il savait qu'il devrait bien choisir ses mots.

Le château était alors presque entièrement vide, à l'exception d'Elsa, assise sur son lit, les yeux fermés, tentant de reposer son esprit, profitant pour un temps des doux rayons de Lune entrant par la fenêtre et venant caresser son visage, ainsi que du paisible chant des eaux du Taurduin en contrebas. Restaient également quelques gardes, vêtus de leurs armures et armés de leurs hallebardes, effectuant leurs patrouille tant devant la grande porte que dans les couloirs de la forteresse, sans oublier de passer devant les cachots pour surveiller les prisonniers.
Mais à vrai dire, ceux-ci ne nécessitait guère de surveillance, car ils étaient aussi inertes que désemparés, et ne faisait guère rien d'autre qu'attendre en regardant tristement le sol.  Même Dwalin, qui avait montré tant de fureur et de volonté pour briser ses chaînes et sortir de sa cage, était à présent affalé contre le mur et gardait son regard humide plongé dans le vague. Ils regardaient les murs de pierre dessiner leur immuable ligne d'enfermement tout autour d'eux, tandis que la lumière tressautante des lanternes baignait l'endroit de leur brillance semblant bien sinistre aux yeux des nains. Les vagues rumeurs de la fête loin au dehors parvenaient jusqu'à leurs oreilles, mais ne les rendaient que plus sombres encore. Pour eux, chaque étoile brillant dans les cieux était autant de larmes refoulées, mais qui ne pourraient plus être contenues bien longtemps à présent.

"C'est impossible, gémissait Gloïn en se prenant la tête dans les mains, c'est impensable: cela ne peut pas finir ainsi. Nous ne pouvons avoir surmonté tous ces obstacles pour terminer enterrés dans l'obscurité et l'ombrage de ces barreaux. Nous avions un but, une quête à accomplir, un serment que nous avions juré de respecter... Que va devenir tout cela?
-Cela était bien plus qu'un serment, reprit doucement Balin d'une voix lasse et mélancolique. C'était un devoir que nous avions tous choisi d'accomplir: une quête du dernier espoir, menée par les descendants de Durin afin de restaurer la grandeur et la fierté de cette grande lignée. Mais je crains hélas que rien ne nous était favorable: je le sentais dès le premier jour. Et tout ce que nous avons rencontré semble l'avoir confirmé: tous doutent de notre quête et semblent vouloir nous dissuader de la mener, si bien les elfes de Fondcombe que nos propres parents des Monts de Fer. Cela est la triste vérité, mais pourquoi a-t-il fallu que les choses soient ainsi?
-Peut-être ne sommes-nous tout simplement pas dignes de mener à bien une telle tâche, dit alors lentement et tristement Fili. Peut-être le temps a-t-il fini par entacher la noblesse de grandes lignées, peut-être Durin ne nous reconnaît-il plus comme ses dignes héritiers.
-Que dis-tu Fili? s'inquiéta Dwalin en se redressant légèrement.
-Depuis combien de temps n'avons-nous plus vu les nôtres lever le fier marteau doré droit vers les cieux? reprit l'aîné de Dís en levant des yeux emplis de larmes vers le plafond de roche. Depuis combien de temps n'avons-nous plus vu les Nains gravir intrépidement les montagnes escarpées sur le dos du bélier aux cornes de bronze? Ces montagnes même qui portent en elles l'âme de tous les feux de la terre et le souvenir, le puissant souvenir de chacun des Longues Barbes. La pluie grisâtre a coulé sur ces pentes et en a terni l'éclat des pierres. L'eau pure et forte a quitté sa noble source et a coulé impétueusement dans les sombres valons du temps, se mêlant au noir sang versé par la guerre et gouttant aux flétrissures de la terre... Aujourd'hui il ne reste plus qu'un ruisseau terni, bien éloigné de ce qu'il était autre fois. Oui, le destin nous a marqué de son fer brûlant et nous a déjà tout pris une fois, je ne pense pas qu'il compte nous le rendre quelque jour que ce soit. Nos cœurs ne sont plus assez nobles, sans doute n'était-ce qu'une illusion, sans doute n'avons-nous aucun espoir d'accomplir notre tâche, car nous ne portons plus la bénédiction de Durin."

Un lourd, très lourd silence s'installa, pesant terriblement sur le cœur de chacun des treize compagnons. Ils restèrent longtemps sans rien dire, les yeux fixés devant eux, une horrible peine déchirant leurs cœurs. Ces sinistres paroles étaient-elles sensées? Fili disait-il vrai? Ils ne voulaient pas y croire... Mais les ténèbres qui envahissaient leurs cœurs depuis des jours les rendaient vulnérables et les empêchaient de résister au lourd voile du désespoir le plus total.
Alors, au bout d'un long moment, Bofur s'avança tristement vers les barreaux de sa cellule, et s'appuya lourdement contre eux, le regard embué de larmes.

"Alors nous sommes condamnés à regarder les nôtre s'éteindre lentement, sans pouvoir rien y faire... Sans pouvoir espérer le moindre soutien de nos ancêtres, car ils ne nous reconnaissent plus... Car la lignée des Durins s'est éteinte."

Il se tut quelques instants, puis, dans une voix profonde et accablée de regrets, il commença à chanter.

"Le Roi était sur son trône sculpté,
Dans de grandes salles de colonnes ornées,
Avec un toit d'or et un sol d'argent
Et de puissantes runes sur la porte brillant.
L'éclat du Soleil, la Lune et les étoiles
Dans de scintillantes lampes taillées dans le cristal,
Jamais obscurcies par la nuit ou les nuages,
Là brillaient, éclatantes, à travers les âges.
"

Et bientôt, accompagné par le souffle grave et profond de ses compagnons, Dori reprit:

"La montagne est vieille, le monde est gris,
Le feu des forges en cendres s'est refroidi,
Marteaux et harpes ne servent à nulle main,
Les ténèbres s'étendent dans les salles de Durin.
Une ombre recouvre sa tombe
Dans la Moria, à Khazad-dum:
Les étoiles moribondes toujours l'on pourra voir
Au fond du sombre et inerte Lac du Miroir.
Au plus profond des eaux gît sa couronne dorée
Jusqu'à ce qu'à nouveau Durin soit réveillé.
"

Puis tous se turent en même temps, l'écho de leur triste chant résonnant encore longtemps entre les murs de la grande forteresse, les laissant abattus et plus déconfits que jamais par leurs propres paroles.
Thorin, lui, ne disait rien: à vrai dire il n'avait rien dit depuis bien longtemps. Il demeurait immobile, dans un silence inquiétant, écoutant chaque mot prononcé par ses camarades, qui était comme un poignard pour son esprit qui avait été si déterminé, si convaincu de pouvoir rendre leurs biens aux siens. C'était bien un serment qu'il avait juré avec les autres de respecter... Et ce serment, il l'avaient fait un soir d'été, chez une personne qui avait courageusement accepté de les accompagner dans leur quête, avant d'être rejointe par une autre; et tous deux avaient été aussi bien de prompts renforts pour leur compagnie que de rares et formidables amis.
Où étaient-ils à présent? Leur sort était-il plus enviable que le leur? Ou avaient-ils été engloutis depuis longtemps par les ténèbres qui enveloppaient les bois, se préparant sournoisement à s'étendre sur le monde? En pensant ainsi à leur but qui jamais ne serait atteint et à leurs deux amis qui peut-être avaient subi mille tourments dans l'obscurité, le chef des nains ne put plus retenir ses larmes, et enfouit sa tête dans ses genoux, laissant le remord et la culpabilité envahir sauvagement son esprit.

"Je suis désolé Bilbon... Je suis navré Elsa... murmura-t-il entre deux sanglots. Je m'excuse auprès de vous tous, mes bien chers compagnons."


Mais dans la clairière, l'atmosphère n'était guère plus chaleureuse. Le vent froid soufflait ses lugubres paroles tandis que le peuple de la Forêt demeurait encore dans le plus grand des silences, attendant les paroles de leur roi. Celui-ci fixa un moment le lointain, plongé dans l'obscurité, puis prit une grande inspiration et finit par déclarer le plus solennellement du monde:

"Mae govanen, mes chers sujets, en ce jour de Mereth Engilith, en ce lieu encore béni des quelques doux fils de la lumière de nos étoiles bien aimées. Hélas, si nous pouvions autrefois parcourir les bois verts sous un éternel rayonnement de Soleil ou de Lune, il n'en est plus guère ainsi aujourd'hui: l'ombrage de la nuit semble avoir depuis longtemps englouti en son fuligineux sein les voix de nos éternels guides célestes. Nous craignons tous qu'avec eux une partie du monde se soit éteinte, et ce pour toujours. En effet, nombreux sommes-nous à tendre désespérément l'oreille pour espérer entendre à nouveau le chant de la mésange à l'orée du printemps, les sabots du cerf gambadant sur la terre où pousse l'herbe aux mille faines rayonnant en épis dorés sous l'ondoiement des frondaisons d'été, ainsi que les pérennes pierres grises allant roulantes dans le cours mélodieux des eaux. Mais tout cela nous semble bien vain, car seuls les cris de l'invisible prédateur nocturne résonnent à présent dans les bois, tandis que les racines noirâtres s'enfoncent dans les eaux viciées et silencieuses. Comment pourrait-on encore espérer voir un jour l'éclat envahir de nouveau les bois lorsque les noires ailes du trépas s'étendent ainsi au dessus de nous? Et pourtant, il nous faut continuer de croire, car ces ailes n'ont pas encore vaincu: cette gente clairière puisse-t-elle en témoigner. Quelque part, au fond du cœur de la Forêt, au fond de nos cœurs, brille encore la clarté de toujours, toujours vivace, ne demandant qu'à ce que l'on croit en elle pour répandre de nouveau ses bienfaits. Car au final, cet ombrage est tout comme un vol de corbeau: il passe, grondant, inquiétant, obscurcissant le Soleil que l'on croyait invincible, causant une frayeur en nos cœurs pendant un moment, mais il finit toujours par passer et laisser de nouveau place à la lumière, encore plus blanche après cela. Depuis l'éternité nous occupons ces terres, cultivant avec amour et respect tous les bienfaits qu'elle nous offre, et venant toujours à bout des ombres qui nous menaçaient. Je vous demande à tous de continuer à espérer et à mener tous vos efforts qui, même dans la plus terrible adversité, porteront leurs fruits et seront un jour dignement récompensés."

Il s'arrêta, se tourna vers une table de bois se trouvant à son côté, prit une bouteille de vin, la déboucha et en versa le contenu dans une coupe d'argent sertie de saphirs. Il se tourna à nouveau vers ses sujets et, le regard toujours droit et solennel, leva sa coupe haut vers les cieux, bientôt imités pour tous qui levèrent également des coupes de bronze rutilant remplies du même vin.

"Levons nos verres en l'honneur de nos étoiles éternelles, reprit-il, et gardons foi en elles, et en Lui qui, chaque nuit que le ciel fait, nous survole dans son chariot argenté avec son scintillant joyau dans sa blanche couronne ceinte autour de son front. Car il compte sur nous pour assurer encore de longues années la pérennité de ces terres, et nous n'avons pas le droit de le décevoir.
-Aglar! Clamèrent alors dans une même voix les elfes."

Puis, d'un même geste, ils vidèrent lentement leurs coupes, accompagnés par leur roi. Puis lorsque le breuvage eut enfin amené un peu d'entrain au cœur des elfes, la cérémonie commença enfin. Les blanches sphères de lumière furent suspendues dans les doigts éteints des arbres soupirants, emplissant soudain les sombres branchages de rivières d'argent éclatant, semblant d'innombrables fleurs desquelles une rosée de lumière argentée s'écoulait continuellement, vainquant l'ombre grandissante qui n'était alors plus que de petites tâches frémissantes sur le sol. Tandis que de nombreuses autres furent prises en mains par les elfes emmantelés de blanc et d'or, se lançant lentement et paisiblement dans de grandes processions à travers les bois, portant leurs lanternes d'argent à bout de bras qui semblaient mille étoiles rayonnante parmi les hêtres et les ormes fanés, alors que leurs harmonieux accoutrement répandait une pluie dorée sur le sol, dégageant une agréable chaleur. Et ils chantaient dans des lignes flutées glissant entre les troncs des arbres toute la peine et les regrets de leurs cœurs, mais également l'espoir et le courage que la force du ciel et de la terre leur apportaient encore.
Seuls restaient devant ce spectacle si envoûtant Thranduil et Legolas, immobiles, contemplant avec des regards emplis d'amertume les leurs vagabonder ainsi en de longues colonnes scintillantes entre les sombres arbres, tandis que leurs voix s'élevaient et semblaient pour un temps offrir une nouvelle vie à la terre et un nouveau souffle aux branchages. Legolas s'avança finalement de quelques pas et posa doucement sa main sur l'épaule de son père, ne disant rien, continuant simplement de contempler le peuple des bois marcher sous les branches fleuries des étoiles qui, fleurs éternelles, arboraient même au cœur de l'hiver leurs pétales d'argent.
Au bout d'un long moment, Thranduil finit par pousser un soupir.

"Ils semblent heureux d'être ici, tous réunis, remarqua-t-il d'un ton mélancolique. Pour dire vrai je les admire, Legolas: je me demande bien quelle graine peut encore porter dans leurs cœurs les frêles bourgeons de l'espoir... Mais quelle qu'elle puisse être, je crains de n'avoir pas les moyens de la cultiver bien longtemps.
-Vous avez fait ce que vous pouviez père, assura le prince. Vous ne devriez pas vous éreinter à faire au-delà de ce dont vous êtes capable."

Il se tut un instant, semblant hésiter à poursuivre, mais devant la tournure qu'avaient pris les choses ces derniers temps, il finit par se lancer.

"Peut-être est-il à présent dangereux et inutile de continuer à lutter et à souffrir au cœur de ces bois, peut-être l'Ombre est-elle devenue trop puissante, et peut-être serait-il préférable de s'éloigner d'elle afin d'échapper pour toujours à son funeste voile.
-Que veux-tu dire Legolas? s'enquit le roi en portant sur son fils un regard encore embué de peine.
-Je crains qu'il ne soit plus que folie de demeurer ici à attendre d'être enveloppés à jamais dans les noirs filets de la Menace. Nous pourrions sauver tous les nôtres de ce mal: nous pourrions quitter ces terres et traverser la Grande Mer pour aller vers l'Ouest, et mener à jamais des jours paisibles, loin de la souffrance et du chagrin."

Un silence s'installa alors, seulement bercé par les chansons qui résonnaient dans les bois. Le regard du roi se porta soudain au loin dans le vague, l'expression illuminée de ses yeux s'étirant sur tout son visage troublé qui semblait soudain frêle et fragile. On lisait dans ses yeux une soudaine tentation, comme si au loin sur l'horizon, les vagues courantes du Soleil levant avaient déferlé sur les sombres rivages des nuits sans étoiles. Son expression soulagée, comme libérée d'un énorme poids, exprimait l'ardente envie qui venait soudain de s'emparer de lui à l'idée d'aller trouver au loin la paix éternelle, mais cette expression était également malheureuse, hésitante et dépitée, comme si cette idée lui était tout autant désagréable.

"Passer par delà la Grande Mer... murmura-t-il d'un ton fantomatique. Abandonner ces bois qui nous ont porté...
-Cela serait sans doute la meilleure chose à faire, approuva Legolas, un peu soulagé."

Il avait craint que son père ne se mette en colère à l'évocation de cette possibilité, mais il était heureux de voir que cela n'était pas le cas.

"Peut-être avons-nous fait notre temps ici, reprit-il pour conforter Thranduil dans l'acceptation de cette fatalité. Peut-être devrions-nous cesser de souffrir pour lutter contre un mal trop puissant, et quitter ces contrées de ténèbres pour trouver les douces étoffes de la Lumière jamais ternie.
-Et nous écraser, nous avouer vaincus devant cette force qui nous attaque... compléta Thranduil, semblant soudain revenir à la réalité. Nous devrions laisser périr dans les griffes de l'Ombre éternelle nos chères terres qui de tous temps ont bercé notre peuple dans leur longue crinière d'herbes ondoyantes et sous le solide mais clément toit de feuilles arborant les mailles bourgeonnantes à l'approche furtive du printemps et déroulant dans l'hiver sauvage les doux rêves des arbres endormis? Tout cela devrait être condamné et abandonné aux ténèbres par notre simple découragement face à une ombre qui se montre certes tenace, mais à laquelle nous pourrions tout de même résister comme nous l'avons toujours fait?
-Père, je ne dis cela que pour votre bien... Pour notre bien.
-Je comprends que votre jeune cœur soit attiré par la douceur qui demeure au loin à l'Ouest, Legolas, mais je ne puis dignement me résoudre à trahir la parole dont j'ai emprunt notre peuple dans la nuit des Temps. Lorsqu'il y a bien longtemps, nos trois émissaires Ingwë, Finwë et Elwë revinrent des terres lointaines d'Aman, portant la douce parole des Valars et la promesse d'une vie paisible, luxuriante et toujours bénie d'une douce lumière éternelle, nombreux furent ceux des nôtres à être séduits par l'image de ce lointain pays. Ils décidèrent de suivre les messagers par delà la Mer de l'Ouest, et grand bien leur fasse s'ils ont trouvé la fabuleuse vie qu'ils cherchaient. Mais d'autres, les Avaris, desquels nous sommes les directs héritiers, refusèrent l'offre et choisirent de demeurer en Terre du Milieu, car ils avaient vu en ces contrées une beauté, un souffle et une possible vie que les autres ne soupçonnaient pas. Ils jurèrent alors d'aimer, de chérir et de défendre ces terres qui seraient leurs, dusse cela être au prix d'efforts et de souffrances, car ils considéraient qu'elles le méritaient et qu'ils savaient que derrière chaque ombre se cache une lueur qui ne demande que d'être entretenue et choyée pour regagner son éclat."

Un silence s'installa pendant quelques instants, le père et le fils se regardant fixement, les mots semblant inutiles pour exprimer ce qu'ils ressentaient et comprendre ce que l'autre ressentait.

"Mon père portait déjà cette parole, et je la porte à mon tour, reprit finalement Thranduil avec un air grave. Jamais je n'abandonnerai lâchement ces bois qui toujours ont été éclatants de vie et de beauté à cause d'un moment sombre de la vie. Je sais qu'en maintenant notre volonté et notre courage, nous pouvons venir à bout de ce mal. Mais pour cela, nous devons être soudés, pouvoir compter les uns sur les autres, pouvoir nous faire confiance, ne jamais mettre en danger l'un des nôtres ou menacer le frêle équilibre que possède encore notre royaume. C'est pourquoi je compte sur tout être de notre peuple pour apporter son aide à Ndaedelos et ne pas agir autrement que ce qui fut décidé. Et si j'apprends que quiconque a menacé la vie d'un des nôtres ou troublé l'ordre de ces bois, je prendrai les mesures nécessaires pour que plus jamais il ne soit une menace pour nos contrées... Même si cette personne m'est très chère."

Il prononça ces dernières paroles avec un air ferme et froid, bien qu'une lueur de regret brilla au fond de ses yeux. Legolas baissa alors le regard et acquiesça sombrement, entendant toujours les chants au loin dans les bois, tandis que les lumières des lanternes faisaient écho parmi les arbres à celles des étoiles dans le ciel.

"Très bien père, dit-il doucement en relevant les yeux, il sera fait selon votre jugement. A présent, veuillez m'excuser, mais je rentre rejoindre Tauriel, car mon cœur est empli de peine à l'idée de la laisser seule dans les minces couloirs du château."

Puis il tourna les talons et s'éloigna vers la grande colline sous le regard peiné de son père.


Dans les couloirs de pierre, l'on pouvait entendre l'écho des musiques de la fête et les voix lointaines des elfes. Mais cela ne parvenait en rien à réjouir le cœur des nains qui demeuraient silencieux et rongés de peine et de remords derrière leurs barreaux.
Seul l'un d'entre eux semblait encore résister comme il pouvait aux assaut du désespoir: Kili luttait, luttait de toute la force de son esprit. Pourtant, tout semblait bien être contre lui, et comme pour les autres il devenait très difficile de ne pas se désespérer devant ce piège qui s'était refermé sur eux et ce sombre destin qui semblait les rattraper inexorablement. Mais il voulait continuer de croire qu'ils s'en sortiraient: rien n'était plus éloigné de sa nature que d'abandonner tant que l'on n'a pas été entièrement terrassé. Il avait toujours été d'un optimisme sans faille, et baisser les bras lui était une idée insupportable. Aussi était-il presque furieux contre ses camarades de se montrer aussi sombres et de s'avouer d'ores et déjà vaincus: il avait envie de leur hurler dessus, de les secouer aussi fort qu'il pouvait pour les réveiller. Mais il ne le pouvait évidemment pas, et les expressions sur leurs visages étaient si noires, si désemparées, qu'elles réussiraient presque à le décourager lui-même. Ce défaitisme qui émanait de chacun d'entre eux depuis des jours lui était devenu affreusement désagréable, et il avait envie de ne plus leur parler, de ne plus entendre leurs paroles pessimistes: il avait envie de revoir enfin autre chose que ces barreaux sombres et cette obscurité qui l'enveloppait, il voulait voir un visage qui rayonnerait d'une douce lumière, n'importe qui pouvant lui donner une seule bonne raison d'afficher un sourire aurait été le bienvenue en cet instant.
Poussant un long soupir, il sortit alors de sa poche un petit objet qui lui était très précieux: une petite pierre ronde et lisse, sur laquelle étaient gravées d'amples runes Naines. Il tenait cet objet de sa mère Dís, qui lui avait confié avant son départ pour cette quête qui était la sienne, à lui et aux autres, et en laquelle il avait toujours cru et voulait continuer de croire. Et il l'avait toujours conservé précieusement avec lui: il espérait en cet instant que cette pierre puisse lui redonner espoir. Mais hélas, même elle n'y parvint pas.

Au même moment, une elfe aux cheveux de feu marchait dans les couloirs d'un pas lent et régulier, comme une ronde qui tournait inlassablement au milieu des ombres de l'ennui. Tauriel avait respecté son devoir à la lettre et n'avait cessé d'effectuer des rondes dans tout le palais, guettant le moindre bruit suspect et s'assurant que chaque chose était en ordre et à sa place. Et à présent, elle se dirigeait vers les cachots, simplement pour vérifier que tous les prisonniers étaient encore là.
Le rythme de ses pas la plongeait dans un état second: elle se perdait dans les méandres de ses pensées, ne voyant même plus ce qui se dressait devant elle, et pourtant savait parfaitement où elle devait aller, comme si ses pieds la portaient naturellement. Elle entendait au dehors les échos de la fête, et s'imaginait mélancoliquement en train de glisser avec les autres sous les branchages, une scintillante lanterne à la main, chantant tous les maux de son cœur pour les faire s'envoler au loin, ne serait-ce que l'espace d'un instant... Mais ce soir, c'était ici qu'elle était tenue de rester.
Elle pensait alors à ceux qui ne pouvaient non plus assister aux festivités: il y avait bien sûr les autres gardes, mais ses pensées s'envolèrent aussi vers une jeune femme assise sur un lit, les mains au pouvoir si grand enchaînées dans un lourd métal. Elle eut alors un pincement au cœur, mais hélas elle ne pouvait rien faire. Elle repensa alors à tout ce que lui avait confié Elsa, et qui l'avait parfois surprise au plus haut point. Elle pensa au radieux portrait que la jeune femme lui avait dressé de ses amis nains, et se demanda si cela était effectivement proche de la vérité ou non. Peut-être était-ce l'occasion de le vérifier par elle même? Elle se dirigeait justement vers les cachots où tous se trouvaient, et elle n'avait personne à qui parler. A vrai dire elle se sentait terriblement seule ce soir, tout comme souvent maintenant depuis un temps, et quelque chose lui disait que cela n'irait pas en s'arrangeant.
Peut-être pourrait-elle essayer d'engager une conversation avec eux? Ou au moins l'un d'entre eux... Peut-être se révèleraient-ils effectivement surprenants et passionnants: après tout elle ne savait rien des nains, jamais elle n'avait eu réellement affaire à eux. Peut-être serait-elle très déçue, mais elle pouvait toujours essayer. Que pouvait-ce bien lui coûter?
Lorsqu'enfin elle atteignit le couloir où s'étendaient les cellules, elle ralentit son allure et s'efforça de marcher en silence. Elle regarda les nains derrière les barreaux, et fut effarée par les mines grises et dévorées de chagrin qu'ils affichaient: ils étaient plus sombre que jamais, et ne levèrent même pas les yeux sur son passage, ne bougèrent pas un cil. Ils étaient affalés contre les murs ou sur les bancs de pierre, et semblaient aussi épuisés qu'assaillis de chagrin. Sans réellement lui causer de peine, cela remua quelque chose au fond de son cœur: une telle désolation provoquait chez elle une amère pitié. Elle continua cependant de marcher, voyant qu'aucun d'eux ne semblait disposé à échanger quelque mot que ce fut avec elle.
Jusqu'à ce qu'elle arrive devant la cellule du jeune nain qui l'avait poliment remercié quelque jours plus tôt. Il affichait une expression renfrognée et ses yeux respiraient également le chagrin, mais il semblait résister bien mieux que les autres au poids du désespoir: il était encore loin d'afficher une mine aussi grisâtre et lacérée de cernes inquiétantes que ses camarades. Son intention fut donc attirée sur lui, et elle s'arrêta de marcher, voyant qu'il tenait quelque chose dans sa main: une pierre ronde gravée de runes.
Kili remarqua lui aussi l'arrivée de l'elfe, mais il ne leva dans un premier temps pas les yeux: il n'avait pas envie de fournir même ce ridicule effort. Sa tristesse lui pesait et il préférait garder les yeux rivés sur sa pierre, tandis que la pénombre de sa cellule le confortait davantage dans son malheur. Mais soudain, la voix de l'elfe vint à ses oreilles:

"La pierre que vous tenez, demanda-t-elle, qu'est-ce que c'est?"

Son ton était un peu sec, mais sa voix était si douce et semblable à une chanson ondoyante. Et cette simple question fut soudain comme un doux torrent de lumière venant chasser les ombres qui envahissait l'esprit du jeune nain et le bourdonnement pénible et rauque qui assaillait ses oreilles avec une intensité grandissante de jour en jour.
Alors, bercé, il leva doucement les yeux et regarda celle qui lui parlait: à travers les sombres barreaux, ses cheveux comme des rivières de feu flamboyaient et réchauffèrent soudain son esprit et son cœur, chassant la froideur qui l'enserrait, tandis que son visage lisse et doux rayonnait d'une lumière aux caresses si douces qu'elle terrassa l'ombre qui l'entourait. Kili fut dérouté pendant un instant, mais soudain un étrange espoir s'empara de son cœur: c'était cela, enfin il le voyait... Ce visage rayonnant qui manifestait bien autre chose que du chagrin et du désespoir, rallumant la flamme qui brûlait en lui et lui donnant presque l'envie d'afficher un sourire émerveillé.
Mais pourtant il resta impassible, même si cela lui coûtait, car il n'oubliait pas qu'il s'agissait d'une elfe des bois, et replongea son regard sur sa pierre.

"C'est un talisman, répondit-il alors en caressant l'objet de ses doigts. Un puissant sortilège le protège: quiconque, sauf un nain, lit les runes sur cette pierre sera à tout jamais maudit!"

Et, amusé par sa farce, il brandit la pierre, la mettant bien en évidence en face du visage de l'elfe. Celle-ci sembla soudain effrayée et l'horreur vint frapper son visage. Elle détourna alors le regard de la pierre, et Kili ne put s'empêcher de rire intérieurement. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de taquiner ainsi quelqu'un, comme il aimait tant le faire, et cela lui fit un bien inimaginable. Tout cela était faux, bien évidemment, mais voir cette elfe bernée par son histoire l'amusait, et, aussi curieux que cela puisse paraître, son expression de terreur et d'impuissance l'attendrit.
Mais soudain, l'elfe tourna alors les talons et commença à s'éloigner, sentant qu'elle n'était pas désirée ici et craignant le "pouvoir" du talisman. Leur cœur du jeune nain tomba dans sa poitrine lorsqu'il vit la douce lumière de son visage et l'intense flamboiement de ses cheveux disparaître et le laisser à nouveau seul dans l'obscurité morose. Non, il ne voulait surtout pas être à nouveau prisonniers des ténèbres, il voulait être baigné de cet éclat encore longtemps. Peut-être était-il allé trop loin dans sa plaisanterie...

"Ou pas! rappela-t-il alors."



En entendant cela, Tauriel se retourna soudain vers lui, intriguée. Elle le vit passer la pierre d'une main à l'autre, un petit sourire sur ses lèvres.

"Cela dépend si l'on croit à ce genre de choses, reprit-il en levant les yeux vers elle. Ce n'est qu'un souvenir. Un pierre avec des runes..."

Comprenant qu'il s'agissait d'une simple farce, Tauriel revint alors doucement vers lui, et ne put empêcher ses lèvres de s'étirer en un sourire: la légèreté d'une simple plaisanterie, le bien que provoquait l'humour dans le cœur, était une chose à laquelle elle n'avait pas goûté depuis bien longtemps; avec les ténèbres qui envahissait la Forêt, les elfes devenant tous plus peinés et mornes jour après jour, et le roi qui n'affichait même presque jamais aucun sourire, cette chose pourtant si délicieuse avait quitté ce royaume depuis longtemps. Ce fut alors avec un plaisant et chaleureux souffle que la farce de ce jeune nain ralluma dans le cœur de l'elfe une flamme depuis trop longtemps éteinte.

"Ma mère me l'a donnée pour que je me souvienne de ma promesse, poursuivit Kili en caressant l'objet.
-Quelle promesse? s'enquit Tauriel, curieuse et intriguée.
-Que je lui reviendrai, répondit le nain en levant vers elle un regard à la fois pétillant de malice et reflétant un certain regret, une certaine tristesse."

La jeune elfe sourit alors, attendrie par cette attention. Elle pensa que ce jeune nain avait bien de la chance: car sa mère, quelque part, était encore et attendait son retour, sachant qu'un jour ou l'autre ils seraient réunis. Ce qui n'était plus son cas depuis longtemps.

"Elle s'inquiète, reprit Kili en baissant les yeux. Elle me trouve insouciant.
-L'êtes-vous? demanda Tauriel, amusée.
-Non, répondit le nain sur un ton exprimant clairement qu'il l'était."

Il s'amusait à lancer sa pierre dans les airs et à la rattraper, mais cette fois, elle glissa de sa main et roula sur le sol, avant de passer entre les barreaux et de se diriger dangereusement vers le bord du sentier pour tomber dans les profondeurs de la forteresse. Mais juste à temps, l'elfe posa son pied dessus et l'arrêta dans sa course. Le temps sembla suspendu pendant quelques secondes, Kili se demandant ce qu'elle comptait faire de son précieux souvenir, et elle se rendant compte qu'elle avait peut-être offensé le nain en écrasant ainsi son talisman. Mais comme ni l'un ni l'autre ne dit rien, elle se pencha finalement et ramassa un peu fébrilement la pierre. Elle la porta haut et la regarda avec attention: admirant la parfaite rondeur de l'objet et parcourant du regard les lignes fermes et solides des runes gravées dessus.
Elle réalisa que cet objet n'avait rien de très précieux en soi: une simple pierre taillée. Il ne portait qu'une valeur sentimentale, et pourtant il semblait extrêmement précieux au jeune nain... Ainsi les nains étaient-ils capables d'apprécier autre chose que l'or et les diamants? C'était bien l'une des choses que lui avait assuré Elsa.
Kili, quant à lui, regardait les cheveux de l'elfe couler, ardents, dans son dos long et fort, et il était reconnaissant de la voir tenir sa pierre avec grâce et respect. Il entendait toujours les chants et les voix résonner loin au dehors, douce mélodie qui semblait emplir les lieux d'une pâle et fugace lumière.

"On dirait qu'il y a une grande fête là-haut, remarqua-t-il en s'appuyant contre les barreaux de métal, se laissant bercer par les douces chansons.
-C'est Mereth Engilith, expliqua l'elfe en reportant son regard sur lui, la fête de la lumière des étoiles."

Elle se tourna et leva les yeux vers le plafond de pierre, comme espérant le voir s'ouvrir et révéler le ciel étoilé dont elle était malheureusement privée ce soir là.

"Toute lumière est sacrée pour les Eldars, poursuivit-elle de sa voix douce. Mais les elfes des Bois aiment plus que tout celle des étoiles.
-J'ai toujours trouvé que c'était une lumière froide, lointaine, inaccessible, murmura Kili en regardant lui aussi la voûte rocheuse.
-C'est notre mémoire, répondit alors Tauriel, une merveilleuse étincelle illuminant son regard. Précieuse et pure... Comme votre promesse."

Et sur ces dernières paroles, dans un aimable sourire, elle lui rendit sa pierre. Kili la prit doucement entre ses doigts, intrigué par ce que lui confiait là l'elfe, et désireux d'en savoir plus, de comprendre mieux. Et devant son expression fascinée, Tauriel sentit son cœur bondir de joie: quelqu'un était prêt à l'écouter et se montrait intéressé parce qu'elle avait à dire.; et pas seulement les froids rapports quotidiens de la garde du palais.

"Je suis allée là-bas quelques fois, lui confia-t-elle toujours avec ce grand sourire émerveillé. Au-delà de la Forêt, là où est la nuit... J'ai vu le monde disparaître, et la blanche lumière éternelle envahir le ciel."

Elle semblait envoûtée par ses propres paroles, comme si ce souvenir était la plus belle chose qui demeurait dans son cœur. Tous deux se turent un moment, elle levant le regard vers les cieux dissimulés et Kili la contemplant, lui même émerveillé par cet émerveillement qui la tenait. Il essaya d'imaginer le spectacle qu'elle venait de lui décrire, un sourire étirant ses lèvres, car rien que la pensée d'une telle lumière était bien plus agréable que toute l'ombre pesante qui résidait dans ces cachots. Puis il se rappela que lui aussi avait eu l'occasion de contempler les merveilles de la nuit dans les voyages qu'il avait entrepris par le passé.

"Moi j'ai vu une Lune de feu un jour, dit-il alors d'une voix douce."

La jeune elfe se retourna vers lui, l'air intrigué et le regard fasciné. Alors, lentement, sans prononcer un mot, elle vint s'asseoir sur les marches de pierre tout près des barreaux, prête à écouter l'histoire du jeune nain.

"Elle montait au-dessus du col près du pays de Dun, énorme! raconta-t-il alors avec passion. Rouge et dorée, elle remplissait les cieux... On escortait des marchands d'Ered Luin: ils troquaient des objets en argent contre des fourrures. On se dirigeait vers le Sud, la montagne était sur notre gauche, et là elle est apparue: énorme Lune de feu éclairant notre chemin. J'aimerais pouvoir vous la montrer à présent...
-Il me plairait tant d'en voir une, acquiesça l'elfe en fixant le lointain. Et j'aimerai pareillement que vous puissiez voir un jour la beauté qui demeure dans chacune des blanches étoiles.
-Peut-être la verrai-je un jour, lorsque toutes les Lunes de feu auront emporté leur flamboiement au loin dans les ombres de l'Ouest."

Tauriel acquiesça silencieusement.
Kili, lui, n'en revenait pas: il se trouvait sous terre et roche, au cœur d'une forêt remplie d'ombres et d'araignées mortelles, en train de discuter paisiblement avec une elfe de ce royaume. Et cette conversation était la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis des jours.

"Comment vous nommez-vous? s'enquit alors l'elfe en tournant son regard vers lui.
-Kili, répondit-il. Je suis Kili, fils de Dís. Et vous-même?
-Je m'appelle Tauriel, dit-elle avec un léger sourire. Enfant de Vertbois.
-Tauriel... répéta le nain dans un murmure."

Ils se turent un moment, bercés seulement par la cascade murmurante et les chansons loin au-dessus d'eux.

"J'ai toujours cru que les nains étaient mauvais, cupides et égoïstes, finit par confier Tauriel d'un air un peu gêné, mais il y a quelque chose de différent chez vous.
-Pensez-vous vraiment? s'étonna Kili dans un sourire gêné."

Tauriel acquiesça avec un sourire sincère, et ainsi leur conversation dura longtemps et s'avança jusque tard dans la nuit, sans qu'ils voient le temps passer. Bien qu'ils fussent un moment foudroyé par le regard de Legolas, se tenant pus haut, dans l'ombre, observant la scène. Lui qui avait quitté la fête pour venir rejoindre son amie Tauriel, il la trouvait à parler et rire avec un de leurs prisonniers nains. Et cela provoquait une grande colère, et une terrible amertume dans son cœur.


Dernière édition par M.Baggins le Sam 05 Sep 2015, 15:08, édité 1 fois
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Lhysender le Ven 28 Aoû 2015, 20:17

Comme tu l'as toi même dit, un chapitre encore centré sur les personnages, mais j'aime cette ambiance festive pour garder espoir, alors que la menace continue inexorablement de grandir. Et la discussion entre Legolas et Trandhuil renforce encore plus cette impression, l'un voulant éviter un potentiel massacre (ou du moins je l'ai compris comme ça) et l'autre ne voulant pas voir l'inéluctable.

Et puis je suis vraiment fan des chansons des nains  bravo

Pour la scène entre Tauriel et Kili, rien à ajouter, c'est parfaitement retranscrit comme la scène du film. Je me permettrais juste de dire que je trouve le regard de Legolas presque flippant, à la limite du "rejoins le coté obscur", il était très puissant et presque effrayant de la manière dont tu l'as décris !

Bref, encore un très bon chapitre, vivement la suite ! Very Happy


Dernière édition par Lhysender le Ven 28 Aoû 2015, 20:32, édité 1 fois
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Ven 28 Aoû 2015, 20:31

Merci Lhys. Embarassed
Par contre, il s'agit de Tauriel et Kili, et non pas Fili. (révise tes classiques! Razz )
Presque depuis le début de cette fic, j'avais pensé à inclure cette fameuse fête des étoiles dans le récit: je trouve que c'est quelque chose qui manque au film (ce n'est pas indispensable, certes, mais c'est quelque chose qui aurait très bien pu aller dans la version longue. Alors pourquoi ne l'ont-ils pas mis? Sad )
Je vois ce que tu veux dire à propos de Legolas: et quand j'ai relu ce passage... Ouais, c'est vrai qu'il paraît un peu flippant. XD
Bref, la suite la semaine prochaine, et ça va enfin reprendre son cours.^^

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Some say I have no direction,
That I'm a light-speed distraction,
But that's a knee-jerk reaction.
This life in the stars is all I've ever known:
Stars and stardust in infinite space is my only home.
And the moment that I hit the stage
I hear the universe calling my name
And I know deep down in my heart I have nothing to fear.
And as the solar wind blows through my hair,
Knowing I have so much more left to share,
A wandering spirit who's tearing its way through the cold atmosphere:
I fly like a comet, soar like a comet, crash like a comet,
I'm just a comet.
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Lhysender le Ven 28 Aoû 2015, 20:36

Oh punaise je suis fatigué moi... :stress: mea culpa, j'ai corrigé ça.

En tout cas hâte de lire la suite !

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Lhysender

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Micky93 le Mer 02 Sep 2015, 18:59

J'ai enfin rattrapé mon retard mon cher M.B. ! bravo

Bon, tu sauras que tes chapitres sont toujours aussi excellents l'ami. Rien à redire là-dessus. :bonnenote:
Ensuite, je n'ai pu m'empêcher de rire lorsque Elsa s'énerve quelque peu avec le roi. Cela m'a fait pensé à ma fic en fait. Razz
Après, qu'elle est donc cette fameuse voix que Thranduil entend résonner dans sa tête ? Mystère...
Concernant la suite sinon, il y a une chose que j'ai particulièrement apprécié. C'est le fait d'avoir raconté le passé des personnages. Celle de Thranduil et Tauriel.  Very Happy Non franchement, j'ai adoré ça. Cela colle parfaitement en plus. Bravo ! bravo
Enfin, l'amitié qu'entretienne Elsa et Tauriel est touchante en effet. Moi aussi je suis fan. bravo

Bref que dire de plus à part que je suis impatient de lire la suite. bravo
Ah et j'oubliais, serait-il possible qu'Anna et compagnie reviennent quelque peu ? Ils commencent à me manquer sérieusement l'ami ! Hors, prend note de cela et agit !
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Micky93

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

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