Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Micky93 le Mar 03 Mai 2016, 23:46

Mon petit hobbit, j'ai lu ton chapitre 14. bravo (Oui alors, je l'ai lu juste avant de me connecter.)

Bon, je pense que je ne vais plus te dire que ton style d'écriture est toujours aussi sublime, merveilleuse, incroyable et formidable l'ami. Non parce que je risque de te saouler à force tu comprends ? bravo
Sinon, il est vrai qu'il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre, mais tout est très bien retranscrit comme d’habitude. Et c'est toujours un véritable régal que de te lire tu sauras. biendit

Bref, je n'ai pas grand chose à dire sur celui-ci. J'attends donc de me mettre le prochain sous la dent afin de te faire un commentaire plus long, car tu m'avais annoncé qu'il était bien plus riche en nouveautés.

Donc, à bientôt pour le chapitre 15 Mister Baggins !

EDITE le 04.05.2016 : Je viens de lire ton chapitre 15 à l'instant. bravo

Donc que dire... Bah je m'attendais à ce qu'il y ait plus de nouveautés en fait. Non parce que mise à part la discussion entre Elsa et Bard à la fin (petite discussion que j'ai bien aimé au passage bravo ) et le fait que la pauvre blondinette se fait agresser peu de temps après par les gardes de la ville. (D'ailleurs en parlant de cette agression, bordel de merde quoi ! Qu'est-ce qui va lui arriver à Elsa maintenant ? Les gardes vont-ils l'éliminer ? Si oui comment ? Bref, hâte de lire la suite pour savoir comment tout cela va se dérouler.) Disais-je, il n'y a pas vraiment de grandes nouveautés.

Après c'est peut-être moi aussi qui ne me rappelle plus très bien du film et n'arrive plus à distinguer si oui ou non certains autres passages sont exclusifs à ta fic ou pas. Tu vois ce que je veux dire ?

Mais bon, ce n'est pas très grave. Comme je te l'ai dis, j'ai hâte de lire la suite afin de savoir ce qui va arriver à Elsa. Hors, je dis plus que jamais VIVEMENT LA SUITE !!!

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Ven 01 Juil 2016, 16:51

m*rde! :O
J'attendais que tu aies lu les deux chapitres pour te répondre, mais je n'avais pas vu que tu avais édité ton post. Seigneur... Ca fait presque deux mois... :sorry: Dsl. ><
Bon, je vais rattraper ça du coup.
Alors, pour ta question: désolé si tu as été déçu niveau nouveautés. :sorry: C'est vrai que pour l'instant il n'y a rien de très nouveau dans l'action, les inédits se trouvaient surtout au niveau des dialogues et de certaines scènes: par exemple, toute la partie du repas chez le Maître et ce qui suit est de mon invention. Mais je reconnais que ça ne change pas tant de choses que ça, ça me permet juste de creuser un peu certains personnages.
Enfin bref, encore une fois désolé de t'avoir déçu. :/
Merci encore de ton commentaire et je tâcherai de mieux vous plaie par la suite. ^^

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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Micky93 le Ven 01 Juil 2016, 17:53

Oh mais ce n'est pas très grave. bravo

Mais comme je l'ai dit dans mon commentaire, cela vient aussi de moi. En gros, je sais comment le film se déroule. Après si on entre vraiment dans les détails, certaines choses m'ont échappées. Non parce que cela fait très, très longtemps que j'ai regardé la trilogie alors... Bref, c'est pour cela que j'ai dit dans mon commentaire qu'il m'est difficile de distinguer à ce stade si oui ou non certains passages sont de ta propre invention ou bien pas. Tu comprends maintenant ?

Enfin bref, j'ai toujours hâte de lire la suite tu sauras !


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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par M.Baggins le Sam 27 Aoû 2016, 23:52

Bon... Petite modification des plans.^^
J'écrivais la suite de ce deuxième tome, et je me suis soudain rendu compte que jusqu'à la fin de celui-ci, il n'y avait que bien peu de nouveautés et surprises prévues. :/ Aussi, je me suis dit qu'il était inutile de vous faire attendre si longtemps pour lire ce que vous connaissez déjà.
Alors voilà, j'ai décidé d'abréger grandement la fin de ce deuxième opus sur lequel j'ai déjà apporté toutes les modifications que je jugeais nécessaires, afin de passer directement au troisième (où les inédits seront bien plus nombreux. bravo ) Je vais donc simplement vous livrer un rapide résumé de ce qu'il y a tout de même à savoir sur la fin de 'la Désolation de Smaug' version M.B. X)
Donc, le lendemain de son agression, Elsa se réveille au fond de la barque que l'on a fait glisser sur l'eau jusqu'à disparaître loin sous le plancher d'une maison sur pilotis. Avec un affreux bleu à la tête et une longue trace de sang à l'endroit du coup, elle parvient finalement à défaire ses liens et à revenir au bord des quais. Affolée, sachant que le jour de Durïn s'est levé et que ses compagnons s'apprêtent à partir, elle court pour les retrouver mais arrive trop tard. En effet, Thorin et les autres ont attendu autant que possible et même tenter de la chercher dans la Maison du Maître et partout où ils pouvaient, mais le temps joue contre eux et ils sont obligés de partir pour la Montagne (en outre, ils savent qu'Elsa est laissée aux soins du Maître et de ses servants, et non abandonnée seule dans la nature.) Elsa reste donc à Esgaroth avec Fili, Kili, Oïn et Bofur. Comme dans le film, Bard finit par accepter de les héberger afin qu'ils puissent prendre soin de Kili, extrêmement mal en point. Son état se dégrage tout au long de la journée, sous le regard de ses amis impuissants qui se soucient également de leurs compagnons partis affronter le dragon, et pour Gandalf, espérant qu'ils se sont bien retrouvés comme prévu au pied de la Montagne.
Ensuite, jusqu'à la fin, tout se déroule exactement comme dans le film. J'avais seulement imaginé qu'Elsa partait chercher l'athelas avec Bofur pour soigner Kili, et que sur le retour, ils se faisaient attaquer par les Orques de Bolg: j'avais alors pensé à une scène où Elsa et Bofur les combattraient ensemble. Ils finissent par tomber nez à nez avec Bolg lui-même, mais Legolas arrive juste à temps pour défier l'Orque. Le Nain et la jeune femme arrivent alors chez Bard avec la plante pour soigner leur ami, et trouvent Tauriel déjà sur les lieux.
Je vais donc simplement poster le passage de la guérison, qui est un passage auquel je tiens beaucoup. :jesaispasquoimettre
Vous êtes libres de le lire ou non.^^

Elsa et Bofur arrivèrent au pas de course, essoufflés, leurs vêtements parsemés d'entailles et la marque d'une peur certaine se lisant dans le fond de leurs yeux. Leurs jambes tremblaient encore de la terrible rencontre qu'ils venaient de faire: ils se demandaient d'ailleurs comment ils avaient pu courir jusqu'ici avec des genoux si harassés. Mais le temps n'était pas aux questionnements et ils devaient se hâter de retrouver leurs camarades s'ils voulaient sauver la vie du neveu cadet de Thorin. Bofur tenait fermement la Feuille des Rois dans sa main, craignant par dessus tout de la perdre à présent.
Ils tournèrent une dernière fois à un angle de rue et arrivèrent enfin au pied de la maison de Bard. Ils grimpèrent quatre à quatre les marches grinçantes menant à la porte d'entrée, quand soudain quelqu'un sortit par le cadran de la porte et se tint juste en haut de l'escalier. Les deux compagnons firent une nette halte, et découvrirent devant eux une haute silhouette vêtue de vert sombre, et une longue chevelure rousse coulant telle de langoureuses raies de flammes. Durant un instant, l'image d'Anna brûla d'une douce chaleur dans le cœur d'Elsa, mais la personne porta bientôt le regard sur eux, et ses yeux bruns comme l'écorce mure de l'aulne, ainsi que la pointe de ses oreilles, ramenèrent la jeune femme à la réalité.

"Vous? S'étonna Bofur d'un air perplexe.
-Tauriel! s'écria quant à elle la jeune femme qui, malgré l'évanouissement de l'image de sa sœur, sentit un vif bonheur l'envahir à la vue de cette amie chère, qui avait su être si tendre avec elle en un pénible temps."

L'Elfe sembla tout aussi surprise de les voir devant elle; mais, plus fort que l'étonnement, Elsa vit l'inquiétude dévorante luire dans ses yeux.

"Elsa? s'exclama-t-elle à son tour. Mais que faites-vous ici? Où étiez-vous donc?
-En quête d'un moyen de sauver Kili, répondit la jeune femme d'un ton semblant implorer de l'aide.
-Et de le sauver vite, ajouta Bofur en faisant un pas en avant d'un air décidé, signifiant à l'Elfe qu'elle devait s'écarter de leur chemin et les laisser passer."

Il la regardait d'un air mécontent, car il n'avait pas oublié le sombre séjour dans les geôles du Roi de la Forêt. Tauriel le remarqua et sembla navrée pour lui, tandis qu'Elsa fut navrée de la voir porter à elle seule le remords des erreurs de son roi et de son peuple.

"Ce qui pourrait soigner une telle blessure ne se trouve pas ici, hélas, soupira l'Elfe en baissant des yeux peinés. Je m'apprêtais à me rendre au plus vite aux lisières de la Forêt Noire pour y trouver au pied des troncs une plante qui a peut-être ce pouvoir.
-Nous savons ce que nous faisons, nous n'avons pas besoin de l'aide des Elfes, protesta Bofur en montrant la plante qu'il tenait dans la main."

Alors, à la vue de la touffe de mince tiges vert pâle parsemées régulièrement de feuilles striées de nervures droites et aux bords lobés couvant de minuscules fleurs blanches aux reflets d'opale, les yeux de la fille des bois s'écarquillèrent dans une heureuse stupeur.

"Athelas, murmura-t-elle en tendant la main et se saisissant de la plante qu'elle contempla en la caressant."

Puis, sans dire mot, elle se détourna et entra de nouveau dans la maison sous le regard déconcerté de Bofur qui la suivit d'un pas un précipité, comme s'il s'inquiétait à propos des intentions de l'Elfe. Elsa le suivit de près et franchit la porte pour se retrouver de nouveau dans la salle commune de la demeure de Bard l'archer. Et, à la vacillante et terne lumière orange des quelques lampes à huile, elle découvrit avec horreur la pièce dévastée, des étagères fracassées, la vaisselle brisée sur le sol, les chaises démantelées et les rideaux tailladés, tandis que le toit était percé de larges trous en plusieurs endroits, comme si de lourdes enclumes s'étaient abattues dessus, laissant pendouiller échardes et planches brisées. Seuls quelques meubles du fond de la pièce et la table centrale étaient encore à peu près intacts, si ce n'est qu'un coin de celle-ci avait été tranché net et que deux flèches aux plumes noires étaient plantées dans le bois.
Elsa, horrifiée, plaça sa main sur sa bouche:

"Mais que s'est-il passé ici?
-Il semble que les Orques nous cherchaient avidement dans tout le Bourg, constata sombrement Bofur avant de lever son regard vers Tauriel, et que les Elfes soient arrivés à tant pour sauver nos amis."

En effet, autour de la table se tenaient tous ceux qu'Elsa et Bofur espéraient retrouver sains et saufs: Sigrid tenant tout contre elle la petite Tilda encore tremblante, et à leurs côtés Fili et Oïn, l'air également secoué, penchés sur le jeune Kili allongé sur la table. Fili passait sa main sur le front de son frère trempé de sueur froide, tandis qu'Oïn s'affairait à concocter du mieux qu'il pouvait quelque préparation dans des bols disposés sur la table.
La jeune femme et le Nain furent profondément soulagés de les voir en vie, alors Bofur adressa un léger, très léger sourire à l'Elfe, en guise de reconnaissance. Celle-ci répondit d'un hochement de tête, car elle n'avait pas le cœur à sourire.
En effet, bien que tous rassemblés, tous n'étaient pas sains et saufs. Kili était plus mal en point que jamais: les traits de son visage pâle comme un linge étaient tirés dans l'expression d'une douleur cuisante tandis que ses yeux semblaient s'éteindre peu à peu. Ses mains si crispées sur les bords de la table que les articulations en étaient blanches, il laissait souvent échapper des plaintes et des gémissements de douleur, voire parfois des cris incontrôlables. La sueur malsaine trempait sa peau pourtant glacée et ses vêtements déchirés. Mais le pire était l'état de sa jambe droite: juste au dessus du genou, la plaie ne saignait plus mais suintait un liquide sombre à l'odeur de mort tandis que loin autour de l'entaille, la chair était devenue noire, et le phénomène ne semblait pas prêt de s'arrêter. Sous la peau, des veines d'un bleu verdâtre et malade apparaissaient, gonflées par l'étreinte de la mort qui les étouffait.
Elsa eut grand peine au cœur et sentit des larmes monter à ses yeux en voyant son ami ainsi: il était en train de les quitter, de s'éteindre dans la douleur. Son souffle ressemblait plus à un râle, et bientôt ce râle ne serait plus s'ils ne faisaient rien.
Sigrid regardait la scène avec un visage grave et tendu, cachant les yeux de sa petite sœur, tandis que des larmes coulaient sur les joues de Fili qui murmurait dans sa langue ce qui ressemblait à une prière pour son jeune frère.
Tauriel, la Feuille des Rois toujours à la main, s'avança alors vers la table.

"Que faites-vous? demanda Bofur.
-Je vais le sauver, répondit-elle avec un regard des plus solennels.
-Etes-vous certaine de pouvoir le faire? s'enquit le Nain avec un air de doute. Mon camarade Oïn connaît les choses de la médecine, vous devriez le laisser...
-Au vu de la blessure, je crains que la plante seule ne suffise plus, le coupa le vieux Oïn d'un air désespéré. Le pouvoir des Elfes est certainement la seule chose qui puisse tirer tous les bienfaits de l'athelas, surtout le pouvoir des Elfes des bois.
-Alors il n'y a pas de temps à perdre! cria Fili avec toute la peur et la peine de ses entrailles.
-Il me faut un bol d'eau chaude, dit Tauriel."

Aussitôt Sigrid se dirigea prestement vers une marmite d'étain pendue au dessus d'un petit feu dans un coin de la pièce, et à l'aide d'une grande louche versa un peu de l'eau qu'elle contenait dans un bol en bois. Le récipient avait été mis en place pour le souper du soir, et ainsi ils gagnèrent un temps précieux.
De son côté, Tauriel avait placé la plante dans une petite assiette et s'affairait à l'écraser et à en extraire la sève à l'aide d'un pilon. Elsa la regardait battre le fond de l'assiette d'un air tendu dans une anxieuse application.

"Tauriel, puis-je vous aider en quoi que ce soit? finit-elle par demander après une hésitation, craignant de briser sa concentration. Il m'est insupportable de rester sans rien faire."

Une lueur de mélancolie brilla alors dans les yeux de l'Elfe:

"Si vous saviez comme je vous comprends après toutes ces années à devoir rester sans rien faire dans mon royaume en regardant la Forêt se mourir...
-Et dès que vous en avez eu l'occasion, vous avez agi de la manière qui vous semblait la plus juste et êtes partie à la poursuite des Orques, rappela la jeune femme souhaitant rassurer son amie sur son propre compte, et vous m'avez tant aidée dans les ombres des donjons de votre roi. J'aimerai vous rendre la pareille à présent.
-Hélas, vous ne le pouvez, répondit l'Elfe en levant vers elle un regard navré. Le pouvoir des Elfes seul peut agir maintenant. Mais vous n'avez aucune pareille à me rendre Elsa: vous m'avez beaucoup apporté en ces moments, et cela est bien plus que ce que j'ai pu vous offrir. A présent c'est à moi de sauver votre ami.
-Nous sommes avec vous, murmura Elsa en posant sa main sur celle de l'Elfe."

Celle-ci acquiesça gravement, puis vit les trois Nains autour de Kili la regarder non plus dans le colère, le reproche ou le mépris, mais avec des regards suppliants et désespérés.

"Je vous en supplie, sauvez le, implora Fili dans un souffle."

Tauriel leur lança un regard éloquent signifiant 'je ferai tout ce que je pourrai', puis elle prit dans le creux de ses mains les tiges écrasées sur lesquelles perlait la sève liquide, et les plongea dans le bol d'eau chaude que lui tendait Sigrid. Elle frotta vigoureusement la plante dans l'eau durant quelques secondes, puis la retira: le tout était devenu une sorte de pâte filandreuse et verte dont s'élevait un mince rideau de vapeur dégageant un parfum à la fois vif et apaisant.
Tout le monde l'observa avec une anxieuse attention lorsqu'elle s'approcha de Kili qui poussait des cris de plus en plus violents et dont le corps se contractait sans cesse dans des accès de vive douleur. Des larmes grisâtres embuaient ses yeux déjà opaques, et il remarquait à peine ce qui se passait autour de lui.
Oui, depuis une heure ou deux, le monde lui échappait: il avait l'impression qu'un voile recouvrait sa vision, un voile de plus en plus sombre, de plus en plus étouffant. Il avait envie d'appeler à l'aide, de crier pour que les siens viennent le secourir... Mais c'était inutile: le voile semblait même obstruer sa bouche et bloquer son souffle. Il suffoquait, l'air n'entrait dans ses poumons que par douloureux à-coups. Et de toute façon, les siens n'étaient plus là. Ils ne les voyait plus, ne les entendait plus: où étaient-ils? Où étaient leurs voix? Leurs rires? Leurs chants? Il avait presque l'impression qu'un sinistre souffle lui apportait l'écho de leur mort, de leurs sanglots, de leurs souffles mourants... Il était seul. Son oncle Thorin et les autres, même son ami Bilbon, étaient partis retrouver les grandes salles d'Erebor si longtemps rêvées, et lui restait là, dans la brume, perdu et endolori. Où étaient les grandes portes aux milles runes de puissance et aux statues de ses ancêtres des temps anciens? Où étaient les hauts plafonds décorés et les gerbes de colonnes de pierre sculptée semblant lier terre et ciel? Où étaient les vastes sols couverts d'océans d'or, de pierreries, d'argent, de bijoux, et les puissantes forges au chaud souffle ceignant le front dans la lueur orange des flammes? Tout cela, tout ce qui avait orné ses beaux rêves depuis son enfance, était loin de lui: il en était privé, éloigné, jamais il ne contemplerait les sillons d'or courir dans la pierre en descendant les longs escaliers aux mille marches taillées dans le roc... Il se sentait si seul, si désemparé, perdu dans l'ombrage, loin d'Erebor et des siens, qui étaient engloutis dans cette brume et qui n'en reviendraient jamais.
Tout n'était plus que douleur pour lui: son corps tout entier, sa chair la plus profonde, jusqu'aux fondements de ses os, étaient transpercés, traversés, tailladés par les assauts incessants et à la férocité croissante d'un poison ardent. Chaque centimètre de ses muscles se contractait à chaque seconde dans une souffrance que jamais encore il n'avait ressentie, et son esprit n'était pas épargné: un sifflement incessant, comme un long cri strident et glaçant, résonnait sans cesse dans sa tête, comme un fil de métal aigu qui s'affairerait à trancher sa cervelle. Et, par delà la brume, il avait l'impression de voir des ombres tenter de le saisir, comme des doigts noirs et fumeux cherchant à l'attraper et l'attirer vers il ne savait quelle abysse.
Tout espoir l'abandonnait, il ne pouvait même plus oser imaginer revoir la lumière et le jour: ses heures arrivaient à leur fin, et tout ce qu'il savait, au-delà de la souffrance, était qu'il n'avait plus la force de lutter, qu'il ne pouvait s'en sortir seul... Et pourtant, en finir enfin était son vœu le plus cher en cet instant. Comme il aurait aimé que quelqu'un lui prenne la main et vienne le tirer de ses tourments: cette personne aurait reçu sa gratitude la plus profonde et la plus éternelle...

Au bord de la table, sous les regards implorants et terriblement anxieux de tous les autres, Tauriel prit une profonde inspiration, et enfin déposa la plante infusée sur la plaie meurtrie. Kili poussa alors un cri plus fort et plus long que tous les autres et son dos s'arqua brusquement dans un vif sursaut. Son frère le retint, lui murmurant quelques paroles rassurantes à l'oreille. Puis, sans attendre, l'Elfe se mit à proférer des paroles dans sa langue natale qui captivèrent tous et toutes: elles semblaient être chantées, et pourtant privées de toutes mélodie, froides, et pourtant si douces, sur un ton brute mais semblant mouvoir les sensations les plus profondes de chacun, tandis que le regard de l'incantatrice était porté au loin devant elle, ses yeux semblant briller d'une lueur venue des temps les plus lointains de ces contrées.
Elsa, au prix d'un grand effort de concentration, ayant elle-même du mal à y croire, parvint à saisir le sens large de ces paroles, pour avoir passé du temps à apprendre les lois du langage Elfique, si bien à Fondcombe que lors de son séjour à Daedelos, en compagnie de Tauriel elle-même. Voici à peu près ce qu'elle comprit:

Par la vie, cet être est lié à moi, qui vis aussi en ce monde. De grâce, déliez-le des cercles du Monde, qu'ils ne soient plus les chaînons le tirant vers l'abysse. Je vous en prie, entendez-moi: qu'il soit épargné, que la grâce qui est mienne puisse lui être accordée.

Tous restèrent comme envoûté par le son, le chant de cette voix, tandis que l'Elfe, de ses blanches mains, appliquait délicatement mais fermement la plante sur la plaie.
Kili, lorsqu'il sentit une mixture épaisse et filandreuse être appliquée tout contre sa blessure si douloureuse sentit comme un cruel pieu lui transpercer la jambe toute entière: il poussa le cri plus fort et plus désespéré de tous tant la douleur était insoutenable. Il crut que la fin était venue, enfin, mais soudain, à sa plus grande surprise, une toute autre sensation commença de l'envahir.
Il sentit comme un jus, une sève douce et chaude émaner de la pâte humide, semblant se déverser en de minces et frêles ruisseaux sur sa chair meurtrie. Leur tiédeur était comme un soudain rayon de Soleil dans le gris glacial dont il était prisonnier, et bientôt, il sentit les tremblements de son corps s'amoindrir et devenir moins fréquents tandis que sa jambe ciselée par le froid se réchauffait doucement d'une chaleur aussi tendre et divine que celle de longs et doux draps caressant et enveloppant tel du velours la peau lors d'un soir d'hiver.
Les minces ruisseaux se rejoignaient à présent en un flot, une marrée chaleureuse se répandant peu à peu dans tout son corps. Tandis que tous ses membres se ranimaient, une lumière aimable perçait de plus en plus le brouillard mortuaire qui l'enveloppait, et alors que les affreux cris s'estompaient de son esprit, qu'il retrouvait une vue et une ouïe normales, il réalisa soudain que de douces mains tenaient le miraculeux remède contre sa jambe, et qu'une voix magnifique, irréelle, semblait incanter un chant qui le portait le long d'un fleuve de nuages.
Kili était dans le plus exquis état de grâce en cet instant: il lui semblait que toute douleur l'avait quitté et le monde lui paraissait plus beau, tant à voir qu'à écouter. Tous ses tourments et ses peurs s'estompaient: la peine de se savoir loin des siens et des merveilles de son royaume vivait toujours, mais à présent autre chose s'offrait à lui. Puisqu'il était privé des pierres, des salles et des joyaux, il n'avait qu'à se laisser bercer par le bonheur de cet instant là. Le toucher du bois de la table sous lui était doux et paisible à ses yeux, sentir sa tête reposer sur les coques de noix jetées en bataille dans un panier lui était des plus agréable, et par dessus tout, cet onguent végétal, cette simple plante que les mains divines appliquaient sur sa plaie était source de toutes les plus douces impressions que ses sens eussent jamais reçues: il avait l'impression de reposer sur un infini tapis de feuillages, comme le plus doux des matelas, au contact si frais et si apaisant, voyait des tiges sinueuses d'un vert si pur se mailler au-dessus de lui en de plus belles boucles que n'importe quelle cotte, au bout desquelles éclosaient des fleurs aux pétales couverts d'aimables couleurs ou en ombelles dorées arborant perles et clochettes d'argent à leurs bouts, sentait les parfums exquis des feuilles et pollens dorés tournoyant dans les airs, savourait les caresses des duveteuses touffes perchées au bout des hautes herbes... Et le paisible bonheur dans lequel cela le plongeait était le plus merveilleux qu'il eut jamais ressenti. Jamais il n'aurait pensé que de simples fleurs, la simple caresse de brins d'herbes, puissent le combler autant que tous les joyaux et les merveilles des montagnes. Un bonheur aussi simple que d'être allongé sur du bois, écoutant le chant d'une créature de rêve...
Ce chant qui l'enchantait et le ravissait... D'où provenait-il? A qui donc étaient ses mains divines qui lui apportaient tant de plaisir? Sentant de nouvelles forces revenir en lui, il parvint à lever la tête et regarder au-dessus de lui, là d'où semblait provenir le son merveilleux.
Et alors il la vit: le visage blanc et si lisse, les lèvres fines, les yeux bruns comme un jeune bois et les cheveux de feu tombant dans son long dos gracieux, une Elfe qu'il croyait à présent avoir toujours entendu la voix au fond de son cœur était penchée sur lui, parlant des paroles qu'il ne pouvait comprendre, et qui pourtant étaient les plus belles qu'il eut jamais entendues. Lorsqu'elle tourna son regard profond vers lui, il vit alors que tout rayonnait autour d'elle: un immense halo de lumière aussi blanche que l'on puisse le penser apparaut aux yeux du jeune Nain et irradia tout ce qui l'entourait, ne lui laissant que la figure divine et baignée de nuances blanches à contempler. Kili resta bouche-bée devant cette lumière qui n'était pas celle de chaudes et puissantes flammes, mais l'éclat pur de blanches étoiles ayant contemplé le monde depuis toujours.
C'était cet splendeur, cette lumière dont Tauriel, l'Elfe elle-même, lui avait parlé en un jour sombre qui lui semblait maintenant si lointain; et il n'avait jamais rien vu de si magnifique. Etait-ce ainsi que les Elfes voyaient le monde? Vivre dans les forêts et côtoyer ce que la nature engendrait dans sa forme la plus pure leur offrait-il de telles merveilles à contempler? Avait-il eu besoin du contact d'une simple plante pour comprendre à quel point cette lumière était magnifique?
Lorsque la lumière fut à son plus grand éclat et sa plus éblouissante blancheur, lorsqu'il fut presque à bout de souffle devant tant de merveilles, il sentit sa tête retomber doucement sur son oreiller de noix, et se délecta de chaque seconde passée dans ce divin état. Bientôt le chant cessa doucement, et les mains quittèrent sa jambe, mais la douleur ne revint pas; ou du moins elle était loin d'être aussi vive qu'avant. Il continuait de voir de petites lueurs danser au-dessus de lui, mais ses sens ne furent bientôt plus enchanter par la belle magie et il sembla enfin revenir à lui. Mais peut-être aurait-il préféré rester là où il était...
Car à présent qu'il se rendait compte de ce qu'il était, un pauvre Nain abandonné, malade et sale, et ce qui venait de lui arriver, il se demanda si tout cela était bien réel. L'Elfe qu'il voyait était-elle bien là? Cet être merveilleux était-il auprès de lui en ce misérable moment? Comment pouvait-elle, elle, cette créature de lumière sortie tout droit du plus beau des rêves, être là à s'occuper d'un pauvre mortel malade et rustre comme lui dans une simple bâtisse de bois grossier? D'ailleurs, à présent qu'il avait enfin vu le monde qui était le sien, il se demandait si elle avait réellement pu ressentir quoi que ce soit pour lui, s'il n'avait pas simplement imaginé pouvoir ne serait-ce qu'approcher un être si féérique pour tenter de se tirer de ses pensées noires. Tout cela était impensable... Et pourtant, il ne souhaitait pas qu'elle le laisse.

"Tauriel... murmura-t-il alors dans un souffle encore rauque."

Il vit l'Elfe tourner un regard inquiet vers lui puis poser une main confortante sur son bras.

"Restez tranquille, lui glissa-t-elle avec un pâle sourire.
-Vous ne pouvez pas être elle, finit par dire le Nain dans un grand souffle de désespoir. Tauriel est loin, très loin de moi: elle marche dans la lumière des étoiles dans un autre monde... Ce n'était qu'un rêve."

Abattu, il avait tristement résolu que celle qu'il voyait en cet instant n'était qu'un fantasme de son esprit torturé, créé une nouvelle fois pour tenter de le tirer de son malheur. Pourtant, cette douce main qu'il sentait sur son bras dénudé lui paraissait si réelle... Que devait-il penser? Tout ce qu'il savait, était qu'il voulait que ce contact se prolonge, ne cesse jamais, il souhaitait toucher, caresser plus et plus tendrement la peau sans défaut de l'Elfe, l'enlacer en fermant les yeux, oubliant tout ce qui était autour d'eux, ne savourant que le délice de son corps contre le sien, de son souffle dans son cou et du parfum aux senteurs sylvestres de sa chevelure. Alors, il approcha sa main et caressa doucement celle de Tauriel, qui ne répondit rien, mais ne se défit pas non plus, semblant hésistante, mais grisée.
Alors, dans une voix éteinte et presque implorante, Kili demanda:

"Croyez-vous qu'elle ait pu m'aimer?"

Aucune réponse ne sortit de la bouche de l'Elfe, mais, après un moment de silence, elle fit doucement glisser sa paume sur celle du Nain, et leur doigts s'entremêlèrent fébrilement dans une si parfaite et fragile étreinte. Rien de plus n'était nécessaire.


Voilà.^^ C'était un moment que je tenais à rendre depuis le début, alors je ne pouvais pas y renoncer.
Eh bien, maintenant, rendez-vous pour le tome 3, les amis; qui signe l'arrivée de grands problèmes! Twisted Evil (et aussi, le retour des scènes avec Anna. :jesaispasquoimettre )
A bientôt. Wink

_________________
Some say I have no direction,
That I'm a light-speed distraction,
But that's a knee-jerk reaction.
This life in the stars is all I've ever known:
Stars and stardust in infinite space is my only home.
And the moment that I hit the stage
I hear the universe calling my name
And I know deep down in my heart I have nothing to fear.
And as the solar wind blows through my hair,
Knowing I have so much more left to share,
A wandering spirit who's tearing its way through the cold atmosphere:
I fly like a comet, soar like a comet, crash like a comet,
I'm just a comet.
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

Message par Micky93 le Jeu 13 Oct 2016, 21:35

J'ai lu mon cher hobbit.

Alors, ne le prend pas mal mais j'ai envie de dire que... Voilà ce qui arrive lorsque quelque'un décide de réaliser une fanfic basé sur un film ! C'est n'est pas une critique à proprement parler juste un constat.

Je comprends ton choix M.B. Seulement voilà, d'un côté je trouve ça bien mais d'un autre côté je trouve ça dommage.
D'ailleurs, je me dois de te poser une question à propos de ça parce que c'est important.

Est-ce que pour le prochain tome tu comptes aussi utiliser ce principe-ci ?

Non parce que, les futurs chapitres composés de "résumés pour les passages ne présentant aucune innovation" (bref, les passages du film) avec des "parties détaillées" (parce qu'elles contiennent beaucoup d'innovation). C'est fun et c'est pas fun à mon avis.

_________________
Here in my temple
Here in my shrine
That you have forgotten
Here do you toil
That you might remember
Here you reclaim
What faithless minds have stolen
Far from yourself
I grow ever nearer to you
Your eyes once were blinded
Now through me do you see
Your hands once were idle
Now through them do I speak
And when the world shall listen
And when the world shall see
And when the world remembers
That world will cease to be.
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Re: Au-delà des montagnes enneigées... (Tome 2)

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