La fierté de la Reine des Neiges

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La fierté de la Reine des Neiges

Message par Prince Florian le Lun 12 Fév 2018, 15:33

CHAPITRE 1

Alors que le soleil commençait juste à se lever sur Arendelle, Anna se leva et traversa le grand couloir sans faire de bruit. Elle se dirigea vers le grenier, où elle attrapa un grand coffre qu’elle fit descendre avec l’aide de Kristoff, qui s’était levé juste après elle. De ce coffre, elle sortit une dizaine de bannières bleu et blanc, que des domestiques accrochèrent aux réverbères encore allumés, ainsi qu’une quinzaine de nappes en soie, une vingtaine de vases dans lesquels furent disposés des bouquets de tournesols, et une centaine de couverts. Le tout fut disposé sur des tables qui avaient envahi la cour du château.

Ce fut à ce moment précis que les premiers villageois arrivèrent sur la grande place. Anna prenait l’anniversaire de sa grande sœur très à cœur et souhaitait que ce jour soit une fête grandiose pour tout le royaume, ce pourquoi, une semaine avant, elle avait distribué des lettres dans toutes les maisons du royaume pour réunir tout le monde. Anna traversa le pont en pierres sur lequel avait été déroulé un immense et large tapis bleu et blanc, les couleurs préférées d’Elsa. Au bout d’un quart d’heure, une centaine de villageois s’était regroupée sur la grande place. Anna leur avait demandé d’y rester jusqu’à ce que tout soit prêt, avant de rejoindre Kristoff et Olaf dans la cour.

ANNA : Bon, je crois que tout est prêt, on va pouvoir aller chercher Elsa. Olaf, dis aux invités de venir…
OLAF : D’accord… Aux invités de venir !
ANNA : …C’est bien, tu as compris (rire). Et Kristoff, tu gardes un œil sur Sven, qu’il ne casse rien.
KRISTOFF : Je peux savoir ce que tu fais avec ce seau ?
ANNA : Je vais lui montrer le chemin !
KRISTOFF : Depuis le temps que vous êtes dans ce château, elle ne le connaît pas assez bien, le chemin ? (Rire)
ANNA : Pas le jour de son anniversaire !

Et Anna s’éclipsa à l’intérieur du château et commença à répandre des pétales de fleurs mauves le long des couloirs, et plus elle se rapprochait de la chambre de sa sœur, plus elle essayait de se tenir sur la pointe des pieds, pour ne pas la réveiller. Ce qui ne pouvait tarder, cependant, Elsa étant presque toujours la première levée. Heureusement pour Anna, quand elle arriva devant sa chambre, elle tendit l’oreille et sut qu’elle se préparait. Mais comme Elsa s’approchait de la porte, Anna se mit sur le côté, contre le mur, espérant qu’Elsa ne la voie pas. Alors qu’Elsa suivait les pétales, intriguée, Anna rejoignit sa chambre mais se prit les pieds dans le tapis, ce qui trahit sa discrétion.

ELSA : Anna, qu’est-ce que tu fabriques ?
ANNA (gênée) : Oh, Elsa, tu es déjà debout ? Bonjour !
ELSA : C’est toi qui a répandu tout ça parterre ? Où comptes-tu m’emmener ?
ANNA : Euh…eh ben…en fait…je t’emmène prendre l’air ! Voilà.
ELSA : Mais je connais le chemin par cœur, depuis le temps…

Soudainement, Anna attrapa vigoureusement le bras de sa grande sœur et l’entraîna sur le chemin qu’elle venait de tracer, qui menait tout simplement à la grande porte d’entrée du château. Elsa ne voyait pas vraiment la raison qui provoquait cet état de surexcitation chez sa petite sœur. Arrivée devant la porte, elle lui demanda ce qui se passait, Anna se contenta de répondre « Un grand jour ». Cette courte phrase était le signal à donner à Kai et Gerda qui ouvrirent les portes. Elsa n’en crut pas ses yeux grands ouverts. Plus de deux cent villageois s’étaient regroupés dans la cour du château, scandant le nom de leur reine.

ELSA : Qu’est-ce que…
ANNA : Joyeux anniversaire, Elsa !
ELSA : Anna, tu as fait tout ça pour moi ? C’est…c’est juste magnifique !

Elsa avança sur le tapis jusqu’à la cour, tenant la main d’Anna et encadrée par les gardes qui avaient formé une haie d’honneur. Plus elle avançait, plus l’émotion lui montait aux yeux. Jamais elle n’avait imaginé de plus belle surprise le jour de son anniversaire, le premier qu’elle pouvait enfin fêter avec sa sœur depuis près de treize ans. Rendue extrêmement fière et reconnaissante envers tout ce qu’Anna avait préparé dans le seul but de lui faire plaisir, elle la prit vigoureusement dans ses bras et lui souffla un « merci » ému à l’oreille. Son émotion grandit un peu plus quand une troupe d’enfants se présenta devant elle et chanta en son honneur.

Plus tard dans la journée, pendant le repas, les invités demandèrent un discours à leur souveraine mais celle-ci, qui n’avait pas prévu une telle fête, ne put prononcer que quelques phrases, la voix nouée et balbutiante, à l’attention notamment de sa petite sœur qu’elle ne put trop remercier. Certains villageois étaient venus avec des présents qu’ils offrirent à Elsa en toute fin de journée. Mais soudain, le visage de la jeune reine se changea brusquement, sa joie immense avait laissé place à une profonde tristesse. Elle confia ses cadeaux à Kristoff avant de se retirer dans le château, tête basse. Anna s’en aperçut et s’en interrogea, avant de la retrouver dans le hall, les yeux fixés sur un portrait où elles apparaissaient avec feus leurs parents.

Sans jamais se retourner vers Anna, Elsa expliqua : « Jamais je n’aurais imaginé un si bel anniversaire, même dans mes plus beaux rêves. Seulement…je ne peux m’empêcher de repenser à ces anniversaires où mon seul cadeau était une paire de gants. J’aurais rêvé de fêtes comme celle-ci dans mon enfance, mais hélas, on ne peut revenir en arrière. Le mal est fait. » Puis elle s’en alla vers sa chambre, sans même prendre la peine de remercier Anna, pour qui ce fut une nouvelle déception. La princesse pensait qu’une telle fête leur permettrait de rattraper le temps perdu, un temps qu’Elsa semblait n’avoir pas effacé de sa mémoire.

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Re: La fierté de la Reine des Neiges

Message par Prince Florian le Lun 12 Fév 2018, 15:33

CHAPITRE 2

Le lendemain matin, Anna se leva douteuse. Elle avait du mal à s’expliquer l’attitude de sa grande sœur la veille, qui était censée être un jour de fête. Mais surtout, elle remarqua qu’Elsa n’avait même pas évoqué son absence lors des anniversaires passés. Ses voix intérieures commencèrent à débattre. C’était inconcevable pour la jeune princesse, Elsa ne pouvait pas avoir si peu de compassion envers elle. Cela lui avait échappé. Mais d’un autre côté, elle se rappela que leurs retrouvailles avaient été fraîches ; c’était possible qu’Elsa l’oublie pendant toutes ces années.

L’esprit embrouillé, plein de contradictions, Anna appréhendait d’entrer dans le salon privé du château pour prendre le petit-déjeuner, car Elsa le prenait toujours bien avant les autres. Anna craignait de l’y trouver et de se confronter à elle. Anna pensa un instant la prendre entre quatre yeux et lui lancer « Pourquoi t’as réagi comme ça ? », mais se ravisa ; ce n’était certainement pas le moment adéquat. Elle entrouvrit tout doucement la porte, vit Elsa assise à la grande table, puis la referma d’un geste, par réflexe craintif. « Entre, je t’en prie », lui lança Elsa.

Anna entra alors à petits pas hésitants, la tête baissée osant à peine levée vers sa sœur, qui lui fit signe de s’asseoir du petit côté de la table, et non à côté d’elle comme à l’habitude. Cet indice ne pouvait en aucun cas rassurer la princesse, qui voyait une nouvelle fois sa sœur mettre de la distance entre elles. Pendant de longues secondes, elle observa Elsa tout en mâchonnant sans conviction une tartine. Pour celle-ci, tout était normal, elle déjeunait tranquillement, sans se soucier de rien, jusqu’à ce qu’elle voie Anna la tête presque dans le bol.

ELSA : Je te remercie sincèrement pour la fête d’hier. (Pas de réaction) Je sais, je n’aurais pas dû réagir de la sorte. Mais je ne m’y attendais tellement pas, tu comprends ? Cela faisait un tel contraste avec tous les autres anniversaires que j’ai vécus…
ANNA : Je m’attendais à toute réaction, sauf à ça. Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ?
ELSA : …Parce que ce n’était pas le moment, tout simplement. Anna, on vient à peine de se retrouver, prenons le temps…d’apprendre…à vivre ensemble.
ANNA : Et justement, ça passe par la communication.
ELSA : Oui, je sais qu’on doit communiquer, mais tu comprends, après toute cette agitation, il me faut un peu de calme, de sérénité.
(A ce moment-là, Kristoff entre lui aussi dans le salon.)
KRISTOFF : Wow, vous en faites, des têtes. Vous n’avez pas digéré mon potage d’hier ?
ANNA : Si, si, il était délicieux. Il y avait juste un peu trop de carottes.
KRISTOFF : OK, je vois, ça a l’air sérieux. Bon, je reviendrai plus tard.
ANNA : Non, non, ça va, tu peux rester.
ELSA : Oui, histoire de détendre l’atmosphère.

Le petit-déjeuner se poursuivit dans une atmosphère plus détendue. Tous les trois rirent beaucoup notamment quand Kristoff laissa échapper de la confiture sur sa chemise. Après le petit-déjeuner, Elsa invita Anna et Kristoff à se balader dans la vieille ville, ajoutant qu’elle serait occupée toute la matinée. Durant la balade, Anna ne put s’empêcher de confier à Kristoff qu’elle trouvait Elsa changeante sans comprendre pourquoi. Elle commençait à retrouver la Elsa distante, fermée et peu loquace qu’elle craignait.

ANNA : Tu ne trouves pas qu’Elsa a changé depuis hier ?
KRISTOFF : Ouais, c’est vrai qu’elle avait l’air bizarre tout à l’heure.
ANNA : Je ne comprends pas. Ce n’est quand même pas la surprise que je lui ai faite qui l’a mise dans cet état, si ?
KRISTOFF : Ben, quand j’y pense, ça serait plausible. Je ne prétends pas tout savoir mais je suppose que vos anniversaires précédents n’étaient pas aussi joyeux et festifs.
ANNA : C’est surtout que je croyais qu’elle avait oublié le passé. Ce n’est apparemment pas le cas. Et je m’inquiète de ce qu’elle pourrait faire par la suite.
KRISTOFF : Ne pense pas si négativement. Son coup de mou n’est sans doute que passager.
ANNA : J’espère que tu as raison. De toute façon, Elsa n’aurait pas de raison de rester éternellement déprimée.

Pourtant, de retour de leur balade, en entrant dans le grand salon, Anna fut surprise de voir qu’un portrait de famille qui y était accroché depuis leur enfance ne s’y trouvait plus, ce qui conforta la princesse dans ses interrogations. Elle alla immédiatement chercher Elsa dans sa chambre, qui lui proposa de récupérer ce portrait si elle y tenait, prétextant qu’il appartenait au passé, ce qu’Anna n’apprécia guère. Pourtant, elle préféra encore une fois se taire.

Mais Anna se doutait que sa grande sœur n’allait pas s’arrêter là, et voyait juste, puisque pendant la nuit, dans la plus silencieuse des discrétions, Elsa monta dans le grenier, y trouva le coffre dans lequel y étaient rangées ses vieilles affaires, l’ouvrit, et regarda son contenu pendant de longues minutes, comme si devait prendre une décision importante. Elle ressortit du grenier avec un grand sac en toile plein dans la main et retourna dans sa chambre, le tout sans savoir qu’elle avait dû faire du bruit.

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Re: La fierté de la Reine des Neiges

Message par Prince Florian le Lun 12 Fév 2018, 15:34

CHAPITRE 3

Anna avait entendu des bruits venant du grenier et, en prenant soin d’enfiler des chaussons pour ne pas être repérée, ne put s’empêcher d’épier les agissements que sa grande sœur comptait garder secrets. Elle la suivit jusqu’au salon privatif, où Elsa alluma un feu de cheminée. Malheureusement pour Anna, la lueur que créa ce feu et se refléta dans un tableau gardé sous vitrine trahit la discrétion d’Anna, dont Elsa vit l’apparence dans cette même vitrine. A moins que ce fut à cause d’un grincement de porte. Anna tenta de disparaître derrière la porte mais c’était trop tard. Sa présence sembla irriter Elsa.

ELSA : Ne t’approche pas de moi !
ANNA : Je peux savoir ce que t’as l’intention de faire ?
ELSA : Ne te mêle pas de ça !
ANNA : Allez, ne fais pas n’importe quoi ! Et…et reprends tes esprits ! Qu’est-ce qui t’arrive en ce moment ?
ELSA : Je suis parfaitement nette, d’accord ? Je sais ce que je fais ! Et puisque tu veux tout savoir… (lui montre le sac) Je me débarrasse du mal.
ANNA : Ecoute, ça semble important pour toi, d’accord. Mais ne fais pas ça, tu te fais encore plus de mal.
ELSA : Au contraire…ça va être un grand soulagement pour toi.
(Sur ces mots, Elsa jette le sac en toile dans le feu, sous le regard désappointé d’Anna. Quand elle entend Kristoff arriver, elle s’enfuit par la fenêtre.)
KRISTOFF : Vous en faites, du bruit, qu’est-ce qui se passe ?
ANNA : Je crois qu’Elsa est en train de dérailler complètement. D’abord les portraits de famille qui disparaissent, maintenant les gants dans le feu. Qu’est-ce qui va suivre ?
KRISTOFF : La question devrait plutôt être : qu’est-ce qui lui prend ?
ANNA : J’ai l’impression qu’elle en veut à nos parents. Ok, je peux le comprendre, ça a été terrible d’être enfermé si longtemps, mais pourquoi répondrait-elle à cela par la violence ? Je ne veux pas la perdre à nouveau.
KRISTOFF : Elle devrait plutôt s’estimer heureuse d’avoir eu ses parents à ses côtés.
ANNA : Que veux-tu dire ?
KRISTOFF : Moi, mes parents, je ne les ai jamais vus. Ils sont décédés en haute montagne alors que je n’avais que quelques mois. Mais n’en parlons plus, allons nous recoucher.

Mais Anna ne parvint pas à trouver le sommeil, troublée par la nouvelle fuite de sa sœur. De plus, elle savait que cette fois, Elsa savait ce qu’elle faisait, c’était bien ce qui l’inquiétait. Mais elle n’arrivait pas à savoir si sa rancœur ne se portait que vers leurs parents ou si Elsa avait des intentions encore plus sombres. Anna décida qu’il fallait faire surveiller sa sœur et contrer son imprévisibilité, quitte à ce que celle-ci la couvre de reproches. Cependant, Anna se dit que Kristoff refuserait, et que les gardes royaux ont d’autres occupations plus importantes.

La solution, Anna la tint durant la nuit, tout en se demandant si elle était sensée. Le lendemain, à l’aube, elle se posta sur le port, attendant l’arrivée d’un navire vers les dix heures. Celui-ci s’arrêta net devant la princesse, et une princesse aux cheveux courts bruns et aux yeux verts vêtue d’une robe couleur lavande, accompagnée de son époux. Anna salua Raiponce et Eugène, et quand ceux-ci demandèrent où était Elsa, Anna les invita au sein du château, dans le salon privatif.

RAIPONCE : Que s’est-il passé, cette fois ?
ANNA : Elsa n’a rien voulu dire mais ça m’énerve de la voir dérailler ainsi. Nos parents ont fait tout leur possible pour son bien, quitte à me délaisser, et tu vois comment elle compte les remercier ? Moi, je les aimais, il n’est pas question qu’elle leur fasse du mal.
RAIPONCE : Je comprends que ça te perturbe. Mais tu ne penses pas qu’il faudrait juste la convaincre de revenir ? Tu sais, ils sont un peu responsables de son malheur.
EUGENE : Elsa devrait surtout s’estimer heureuse d’avoir eu des parents à ses côtés.
ANNA : Eugène, je sais que je me trompe, mais puis-je te demander de suivre Elsa ? Et si jamais elle commence à vriller, peux-tu la faire revenir ?
EUGENE : (sourire en coin) Je le ferai. Comme ça, je pourrai observer quelqu’un d’autre que Raiponce…
RAIPONCE : Eugène ! (Lui donne un coup d’épaule)
EUGENE : Roh, quoi ? J’aime aussi les blondes…
ANNA : Je compte sur toi. Je voudrais qu’il n’arrive rien de grave à personne.

Eugène prit son rôle au sérieux et partit immédiatement où son instinct le guida, vers les Montagnes du Nord. Anna jugea bon d’emmener Raiponce voir les tombes de ses parents, que la princesse de Corona n’avait jamais vues. Anna lui expliqua que tout était parti de la fête d’anniversaire d’Elsa, mais Raiponce ne semblait pas surprise de ces révélations, malgré le peu qu’elle connaissait la souveraine d’Arendelle. Elles ne s’étaient entrevues qu’une fois, lors du couronnement d’Elsa, et leurs rapports avaient été tendus.

Mais quelle ne fut pas leur stupeur, à Raiponce comme à Anna, quand elles virent les pierres tombales de feux le roi et la reine d’Arendelle détruites. Anna en eut le souffle coupé et son cœur se mit à battre à un rythme effréné. Mais sa stupeur laissa instantanément place à une sorte de colère teintée de désespoir. « Cette fois, il va falloir sévir », chuchota-t-elle en se mordant les lèvres et en tournant son regard vers les Montagnes du Nord.

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Re: La fierté de la Reine des Neiges

Message par Prince Florian le Lun 12 Fév 2018, 15:35

CHAPITRE 4

Suivant son instinct d’ancien brigand, Eugène remonta les Montagnes du Nord, persuadé qu’Elsa s’était réfugiée dans son palais de glace. D’un côté, le prince s’amusait et frémissait de profiter de la solitude de ces montagnes escarpées pour jouer avec la sensibilité d’Elsa, mais sa raison lui rappelait le caractère imprévisible de la reine d’Arendelle. Eugène comptait s’en remettre à son charisme et sa compréhensivité, mais Elsa avait quelque chose de bien plus puissant : ses pouvoirs.

En arrivant face au gigantesque édifice translucide, Eugène fut émerveillé l’espace d’un instant, puis se ressaisit immédiatement et réfléchit à la meilleure façon de convaincre Elsa de cesser ses agissements. Mais sa réflexion tourna court, quand la silhouette élancée de la reine se présenta à l’ouverture des portes du palais. Ou plutôt si l’on pouvait la distinguer de la teinte bleutée de la glace qui constituait l’édifice, bleu comme sa longue robe aveuglante. Eugène fut stupéfait à son apparition mais sut reprendre vite ses esprits. On allait assister à un affrontement de deux forts charismes.

ELSA : Que faits-vous ici ?
EUGENE : (feignant d’être surpris) Oh, eh bien… Je ne faisais que passer. Une petite promenade.
ELSA : Ne jouez pas avec mes sentiments. Je sais que vous mentez. J’espère que vous avez une bonne raison pour déranger ma tranquillité…
EUGENE : Oh, on se calme, ma jolie. Si, pour vous…
ELSA : Je n’appartiens à personne. Vous m’importunez, alors partez d’ici immédiatement !
EUGENE : Je finis, s’il vous plaît. Si, pour vous, la tranquillité veut dire abandonner ceux qui vous aiment et les faire souffrir…
ELSA : Vous ne savez rien de moi !
EUGENE : Je sais que vous avez eu des parents…contrairement à moi ! Ils vous ont chérie, protégée toute votre enfance. Ils vous aimaient ! Ce qui leur est arrivé était un accident imprévisible. C’est comme ça que vous comptez leur rendre cet amour ? Et vous avez pensé à Anna ? Vous devriez vous estimer chanceuse, alors cessez votre crise et revenez à la raison !

A l’écoute de ces mots, le visage d’Elsa changea de la colère vers la raison. Elle descendit l’escalier et avança jusqu’à Eugène, reconnaissant qu’elle avait trop pensé à elle-même et se rendant compte du mal qu’elle faisait. Elle se dressa très près d’Eugène, ce qui le fit frémir, avant de poser sa main sur son cœur avec une certaine brutalité et lui lança un sort qui le fit choir au sol d’un trait. « Ça en fait toujours un de moins. », soupira-t-elle entre ses lèvres serrées, avant de remonter dans son château et, d’un geste du pied, faire chuter l’escalier de glace, le seul élément qui la reliait encore au reste du monde.

Son geste semblait prémédité, puisque la chute de l’escalier dans le ravin fit un grand bruit qu’on put entendre jusqu’au royaume, comme un signal. Anna, Kristoff et Raiponce, qui s’inquiétaient de ne pas voir Eugène revenir, en entendant ce bruit, s’affolèrent et se précipitèrent vers le palais de glace. En arrivant face au gigantesque édifice, Raiponce accourut affolée et en larmes vers le corps inanimé d’Eugène et lui donna un dernier baiser d’amour. En les voyant, ainsi que l’absence d’escalier, Anna se mit en colère contre sa grande sœur, qui apparut au balcon au même moment :

ANNA : Elsa, c’est de la folie ! Quand vas-tu enfin redevenir raisonnable et arrêter de répandre le mal ?
ELSA : Je suis sincèrement désolée, Anna. J’ai toujours pensé que nos parents étaient la cause de notre malheur, ce sont eux qui nous ont séparés tout ce temps, et je vois maintenant à quel point on était si proches. Je regrette ce que j’ai fait, je n’ai pas voulu faire de mal à ceux que j’aime, toi en premier. Mais quand j’y pense, si nous avons été si malheureuses, ce n’est pas la faute de nos parents. Non…en vérité, c’est la tienne.
ANNA : Pardon ?
ELSA : Si seulement tu m’avais écoutée et avais freiné ta course, jamais tu n’aurais été blessée, et nous aurions toujours été ensemble.
ANNA : Ah oui ? Et ma blessure, elle vient de qui ? Qui possède des pouvoirs ?
ELSA : J’ai glissé sur la glace, je n’ai jamais voulu ça ! Et je m’en veux encore aujourd’hui. Mais avec ta nature inconsciente et insouciante, ça devait se finir mal. Est-ce que tu t’es souciée de moi un jour ? Est-ce que tu as essayé de comprendre qu’on ne peut recoller les morceaux d’un claquement de doigt ? J’ai besoin de solitude pour me sentir bien. Et ça, tu ne l’as jamais compris. Mais je t’aime, Anna, et je t’ai trop fait souffrir.
ANNA : Non, Elsa, nous pouvons encore vivre heureuses ensemble, juste reviens-moi.
ELSA : Au revoir, Anna.

Sur ces mots, Elsa provoqua une immense tempête neigeuse qui élimina toute visibilité, avant de se jeter dans le vide. Cette tempête ne dura que quelques secondes, et quand elle retomba, Anna, ne voyant plus Elsa, se précipita au bord de la falaise. Le bruit de la chute de la reine résonna jusqu’au sommet de la falaise. Anna se figea, son souffle se coupa, et elle s’effondra comme jamais. Rien ni personne ne put sécher ses larmes abondantes.

Après ces terribles événements, les portes du château d’Arendelle furent fermées. Anna se morfondait dans le coin de sa chambre, accroupie contre sa porte fermée à double tour, pleurant toutes les larmes de son corps. Mais si Elsa avait choisi de se donner la mort, ce qui attristait la princesse était surtout ses dernières paroles très dures. Trois semaines plus tard, la dépouille d’Elsa fut retrouvée et rapatriée au château. Anna avait retrouvé la raison et repris une vie normale mais son état physique restait à s’améliorer. Après une longue réflexion, il fut décidé qu’Elsa reposerait face à son palais de glace, de façon symbolique.

FIN

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Re: La fierté de la Reine des Neiges

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