Ⅰ- FROZEN : Duality

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Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Sam 20 Juin 2015, 11:40

Bonjour,
comme vous l'aurez probablement deviné, je poste ici ma toute première fan-fiction. Je comptais publier le début un peu plus tard, mais comme je suis en panne d'idées, ça me motivera pour trouver la suite bravo
(Enfin, ne vous inquiétez pas, il y a déjà plusieurs chapitres de prêts)
N'hésitez pas à être très critiques, on m'a toujours complimentée pour la qualité de mes écrits depuis toute petite, c'est l'occasion de voir si c'est fondé ou non. Soyez aussi casse-pieds que moi quand on parle d'Elsa  bravo

Une petite précision, pour ceux qui se souviennent que j'avais parlé d'une "idée d'opening de génie", ce n'est pas celle-là. Elle souffrait d'une énorme incohérence injustifiable, j'ai donc dû l'abandonner. J'espère que celui-ci vous conviendra aussi.

Voilà, je n'ai rien à ajouter... si ce n'est que bonne lecture.


Liste des illustrations (peut contenir des spoilers) :


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FROZEN : Duality






Prologue




Quelque part à Arendelle, dans une modeste demeure toute proche du château. Une porte claqua.

« Kai ? Oh, c’est toi. Je ne t’attendais pas si tôt.
— Pourquoi, préfèrerais-tu mon absence ? »
Elle sourit et l’embrassa sur la joue.
« Tu pourras remercier la Reine de m’avoir octroyé ces quelques jours de congé. »
Kai enleva son manteau, son écharpe, et les posa sur une chaise. Il s’installa tout près de la cheminée pour y réchauffer ses membres encore sous l’emprise du froid.
« Je suis congelé. Je l’envie de ne pas ressentir le froid. »
Elle ne répondit pas.  Après quelques instants, il lui demanda ce qu’elle comptait faire pour le souper.
« Je n’avais pas d’idées, alors j’ai simplement fait un potage de légumes. Mais ce n’est pas plus mal vu le temps qu’il fait. »
Puis ils discutèrent de tout et rien. Du soleil, des rumeurs qui circulent, de quelques bonnes adresses qu’on leur avait conseillées, des tâches du château qui nécessiteront un peu plus d’attention prochainement…
Gerda en arriva au sujet du futur anniversaire de la reine.
« Je pense que tu as pu constater qu’il faisait de plus en plus froid. Dans quelques jours, nous arriverons au solstice.
— En effet, où veux-tu en venir ? »
Le village de Kai s’illumine.
« Mince, son anniversaire. J’ai complètement oublié. En même temps, difficile de faire autrement, elle est devenue très modeste avec le temps. Elle est bien au-dessus des autres gouverneurs, vêtus d’hermine de la tête au pied et qui passent leurs journées à se goinfrer de nourriture, de divertissements futiles ou de beaux éloges.
— C’est vrai. Nous avons une reine formidable.
— Désolé si je t’ai interrompue. Qu’est-ce que tu disais ? As-tu trouvé un cadeau à lui offrir, même si elle n’en est pas particulièrement friande ? Nous allons quand même fêter un quart de siècle d’existence.
— Pas vraiment. En revanche, en fouillant dans le grenier, j’ai trouvé quelque chose d’étrange.
— Tiens ? Montre-moi ça. »
Ils montèrent tous deux à l’étage, puis sortirent l’échelle donnant l’accès au grenier. En dehors de quelques traces de pas toutes fraîches, la quantité de poussière dessus semblait indiquer qu’on n’en avait pas fait usage depuis un certain temps. Kai toussota :
« Depuis combien de temps ne sommes-nous pas montés là-haut ? Il y a des toiles d’araignées partout.
— Tu peux retourner dans le salon, j’arrive. »
Il s’exécuta et fut rejoint une minute après par son épouse. Elle tenait dans sa main un vieil ouvrage très imposant, à la couverture en cuir. Des constellations étaient représentées sur la première de couverture.
« Je crois me souvenir de ce livre. Un cousin éloigné, qui s’était installé à Bétraga, l’île voisine, nous l’avait offert, mais nous n’avons jamais pris la peine de le lire. Leurs habitants étaient des férus d’astronomie, si ma mémoire est bonne.
— Tout juste, regarde cela. »
Au fur et à mesure qu’elle feuilletait les pages, ils purent découvrir une quantité innommable de formes, dessins, schémas, calculs complexes en tout genre. La seule chose qu’ils parvenaient à comprendre, c'était quand il était fait mention de leur planète ainsi que des quelques autres qui l'entouraient.
« Pourquoi me montres-tu ce livre ? Il sera indéchiffrable pour l’écrasante majorité du royaume, et je doute qu’on en tire un bon prix. »
Elle lui répondit, en souriant :
« Après toutes ces années, tu ignores toujours ce qu’est la patience, je me trompe ?
Voilà, c’est ça que je voulais te montrer. »
Gerda sortit un petit bout de parchemin, caché dans la couverture. Dans la main, il semblait anormalement lourd et résistant.
Elle commença à le déplier en deux, en quatre, en huit… jusqu’à en perdre le compte. Une immense carte apparaissait peu à peu, sous leurs yeux ébahis. Elle devait bien mesurer deux mètres sur trois. Ils tentèrent tant bien que mal de l’accrocher au mur. Kai ne put cacher sa surprise.
« Mais qu’est-ce que… C’est une carte ? Non, on dirait plutôt un schéma… de… »
Avec toutes les ratures, les inscriptions et les chiffres, griffonnés dans toutes les couleurs possibles, les deux serviteurs mirent plusieurs minutes avant de se rendre compte qu’il s’agissait d’une représentation de leur système solaire tel qu’ils le connaissait, mais détaillé avec une précision jusqu’alors inédite. Par rapport au Soleil, les cercles correspondant aux révolutions des plus proches planètes étaient tracés en rouge, et en bleu pour les plus éloignées. Deux flèches, une de chaque couleur, renvoyaient chacune vers une sorte de rosace, entourées de nombreuses fois. Tout en haut, centré et en capitales comme s’il s’agissait d’un mot-clé, ils distinguèrent :
« CONVERGENCES » .
« C’est incroyable… Je ne comprends rien, mais ça en a l’air. Pourquoi m’as-tu montré cela ?
— Dans le coin inférieur droit. On aurait dit quelques explications, mais il s’agit d’une prédiction. Qui annonce un évènement. »
En effet, quelques mots étaient griffonnées, suivis d’autres calculs interminables. Kai ne savait pas où donner de la tête.
« En effet, il est mention d’un « évènement ». Mais rien d’autre n’est précisé. Si cette carte servait à prévoir un désastre, ses auteurs n’auraient-ils pas plutôt employé quelque chose comme « catastrophe » ou bien « cataclysme » ?
— Sûrement. Je tenais juste à te la montrer, car je la trouve moi aussi incroyable. Je ne sais pas s’il y a un fond de vérité là-dedans, mais je doute fortement qu’elle annonce un quelconque danger, ou pire, qu’on l’encoure. »
Ils commencèrent à ranger la carte. Gerda lui demanda s'ils devaient apporter ce livre au château, mais son époux lui répondit qu’il était en trop mauvais état, et qu'il allait simplement leur embrouiller l'esprit. Ils n'avaient pas besoin de ça, disait-il..
« Offre-lui le tableau de la cuisine, non ? Tu ne l’as jamais aimé. »
Kai ne répondit pas. Il regardait par la fenêtre, l’air pensif. Il repensa au soir où le secret de la reine avait été découvert. S’il était possible de maîtriser la glace, il est très probable que d’autres manifestations de magie existaient dans le monde. Et ce qu’il avait vu y semblait indubitablement lié.

Il chassa ces pensées de sa tête. De toute façon, il s’agissait là d’une voie bien trop mystérieuse et complexe. Cela faisait partie des merveilles de ce monde.
« Bon, je meurs de faim. »
Ils se mirent tous deux à table et n'osèrent plus aborder le sujet de cette étrange carte.


Quelque part sur une grande île, non loin des côtes. Des formes commençaient à se mouvoir dans un château tombé en ruine. On entendit quelqu’un toussoter.

« Mon… serviteur. »
Au bout d’une minute, des bruits de pas se faisaient entendre, devenant de plus en plus nets. Ils appartenaient à un homme grand, mince et encapuchonné.
« Maître. »
Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas entendu cette voix. Il s’agenouilla devant un trône où son maître se tenait. Le visage et le haut du buste de ce dernier étaient totalement submergés par l'obscurité.
« Te souviens-tu de ce qu’il s’est passé, il y a un peu plus de vingt-cinq ans ?
— Oui, bien sûr, le volcan a explosé, une partie du pays a été détruit, ainsi que votre œil gauche, et aussi … »
L’individu masqué par les ombres fit un mouvement sec de la main, faisant ainsi tomber un silence assourdissant sur la salle.
« Je ne parle pas de ça. Te souviens-tu de mon projet ? Aurais-tu oublié ton entraînement ? »
Le serviteur se passa la main dans le dos. Des marques très profondes de lacérations s’y trouvaient encore. Il ne sut pas dire si c’était là du sarcasme, il répondit donc avec le moins d’irritation possible :
« Je ne pourrais pas, maître. »
Bien qu’il ne puisse pas le voir, il lui semblait que celui-ci souriait.
« Bien. Alors reprenons ce que j'ai dû arrêter il y a vingt-cinq ans, et ce pour quoi je t'ai entrainé. Relançons le projet Double Convergence. »






Aperçu du chapitre 1 : Lassitude




Quelque temps après la découverte de Kai et Gerda.

         Je m'appelle Elsa. Je suis la fille d’Agdar et d’Idun, et la sœur aînée de la Princesse Anna. Je suis la Reine d’Arendelle. J’ai développé des compétences concernant la glace et la neige qui relèvent du mythe. Et aujourd’hui, il semble que je sois en danger de mort à cause de ce pouvoir. Je suis retenue dans une prison, dans un lieu qui m’est inconnu, pour une raison qui m’est inconnue. Je vais donc rédiger un mémoire au cas où les choses tournent mal. Voilà comment tout a commencé.


Dernière édition par Katoptriss le Dim 11 Oct 2015, 15:57, édité 54 fois

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Lhysender le Sam 20 Juin 2015, 12:18

Ah, enfin  Very Happy  !

Bon pour commencer, c'est bien écrit, un style simple et clair, c'est court mais ça met dans le bain.
Pour ce qui est de l'histoire, tout ceci est intriguant. Par contre, ça y est, je pense deviner rien qu'au nom de ta fic ce qui risque de se passer bravo

Et j'ai beaucoup aimé la scène avec ce mystérieux personnage dans l'ombre, ça me rappelle les apparitions de Dio dans Jojo. Et je sais pas pourquoi, mais une personne dans l'ombre, borgne, et qui parle d'un mystérieux projet...pourquoi mon instinct me dit que c'est pas un gentil XD ?

Et qu'est-ce que tu as fait à Elsa ?! Comment ça en prison ?! :tronçonneuse:

*Tu peux parler Lhys ! T'as vu ce que...*

Oui bon ça va, ça va...

Bref, cela semble prometteur, vivement la suite Very Happy
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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Invité le Sam 20 Juin 2015, 12:25

Prologue pratiquement lu cheers (je n'ais pas beaucoup de temps je te promets que je lirais cela en détails Wink

Bref pour moi un très bon prologue ! Very Happy . C'est très bien écris Very Happy ! j'ai été suprise de voir un début avec Kay et Gerda ! Ont s'attends a un prologue avec Anna et Elsa et non, Kay et Gerda ! c'est super ! pour l'aperçu du chapitre 1 : Sa laisse a imaginé pleins de choses ! .
Hâte de voir la suite ! Very Happy

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par M.Baggins le Sam 20 Juin 2015, 12:44

J'ai tout lu!^^ (c'est bien M.B, c'est bien bravo. T'auras une médaille. Razz )
Bref, eh bien je t'annonce que tous les compliments qu'on t'a fait sont bien fondés.^^ C'est très bien écrit, c'est clair, on comprend tout... C'est un style simple mais ce n'est en aucun cas un problème. Very Happy
Sinon, original comme prologue avec Kay et Gerda. Mais donc si j'ai bien compris ils sont mari et femme? Ou alors juste colocataires? XD
Puis cette scène dans l'ombre, et puis le début du chapitre 1... Je sais encore bien trop peu de choses pour pouvoir me prononcer mais tout ce que je peux te dire c'est que c'est très intriguant et que ça donne envie de voir la suite.^^
Bref, vivement le chapitre 1. bravo

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Sam 20 Juin 2015, 15:43

Merci à tous pour vos commentaires Very Happy

c'est court mais ça met dans le bain.

Question étrange mais tu peux détailler le "c'est court" ? Beaucoup trop court, à peine trop court, trop court par rapport à ce que tu as pu lire ici ?
J'essaye en général de ne pas sombrer dans trop de descriptions pour privilégier l'action et la vie du récit, mais en fonctionnant comme ça, c'est souvent un peu trop court.

Sinon, original comme prologue avec Kay et Gerda. Mais donc si j'ai bien compris ils sont mari et femme? Ou alors juste colocataires? XD

C'est une erreur de ma part. Dans ma tête, je les imaginais comme mari et femme, alors que rien ne l'indique. Enfin, rien ne prétend le contraire non plus.
On les voit patiner ensemble à la fin du film, c'est tout. J'ai fait une conclusion un peu trop hâtive x)

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Sam 20 Juin 2015, 23:08

(Vous m'excuserez pour le double post, mais si j'avais édité, vous n'auriez pas su que j'avais posté la suite)

Bon, aujourd'hui j'étais inspirée, et je savais déjà précisément ce que je voulais faire, du coup, je vous ai déjà fait la suite Razz
Comme ça, je pourrais voir si je pars dans une bonne direction ou s'il faut que je modifie deux trois trucs.

Bref, bonne lecture !


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Chapitre 1 : Lassitude



         Je suis Elsa, fille d’Agdar et d’Idun, et sœur aînée de la Princesse Anna. Je suis la Reine d’Arendelle. J’ai développé des compétences concernant la glace et la neige qui relèvent du mythe. Et aujourd’hui, il semble que je sois en danger de mort à cause de ce pouvoir. Je suis retenue dans une prison, dans un lieu qui m’est inconnu, pour une raison qui m’est inconnue. Je vais donc rédiger un mémoire au cas où les choses tournent mal. Voilà comment tout a commencé.


         Cela fait trois ans et demi que j’ai fui, que j’ai fait mon palais, que j’ai failli tuer ma sœur, une deuxième fois. Heureusement, beaucoup de choses ont changé depuis ce moment-là.
         Anna a vingt-et-un ans maintenant. Elle est devenue encore plus électrique qu’avant, elle ne peut pas tenir en place une minute. Même en dormant. Une fois, je l’ai trouvée en train de dormir à l’envers, les pieds sur son oreiller. Je ne sais pas comment elle fait. Ses journées sont souvent remplies par des excursions à cheval je ne sais où, bien que je lui dise de faire attention. Elle ne m’écoute jamais de toute façon.
L’année dernière, nous sommes parties rendre visite à une cousine, princesse d’un royaume derrière la mer. Elles ont eu l’air de bien s’entendre car depuis ce jour, Anna est passée maîtresse dans l’art de manier les poêles à frire. Et puis, je crois même qu’elle a grandi de deux centimètres.
         Kristoff se plaît toujours dans son métier de livreur de glace. Sven et lui se sont même fait une belle réputation dans le royaume. J’ai bien proposé de lui apporter un coup de main, mais il voulait gagner sa vie honnêtement, m’a-t-il dit. C’est très admirable de sa part. Ces derniers temps, il travaille comme un forcené ; je le soupçonne de demander Anna en mariage prochainement. Cette fois-ci, je pourrai donner ma bénédiction avec sincérité.
         Olaf est toujours aussi affectueux. Je lui ai aménagé un petit terrain de jeux, il y passe souvent des heures. Le reste du temps, il se promène en ville. Il s’est pris d’une passion pour les fleurs. Grâce à mes progrès, j’ai pu lui éviter d’être accompagné par un nuage en permanence, où qu’il aille : il peut maintenant rester dehors plusieurs jours ensoleillés d’affilée sans problèmes.
         Quant à moi, les gens me disent que j’ai changé, mais je n’en ai pas l’impression. Ils me considèrent comme plus calme, plus réfléchie, plus perspicace. La vérité, c’est que ma famille m’a donné confiance en moi, je n’ai donc plus eu l’esprit torturé par mes pouvoirs et par la crainte de ce qu’ils peuvent causer. D’ailleurs, quand Anna est absente, je m’entraîne pour tester mes limites et les dépasser. Le temps m’a permis de réaliser des choses très minutieuses, comme un livre en glace, des meubles ou une maquette du château qui reprend tous ses détails, par exemple. Je parviens aussi à modifier la consistance de la neige, pour en faire du roc ou de la poudreuse : c’est d’ailleurs le secret de la ténacité d’Olaf.
Ces dernières années, j’ai consacré la majeure partie de mon temps à m’occuper du royaume. Je pense m’être bien débrouillée : les gens que je croise semblent heureux.

         Demain, ce sera mon vingt-cinquième anniversaire. Il va encore y avoir une fête. Je devrais m’en réjouir, mais ce genre de célébration n’est pas mon genre. J’ai toujours quelques craintes quand il y a du monde, même si je ne devrais plus. Malheureusement, je ne pourrai même pas m’éclipser, étant donné que je suis la reine et qu’il s’agira de mon anniversaire.
Encore une fois, les habitants vont se ruiner pour m’offrir une tonne de babioles, alors que je ne désire rien. J’ai toujours souhaité une chose, être réunie avec Anna, et c’est chose faite. Je pense que je leur interdirai d’amener des cadeaux. Je préfère qu’ils gardent leur argent car ils en ont certainement plus besoin que moi.
Et puis, il y a ma chère sœur qui va encore me réveiller aux aurores. Je lui ai préparé un bel anniversaire pour ses dix-neuf ans, et elle tient à me le rendre chaque année dès l’aube, parfois avant. Je crois que je vais congeler la porte pour dormir un peu plus. Cela m’évitera de m’assoupir sur le trône, comme l’année dernière.

         Ces derniers temps, je m’ennuie un peu. Je passe tout mon temps libre dans la bibliothèque royale, car elle est très bien fournie. C’est une chance, vu que j’ai toujours aimé étudier.
Des fois, je me dis que je suis un peu lasse d’être la souveraine d’Arendelle, car tout s’y passe pour le mieux. Il n’y a aucun problème quel qu’il soit, les habitants m’apprécient beaucoup et je veille personnellement à prendre soin de chacun d’entre eux en retour. Cela me rend bien sûr très heureuse, mais j’ai le sentiment d’avoir achevé ma mission et de ne plus servir à rien.
Parfois, je me dis que je devrais rejoindre Anna dans ses excursions, histoire de m’amuser un peu, et de la voir un peu plus vu qu’elle est souvent absente. C’est étrange que je me dise ça, car la dernière fois qu’il y a eu de l’action, c’était avec la venue de Hans, et il est évident que je ne revivrais cette période pour rien au monde. Je ne m’en suis d’ailleurs pas complètement remise, je fais parfois des cauchemars qui me font transformer ma chambre en porc-épic. Mais ils sont rares.

         Cette nuit-là, j’avais fait un rêve étrange, qui semblait réel, bien trop réel. On aurait dit que je flottais dans les airs. J’étais dans une bibliothèque, en très mauvais état. Le sol était jonché de livres calcinés et d’instruments d’optique noircis. Une fenêtre à ma droite donnait sur ce qui devait être les jardins, avec en son centre une fontaine asséchée. Je suis sortie pour explorer un peu les lieux. J’ai emprunté deux ou trois couloirs, descendu quelques escaliers, sans savoir où aller.  Puis je me suis retrouvée à l’entrée d’une salle circulaire, avec en guise de plafond une sorte de dôme noir d'encre, parsemé de points lumineux. Une représentation du ciel. Sur le mur, il y avait une sorte de fresque faite à la peinture. On y voyait quelques planètes alignées, ainsi que deux sortes de lumières, qui semblaient la surplomber. L’une était dorée, l’autre argentée.
Puis j’ai été comme aspirée en dehors de la salle. Une force invisible me transportait dans un couloir, puis dans un autre, plusieurs escaliers, et je me suis retrouvée dans une sorte d’armurerie.
J’examinais les lieux, avant de réaliser que j’étais au-dessus de deux hommes, ce qui m’a fait sursauter. Je n’ai pas pu les voir, le premier avait le visage caché par l’obscurité et le deuxième portait une capuche noire. Ils ne semblaient pas remarquer ma présence. Je n’ai pas pu entendre ce qu’ils disaient, seulement quelques bribes. Ils parlaient d’aller chacun chercher quelque chose, mais il me semble qu’il y avait un problème avec ce que devait trouver l’homme encapuchonné. Ce dernier était en train d’examiner un mur clouté sur lequel étaient soigneusement entreposés quelques poignards. Il en a pris un possédant des finitions remarquables. Trois lettres ayant des reflets dorés se trouvaient sur le manche : « Z », « O », « X ». Ensuite, il n’y a plus eu que des ténèbres. Je me suis réveillée à cet instant.
Il y avait quelques pics de glace autour de moi, mais moins que d’habitude. Ce n’était qu’un rêve, après tout, pas la peine de s’angoisser. Dommage que je ne l’aie pas pris au sérieux.
J’ai simplement noté ces lettres dans un coin de mon esprit, afin de voir le lendemain si je trouvais quelque chose dans la bibliothèque, puis je me suis rendormie.


Cette nuit-là, sur l’île voisine, il y avait du mouvement dans l’ancien château. Deux individus semblaient se préparer à partir dans une quête.

« Tu te souviens de ta mission ? » demanda une voix grave et puissante.
« Absolument. Ne vous en faites pas pour moi, maître. »
L’homme caché par les ombres et son serviteur à la capuche noire étaient dans une armurerie. Ils semblaient évaluer ce qui avait résisté à vingt-cinq années sans entretien. Un long silence suivit, avant d’être sèchement brisé :
« Zox. »
L’intéressé ne répondait pas. Il fouillait dans une caisse en bois contenant plusieurs épées rouillées.
« Je dois t’informer de quelque chose.
— Je vous écoute.
— Je pense que tu es au courant des évènements qui se sont produits il y a trois ans. Il faudra que tu fasses vraiment attention à la Lune. Elle dégage une aura bien plus puissante qu’auparavant, il semblerait que ses pouvoirs ont encore grandi. En ce moment même, j’arrive à la percevoir avec précision.
— C’est une bonne chose, non ? Il sera bien plus simple de la retrouver.
— Non. L’autre ne me fait pas cet effet. Je dois me rendre sur place pour pouvoir la trouver, car son énergie ne porte pas assez loin. Alors qu’elle, je la sens d’ici. Je ne devrais pas. »
Zox ne savait pas quoi répondre. Il était en train d’examiner un poignard d’adamantium, un alliage unique connu de très peu. Sur son manche trônaient trois lettres en or.
Son maître marqua une pause. Il regardait autour de lui, comme s’il avait senti une présence. Puis il continua :
« C’est regrettable, car cela veut dire que tu devras t’en charger. Il n’y a que moi qui puisse localiser les deux énergies, et je ne peux affirmer avec précision l’emplacement de l’autre.
— Allons, ne vous en faites pas. Vous vous inquiétez trop.
— Non. Je reste lucide, c’est tout. Fais ce que tu as à faire, et ne me déçois pas.
— Je suis blessé de savoir que vous doutez de moi. »
Peu de temps après, ils sortirent du château depuis le couloir principal : un rocher avait pulvérisé tout un pan de mur. Dehors, le ciel était dégagé, et la lune était à son zénith. Un rayon arriva sur le visage du maître, le laissant à découvert. Zox sursauta légèrement, car cela faisait des années qu’il ne l’avait pas vu. Il regarda son serviteur dans les yeux, et lui donna une dernière information :
« Quand tu trouveras la Lune, ne prends pas de risques. Les dommages corporels ne m’empêcheront pas d’extraire son pouvoir.
— Compris. »
Ils se séparèrent sur ces paroles. L’individu partait rejoindre le port au sud de l’île, tandis que Zox se rendait à celui de l’est. Quand ils se rencontreront à nouveau, ce sera avec leur mission accomplie.





Carte des royaumes :



Dernière édition par Katoptriss le Jeu 20 Aoû 2015, 14:47, édité 4 fois

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Lhysender le Dim 21 Juin 2015, 22:31

Et bien, quel chapitre intriguant ! Qui peuvent bien être ces deux étranges personnes ? Et quand il parle de la Lune,  j'imagine bien que c'est en référence à Elsa, et je suppose que le Soleil sera Anna ou Raiponce (la seconde hypothèse me semblant la plus logique).

Et puis tu as fais une carte, bon point ça !

Si je devais chipoter,  je dirais que si c'est le journal d'Elsa, comment peut-elle être au courant de l'entrevue des deux mystérieux personnages ?
Mais je ne le ferai pas, car ce serait vraiment méchant de ma part, au vu l'excellente qualité,  autant dans le style que dans le récit, de ta fic.

Bref, je suis très impatient de lire la suite Very Happy
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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par M.Baggins le Lun 22 Juin 2015, 12:05

Ca y'est, j'ai lu le chapitre 1.^^
J'ai beaucoup aimé pour la première partie le fait qu'on lise un genre de journal intime d'Elsa. Ca présente parfaitement la situation, les personnages,... Très bien tout ça. bravo
Et puis on reconnaît parfaitement notre chère petite Elsa dans le caractère que tu lui décris.
Ensuite, la deuxième partie est vraiment intrigante... scratch Qui sont donc ces deux personnages? De quoi parlent-ils? (même si, comme Lhys, je suppose que la Lune est Elsa) Quel est leur but?
Bref, un très bon premier chapitre et j'attends vraiment la suite!Very Happy

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Lun 22 Juin 2015, 17:50

Merci à vous deux Very Happy

Pour ta remarque, Lhys, je ne la comprends pas. Il s'agit simplement d'une ellipse narrative, afin de mieux comprendre l'histoire et voir comment ça se passe chez les méchants. Les films et les livres en sont remplis, alors pourquoi relever cela ? Elle n'en est pas au courant, elle a juste vu deux hommes qui veulent chercher quelque chose, et l'un deux a un poignard sur lequel est écrit "Zox".
Sinon, ce n'est pas méchant de ta part hein, n'hésite surtout pas à critiquer sinon je ne pourrai pas m'améliorer x)

Pour ce qui est du caractère d'Elsa, MB, attends un peu, je l'ai légèrement modifié par la suite : à peu près comme au chapitre 1, Elsa sera plus calme, réfléchira et analysera plus les situations, mais sera parfois rattrapée par son passé. J'espère que je ne m'en suis pas trop éloignée.

Je comptais publier la suite très prochainement, mais après lecture de l'histoire de Lhys, je me suis rendue compte que ce que j'avais était trop simple et pas assez développé, donc je vais prendre un peu de temps pour améliorer tout ça.

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Mar 23 Juin 2015, 16:41


Chapitre 2 : Euphorie



« ELSA ! »
Est-ce que la terre tremblait, ou est-ce que quelqu’un était en train de me secouer comme un prunier ?
« ELSAAA !!! »
Non… C’était Anna.
« Mais elle va se réveiller cette idiote ?
— Anna, je t’entends. »
Elle sourit et me prit dans ses bras.
« Elsa, tu pourrais faire un effort, ton anniversaire va bientôt commencer. Tu auras tout le temps de dormir demain.
— Tu as vu l’heure à laquelle tu m’as réveillée ce matin ?
— Je t’ai laissé un quart d’heure de plus que l’année dernière.
— J’ai congelé la porte pour avoir la paix, et tu n’as rien trouvé de mieux à faire que de passer par la fenêtre pour me réveiller.
— Je sais, répondit-elle fièrement, avec un grand sourire. »
Je ne savais pas comment je faisais pour la supporter. Mais c’était Anna, après tout. En la voyant sourire, je n’ai pas pu résister à faire de même.

Je me levai de mon lit, où je m’étais assoupie. Je regardai dans un miroir si j’étais présentable : heureusement, mes cheveux étaient déjà parfaitement coiffés. Contrairement à Anna, je ne bouge pas d’un pouce quand je dors : si je me coiffe la veille, rien n’aura changé le lendemain.
D’un mouvement de main, je recouvris ma robe d’une fine pellicule de glace pour en faire celle que les habitants connaissent si bien. Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas revêtue : je ne la garde que pour les occasions spéciales. Un peu de maquillage, et j’étais prête.

Je rejoignis la salle du trône. Tout était déjà prêt : de longues tables de banquet se trouvaient sur les côtés, garnies de tout ce que le plus grand glouton ne pourra jamais s’imaginer. Des banderoles aux couleurs du royaume, vertes et violettes, étaient accrochées au plafond. Sur les six immenses piliers de chaque côté de la salle, quelqu’un avait disposé des miroirs.

Je m’installai sur mon trône. Anna était déjà en place. On m’a souvent reproché de lui en avoir fait aménager un, à cause de son rang, mais l’idée que je puisse être considérée comme supérieure à elle m’était inconcevable. Je regardai discrètement comment elle était vêtue, cette année. Elle portait son chignon habituel et était vêtue d’une robe jaune longue et large, avec un corset mauve orné d’un motif représentant le soleil. Je l’ai tout de suite reconnue : cette robe appartenait à sa cousine. Anna avait eu un coup de cœur en la voyant, l’année dernière.
« Pour tes vingt-cinq ans, j’ai prévu quelque chose de grandiose. Tu ne vas pas en revenir ! me dit-elle avec un grand sourire. »
Cette déclaration me fit froid dans le dos.
« Anna, la dernière fois que tu m’as dit ça, le château a failli brûler.
— J’avais la situation en main.
— Vraiment ? Et la fois où…
— Arrête, tout va bien se passer. Et puis, comme l’a dit une grande reine de ce siècle : Le passé est passééééé ! »
Ce qui ne manqua pas de nous faire rire toutes les deux.

Les invités commencèrent à arriver. Ils s’étaient tous surpassés dans leur apparence pour me faire bonne impression. Des sourires se lisaient sur le visage de chacun, ils étaient ravis d’être là. La plupart avaient les bras chargés de formes variées, emballées dans du papier de toutes les couleurs.
« Anna, je ne t’avais pas dit de faire en sorte qu’ils n’amènent rien ?
— Si, mais ils ont insisté. Et comme tu ne me l’a dit que hier, ce n’était pas possible de faire entrer une loi en vigueur en si peu de temps.
— Bon, tant pis… Je saurai pour l’année prochaine. »
Les invités se firent de plus en plus nombreux et prirent place, de manière très disciplinée. On avait l’impression qu’ils allaient se faire réprimander au moindre faux-pas.
Tout d’un coup, Anna me donna un coup de coude et me tendit un croquis.
« Tiens, c’est un grand chandelier à douze côtés, basé sur ton flocon de neige. Dans quelques minutes, quand la Lune sera au zénith, il faut que tu l’assembles au milieu de la salle, environ deux mètres en dessous par rapport à la fenêtre. Tu as compris ?
— Euh… Oui, je vais essayer. »

Quand tout le monde était présent, Kai ferma la porte. Au signal d’Anna, je me levai et m’éclaircis la gorge. Les invités se turent. Je commençai mon discours :
« Merci à tous d’être venus.
Quelle émotion est la mienne en vous voyant tous présents, pour célébrer ma vingt-cinquième année d’existence.
Comme vous le savez, mes débuts à la tête d’Arendelle n’ont pas toujours été faciles, mais vous m’avez acceptée et soutenue. J’aimerais remercier pour cela chaque personne présente dans cette salle, ainsi que chaque habitant foulant ces terres.
Mais l’essentiel, ce n’est pas que vous soyez réunis afin de célébrer mon anniversaire, c’est que la prospérité du royaume puisse vous permettre d’être présents sans vous soucier du lendemain.
Alors avant de me souhaiter une longue vie, souhaitons une longue vie au royaume.
Je déclare les festivités ouvertes ! »

D’un mouvement de main, je fis apparaitre une petite boule blanche, que j’élevai au plafond, puis je l’assemblai selon son plan. Un rayon de lune entra juste après qu’il eût pris forme : le chandelier l’absorba et le recracha sur chacun des douze miroirs qui étaient accrochés aux piliers. Ceux-ci étaient tous orientés vers une sorte de minuscule prisme, posé par terre au centre de la salle : les rayons qui s’y cognaient étaient ainsi renvoyés dans toutes les directions. Cela eut pour conséquence de lever une sorte de mystérieux voile blanc au sol, comme on pouvait en trouver dans les lieux magiques décrits dans les contes pour enfants. Sur cette vision, tout le monde applaudissait et commença à danser. Je retournai vers Anna :
« Wow, Anna, c’est superbe…
— Merci, mais attends la suite, ce n’est pas de ça que je voulais parler.
— Ah… D’où t’es venue cette idée ?
— Tout le mérite revient à Kristoff. Il y a pensé en observant un rayon pénétrer dans de la glace que Sven portait.
— Il faudra que je les complimente. D’ailleurs, où sont-ils ? Je ne les vois pas…
— Oh, tu sais, ils ne sont pas très ponctuels. Ils ne devraient plus tarder. »

En effet, quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit de nouveau. Au loin, on pouvait voir un jeune homme portant un élégant costume noir s’avancer. S’il n’était pas suivi d’un renne chevauché par un bonhomme de neige, je n’aurais pas cru que c’était lui.
En voyant Olaf, je n’ai pas pu m’empêcher d’être prise d’un fou rire : il portait des lunettes de soleil et ses brindilles étaient coiffées en arrière, ce qui était totalement contradictoire avec son caractère enfantin. Dommage pour lui, le seul autre bonhomme de neige vivant du royaume faisait dix fois sa taille.
Kristoff s’avança vers moi. Il était très bien affublé, dans son costume noir au col et aux manches blanches. Il s’inclina tellement qu’il en manqua de tomber et me dit, d’un ton pompeux :
« Votre Majesté, Excellence, c’est pour moi un immense honneur qu’un modeste habitant de ma classe soit invité à votre fête royale. »
Il se releva, un sourire en coin, car il sait que je déteste la notion de respect que l’on impose à une personne ayant un rang moins élevé que son interlocuteur. Je fis apparaître, dans son col, un peu de neige, qu’il s’empressa d’enlever sous les éclats de rire d’Anna.
Puis Kristoff se tourna vers elle, lui baisa la main et l’invita à danser.
Je les regardai, tous les deux. Ils étaient mignons à voir, et semblaient heureux. Ils formeront un beau couple, pensai-je.

Vint ensuite l’heure pour les invités d’amener leurs cadeaux. Ils s’avancèrent un à un et m’offrirent à peu près tout et n’importe quoi, mais surtout des vases, des tableaux et des bijoux, bien que je n’en porte jamais. Plus le présent semblait cher et plus je me sentais terriblement gênée. J’ai répété presque toute la soirée : « Merci beaucoup, je suis très touchée, mais je vous avais dit de ne rien amener », ou d’autres variantes, mais personne ne m’écoutait. Après tout, aujourd’hui, les gens disaient cela plus par politesse et par tradition que par sincérité.

Tout d’un coup, un homme à l’apparence étrange s’avança, un tableau à la main, et s’inclina. Je ne l’avais jamais vu auparavant, il ne semblait pas être du royaume, d’autant plus qu’il était le seul à porter un costume d'un blanc immaculé, aux finitions dorées. Il était presque vêtu de la même manière que Hans.
« Votre Altesse, c’est pour moi un immense honneur que d’être présent ici. »
Il releva la tête. Il avait des yeux d’un bleu sombre. Son visage était rond, comme celui d’un enfant. Il avait les cheveux coupés très courts, qui se confondaient avec sa barbe rousse, rasée uniquement au menton : on ne pouvait situer la séparation entre les deux. J’ai aperçu, au coin de son nez, un grain de beauté imposant.
« Je vous remercie. À qui ai-je l’honneur ?
— Mon nom est Khan, Majesté.
— Sachez que vous pouvez vous délivrer de toutes les formalités liées au respect de mon rang. Je n’y accorde pas d’importance.
— C’est très modeste de votre part. »
Il prit son tableau et me le tendit, en ajoutant :
« Je tenais à vous offrir quelque chose. Vingt-cinq ans, cela se fête.
— Eh bien, je… je vous remercie, mais il ne fallait pas. »
Je pris le tableau et l’examina. Il s’agissait d’une représentation des Montagnes du Nord, leur sommet plus précisément. L’arrière-plan était d’un bleu nocturne, parsemé de points lumineux. En haut du tableau, centrée, une pleine lune surplombait le tout.
Sur le sommet se trouvait une petite fleur d’un gris lumineux. Elle avait une très longue et fine tige, et six pétales légèrement courbés. Autour d’elle se dégageait une sorte d’aura argentée.
« C’est étrange, cette fleur me donne une impression bizarre…, commençai-je.
— Vraiment ? répondit Khan.
— Enfin, quoi qu’il en soit, votre tableau est splendide, je l’apprécie beaucoup. Je pense que je l’accrocherai dans ma chambre.
— Vous m’en voyez on ne peut plus ravi. Maintenant, si vous le permettez, je vais me retirer. »
En guise de réponse, je lui adressai un bref hochement de tête.

Anna, revenue de sa danse, m’invita à monter sur le balcon, pour me montrer sa fameuse surprise. Tout en montant les escaliers, je réfléchissais à ce que ça pouvait bien être, car elle avait l’air très enthousiaste.
Une fois en place, elle lança un signal à un homme en bas, qui, à ma plus grande crainte, sortit une allumette.
« Anna ? »
Elle ne répondit pas et attendait, un grand sourire figé sur son visage.
L’homme mit feu, à intervalles réguliers, sur des ficelles derrière des cylindres de toutes les tailles. Ceux-ci se mirent aussitôt à s’envoler dans les airs et disparurent dans la nuit.
Quelques secondes plus tard, le ciel noir d’encre était éclairé par d’immenses explosions lumineuses. Il y en avait des grandes et des moins grandes, des pétillantes, des qui explosaient en chaîne, ainsi que d’autres qui laissaient de longues trainées, mais surtout, il y en avait de toutes les couleurs possibles. Certaines libéraient même d'immenses flocons de neige. C’était quelque chose de magique.
Totalement émue, je dis à Anna :
« Wow… C’est… splendide… je ne sais pas quoi dire… »
J’étais en train de vivre l’un de ces moments où les mots ne pouvaient pas sortir. Heureusement pour moi, elle me prit dans ses bras et me murmura à l’oreille :

« Joyeux anniversaire, grande sœur. »


Dernière édition par Katoptriss le Mar 23 Juin 2015, 21:01, édité 1 fois

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Lhysender le Mar 23 Juin 2015, 16:53

Il est trop mignon ce chapitre :jesaispasquoimettre  !

En tout cas, c'est bourré de bonnes idées, par exemple le coup de lustre, le fait qu'Elsa soit gênée par le fait de se voir offrir des cadeau, ect...

Et je sais pas pourquoi, mais...

Supposition:


Une fleur de lune ? Et Raiponce c'était une fleur de soleil...coïncidence ? Je ne crois...

-bruit de coup de feu-

*Non Lhys, on a dit stop avec cette blague !*


En tout cas j’adore ce parti prit d’écrire vraiment du point de vue d'Elsa à la première personne (attention à la schizophrénie  Razz).

*C'est toi qui dit ça ?*

Tu connais l'humour ?

*Non, il est mort avec ta santé mentale...*

Bref, c'était encore une excellent chapitre, toujours aussi bien écrit, et je n'ai plus qu'une chose à dire: vivement la suite  Very Happy
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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par M.Baggins le Mar 23 Juin 2015, 17:58

Chapitre lu! (oui, tu sauras que question commentaire de fanfic, c'est ma marque de fabrique. Razz )
Eh bien, je n'ai pas grand chose à rajouter car mon avis est exactement le même que celui de Lhysender.^^
Ce chapitre est très mignon, bourré de bonnes idées, l'espèce de boule disco/lustre, les feux d'artifice (ils auraient du appeler Gandalf...^^')...
Et d'ailleurs, je te remercie Lhys car le coup de la fleur de Lune et de la fleur de Soleil ne m'avait pas effleuré l'esprit, je n'avais pas fait le rapprochement. (je suis con hein?^^) Bon, on n'est pas encore SURS que ce soit ça, mais au vu de ce qui a été dit dans les précédents chapitres, ça me paraît une hypothèse tout à fait plausible. Et d'ailleurs ce serait une super idée! Very Happy
Bref, chapitre très plaisant à lire, et hâte de voir le prochain. bravo

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Mar 23 Juin 2015, 21:00

Merci à vous deux Very Happy

Pour ce qui est de votre théorie, eh bien... C'est une théorie très pertinente. Malheureusement, je ne peux rien dire. bravo

Je connaissais ta marque de fabrique, MB, mais si tu regardes attentivement, c'est la première fois que tu l'utilises dans ce sujet Razz

Je publierai la suite demain soir, elle est déjà prête (même avant le ch.2), donc j'ai juste à faire un copier/coller.
Par contre, je ne sais pas pour le chapitre suivant car les choses vont s’accélérer et il va falloir que je fasse attention à ce que j'écrirai.

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Mer 24 Juin 2015, 18:24

Voilà la suite. Comme je l'ai dit, le chapitre 4 risque de mettre plus de temps à venir, d'une parce que j'ai un oral vendredi et de deux parce que I HAVE ABSOLUTELY NO IDEA WHAT I'M DOING. Je sais même pas ce que je mettrais dedans, j'ai juste prévu un bon gros cliffhanger à la fin.

Sinon, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire, je doute qu'il n'y ait que trois personnes qui m'aient lu jusqu'à présent. Je ne mords pas, hein Razz


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Chapitre 3 : Témérité




Le bateau qui reliait le royaume de Bétraga à celui de Corona arriva dans la matinée.

Parmi les passagers qui en descendirent, l’un se démarquait en particulier et attirait tous les regards. Il dépassait tout le monde d’une tête, et avait une carrure imposante, presque intimidante. Ses cheveux étaient bruns et ondulés, et lui arrivaient peu avant les épaules. Avec sa barbe mal rasée, on aurait dit un fugitif ou un ermite, bien que son visage semblait étrangement jeune. Il portait un long manteau en cuir noir sous lequel il semblait cacher une longue arme, probablement une épée, ainsi que des bottes assorties. Son apparence lui assurait un chemin sans obstacles : les gens aux alentours ne se posaient pas de questions et s’écartaient immédiatement.

Après s’être isolé et avoir regardé plusieurs fois qu’il n’y avait personne aux alentours, il sortit de son manteau une sorte de tablette d’un noir lumineux. Son revers était couvert de formes géométriques et d’inscriptions runiques. En haut, un curseur était réglé sur un petit soleil. Il donna trois tapes dessus, ce qui sembla l’activer. Dans le noir profond de cette tablette apparaissaient alors deux lumières dorées. L’une était bien plus terne que l’autre, mais semblait beaucoup plus proche.
« Pourquoi y en a-t-il deux ? Ce n’était pas prévu. Je risque d’avoir du retard… » grommela-t-il.
Il sortit de la ruelle sombre dans laquelle il s’était engagé et se mit en route. Il longea le port afin de trouver un moyen de locomotion. Une petite boutique proposant des tours de la région à cheval se présenta à lui après quelques minutes. Il entra, s’approcha du comptoir et demanda au vieil homme qui s’y trouvait le meilleur cheval qu’ils aient. Celui-ci, surpris, prit un air indigné et s’exclama :
« Monsieur, de quel droit entrez-vous comme cela pour me donner des ordres sans même passer par les formules de politesse ? Sachez que nous ne louons pas nos chevaux au premier étranger venu qui se permet de…
— Fermez-la et dépêchez-vous. »
Il sortit de sa poche plusieurs grosses coupures, probablement bien plus que le vieillard n’en aurait jamais demandé, et les jeta sur le comptoir. Cette vision le fit soudainement changer d’avis et il disparut dans l’arrière-boutique.
Il réapparu dehors peu de temps après, accompagné d’un superbe cheval blanc.
« Son nom est Magnus. C’est un cheval noble et très rapide, le meilleur que l’on ait. Il a d’ailleurs un frère au château qui a permis de baisser le taux de criminal… »
L’individu le regardait d’un air qui signifiait qu’il n’avait pas envie de bavarder.
« Enfin bref, il ne vous trahira pas. Quand vous serez arrivé, ne vous en faites pas, il saura retrouver son chemin tout seul. Bonne route, et merci encore pour les billets ! »
Il lui adressa un bref signe de la tête et se mit en route.

Quelques heures après, il était arrivé au beau milieu de la forêt, mais s’était un peu perdu. Il regarda sa carte, mais n’avait malheureusement aucune idée de l’endroit où il se trouvait.
Il s’arrêta peu de temps après devant une chaumière complètement bancale, qui arborait fièrement une enseigne représentant un canard. Il attacha Magnus à un poteau, et lui donna les quelques pommes qui poussaient sur l’arbre à côté. Celui-ci les mangea avec enthousiasme.
L’individu poussa la porte, examina les lieux, et s’assit au bar sur le siège le plus proche. Il demanda quelque chose à manger de simple mais nourrissant, ainsi qu’un peu de bière. Comme au port, il avança plusieurs billets sur le bar, ce qui ne manqua pas de presser immédiatement le serveur, mais aussi de piquer la curiosité de tous les autres types présents.
L’un deux, qui avait un crochet à la place de la main gauche, s’approcha de lui, prit une voix mielleuse et lui dit :
« Eh bien, mon cœur, on dirait que tu n’as pas de problèmes financiers. Ça te dirait de me montrer ce que tu caches sous ce beau manteau en cuir ? Il a dû te coûter cher. »
L’homme porta doucement sa chope de bière à ses lèvres, et but lentement, très lentement. Quand il eut finit, il la posa délicatement sur la table, s’essuya avec ses manches, se tourna vers l’homme, l’examina, haussa un sourcil, et lui demanda clairement :
« Dégage. »
Il analysa les autres hommes présents. Ils étaient nombreux, mais ne semblaient pas être des lumières. S’il attaquait, ils se jetteraient probablement tous sur lui comme des bourrins sans réfléchir.
Le voyou au crochet porta celui-ci à son oreille, et lui répondit d’un air coquet :
« Pardon ? Je n’ai pas bien entendu.
— J’ai dit : dégage. »
Ce qui ne manqua pas,  bien entendu, de le faire sourire.
Mais il abandonna bien vite son rictus pour répliquer :
« Écoute, mon cœur, nous sommes… euh… neuf, contre un. Si tu ne veux pas d’un séjour à l’hôpital, je te conseille de balancer ton argent immédiatement. »
L’individu prit un air désolé, et après avoir soupiré, lui répondit qu’il se trompait, car il ne s’agissait que d’un cinq contre un.
« En plus d’être téméraire, notre héros semble avoir quelques difficultés à compter. Pourquoi un cinq contre un ?
— Parce que quand j’en aurais fini avec les cinq premiers, les quatre autres se feront dessus et partiront en courant. »

À ces mots, son agresseur, offensé, s’apprêta à abattre son poing sur lui, mais l’homme l’intercepta, le tordit et l’abattit sur le comptoir. Il sortit une lame de sa manche et la planta dans sa main, ce qui ne manqua pas de le faire hurler et de déclencher l’hystérie générale.
Une énorme brute masquée se jeta sur lui et tenta un crochet du droit. Celui-ci attrapa son poing, se pencha légèrement en arrière, puis attrapa son coude. Avec ces deux prises, il le déstabilisa et le fit tomber de toute sa masse sur un gringalet derrière lui. Il retourna arracher son poignard de la main dans laquelle il était logé, puis engagea le combat avec un autre tas de muscles qui s’était avancé. Après quelques échanges, ce dernier se fit rapidement désarmer. Il le prit par le col et lui mit un coup de boule monumental qui l’envoya directement au pays des rêves. Finalement, le dernier, qui s’avança de manière hésitante, son épée à la main, se prit un croche-patte, puis un coup de chandelier sur la tête qui l’envoya rejoindre son collègue.
En voyant cela, les quatre autres, terrifiés, arborèrent un sourire innocent et cherchèrent des coins d’ombre où le feu de la cheminée ne portait pas pour s’y cacher.
L’individu se frotta les mains puis retourna s’asseoir pour finir son assiette. Quand ce fut chose faite, il laissa un pourboire puis repartit.

Peu de temps après, il arriva enfin à l’endroit où son instrument l’avait mené. Mais il était devant une immense falaise, et il ne pouvait pas l’escalader. Si l’énergie se trouvait bien derrière cette falaise, il devait bien y avoir une entrée cachée quelque part, se dit-il.
Il commença à tourner autour, quand quelque chose retint son attention : il s’agissait d’un mur de lierre parfaitement vertical. Au vu des formations rocheuses, il était impossible que ce lierre soit aussi droit. Il s’en approcha pour l’examiner… et découvrit un tunnel.
Il descendit de Magnus, lui offrit quelques pommes qu’il avait pris en chemin, lui donna une petite tape amicale sur la tête et lui dit :
« Merci pour ton aide, tu as fait du bon boulot. J’aimerais bien avoir plus de chevaux comme toi. Tu peux rentrer chez toi maintenant. »
Celui-ci poussa une sorte d’hennissement de joie, puis partit au galop. Il disparut rapidement derrière les arbres.

L’homme s’engagea dans le tunnel, qui n’était que très court puisqu’il déboucha quelques mètres plus loin dans une sorte de magnifique cuvette rocheuse. On aurait dit un lieu hors du temps, préservé des hommes. L’herbe était d’un vert inédit et jonché de fleurs, et l’eau parfaitement translucide. Au loin, une immense cascade se jetait dans un ruisseau.
« Je dois admettre que cet endroit est magnifique, pensa-t-il. Pas étonnant que l'énergie se trouve en ce lieu, je suis sûr qu’on pourrait cacher quelque chose ici pendant des décennies sans qu’on la retrouve. »
Tout au fond se tenait fièrement une immense tour. Il pressa le pas. Arrivé au pied de celle-ci, il chercha une entrée : il y avait une porte cachée sous plusieurs buissons fleuris, qui débouchait sur un interminable escalier en colimaçon. Une fois monté en haut, il put découvrir, non sans une certaine surprise, une sorte d’habitation. Elle était clairement abandonnée depuis longtemps : on pouvait voir des toiles d’araignée dans tous les coins imaginables. Il y avait là de quoi s’occuper à en perdre la notion du temps : il répertoria une bibliothèque, de la peinture, des puzzles, une cuisine, des statues en papier mâché, une guitare, un jeu d’échec, de la cire à bougie, des accessoires de couture… La liste était interminable. Mais malgré l’aspect infantile des lieux, il en était sûr : il a senti la présence du Soleil ici.

Il commença donc à fouiller les lieux, à ouvrir les armoires, les tiroirs, toutes les cachettes possibles, il regarda même sous les marches d’escaliers… mais il ne trouva rien. Il s’assit sur les marches et réfléchit, tenta de prendre le problème sous un autre angle. Si l’énergie du Soleil avait été absorbée par quelqu’un, elle ne devrait plus être ici, car la poussière montrait que les lieux avaient été abandonnés depuis longtemps. Alors pourquoi sentait-il toujours une présence… ?
Soudain, il les vit. Aucun doute, ça ne pouvait être que cela. Ce qu’il avait pris pour une sorte de corde était en fait une crinière brune démesurément longue. Il s’en approcha, la prit dans ses mains et ferma les yeux. Il avait vu juste car il perçut encore des traces d’énergie courir à l’intérieur. L’homme commença une sorte d’incantation, qui fit briller les cheveux d’une vive lumière dorée qui emplit toute la pièce. Des sortes de gouttelettes en sortirent alors, et s’élevaient lentement dans les airs. Il enfila des gants, et sortit une fiole de son manteau afin de les recueillir très soigneusement. Une fois qu’il eut tout recueilli, il laissa tomber la longue crinière brune et quitta les lieux.

Il sortit à la lumière du jour, pour examiner la fiole : elle était remplie d’une sorte de liquide doré, qui ondulait aléatoirement, comme si la gravité n’avait pas d’emprise dessus.
Malheureusement, la fiole n’était que très peu remplie… Ces cheveux avaient passé trop de temps coupés de leur propriétaire, et la magie qui les traversait avait fini par s’estomper.
« Bon…, pensa-t-il. J’avais détecté une autre source d’énergie solaire. Cependant, si celle-ci provient du propriétaire de ces cheveux, cela risque d’être plus délicat… »
L’homme ressortit sa tablette et donna trois tapes dessus. Il reporta la direction et la distance approximative de l’autre lueur sur une carte du pays, ce qui ne manqua pas de le faire sourire. En effet, sa prochaine destination n’était autre que le château de Corona.

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Lhysender le Mer 24 Juin 2015, 20:34

Ah ah ! Ma théorie se confirme !

J'ai littéralement A-D-O-R-É ce chapitre. Déjà l'espèce de tablette magique à la limite du steampunk, juste parfait.

Et puis la scène ou il défonce les bandits (qui sont d'ailleurs si je ne m'abuse les mêmes que dans Raiponce...ce qui semble logique vu l'endroit où il se trouve ^^) était parfaite, la phrase tellement badass du mec qui dit clairement qu'il va en défoncer cinq et les quatre vont partir en courant, c'était dans un film dont je ne me souviens plus du nom, mais clairement c'était top !

Bref, que dire sinon que tout ce mystère devient de plus en plus intriguant, je n'ai qu'une chose à dire: vivement la suite  Very Happy
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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par M.Baggins le Mer 24 Juin 2015, 21:11

J'ai aussi beaucoup aimé ce chapitre!^^
Le mec a l'air bien cool...^^' J'aimerai pas le croiser dans la rue quoi. Razz
Toutes les scènes décrites étaient super cool: la baston dans la taverne, l'utilisation de la tablette, la découverte de la tour...
D'accord avec Lhys sur la phrase hyper BADASS que le mec balance avant de les défoncer. XD
Ce que j'aime bien c'est que c'est une grosse brute avec tout le monde, sauf avec le cheval avec qui il se montre tout gentil.^^
Et puis, je ne sais pas pourquoi, mais je sens que Raiponce est mal barrée là. Razz
Juste une remarqua: tu dis que tu ne sais pas ce que tu vas mettre dans le prochain chapitre? Mais connais-tu quand-même le déroulement de ton histoire? Car si ce n'est pas le cas, c'est risqué de se lancer dans une histoire en inventant chapitra après chapitre: on débouche vite sur des incohérences.
Bref, sinon chapitre vraiment super, et j'attends le prochain. J'aime beaucoup ton style d'écriture: rapide mais efficace. Very Happy

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Jeu 25 Juin 2015, 15:35

Eh bien, merci beaucoup, je pensais que celui-ci allait un peu moins plaire, mais apparemment pas du tout. xD

la phrase tellement badass du mec qui dit clairement qu'il va en défoncer cinq et les quatre vont partir en courant, c'était dans un film dont je ne me souviens plus du nom, mais clairement c'était top !

Oui c'était dans un film. ^^
Si j'ai bonne mémoire, ils étaient dans un grand carrefour, en pleine nuit, et le type avait sorti la même chose mais pour un 3v1 alors qu'il y en avait 5.

Juste une remarqua: tu dis que tu ne sais pas ce que tu vas mettre dans le prochain chapitre? Mais connais-tu quand-même le déroulement de ton histoire? Car si ce n'est pas le cas, c'est risqué de se lancer dans une histoire en inventant chapitra après chapitre: on débouche vite sur des incohérences.

Pas du tout, ça me parait impensable comme idée Shocked J'ai plus d'une quinzaine de chapitres de prêts (c'est peu en effet, j'essaye d'améliorer tout ça)
Enfin... quand je dis pas du tout, je devrais plutôt dire à moitié. J'ai un fichier .txt avec tous les évènements importants de chaque chapitre, par exemple :
Ch. 2) évènements normaux à Arendelle, anniversaire elsa, fête, khan qui arrive, offre tableau donne impression bizarre à elsa
Ch. 3) roi trouve cheveux raiponce mais ils ne sont pas assez puissants
etc...
Donc uniquement ce qui est nécessaire au scénario. Cependant, pour le reste, je ne prévois pas toujours. L'anniversaire d'Elsa, je n'avais aucune idée de ce que j'allais raconter, je ne savais pas au début pour le chandelier et les feux d'artifices, je savais juste que je devais introduire le type et son tableau. Donc j'y suis allée à l'impro et deux heures plus tard j'en suis arrivée là.
Pareil pour le chapitre 3, les scènes au port et à la taverne n'étaient pas prévues, je voulais au départ faire juste une petite ellipse comme dans le prologue ou le chapitre 1, mais après avoir écrit trois pages alors que je voulais faire un petit paragraphe... Bah ça fait un chapitre de plus xD

Pour le chapitre 4, j'ai déplacé à la dernière minute ce qu'il y avait dedans vers un autre, donc ça laisse un trou. Mais ce n'est pas grave, j'aurai l'occasion de peaufiner le reste en attendant.

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Sam 27 Juin 2015, 19:01

Et voilà finalement le chapitre 4 qui m'a posé tant de problèmes. J'étais largement moins inspirée que pour les autres (et, paradoxalement, je n'ai jamais autant écris que dans celui-là).
J'espère tout de même qu'il vous plaira.


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



Chapitre 4 : Terreur




Une grande île, au milieu de l’océan. Un volcan. Une éruption. Une population, qui fuit, terrorisée. Un château, détruit. Un grand homme, massif, à terre, qui frappe le sol du poing.
Ténèbres.
Des planètes, tournant à toute vitesse. Des siècles qui défilent. Une lueur tombant sur une planète bleue. Une autre, quelques secondes après.
Ténèbres.
Arendelle. Une ombre, qui s’approcha du château.. Elle se faufila dans les couloirs, évita les gardes. Elle s’approcha de la chambre de la reine. Celle-ci n’allait pas bien. Elle s’agitait dans son sommeil, elle qui est si calme. L’ombre s’approcha, sortit un poignard et l’abattit avec force dans sa poitrine.

Pabbie se réveilla brusquement. Des gouttes perlèrent sur son front, le rendant luisant sous la lumière de la lune. Il était essoufflé et essaya de reprendre ses esprits.
« Mmh… Papa ? Que se passe-t-il ? Pourquoi t’agitais-tu comme ça ?
— Excuse-moi… »
Le vieux troll avait l’air déboussolé. Il expliqua :
« J’ai fait un rêve étrange. On aurait dit des visions.
— Mais ça t’arrives parfois, c’est normal, non ?
— Non. »
Pabbie prit un air sombre et lui annonça :
« Cette fois, ma chérie, j’ai vu des choses qui risquent de faire basculer le pays tout entier dans des jours bien sombres. Il semblerait que les légendes que je te contais petite sont sur le point de se produire. »
Il se leva, s’étira et commença à s’éloigner. Bulda, surprise, l’interpella :
« Où vas-tu comme ça ?
— Je pars au château. La reine va probablement être en danger.
— Tu vas lui expliquer toute l’histoire ?
— Pas maintenant. Il ne vaut mieux pas qu’elle sache. »


Au château d’Arendelle, les lumières étaient toutes éteintes, et tout le monde dormait. Tout semblait calme, sauf dans une chambre, où quelqu’un semblait avoir une nuit agitée…


Je me réveillai en sursaut, le cœur battant à s’en rompre, avec de grosses bouffées de chaleur.
J’avais l’impression d’avoir fait un horrible cauchemar, mais je n’arrivais plus à me souvenir quel était-il.
Je me levai et m’assis sur le bord de mon lit, pour respirer un peu. Bien que des rayons de lune éclaircissaient ma chambre, je me rendis compte qu’il faisait encore nuit noire. J’espérais n’avoir réveillé personne.
Étant assoiffée, je décidai d’aller chercher un verre d’eau, mais quelque chose retint mon attention. J’avais l’impression que quelque chose brillait dans ma chambre. Je regardai autour de moi : en effet, le tableau que j’avais accroché la veille semblait animé. La petite fleur au sommet luisait d’une étrange lumière argentée. Je voulu l’examiner de plus près ; cependant, plus je m’en approchais et plus je me sentis mal, prise de maux de tête affreux.
« Il y a quelque chose d’anormal là-dedans, pensai-je. Déjà, l’apparition de cet individu que je n’avais jamais vu auparavant, puis ce tableau. Il va falloir que je fasse quelques recherches dessus. »

Ne pouvant l’approcher, je sortis de ma chambre.
Je me mis en direction de la cuisine. Peu à peu, un étrange malaise s’empara de moi : j’avais l’impression que les couloirs étaient plus sombres, plus longs que d’habitude. Et il n’y avait absolument pas le moindre bruit, uniquement celui de ma respiration.
Arrivée à la cuisine, j’ouvris un placard… qui était vide. Celui d’à côté, pareil. Je les essayai tous, mais ils étaient aussi vides que la tête de ce cher Kristoff.
Kristoff… Je me rendis dans leur chambre, pour savoir si Anna n’avait pas pris tous les verres pour faire des constructions, ou je ne sais quoi d’autre. Non… nous sommes en plein milieu de la nuit, ce n’est pas possible.

La porte de leur chambre était entrouverte. Je l’ouvris et entra en faisant le moins de bruit possible. Je m’approchai du lit… qui était également vide. Complètement défait, comme s’ils étaient partis en hâte. Est-ce qu’ils s’étaient discrètement éclipsés pour faire une petite balade nocturne ? Ils l’ont déjà fait par le passé, mais quand Anna a vu l’état dans lequel j’étais en rentrant, elle m’a promis de ne plus recommencer, du moins sans laisser un mot.

Alors que je rebroussai chemin, un bruit presque inaudible m’arrêta. Il m’a semblé entendre comme un minuscule couinement, qui me parut angoissant au possible.
Je cherchai d’où pouvait-il bien venir… quand, soudainement, de l’autre côté du lit, dans l’angle mort… j’ai manqué de m’évanouir. Il y avait un corps qui gisait.
Une boule se forma dans ma gorge. Je ne savais plus ce qu’il se passait ici, j’avais l’impression de devenir dingue.
Je m’approchai du corps, hésitante, pour voir qui était-ce… et au moment où ma main se posa sur son épaule, il se retourna brusquement et m’agrippai le bras. C’était Kristoff.

Je portai ma main à ma bouche pour ne pas hurler. Des pics de glace apparurent tout autour de moi, réduisant le papier peint en charpie et brisant la fenêtre.
Ses grands yeux d’un brun clair étaient plongés dans les miens, mais ils ne me regardaient pas. Son regard ne laissait pas apparaître la moindre trace de vie.
Il sembla puiser dans ses dernières forces pour balbutier :
« Anna… »
Il lâcha prise sur mon bras et s’écroula sur le sol.

Je sortis en trombe de la chambre, les larmes aux yeux, et courus partout, sans m’arrêter et sans savoir où j’allais. À bout de souffle, je tombai à genoux au milieu d’un couloir, gelant tout autour de moi. Je ne comprenais plus ce qu’il se passait, et j’avais l’impression que ma tête allait exploser.
Cependant, à travers mes yeux embués de larmes, je vis une forme tout au fond du couloir, s’avancer lentement.
« Anna ? fis-je. »
Ce n’était pas elle. Au fur et à mesure que l’ombre se rapprochait apparaissait alors un homme, un poignard à la main.
Prise de panique, je tentai de lui congeler ses jambes, mais alors que je levai la main, rien ne se produisit. Je réessayai en me concentrant, mais mes pouvoirs semblaient m’avoir lâchée. Il se rapprochait de plus en plus. Je pris la fuite, paniquée, et hurla à l’aide de toutes mes forces, mais ma voix se perdait dans le vide.

Je me risquai à me retourner. L’homme avait disparu. Je ralentis un peu, pour ne pas finir épuisée. Arrivée à l’angle du couloir, alors que je m’apprêtai à tourner… je le vis, immobile, qui m’attendait.
Je pilai net et partis dans l’autre direction, en manquant de trébucher au passage. Je piquai un sprint dans la direction opposée. J’avais l’étrange sensation que j’allais mourir prochainement, mais je ne savais pas si c’était de terreur, de fatigue, de folie ou par la main de cet homme.

J’ai couru plusieurs centaines de mètres sans tourner avant de me rendre compte que le couloir n’avait plus de fin. Ses deux extrémités étaient noyées dans l’obscurité.
Soudain, quelque chose me prit le pied. Je me suis lamentablement étalée de tout mon long sur le tapis. Je jetai un regard derrière moi : l’homme était réapparu, et s’avançait lentement vers moi, son arme à la main.

Cependant, quelque chose d’inattendu se produisit : une violente sensation glacée me prit à la gorge, et je commençai à suffoquer. Plus l’homme s’approchait et plus j’étouffai. La douleur devenait insupportable.
L’homme arriva à mes pieds, et alors qu’il commençait à abattre son poignard sur moi, juste avant de me toucher…
Tout disparut.


J’ouvris les yeux et voulu hurler, mais j’en étais dans l’incapacité physique.
J’avais la gorge remplie de neige. Non, pas qu’elle : il y avait au moins un mètre cinquante de neige dans ma chambre. Mon lit et mon corps en étaient recouverts : seule ma tête n’était pas immergée dedans.
Je me levai brusquement et cracha toute la neige que j’avais avalée, de la manière la plus vulgaire possible. Après avoir repris mon souffle, j’enlevai toute la neige qui s’était accumulée dans ma chambre. C’était la première fois qu’une chose pareille m’arrivait.

Une fois ma chambre à peu près remise en ordre, et ayant de nouveau l’esprit clair, je m’assis sur le bord de mon lit. La lumière qui s’infiltrait indiquait une heure tardive dans la matinée.
Je fis apparaître un peu de neige dans mes mains et m’en appliqua sur le visage. Cela faisait un bien fou. C’est dans ce genre de situation que j’étais ravie d’avoir mes pouvoirs.
Puis je sortis de ma chambre. La première personne que je croisai fut Kai. Il me salua, puis m’informa :
« Si vous cherchez votre sœur, elle est partie de bon matin. Elle m’a prévenu qu’elle devrait rentrer dans la soirée. »
Pour une fois, j’étais comblée par son absence. Sinon, je n’aurais pas pu m’empêcher de m’effondrer dans ses bras, et donc de lui raconter ce qu’il s’était passé.

Peu après, en voyant une banderole arborant fièrement un crocus, la fleur emblématique du royaume, je me souvins de l’étrange lueur provenant de la fleur du tableau.
« En y réfléchissant, pensai-je, qu’est-ce que cela veut dire ? J’ai simplement fait un cauchemar, cette nuit, mais on aurait dit que cette scène n’en faisait pas partie. Il n’y a aucun lien entre la disparition d’Anna, de Kristoff, entre cet homme, et ce tableau… Serait-ce une sorte de vision ? »
J’avais déjà voulu m’informer sur la fleur que représentait ce tableau lorsque je l’ai reçu, mais cet évènement n’a fait que renforcer ma curiosité. Alors je me dirigeai vers ma chambre, décrochai le tableau et me rendis dans la bibliothèque royale.

En arrivant, j’ai pu constater que la porte était légèrement entrouverte. J’entrai, et je découvris non sans une certaine surprise celui que tous surnommaient Grand-Père. Il somnolait sur un fauteuil au coin de la cheminée.
« Grand-Père ?
— Mmh… Hein ?
— Mais qu’est-ce que vous faites ici ? »
Il ouvrit les yeux, et quand il me vit, s’exclama :
« Oh, Elsa ! Excuse-moi, j’ai eu une nuit plutôt courte. »
— Je comprends, ne vous en faites pas. Qu’est-ce qui vous amène au château ?
— Eh bien, disons que j’ai eu des visions qui ne présagent rien de bon. Et il semblerait que… »
Il s’interrompit et marqua une pause.
« Elsa, qu’est-ce que c’est que ça ?! »
Il était en train de regarder mon tableau. Il avait l’air quelque peu confus.
« Qui te l’a donné ?
— Euh… c’est un homme qui me l’a offert hier, lors de mon anniversaire.
— Peux-tu me le décrire ? demanda-t-il avec autorité. »
Je tentai alors de répondre à sa demande du mieux que je pouvais. Quand j’eus terminé, son visage semblait se détendre légèrement.
« Khan… Non, ce nom ne me dit rien.
— Grand-Père, qu’y a-t-il sur ce tableau ? risquai-je.
— Elsa, crois-moi, il vaut mieux que tu ne le saches pas, fit-il en me regardant dans les yeux. Ce que ce tableau représente n’apportera que malheurs et tristesse à qui s’y intéressera. »
À ces mots, je ne savais pas quoi répondre. Il changea de sujet :
« Enfin, ce n’est pas pour cela que je voulais te voir. J’ai eu des visions qui laissaient entendre que tu pourrais être en danger dans un futur proche.
— Quoi ? Comment ça, en danger ? »
Cette annonce m’avait surprise, mais c’est de l’angoisse qui se lisait sur mon visage. S’il était venu lui-même m’annoncer cela, je ne devais pas le prendre à la légère.
« Je ne sais plus, tout était un peu flou. Cependant, je pense pouvoir affirmer avec certitude que des gens animés par de mauvaises intentions préparent quelque chose, dans l’ombre. Je t’ai vue, dans ma vision : quelqu’un s’était introduit dans ta chambre pour t'assassiner.
— Pardon ?! »
Une boule se forma dans ma gorge. Qu’est-ce qu’il se passait ? Depuis ce tableau, tout partait dans une voie de plus en plus étrange. En essayant de ne pas montrer ma peur, je lui demandai :
« Mais… si je bloque tout, ça devrait aller, non ?
— Pas forcément, je n’ai aperçu qu’une possibilité de futur, il peut y en avoir tant d’autres… »
Devant mon visage décomposé, il s’empressa d’ajouter :
« Mais je n’ai jamais dit que ce que j’ai vu se produira irrévocablement. C’est pour ça que je suis là : Elsa, je te demanderai de faire attention à toi dans les prochains jours.
— Euh… oui, je serai prudente…
— N’aie pas peur. En plus, tu peux te défendre, maintenant. »
Cette conversation terminée, Grand-Père sauta de son fauteuil, s’étira, bailla, puis annonça :
« Bon, je vais devoir te laisser, Elsa. Il faut que je retourne au village.
— Oui, bien sûr… Merci d’être passé me prévenir.
— Tu diras bonjour à Anna de ma part. »
Il s’éloigna et ferma la porte.

J’attendis une minute après qu’il s’en fût allé.
Puis, je mis ma peur de côté et me dirigea vers la section « Botanique ». Même s’il m’avait bien averti que cette fleur semblait avoir un sombre passé, il fallait que je me renseigne là-dessus. Si elle avait un lien avec les évènements récents et avec le danger qui me guettait, il fallait que je le découvre.
Je pris une dizaine de livres recensant toutes les fleurs découvertes à ce jour et les posa sur une table, puis en commençai la lecture, afin de voir si je trouvais cette fameuse fleur.

Les heures passèrent sans que je ne m’en rende compte. Après avoir épluché plusieurs dizaines de livres, je n’ai malheureusement rien trouvé qui pourrait correspondre. Mes yeux commençaient à me piquer, alors je décidai de m’arrêter là.
Je sortis sur le balcon pour respirer un peu d’air frais. La nuit commençait à tomber sur le royaume : au loin, le soleil se couchait, laissant derrière lui un magnifique dégradé de couleurs chaudes.
Alors que mon esprit partait ailleurs, des bruits de pas derrière moi me ramenèrent à la réalité. Ils appartenaient à un homme encapuchonné et vêtu de noir. Je ne pus distinguer que ses yeux, qui brillaient d’un bleu sombre. Il s’avança vers moi et demanda :
« Votre Majesté ?
— Oui, c’est bien moi.
— J’ai un message à vous transmettre. »
Il chercha quelque chose dans son manteau. Cet homme ne m’inspirait pas confiance, et son visage caché encore moins. Serait-ce lui dont Grand-Père m’avais mise en garde ? Non, je ne pense pas… Il m’avait parlé d’un danger dans les prochains jours il y a quelques heures seulement. Et puis, s’il a pu arriver là, il a certainement dû prouver son identité auparavant.
J’ai quand même hésité à appeler des gardes, mais s’il s’avérait que cet homme était bien un messager, je m’en aurais voulu de l’avoir mal jugé à cause de son apparence. Alors j’ai simplement reculé de deux pas et ai croisé les bras.
Il sortit finalement un parchemin, brisa un sceau de cire à l’allure officielle, le déroula et me le lut. Le message était clair et concis :


Sa Majesté la Reine Elsa d’Arendelle est priée de se rendre dans les prochains jours au château de Corona. Je, soussigné le Roi de Corona, voudrait lui suggérer de nouveaux traités commerciaux, ainsi qu’en négocier certains autres. Je vous remercie par avance.


Alors qu’il s’apprêtait à ranger son message, il lui échappa des mains et tomba par terre.
Quand il toucha le sol, mon cœur fit un bond dans ma poitrine : il n’y avait rien. Son parchemin était aussi vierge que la neige du matin.
Malheureusement, le temps qu’il a fallu pour qu’il tombe par terre et pour que j’en tire les conclusions qui s’imposent me fut fatal.
Quand il vit mon attention détournée, il sortit un poignard et, à la vitesse de l’éclair, le planta dans mon cœur.


Dernière édition par Katoptriss le Dim 12 Juil 2015, 14:17, édité 6 fois

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Lhysender le Sam 27 Juin 2015, 19:17

Ce chapitre était excellent ! L'ambiance cauchemardesque était parfaitement retranscrite, et en général le chapitre était très bien écrit. 

Et puis tout ce mystère,  ce suspens est insupportable !

Par contre....qu'est-ce que a osé faire à Elsa :tronçonneuse: ?!

*C'est très ironique venant de ta part...*

...pas faux.

Bref, vivement la suite Very Happy  !
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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par M.Baggins le Sam 27 Juin 2015, 19:32

Chapitre lu!^^
Alors, toute la partie dans le rêve était superbe: vraiment flippante, vraiment bien retranscrite... J'étais parfois vraiment angoissé en lisant ces lignes. Et j'ai bien aimé le coup du 'Elsa se réveille et sa chambre est submergée par la neige.' Razz Et puis c'est toujours bien écrit (bien qu'il y ait quelques erreurs dans la concordance des temps parfois): rapide et efficace.
Mais parfois c'est même trop rapide.^^'
J'ai eu plus de mal avec la deuxième partie: ça va beaucoup trop vite à mon goût.
GrandPabbie qui se retrouve dans la bibliothèque sans qu'Elsa ait été informée de son arrivée au château (bon ça encore limite pourquoi pas), mais après franchement ça manque de réaction. Enfin je sais pas c'est limite:
'salut Elsa, tu vas certainement mourir prochainement; fais attention.
-D'accord je prends note, bonne journée.
-Bon salut, moi je vais piquer de la bouffe dans les réserves du château.'...
Il y a un petit problème là non?
Et puis comment ce mec à capuche est entré dans le château? Pourquoi Elsa ne s'en méfie pas? Pourquoi n'appelle-t-elle pas la garde? Normalement, les messages des royaumes voisins sont amenés par les serviteurs du château, ou dans les cas les plus importants par des messagers des royaumes en question qui sont annoncés par des trompettes et qu'on reçoit dans la salle du trône...
Et elle ne se méfie pas une seconde de ce type?
Bon, cela dit, la dernière phrase du chapitre garde bien son effet et est assez glaçante.^^
Bref, ce n'est que mon avis mais pour moi tu devrais revoir la deuxième partie: développer la conversation entre Elsa et GrandPabbie, développer les réactions d'Elsa et essayer de modifier un peu cette histoire de message.
Bref, j'attends tout de même la suite avec impatience car tout cela est très intriguant! scratch

_________________
Some say I have no direction,
That I'm a light-speed distraction,
But that's a knee-jerk reaction.
This life in the stars is all I've ever known:
Stars and stardust in infinite space is my only home.
And the moment that I hit the stage
I hear the universe calling my name
And I know deep down in my heart I have nothing to fear.
And as the solar wind blows through my hair,
Knowing I have so much more left to share,
A wandering spirit who's tearing its way through the cold atmosphere:
I fly like a comet, soar like a comet, crash like a comet,
I'm just a comet.
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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Dim 28 Juin 2015, 19:04

Merci pour vos retours,

Alors, j'ai modifié la fin de ce chapitre suivant tes indications, MB. C'est vrai qu'après relecture, il y avait deux trois soucis. x)
J'ai ajouté certains points que tu as évoqué. Je vais les reprendre un par un au cas où certains doutes subsistent :


bien qu'il y ait quelques erreurs dans la concordance des temps parfois
Mince, j'ai essayé de faire attention à ça pourtant. Tu pourrais m'en relever quelques uns ?

GrandPabbie qui se retrouve dans la bibliothèque sans qu'Elsa ait été informée de son arrivée au château
Il s'est réveillé et est parti au milieu de la nuit, on ne l'a donc pas vu.
Et si tu demandes comment il est entré, bah... c'est un chaman roi des trolls qui peut modifier la mémoire des gens, donc on va dire qu'il s'en fiche des portes ? xD

Et puis comment ce mec à capuche est entré dans le château?
Disons que ce type sait se faire discret quand il faut.
Et puis, repense à Flynn qui se balade sur les toits du château de Corona et qui descend les murs sans cordes ^^

Pourquoi Elsa ne s'en méfie pas?
Ajouté.

Pourquoi n'appelle-t-elle pas la garde?
Ajouté.
Et puis, je pense qu'Elsa est le meilleur garde du château. A quoi sert une lance quand tu as ses pouvoirs ? x)

Normalement, les messages des royaumes voisins sont amenés par les serviteurs du château, ou dans les cas les plus importants par des messagers des royaumes en question qui sont annoncés par des trompettes et qu'on reçoit dans la salle du trône..
Ajouté. Ce n'en était pas un ^^


Merci à vous deux pour vos retours et pour me suivre depuis le début. Je vais aller tirer les oreilles des autres pour qu'ils viennent Razz

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par M.Baggins le Dim 28 Juin 2015, 19:17

Ah voilà, c'est mieux!^^
Le passage avec GrandPère est déjà plus crédible: ce bon vieux GrandPère. Razz
Et puis la phrase de fin du chapitre est vraiment géniale en fait: on se demande vraiment quelle va être la suite. bounce
Sinon, pour ce qui est des erreurs de temps, il n'y en a pas beaucoup mais j'en ai repéré à quelques endroits:
Par exemple quand Elsa s'approche du tableau dans sa chambre, tu as écrit 'plus elle s'en approchait, plus elle se sentit mal.' Alors que cela devrait être 'plus elle s'en approchait, plus elle se sentait mal.' Si tu utilises l'imparfait dans une description d'évènements coordonnés, tu ne peux pas tout d'un coup passer au passé simple.^^
Bref, c'est bien mieux comme ça et j'attends le prochain chapitre. Very Happy
Par contre, ne va pas tirer les oreilles des gens pour qu'ils lisent: on lit une fanfic si on en a envie. Moi aussi au début pleins de gens avaient dit qu'ils liraient ma fic et au final je n'ai que trois lecteurs (enfin deux maintenant puisque Gelwarin est partie. Sad ).
En tout cas zoubi et rendez vous au prochain chapitre.^^
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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Katoptriss le Mer 01 Juil 2015, 14:59

Bonjour tout le monde, voilà le cinquième chapitre.
J'ai encore plus peur pour celui-là que pour le précédent, étant donné que celui-ci tourne uniquement autour d'Elsa et de ses pensées. J'espère donc l'avoir correctement décrite.
Bonne lecture.

(Illustration de Bétraga sur la première page)

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Chapitre 5 : Réflexion




Je ne savais plus où j’étais. Tout était noir autour de moi. En plus de cela, j’avais l’impression qu’on me secouait, ou que le sol tremblait.
Après les quelques instants qui m’a fallu pour que mes idées reviennent claires, j’ouvris à peine mes yeux, afin de m’assurer que j’étais seule. C’était en effet le cas.
J’ai cru d’abord me trouver dans une sorte de cabane en bois, mais la présence de nombreux tonneaux, ainsi que les mouvements réguliers du plancher indiquaient clairement que j’étais en fait dans la cale d’un bateau. Quelqu’un m’avait posée là, dans le coin inférieur gauche, comme un vulgaire sac à patates.
Cependant, la première chose qui me frappait n’était non pas le lieu où je me trouvais mais la douleur qui m’assaillait. J’avais un terrible mal de tête. D’où venait-il ?

Étant allongée sur le sol depuis je ne sais combien de temps, je m’assis pour évaluer la situation.
En bougeant, je sentis quelque chose de frais faire pression sur ma poitrine, que je n’avais pas remarqué au départ. Quand j’ai baissé la tête, mon cœur fit un bond : un poignard était enfoncé dans mon corps.
Je manquai de lâcher un cri devant cette image inattendue, mais je me suis heureusement ressaisie à temps. Si l’homme derrière cet acte me pensait morte, j’ai tout intérêt à ne pas me faire découvrir.
Je soulevai le haut de ma robe pour voir pourquoi je ne ressentais pas la douleur qui était censée accompagner cette vision. À ma grande surprise, il y avait une épaisse plaque de glace encerclant la lame : elle n’était finalement enfoncée qu’à un ou deux millimètres sous ma peau.
« Comment est-ce possible ? pensai-je. Je ne me souviens pas avoir développé des réflexes pareils... »

J’examinai le poignard en prenant garde à ne pas le déloger. Il avait une longue et fine lame brillante parfaitement lisse, un manche en cuir, qui était orné de…
Encore un coup pour mon pauvre petit cœur. Il n’allait pas tenir longtemps si les choses continuaient ainsi.
Sur le manche de ce poignard se trouvaient trois lettres ayant des reflets dorés. Les mêmes que celles que j’ai aperçu dans le rêve précédant mon anniversaire.
ZOX.

Cette situation, ainsi que tous les évènements récents, commençaient à me faire sérieusement peur.
Alors je respirai un grand coup, m’assis en tailleur et commençai à réfléchir.
« Bon… Très bien. Reprenons depuis le début et analysons la situation, pensai-je.
J’ai fait un rêve dans lequel je me trouvais dans un château partiellement incendié et détruit. Deux hommes étaient présents : ils devaient chacun aller chercher quelque chose, mais il y avait un problème dans ce que devait trouver… non… l’homme… encapuchonné…
Et mince. Mais c’était lui, bon sang ! C’était ce prétendu messager ! Pourquoi n’ai-je pas fait le rapprochement ? Est-ce que je ne l’ai pas pris au sérieux car il s’agissait d’un rêve ?
De toute manière, je sais maintenant que ce rêve s’apparentait plutôt à une vision, car cet homme avait exactement le même poignard que celui-là. Il est donc très probable que tout ce que j’ai vu soit véridique.
Il faut donc que je découvre si je suis bien l’objectif de cet homme. Si c’est le cas, il est probable que son acolyte soit à la recherche d’une deuxième personne.
Mais quelles seraient leurs motivations ?
Excluons d’abord l’hypothèse de la demande d’une rançon, car cet homme, s’il se nomme bien Zox, a tenté de m’atteindre mortellement.
Serait-ce une vengeance concoctée par Hans, ou bien un coup d’état de quelqu’un d’autre ? Cela expliquerait pourquoi on a voulu me tuer, mais pas pourquoi on m’a kidnappée.
La dernière hypothèse que je pourrais envisager serait que quelqu’un en ait après… mes pouvoirs ?
Cela me semble cohérent, mais cela impliquerait qu’une personne possèderait des connaissances très avancées sur ce sujet… Et pourtant, si même Grand-Père n’a rien pu me dire là-dessus… Ou alors, il m’aurait caché des choses ?
…Non, impossible. Il est honnête, il m’en aurait parlé.
Reprenons. Si effectivement ces hommes en ont après mes pouvoirs... Oh non. Il est probable que Raiponce coure également un risque. Étant donné que son père a déployé la totalité de ses troupes afin de trouver un moyen de guérir sa mère, et que ce n’était finalement autre qu’une fleur magique qui lui a au passage donné des pouvoirs régénérateurs, il ne serait pas étonnant que cette information soit connue de qui veut l’entendre. »

Je fis apparaître un couteau de glace et découpai dans la paroi un trou juste assez grand pour y passer ma tête. Je sentis mes cheveux frôler la paroi, ce qui m’interpella : en passant ma main sur ma tête… Il n’y avait plus rien.
« Génial, soupirai-je. En plus de cela, ils en ont profité pour voler mon diadème. »
Je passai la tête dans le hublot et cherchai le soleil : il se levait, à l’arrière du bateau. Puis je remis le morceau de bois à sa place, en m’arrangeant pour ne pas que l’on voit ses contours.
« Donc, le bateau fait actuellement route vers l’ouest. Étant donné que ce Zox m’a assommée, je ne suis pas donc restée inconsciente très longtemps, sûrement juste cette nuit. Je ne suis donc pas en plein milieu de l’océan. Voyons… Il y avait bien une grande île à l’ouest d’Arendelle… Ah oui. Bétraga. C’est probablement ici que je vais. En plus, elle n’est pas très éloignée de Corona… Il faut absolument que je prévienne Raiponce, au cas où. »
À nouveau, j’ôtai le morceau de bois que j’avais découpé, puis je rédigeai un bref message dans une fine feuille de glace, fit apparaître une mouette de neige et lui donna le message. Elle prit aussitôt son envol en direction de Corona. Je fis ensuite de même à l’attention d’Anna, Kristoff, Olaf et tous les autres, qui devaient être morts d’inquiétude.


Bonjour à tous,
N’ayez crainte, je n’ai rien et je suis en pleine forme. Je me trouve actuellement dans un bateau : je pense qu’il fait route vers Bétraga, mais je n’en suis pas sûre.
Je ne sais pas qui m’a agressée. C’était un homme recouvert de noir, au visage masqué : la seule information que je puisse vous donner est qu’il a des yeux d’un bleu sombre. Il ne travaille pas seul, mais je ne connais rien de l’autre. Prenez garde.
Je pourrais m’échapper immédiatement, à l’instant où j’écris ces lignes, et revenir à Arendelle. Mais avant cela, je voudrais retrouver le diadème que l’on m’a volé, et j’en profiterai également pour explorer l’endroit où l’on m’emmène afin de découvrir, si possible, qui est derrière tout ça et pourquoi m’en veulent-ils. Je vous promets de faire attention.
Je pense à vous,
Elsa.



Une deuxième mouette prit forme et s’envola, ce message accroché à sa patte. Je réfléchis.
« Est-ce que je devrais rentrer, et revenir avec des soldats ? Je ne sais pas… Il me faut connaître leur motivation avant, je ne voudrais surtout pas déclencher une guerre… »
Une fois cela fait, je m’allongeai sur le sol, dans la position dans laquelle on m’avait amenée, et essayai de dormir un peu. Mine de rien, j’étais assez fatiguée, à cause des conditions dans lesquelles je me trouvais. Malheureusement pour ma tête, je ne pouvais pas créer un oreiller.

Je fus réveillée quelques temps après, je n’aurais pas su dire combien, par des voix d’hommes venant d’en haut. Il semblait y avoir du mouvement là-haut.
Je regardai au dehors. Nous étions quasiment arrivés : au loin se dressait un immense port circulaire, dont la disposition des pontons faisait qu’on aurait dit un peigne arrondi.

Il était temps pour moi de partir, avant que quelqu’un n’arrive me récupérer. J’agrandis le hublot que j’avais découpé afin de pouvoir sortir du bateau. Comme la fameuse nuit où tout avait commencé, je posai un pied sur l’eau, qui gela immédiatement. Cette sensation incroyable me partageai entre un sourire et un malaise, conséquence des souvenirs qui y étaient liés. Je rejoignis l’arrière du bateau : grâce à sa forme en coquille de noix, j’étais ainsi dans un angle mort, personne ne pouvait donc me repérer. Je créai des prises pour m’y accrocher et attendis qu’il arrive à destination.

Une fois arrivée, il fallait que je m’éloigne rapidement, ou au moins que je me mette en lieu sûr. Une nouvelle cachette se présenta à moi : le ponton, à trois mètres du bateau. Ce dernier était suffisamment élevé pour qu’on ne me voie pas si je me cachais sous le pont. Je jetai un bref coup d’œil pour voir s’il n’y avait personne, puis bondis dessous, m’approchai du quai et me blottis en cet endroit. Ainsi, j’étais invisible.
Au départ, je trouvais cette situation amusante ; mais c’était avant de repenser au fait que l’on veuille me tuer. Malgré mon cœur qui battait de plus en plus fort, j’essayai à tout prix de rester calme : il ne fallait surtout pas que je me fasse repérer. Un instant, j'ai hésité. Je me suis demandé si ce que je faisais était une bonne idée.
« De toute façon, si ça tourne mal, je peux toujours retourner à Arendelle, pensai-je pour me rassurer. Il faut juste que je me montre prudente. »

La suite des évènements était prévisible : un homme hurla ma disparition aux autres matelots, une corne retentit et des bruits de pas rapides tonnaient au-dessus de ma tête.
Une fois que tout le monde semblait parti, une conversation entre deux hommes commença. Ils avaient une voix forte, j’avais donc pu l’entendre sans difficulté. L’un s’inquiéta :
« Faut absolument qu’on la r’trouve. Sinon, Xanto va tous nous ch’ter au cachot.
— Et après ? répondit l’autre. Il va faire quoi à la fille ?
— C’est pas nos oignons. J’veux juste la prime moi.
— Ouais mais elle a pas l’air inoffensive. T’as vu l’trou dans l’bateau ? Elle l'a fait comment ?
— Chais pas. Toute façon, on est plus nombreux. Allez, faut y’aller. »

Le bruit de leur pas disparut bientôt derrière le son des vagues.
Je savais donc que l’homme derrière tout cela se nommait Xanto, et qu’il offrait une prime pour ma capture. Mais qu’est-ce qu’il me voulait, pour être si déterminé ? Est-ce que je devrais me laisser capturer, pour savoir ce qu’il veut, puis m’échapper ensuite grâce à mes pouvoirs ?
Mais non, qu’est-ce que je dis… La peur me fait perdre la raison.

J’attendis plusieurs dizaines de minutes, qui me semblaient interminables, avant de risquer un œil dehors. Il n’y avait plus personne, quelques passants tout au plus : la voie était libre.
Je fis tout d’abord apparaître un petit bloc de glace creux sur le mur auquel j’étais adossée, pliai ma cape et la rangeai dedans. Sa couleur m’aurait assurée d’être repérée en un temps record.
Puis je sortis de ma cachette, grimpai sur le quai et me mis à marcher lentement, pour avoir l’air le plus naturel possible.

Le port dans lequel j’étais était plutôt atypique, mais avait tout de même son charme Je me trouvais dans une longue avenue pavée en demi-lune, jonchée de petites boutiques en tout genre, mais quelques une étaient détruites. Au loin, le sol s’inclinait de plus en plus et formait une immense montagne, cachée par la distance et les nuages. On pouvait voir de jeunes arbres pousser au milieu de leurs ancêtres, carbonisés.

Peu de temps après, je décidai d’interpeller un passant :
« Bonjour, monsieur. Pourriez-vous m’indiquer la direction du château de Bétraga, s’il vous plaît ? »
Il me fixa d’un air étrange.
« Euh… oui… C’est dans cette direction. Il se tient au pied du volcan. »
Ainsi, mon hypothèse était juste. Je me trouvais bien à Bétraga. Je risquai une autre question :
« Merci. Et, dites-moi, est-ce que le nom de Xanto vous dit quelque chose ? »
Ce fut la question de trop. Il baissa son chapeau pour couvrir son visage, me répondit qu’il n’en savait rien et qu’il ne voulait rien à voir là-dedans. Puis il s’éloigna à vive allure.

Ainsi, cet homme ne semblait pas être quelqu’un d’apprécié. Mais que me voulait-il ? Pourquoi a-t-il déployé toutes ces ressources pour me retrouver ? Est-ce que la disparition de mon diadème a un rapport dans cette histoire ? Et pourquoi était-il craint à ce point ?
C’est avec toutes ces questions que je me mis en route, non sans une certaine appréhension de ce que me réservait l’avenir.


Dernière édition par Katoptriss le Mar 25 Aoû 2015, 11:53, édité 1 fois

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par Lhysender le Mer 01 Juil 2015, 15:41

Et bien pour commencer, laisse moi te dire que tu peux laisser tes peurs s'envoler, parce que tu as très bien retranscrit le personnage d'Elsa dans ce chapitre  bravo

Si je ne devais pinailler sur qu'une seule chose, ce serait: comment on peut survivre avec un poignard planté dans le cœur ? 

*Parce que c'est magique, cherche pas à comprendre ! Et puis il est enfoncé que quelques millimètres sous la peau ! Donc tu te tais !*

En tout cas, tout ceci devient de plus en plus mystérieux...je sens venir:
-Raiponce 1: un rituel visant à utiliser les pouvoirs de la lune et du soleil pour obtenir un pouvoir divin pour contrôler le monde;
-Raiponce 2: une technologie inconnue marchant grâce aux pouvoirs de la lune et du soleil pour obtenir un pouvoir divin pour contrôler le monde;

*Et tu copies les vannes de Karim Debbache ?*

Mais tais-toi ! Bref, encore une excellent chapitre, surtout parce que d'une part, le mystère s'épaissit toujours autant, mais en même temps on a enfin un nom !

D'ailleurs, je suis vraiment désolé, mais pour moi Xanto...c'est lui XD


Bref, tu as parfaitement réussi à retranscrire la psyché d'Elsa, et je n'ai qu'une chose à dire: vivement la suite Very Happy

(Et d'ailleurs, j’adore ton nouvelle avatar, Elsa est vraiment sublime sur cette image ^^)
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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

Message par M.Baggins le Mer 01 Juil 2015, 16:31

Chapitre lu!^^
Eh ben... Comme Lhys. Tu n'avais aucune raison de t'inquiéter: tout est superbe dans ce chapitre! biendit
C'est très bien écrit (malgré quelques mini erreurs d'utilisation de temps par ci par là, mais ce n'est vraiment rien), le mystère est superbement entretenu, les pensées et réactions d'Elsa sont très bien retranscrites et cohérentes, l'arrivée au port, le plan d'évasion,... Tout ça est génial! cheers
Et puis la classe quoi: elle peut créer des parchemins de glace et de mouettes volantes! X) Par contre, pourquoi elle peut pas faire d'oreiller du coup? (comment ça je suis chiant?)
Bref, vraiment superbe chapitre: rien à dire.^^
Ah et juste une chose: tu as sûrement entendu parler du topic 'illustrations de fanficiton?'. Eh bien, laisse moi te dire que la description du port de Bétraga que tu as faite m'a beaucoup inspiré, et du coup je voulais te proposer, si tu es d'accord, de te faire une belle petite illustration de ce port. Very Happy Qu'en dis-tu?
En tout cas, vivement la suite!^^

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Re: Ⅰ- FROZEN : Duality

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