- Le Royaume d'Arendelle -
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Ansa
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Dim 14 Mai 2023, 10:31
A l'occasion de la sortie des 10 ans du premier film, l'auteure Mari Mancusi (qui a déjà écrit Dangerous secrets) ainsi que d'autres auteurs dont Jen Calonita (qui a écrit Renouveau) vont s'atteler à une anthologie autour du monde de la reine des neiges avec 10 histoires inédites qui tourneront autour de :

-L'enfance d'Anna et Elsa.
-Après la reine des neiges 2
-Sur Mattias.
-Sur Oaken et Olaf
-La vieille légende Northuldra.

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Bref y en aura pour tous les goûts et pour tout le monde ! Donc j'ai hâte d'avoir à vous traduire tout ça !
Sortie prévue aux Etats-Unis pour le dixième anniversaire du premier film (Fin novembre) ! I love it

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Dim 14 Mai 2023, 12:16
Ah, ça m'intéresserai bien l'histoire sur Mattias Very Happy

Même si, personnellement, ça m'embête un peu parce que ça voudrait dire que c'est potentiellement canon alors que j'essaye de réfléchir à une fiction sur lui study

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Dim 14 Mai 2023, 12:27
Dov a écrit:Ah, ça m'intéresserai bien l'histoire sur Mattias Very Happy

Même si, personnellement, ça m'embête un peu parce que ça voudrait dire que c'est potentiellement canon alors que j'essaye de réfléchir à une fiction sur lui study
Après rien ne t'empêche de faire sur lui 😉 
T'as toujours pas compris qu'on pouvait faire les deux.
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Dim 14 Mai 2023, 13:01
Ansa a écrit:T'as toujours pas compris qu'on pouvait faire les deux.

Ben si ça je le sais bien.

C'est juste que j'ai pas envie qu'on me fasse la remarque du "Mais c'est pas logique avec telle histoire de l'univers étendu !"

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Dim 21 Mai 2023, 14:07
Dov a écrit:Ah, ça m'intéresserai bien l'histoire sur Mattias Very Happy

Même si, personnellement, ça m'embête un peu parce que ça voudrait dire que c'est potentiellement canon alors que j'essaye de réfléchir à une fiction sur lui study
Moi aussi ! Si tout est canon dans l'histoire je vais devoir mettre fin à  tout ce que j'imaginais ? j'avais plein de headcanon sur les personnages ☹
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Dim 21 Mai 2023, 14:11
Dov a écrit:
Ansa a écrit:T'as toujours pas compris qu'on pouvait faire les deux.

Ben si ça je le sais bien.

C'est juste que j'ai pas envie qu'on me fasse la remarque du "Mais c'est pas logique avec telle histoire de l'univers étendu !"
Au pire si on te fait cette remarque tu dis que voulais juste faire ta version de ce que tu imaginais 🤷🏽‍�
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Dim 21 Mai 2023, 14:16
SAAN EA a écrit:
Dov a écrit:
Ansa a écrit:T'as toujours pas compris qu'on pouvait faire les deux.

Ben si ça je le sais bien.

C'est juste que j'ai pas envie qu'on me fasse la remarque du "Mais c'est pas logique avec telle histoire de l'univers étendu !"
Au pire si on te fait cette remarque tu dis que voulais juste faire ta version de ce que tu imaginais 🤷🏽‍�
Bah faut quand même un minimum de cohérence... C'est surtout ça qu'on te reprochait hein !
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Dim 21 Mai 2023, 15:55
Oui c'est sûr, mais bon si sa fanfiction il à envie de l'écrire comme il imagine 🤷🏽‍�

Sinon on peut prendre quelques éléments du canon et de le refaire à sa sauce. C'est ce que j'aurais fait pour que la fanfic ait un minimum de sens.
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Dim 21 Mai 2023, 16:00
Bah voilà tu l'as très bien dit ! Sauf que ton dernier paragraphe mister Dov l'a pas fait. Et pourtant c'était pas faute de l'aider en lui donnant des éléments en lien avec le canon. Frantzoze, Floconnette et moi avions essayé mais il nous a renvoyé boulet... bah qu'il vienne pas chouiner après qu'on a pas aimé et gagnagna !

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Dim 21 Mai 2023, 18:49
C'est bon de se regarder avec un oeil neuf de temps en temps :glurp: je reconnais que mon comportement et ma façon de réagir à l'époque était très malhonnête et immature et, au final, m'a plus gâcher l'envie de continuer qu'autre chose Neutral

Mais de l'autre côté, ça me fait un mauvais souvenir que j'avais envie d'oublier avant que tu ne me le rappelles Ansa pale

Cela dit... vous m'en voulez ? No
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Dim 21 Mai 2023, 18:52
Dov a écrit:C'est bon de se regarder avec un oeil neuf de temps en temps :glurp: je reconnais que mon comportement et ma façon de réagir à l'époque était très malhonnête et immature et, au final, m'a plus gâcher l'envie de continuer qu'autre chose Neutral

Mais de l'autre côté, ça me fait un mauvais souvenir que j'avais envie d'oublier avant que tu ne me le rappelles Ansa pale

Cela dit... vous m'en voulez ? 
SI TU VEUX PAS QU'ON TE LE RAPPELLE... NE TE PLAINS PAS PLUS HAUT DANS LA CONVERSATION !!! 
Sur ce revenons au sujet principal parce que là commence gentiment à monter et si ça monte ça va pas être la Ansa gentille et tu vas encore plus chouiner !
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Dim 21 Mai 2023, 20:54
T'avais des idées et ça pouvait marcher!
Je me souviens t'avoir proposé une solution pour raccrocher ton récit
Faut seulement prendre le temps de réfléchir à la cohérence Wink
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Dim 02 Juil 2023, 03:30
La parution prochaine de ce livre m'enthousiasme. J'espère qu'il sera traduit en français.
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Dim 02 Juil 2023, 15:11
Snow Spirit a écrit:La parution prochaine de ce livre m'enthousiasme. J'espère qu'il sera traduit en français.
Si y en a pas, je me chargerai de le faire Wink
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Sam 07 Oct 2023, 00:18
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Quand tu lis le speech de Jen Calonita sur son histoire de l'anthologie reine des neiges... Et que tu sais déjà que ce sera ton histoire préférée... I love it I love it
Allez on ne semballe pas Maëlle faut aller faire dodo... Mais je ne vais jamais réussir à dormir Sad Sad Sad
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Sam 07 Oct 2023, 16:18
Un jour je prendrai le temps de me mettre au fait sur tous les livres officiels existant sur l'univers de La Reine des Neiges (une liste a-t-elle été dressée, au fait?)... Celui-ci a l'air d'être un bon moyen de célébrer les 10 ans de la franchise en tout cas.
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Sam 07 Oct 2023, 16:20
Snow Spirit a écrit:Un jour je prendrai le temps de me mettre au fait sur tous les livres officiels existant sur l'univers de La Reine des Neiges (une liste a-t-elle été dressée, au fait?)... Celui-ci a l'air d'être un bon moyen de célébrer les 10 ans de la franchise en tout cas.

Sur le forum tu as une belle palette des livres qui existent Wink Et comme j'essaye de tous les avoir, je pense que nous sommes à jour Razz

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Mer 08 Nov 2023, 15:45
Après vérification, il apparaît que la date de sortie de cette anthologie des 10 ans était...le 7 Novembre, soit hier !

Du coup, est-ce que quelqu'un aurait des nouvelles sur cette sortie ?  @Ansa, des news à nous faire parvenir sur une future traduction (Hachette je sais que vous êtes des baltringues et que vous en avez jamais rien eu à carrer des bouquins Frozen en France, mais on cracherait tout de même pas sur une version française quand même) ?

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"Look to the stars my darling baby boys
Life is strange and vast
Filled with wonders and joys
Face each new sun with eyes clear and true
Unafraid of the Unknown
Because i'll face it all with you"



"Moi, je suis peut-être pas un as de la stratégie ou du tir à l'arc, mais je peux me vanter de savoir ce que c'est que d'aimer quelqu'un." - Perceval le Gallois (ou Provençal le Gaulois)

"Il faut savoir qu'une passerelle a deux côtés...et nos parents ont eu deux filles." - Elsa d'Arendelle
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Mer 08 Nov 2023, 15:47
Yokill2B a écrit:Après vérification, il apparaît que la date de sortie de cette anthologie des 10 ans était...le 7 Novembre, soit hier !

Du coup, est-ce que quelqu'un aurait des nouvelles sur cette sortie ?  @Ansa, des news à nous faire parvenir sur une future traduction (Hachette je sais que vous êtes des baltringues et que vous en avez jamais rien eu à carrer des bouquins Frozen en France, mais on cracherait tout de même pas sur une version française quand même) ?

Je l'ai commandé sur Amazon mais il n'arrivera pas avant le 21 au 30 novembre...C'est plus compliqué de le trouver que Fixer Upper par exemple parce qu'il n'a pas sa version e-book mais bien évidemment, dès que je l'ai vous aurez le droit à sa traduction intrégrale bravo bravo bravo

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Mer 08 Nov 2023, 18:02
Je me demandais pourquoi j'avais une notification sur ce sujet. Je ne me souvenais absolument pas que ce livre allait exister.
Ca va parler de quoi?
(celui qui me répond "bah de la reine des neiges, c'est un livre sur la reine des neiges" ... je le tape!!!! :fouet: )
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Mer 08 Nov 2023, 18:06
Floconnette a écrit:Je me demandais pourquoi j'avais une notification sur ce sujet. Je ne me souvenais absolument pas que ce livre allait exister.
Ca va parler de quoi?
(celui qui me répond "bah de la reine des neiges, c'est un livre sur la reine des neiges" ... je le tape!!!! :fouet: )

Pleins de one shot autour de l'univers de la reine des neiges...Y en aura pour tout le monde, Anna, elsa, kristoff Iduna et Agnarr, Oaken et même Mattias Smile

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Dim 19 Nov 2023, 20:56
Anna et les patins d’argent :

La neige festive en Arendelle était une chose magnifique et terrible. La princesse Elsa le sentait toujours venir. Elle sentait ses doigts se crisper et un sentiment de faim profonde s'élevait dans son cœur. Elle n'arrivait pas à la faire taire. Quelque chose à l'intérieur d'elle désirait sortir dans l'hiver glacial et jeter sa magie dans la neige avec le ciel hivernal au-dessus d’elle. Ces nuits-là, elle enfouissait ses doigts dans ses couvertures, essayant de cacher le froid qui ne manquerait pas d'éclater, transformant ses oreillers et ses draps en givre, les rendant aussi gelés que la rosée du matin dehors. C'était la preuve qu'elle n'avait pas encore appris à contrôler sa magie, comme Grand Pabbie l'avait conseillé il y a longtemps. C'était la preuve qu'elle n'était pas encore prête à entrer dans la société d'Arendelle. Et c’était aussi à cause de cette raison, que les portes du château restaient fermées et qu'elle demeurait enfermée à l'intérieur.
Et puis, au plus tard au milieu de l'automne, viendrait le pire de tout - l'inévitable : On frapperait doucement à la porte de sa chambre.
La voix d'Anna, plaintive et remplie d'un espoir inextinguible. Cela faisait des années, et pourtant sa petite sœur ne s'était jamais découragée.

-Je voudrais un bonhomme de neige ? Chantait-elle.
Elsa était assise sur la chaise brochée de son espace richement meublée, ses mains gantées serrées sur ses genoux. Dehors, la glace l'appelait, A la porte, sa petite sœur faisait de même...

-Il n'est pas nécessaire de faire un bonhomme de neige, continua Anna avec insistance, si tu préfères nous pourrions faire de la luge, de l'escalade ou patiner ?

Elsa grimaça. Quand elles étaient plus petites Anna, elles adoraient faire toutes ces activités, se réveillant la plupart du temps au milieu de la nuit pour se faufiler dans la grande salle du château. Elsa utilisait sa magie pour geler le sol et envoyait de gros amas de neige contre les colonnes et les angles de la pièce pour qu’elles puissent avoir leur propre pays des merveilles hivernale.
Anna ne se souvenait plus de rien de tout cela. Le troll s'en était chargé. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'Elsa et elle jouaient ensemble dans la glace et la neige.
Il aurait dû effacer entièrement ses souvenirs, et peut-être aussi ceux d'Elsa, pour faire bonne mesure, Ainsi, elles ne se manqueraient pas autant l'une à l'autre. Si seulement la jeune fille pouvait apprendre à contrôler ses pouvoirs ?
Elle pourrait à nouveau jouer avec sa petite sœur. Oh oui ! Construire des bonshommes de neige ou faire du patin à glace...

-Elsa, essaya encore Anna, toujours pleine d'espoir.

Son aînée se mordit la lèvre. A l'intérieur de ses gants, le givre se répandit.

-...D'accord, dit enfin sa jeune sœur, la voix emplie d'une tristesse aussi profonde que le fjord,...Au revoir...

Longtemps après son départ, Elsa restait collée à son siège, craignant de perdre son sang-froid et d'ouvrir la porte.

[/size][/size]
***


Heureusement que le domaine du château d'Arendelle était vaste, sinon la princesse Anna aurait pu s'ennuyer depuis ses nombreuses années.
En l'état, elle avait l'impression d'avoir mémorisé chaque brique des murs et chaque arbre des jardins royaux.
Au printemps, elle avait donné un nom à chaque caneton jaune et duveteux qui avait éclos dans les jardins royaux et à l'automne, elle les avait regardés en pleurant car ils avaient grandi, s’étaient recouverts d’un plumage vert et noir. Ils s'enfuyaient vers le sud pour l'hiver, dans des aventures qu'Anna elle-même avait du mal à imaginer.
Un jour, peut-être s'aventurerait-elle elle aussi au-delà de ces murs étroits ?!
Aujourd'hui, cette même mare aux canards était gelée, et la douce enfant avait des projets. Même si sa soeur n'avait pas envie de jouer avec elle, cela ne signifiait pas qu'elle, devait rester coincée à l'intérieur du château tout l'hiver. Elle enfila sa cape de fourrure la plus chaude et ses bottes les plus épaisses.  
Une fois-Anna s'en souvenait bien - Elsa et elle avaient couru dans tout le domaine du château en hiver, construisant des spectacles et des jeux pour les enfants.
Il y avait des années qu'Anna n'avait pas patiné, mais il ne devait pas être si difficile de retrouver ses réflexes.
Un peu plus tôt dans la journée, elle avait entendu deux cuisinières parler à voix basse d'un festival organisé par le village ce weekend pour célébrer les premières gelées. Il y aurait de la nourriture, des jeux et de l'amusement, un concours de sculpture sur glace et des courses de patinage, un marché d'hiver et un stand de chocolat chaud...
À l'extérieur du château, il semblait que tout le monde s'amusait en permanence. Elle ne savait pas pourquoi ses parents ne la laissaient jamais quitter l’enceinte du palais.
Elle ne savait pas non plus où étaient cachés ses vieux patins, elle doutait que ceux qu'elle avait eus quand elle était petite lui aillent encore, mais ceux d'Elsa qui ne les utilisaient pas,  probablement. Anna avait cherché partout pour trouver des patins, c'était très étrange. Elle savait qu'elles étaient souvent allées faire cette activité...

-Ce n’est pas grave...Avec ou sans patin, je ne recule devant rien !

Elle prit un peu de ficelle et quelques bouts de tissus lisses pour attacher ses bottes et s'élança dans la neige. L'air était froid et clair, et un serviteur du château avait aidé à déneiger le chemin menant à la mare aux canards.
La neige qui recouvrait la surface était gelée mais claire, et elle semblait assez épaisse pour supporter son poids, surtout si elle restait près des bords de la mare. Heureusement, les serviteurs avaient également débarrassé l'étang gelé de la neige qui aurait pu tomber sur la glace, gardant ainsi la surface aussi plate que du verre.
Elle s'assit sur un rocher et commença à nouer le tissu sur ses chaussures. Cela aurait été tellement mieux si elle avait eu de vrais patins ! Elle jeta un dernier coup d'œil vers le mur du château, où, tout en haut, elle pouvait voir les hautes fenêtres de la chambre de sa sœur.
Pendant une seconde, elle crut voir une ombre dans la fenêtre.

-Elsa ! Appela-t-elle en faisant un fort signe de la main.

Mais si c'était vraiment sa sœur, l'ombre ne lui répondit pas. Typique...
Anna fit le dernier nœud. Elle en avait assez d'attendre. Elle voulait patiner, même si Elsa ne le voulait pas. Elle acquiesça fermement, repoussa ses tresses rousses derrière ses épaules et fit trois pas sur la glace...


***


Elsa observa la scène depuis la fenêtre de sa chambre, comme toujours. En bas, Anna essayait – mais échouait - de patiner sur la mare aux canards. En étant tout à fait objective elle ne pouvait pas comparer les pas que sa cadette faisait à du patinage. Non ! Ce que faisait sa petite sœur, c'était glisser sur un bout de tissu ou quelque chose d'autre attaché à ses bottes. En fait, ce qu'elle faisait surtout, c’était glisser sur quelques mètres sur la glace, puis de tomber. Honnêtement, cela semblait douloureux et cela durait depuis plus d'une demi-heure. Elsa imagina que tout le dos d'Anna était couvert d'ecchymoses et qu'elle était probablement en train de geler.
D'une minute à l'autre, sa sœur allait abandonner.
D'une minute à l'autre...
Une autre demi-heure s'écoula. Glissement, glissement, bruit sourd. Glissement, glissement, whoosh. Glissement, glissement, boum.
Elsa gémit. Du givre apparut au bout de ses doigts frustrés. Elle souhaitait pouvoir l'aider. Elle savait comment faire. Malgré des années passées à ne pas utiliser sa magie, elle se souvenait encore exactement de ce que c'était que de faire des feuilles de glace lisses, de donner des formes à un objet, bref de créer des formes à partir de la neige.
Elle pouvait fabriquer des lames de glace pour les bottes de sa sœur, ce qui faciliterait grandement le processus.
Elle pourrait... mais elle ne le ferait pas.
Elle avait promis de cacher sa magie à sa sœur. De la contrôler, de ne pas la laisser apparaître.
Dehors, sur la glace, Anna continuait d'essayer...Glisser, glisser... s'écraser.
Elsa se redressa et appuya ses mains sur la vitre. L'air de la pièce baissa de vingt degrés. Près de la mare aux canards, tout ce qu'elle voyait de sa sœur, c'était deux jambes en bas qui s'agitaient dans les airs, au fond d'un banc de neige, sous un saule pleureur. Elsa vérifia frénétiquement les alentours de la mare, mais elle ne vit aucun serviteur, aucun palefrenier d'écurie. Personne pour aider sa cadette.  
Personne... à part elle. Elle n'en peut plus. Elle se dirigea vers son armoire, écartant les manteaux de fourrure fantaisie qu'elle ne portait jamais, les chauds manteaux de velours qu'elle trouvait étouffants à l'intérieur comme à l'extérieur.
Tout au fond, il y avait une malle. Elle avait appartenu à sa mère, à l'époque où la reine Iduna n'était rien de plus qu'une fille du peuple, amoureuse d'un roi. À l'intérieur se trouvaient de nombreux vêtements simples.  Anna ne s'en souvenait probablement pas aujourd'hui, mais les filles avaient l'habitude de jouer à se déguiser avec ces vêtements.  Autrefois. Quand elles jouaient.
La princesse des neiges fouilla dans la pile de pulls en tricot grossier et de bonnets en laine chiffonnés. Tout en bas de la pile, elle sortit une paire de patins.
Ils étaient plus élégants que la plupart de ceux qui se trouvaient dans le coffre de sa mère, avec des lames argentées tranchantes.

-C’est un cadeau mon flocon, avait dit la reine, de la part de quelqu'un qui n’étais pas doué pour patiner à l’époque...

Et puis, elle avait souri à leur père d'un air goguenard, ce qui avait fait rougir et gémir les filles. Elsa n'avait jamais utilisé les patins, et Anna non plus. Pourquoi s'en préoccuper, alors qu'elle aurait pu s'inventer une paire de patins à glace et faire le tour de la salle de bal toute seule ?
Mais ça, c'était avant. Et là ? C'était maintenant.  Il n'y avait qu'un seul problème. Elle ne pourrait jamais les donner à sa jeune soeur.


***


Anna s'extirpa de la congère en éprouvant un sentiment très proche du désespoir. C'est impossible !
Autour d'elle, le vent soufflait froid et rude. Sa peau piquait là où ses vêtements étaient trempés. Elle ne sentait même plus ses doigts. Tout ce temps, tout ce travail, et elle avait à peine fait quelques mètres sur la glace.
Comment cela avait-il pu être tellement plus facile quand elle était enfant ? Tellement plus facile... avec Elsa ?
Soudain, quelque chose de froid, de doux et d'humide la frappa à l'arrière de la tête.
Une boule de neige !
Sonnée, l’enfant se retourna et porta instinctivement la main à sa tête. Des morceaux de neige fraîche s'incrustaient dans ses tresses. Quelqu'un lui avait lancé une boule de neige !
Mais personne n'était tapi près du tronc du saule, ni caché derrière ses branches tombantes.
En fait, tout ce qu'elle vit, ce fut une lueur de... Attends quoi ?! Qu'est-ce que c'était ?
Les yeux d'Anna se rétrécirent en regardant de plus près. Là, dans un enchevêtrement de branches de saule, la petite fille aurait juré qu'il n'existait pas il y a une seconde, se trouvait à présent une paire de patins à glace. Des patins d'un blanc éclatant, avec des lames argentées.
Elle poussa un cri de joie et s'approcha. Au toucher, les patins étaient froids comme de la glace, ce qui n'est probablement pas surprenant étant donné qu'ils étaient sortis par ce temps glacial. Elle les retira vivement des branches, tout en cherchant à savoir d'où ils pouvaient provenir.

-Hey ! Ho ! Demanda-t-elle au vent d'hiver, il y a quelqu'un ?

Il n'y eut pas de réponse.  Dans les contes de fées, les princesses avaient des fées marraines. C'était peut-être cela. Ou un troll. Ça pouvait aussi être un troll, non ?
Avant qu'elle ne puisse s'en dissuader, Anna détacha les tissus de ses chaussures puis retira ses bottes et glissa ses pieds dans les patins. Ils lui allaient parfaitement.
Vive, elle les essaya illico. Les lames coupèrent fermement mais minutieusement la glace à ses pieds lorsqu'elle fit ses premiers pas sur la mare aux canards. Elle ne glissait pas ! Elle se sentait... puissante.
Amusée, elle s'élança, les bras tendus pour garder l'équilibre, s'attendant à tout moment à ce que ses pieds se dérobent sous elle comme ils l'avaient fait tant de fois auparavant.
Mais ce ne fut plus le cas ! Les patins glissèrent sur la glace avec un bruit satisfaisant.
C'était ça le problème depuis le début ! Elle n'avait pas oublié comment patiner. Elle avait juste besoin de vrais patins. De beaux patins, comme ceux-là.
Elle fit bientôt le tour de l'étang, d'abord timidement, puis, au fur et à mesure, elle sentit les lames, la glace, le vent sur son visage, avec beaucoup plus d'assurance.

Schewp schewp schewp schewp.
Anna sourit d'une oreille à l'autre. Pourrait-elle aller plus vite ?
Oh, oui, elle le pouvait.


***


Elsa claqua la porte de sa chambre derrière elle, haletante. Il s'en était fallu de peu ! Elle était sûre qu'Anna l'avait peut-être vue, tapie derrière le saule.
Elle avait chaud partout, son visage rougissait, probablement parce qu'elle avait couru à travers le château et le parc. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas lancé de boule de neige. Elle craignait d'avoir oublié comment faire. Mais, même sans la magie, la neige lui obéit au doigt et à l'œil, frappant sa sœur à l'arrière de la tête.
Elsa espérait que cela avait fonctionné.
Avec grâce, elle s'approcha de la fenêtre, ses mains gantées couvrant son visage. D'une manière ou d'une autre, elle avait l'impression que le fait de jeter un coup d'œil à travers ses doigts gantés arrangeait les choses. Elle se l’était assez répétée ! Elle ne devait pas s'approcher d'Anna tant qu'elle n'avait pas appris à contrôler sa magie. Elle n'aurait certainement pas dû jouer dans la neige. Mais elle l'avait fait, pour sa sœur.
L’aînée d’Arendelle regarda.
Sur la mare aux canards, Anna patinait sur les vieux patins à glace de leur mère. Elle criait de joie, ses tresses rousses s'envolant derrière elle comme une traînée alors qu'elle allait de plus en plus vite à chaque boucle.
Fière d’elle, Elsa sourit toute seule. Elle avait réussi !


***


La fois suivante où Anna s'approcha de la porte de sa soeur, elle était pleine d'espoir comme elle ne l'avait pas été depuis longtemps. Elle frappa, comme d'habitude, et attendit de voir si son aînée ouvrirait la porte cette fois-ci.
Bien sûr, elle n'ouvrit pas.

-Tu veux aller patiner ? Demanda-t-elle aux panneaux peints de la porte, allez, Elsa, le temps est parfait ! Tu te souviens combien nous aimions patiner ensemble ? La mare aux canards est un lieu parfait !

Pas de réponse.
Anna reprit son souffle et répliqua d’une voix plus basse :

-D'accord tu ne veux pas me parler...Mais écoute, j'ai un secret. J'ai trouvé des patins, au bord de l'étang. J'ai patiné avec tous les jours. Ils sont incroyables, Elsa. Si doux, si rapides, si beaux. Et patiner avec c'est comme de la magie !

Était-ce enfin un bruit de l'autre côté de la porte ?
Anna appuya son front contre le battant. Il était frais au toucher - non, froid, même. C'était très étrange.

-Elsa ? Essaya-t-elle en vain, s'il te plaît ? Viens au moins me voir patiner ! Tu ne croiras jamais à quel point je me suis améliorée ! Je ne m'entraîne que depuis quelques jours mais...

Elle se stoppa subitement, se sentant ridicule. Parfois, Anna se demandait si sa soeur était vraiment là. Elles se voyaient lors d'événements officiels, bien sûr, et se saluaient d'un signe de tête à une table somptueuse ou depuis le balcon d'un château.
Sa sœur était si grande et si élégante maintenant, si distante. Si silencieuse. Il était difficile de se rappeler qu'elles avaient déjà joué ensemble autrefois.
Mais cette porte si froide l’angoissait ! Peut-être que la fenêtre était ouverte à l’intérieur ? Auquel cas, son aînée devait être gelée.
Si seulement elle pouvait répondre. Même parler tout doucement serait mieux. C'est alors qu'Anna eut une idée. Une idée délicieuse, malicieuse.

-Tu veux entendre un secret ? Lança-t-elle, tu veux connaître mon plan ? C'est fou, vraiment. Mais ces patins sont tellement géniaux, et je patine tellement vite, et vraiment, c'est une honte que je ne puisse jamais les essayer sur autre chose que la vieille mare aux canards...Quoi qu'il en soit, j'ai entendu dire qu'il y avait un festival d’hiver sur la place du village aujourd'hui avec des jeux et des concours... et une course de patinage - et je vais m'y inscrire !

Anna termina sa phrase dans un éclat de triomphe. Était-ce un souffle ? Sa sœur allait-elle enfin dire quelque chose ? Elle s'en moqua. Au moment où les mots franchirent ses lèvres, elle réalisa qu'elle allait vraiment le faire. Ce n’est pas juste de l’esbroufe pour taquiner Elsa et l'inciter à ouvrir sa porte. Elle allait le faire.
Maman et Papa seraient tellement contrariés... mais ils ne m'en empêcheraient pas, insista-t-elle, ses sourcils froncés, la mâchoire serrée, et toi non plus, n'est-ce pas, Elsa ? Tu ne me diras pas de ne pas le faire ! Tu n'ouvriras même pas cette porte.

Elle leva la main pour toucher la poignée, puis la retira. Le métal était si froid qu'il brûlait presque.

-Elsa ? Dit-elle à nouveau, oubliant pour un moment ses années de frustration.

Sa sœur était assise là, toute seule et apparemment gelée. Anna n'avait aucune idée de ce qu'elle faisait pour s'amuser. Certainement pas ce qu’elle s'apprêtait à faire.

-Tout va bien là-dedans ? Questionna-t-elle.

Mais, comme toujours, il n'y eut pas de réponse. C'est officiel : Elsa avait créé un monstre. Tous les instincts protecteurs de la grande sœur qu'elle avait toujours eus, se heurtèrent à sa détermination. Elle était à deux doigts d'ouvrir la porte et de dire à Anna qu'elle ne devait en aucun cas aller seule au village. Mais sa cadette ne ferait qu'utiliser cette excuse pour demander à son aînée de l'accompagner. Ce qu'elle ne pouvait pas faire. Jamais. Même si elle en avait très envie.
Quand elle fut sûre que la voie était libre, Elsa ouvrit la porte de sa chambre. Le couloir était vide, comme d'habitude. Le personnel du château devait travailler dans une autre aile aujourd'hui. Elle se faufila dans le couloir jusqu'à la chambre de sa soeur - peut-être en signe de protestation - ne fermait jamais complètement sa porte. De l'intérieur, la jeune fille pouvait l'entendre grommeler.

-Le problème avec le fait d'être une princesse, se plaignit Anna en s’adressant à personne en particulier, c'est que tous tes vêtements donnent l'impression que tu es une princesse, aucun n’est pratique ! Ugh ! | Je n'ai rien à me mettre !

Elsa jeta un coup d'œil par la fente entre la porte et le seuil. Si sa cadette regardait dehors et s’apercevait de sa présence, elle pouvait prétendre qu'elle se promenait dans le couloir pour autre chose. Après tout, c'était un hall libre.
Sa mâchoire se décrocha lorsqu'elle jeta un coup d'œil dans la pièce. Sa petite sœur avait créé un énorme désordre. Des piles de robes jonchaient le lit et le sol. Les servantes allaient faire une crise quand elles verraient l’état de la chambre.

-Qu'est-ce que je suis censée porter pour patiner !? Gémit-t-elle en s’effondrant sur le lit.

Pendant un moment, tout fut silencieux. Elsa se mordit la lèvre et écouta plus attentivement. Était-ce des pleurs ? L'instinct protecteur de la grande sœur se réveilla à nouveau elle, mais cette fois, il y avait un objectif très différent à l'esprit. Ainsi, elle se dépêcha de retourner dans le couloir jusqu'à sa propre chambre vers la malle d'Iduna. Un bonnet pour cacher ses tresses rousses et sauvages. Un pull épais pour lui tenir chaud. Un pantalon de paysan...Le genre de pantalon fait pour se déplacer. Il ne s'agissait pas seulement de vêtements d'apparat dans la vieille malle de sa mère. Ils étaient parfaits pour le patinage.
Mais comment les apporter à sa sœur sans être vue ? Elsa empaqueta les vêtements dans ses bras et se dirigea vers la chambre de sa cadette. Là, elle la vit plongée jusqu'à la taille dans son armoire royale, rejetant chaque article de sa garde-robe comme étant trop chic pour le festival. Elle avait un vrai problème de princesse. Cela la fit sourire et elle secoua la tête. Puis, avant que sa sœur ne puisse se retourner, elle souleva le paquet de vêtements qu'elle tenait dans ses bras et le lança au milieu des autres tenues.
Il y eut un grand woompf et la pile se renversa. Elsa n’attendit pas de savoir si Anna l'avait remarqué. Elle se mit à courir. La cadette fut prête à abandonner complètement. Il était hors de question qu'elle se faufile dans le village habillée comme la princesse Anna d'Arendelle. Ses jupes étaient toutes brodées de l'emblème royal, ses vestes avaient toutes des boutons dorés sur le devant.
Elle s'assit sur une pile de robes de bal et soupira. À ce moment-là, son regard s'arrêta sur quelque chose qui ne lui était pas familier et très brun. Elle pencha la tête vers le pantalon qui gisait maintenant parmi les piles de soie et de satin. D'où venait-il ? Il était sombre et rugueux, comme si le linge du jardinier s'était mélangé au sien. Non loin de là se trouvait un pull-over qu'elle ne reconnaissait pas, d'un vert olive terne, et un bonnet de laine chiffonnée, d'un vert foncé.
Ces objets se trouvaient-ils dans son armoire ? C’était un costume ? Une erreur ?
Non ! Elle se redressa. C'était un autre cadeau de la fée invisible, du troll magique qui lui avait laissé les patins ! Anna s'habilla immédiatement avec les nouveaux vêtements. Ils étaient un peu grands, mais ils feraient l'affaire. Elle dénicha sa paire de moufles la plus épaisse et les chaussettes les plus chaudes, puis enfonça ses tresses rousses dans le bonnet et admira son reflet dans le miroir.
Voilà. Maintenant, elle ressemblait à n'importe quel garçon du village. Et elle allait vraiment faire le mur !
C’était plus facile qu'elle ne l'avait imaginé de se faufiler dans les couloirs vides du château dans son accoutrement et de sortir par la porte. Elle va aller chercher ses patins dans leur cachette près du vieux saule et se faufiler le long du mur jusqu'à ce qu'elle puisse s'échapper. Elle trouva bientôt une couche de neige assez ferme et haute pour s'y faufiler et jeta un coup d'œil au château, à ses hautes tours et à ses fenêtres en verre au plomb, froides et vides. Il était impossible de voir d'ici si quelqu'un avait assisté à sa fuite. Si quelqu'un s'en souciait. Elle s'en moqua d'ailleurs. Elle en avait assez d'attendre à l'intérieur. Elle allait vivre une aventure, même si c'était la dernière chose qu'elle ferait.
D'un signe de tête ferme, elle redressa sa casquette, ajusta son écharpe sur son visage et se mit en route vers la place du village. Une fois qu'Anna franchit le mur du château, Elsa ne put plus la voir de sa fenêtre. Elle resta assise près de la vitre et regarda dehors, comme si le fait de vouloir regarder ce qui se passait dans le village lui permettait de s’y rendre, elle-même.  
En fermant les yeux, elle pouvait presque le sentir, ce vent glacial qui mordait le visage d'Anna, rougissant ses joues et illuminant ses yeux, tourbillonnant dans les rues jusqu'au village...

-Oh Elsa !

Les yeux de la petite fille s'ouvrirent et elle se retourna pour voir sa mère, la reine Iduna, debout à la porte qui elle-même constata les dégâts dans la chambre : Le givre sur les vitres, les stalactites qui pendaient en majesté de cristal aux rideaux.
Elsa serra les mains en poings, horrifiée.

-Oh, maman, je suis désolée, je n'avais pas remarqué que mes doigts avaient fait ça.
-Ma chérie...Dit-elle d’une voix douce.

La reine s'approcha, mais sa fille s'éloigna. Elle ne voulait pas lui faire de mal. C'était toujours comme ça. Elle avait passé tant d'années à essayer désespérément de contrôler sa magie, de ne rien ressentir et pourtant, elle se sentait tellement plus puissante avec la maîtrise qu'elle avait réussi à acquérir depuis tout ce temps. L'utiliser était facile. C’était l’inverse qui était ce qui était difficile.
Comme tous les autres aspects de sa vie. Aimer sa sœur était tellement plus facile que l'éviter pour sa propre sécurité. Mais, comme le disait leur père, ce n'est pas parce qu'une chose est difficile qu'elle ne vaut pas la peine d'être faite.
Régner sur Arendelle n'était pas une partie de plaisir, et en tant qu'héritière, Elsa devait apprendre tout ce qu'il y avait à savoir pour parvenir à être une bonne souveraine un jour.

-Oh, Elsa ! Reprit-elle, attendrie, Et moi qui pensais que les choses allaient si bien ces derniers temps.

C’était vrai. Du moins, jusqu'à ce que la princesse des neiges commence à baisser sa garde et aide sa sœur dans sa quête de patinage et de jouer avec des boules de neige. Elle baissa la tête de honte. Elle ne pouvait pas se permettre de commettre une erreur.

-Je sais que l’hiver est difficile pour toi, dit doucement Iduna, c'est très, très beau.

Elle s'approcha quand même d'Elsa et vint se placer à ses côté.

-Est-ce ma vieille malle ? Pourquoi l'as-tu sorti ? Demanda-t-elle.  
-Pour rien, répondit la petite fille d’une voix gênée, c'était pour des idioties.


***


Anna avait toujours aimé se rendre en ville les quelques fois où elle avait accompagné ses parents en visite. Même à travers les fenêtres d'un carrosse étouffant, le village d'Arendelle avait été rempli d'images, de sons et d'odeurs merveilleuses. Le marché aux fruits de mer, avec ses odeurs âcres et les cris aigus des poissonniers vendant leurs marchandises. Les débiteurs de glace avec leurs énormes traîneaux et leurs majestueux rennes. Sa mère, Iduna, montrait parfois les moulins à vent sur les collines au-delà du fjord et expliquait comment, il y a longtemps, elle avait été l'apprentie d'un inventeur qui construisait de telles machines.
Anna demandait toujours à visiter les moulins à vent, mais ce n'était jamais le bon moment, du moins selon ses parents. Aujourd'hui, elle avait aussi mieux à faire. Elle se faufila dans la foule et suivit les décorations à travers les rues sinueuses du marché, jusqu'à l'endroit où la fête de l'hiver était déjà en cours. Les odeurs de viande rôtie et de cidre épicé emplissaient l'air. Anna se mordit immédiatement la lèvre. Elle avait à peine pensé à mettre une poignée de pièces dans sa poche avant de partir.  Elle regardait les pâtisseries dorées et feuilletées empilées dans un chariot lorsqu'elle remarqua deux autres enfants qui appréciaient également l'odeur des pâtisseries et du chocolat. Il s'agissait d'une petite fille et d'un grand garçon à peu près du même âge qu'Elsa et elle-même, habillés simplement mais chaudement. Tous deux portaient des patins bruns abîmés en bandoulière et des bonnets bleus usés sur la tête.
D'un seul coup, la jeune fille remarqua qu'Anna les regardait.

-Bonjour, dit-elle.
-Regarde, Trygve, une concurrente !  

Le garçon la regarda de haut en bas.

-Oui, on dirait bien. Regarde ces patins fantaisistes !
-Euh, bonjour, dit timidement Anna, vous faites la queue pour les pâtisseries ?
-Non, répondit la jeune fille sans ambages, nous économisons notre argent pour participer à la course de patins.
-Moi aussi ! S'exclama Anna, alors qu'elle n'avait pas la moindre idée qu'il y avait des frais d'inscription, et encore moins de son montant.
-Tu sais où il faut aller ?  Questionna à nouveau l’enfant, tu n’es pas d'ici, n'est-ce pas ?

Oh non, c'était si évident que ça ?!

-Euh...Non...Je suis en visite, dit-elle rapidement en se creusant la tête pour trouver les noms des partenaires commerciaux de son père, De, euh... Weselton ! Il n'y a pas de courses de patinage là-bas...Nous avons, euh... des courses de belettes plutôt...
-Bizarre, dit la jeune fille, sans doute fatiguée des élucubrations d'Anna, je m'appelle Nora. Voici mon frère, Trygve.
-Moi, Ann...Commença-t-elle avant de penser à un nom de garçon, Anders Anderson, c'est moi.

C'était ça, se faire des amis ? Elle aimait ça. Beaucoup.

-Jolis patins, Anders, dit Trygve, les bras toujours croisés.

La cadette d’Arendelle était heureuse d'avoir quelques compagnons alors qu'elles se dirigeaient vers la zone de course. Ils passèrent bientôt devant des stands vendant des châles brodés et d'autres des traîneaux peints. Un homme dans une charrette liquidait des brides de rennes ornées de clochettes dorées et tintinnabulantes. Nora parlait de la course et de leur chalet sur les pentes près du fjord. Leurs parents travaillaient au moulin et ils élevaient leurs propres moutons.
Anna était émerveillée par ces histoires.

-Comment sont-ils ? Demanda-t-elle. "Les moutons ?
-Ils sentent mauvais, répondit Trygve.

La course proprement dite commençait au bord d'un canal qui remontait une rue au bord du marché, jusqu'au moulin. Trygve et Nora marchèrent avec elle. Ils s'inscrivirent ensemble à un petit stand où Anna découvrit que l'argent qu'elle avait apporté aurait couvert non seulement le droit d'entrée pour tous les trois, mais aussi les frais de transport et les pâtisseries pour la moitié de la foule.

-Je suppose que je ne connais pas le taux de change, dit-elle d'un ton penaud, mais ses nouveaux amies semblaient sceptiques.

Peu importe la monnaie du pays, elle avait accidentellement apporté une fortune à la course. Mais tout cela s'estompa une fois qu'ils eurent chaussé leurs patins et qu'ils furent sur la glace pour s'échauffer. Anna se réjouit du vent qui lui soufflait au visage alors qu'elle tournait autour du petit terrain d'entraînement avec les autres patineurs.
Les patins argentés qu'elle avait aux pieds étaient aussi doux ici qu'ils l'avaient été sur la mare aux canards. Elle glissait et glissait sur la glace, observant les bannières et les drapeaux gaiement peints que les spectateurs brandissaient sur les allées au-dessus du stade. Combien de choses avait-elle raté en restant au château ?!
Autour d'elle, les concurrents patinaient aussi. Il y avait une fille dans une gracieuse robe violette qui semblait aussi intéressée plus par les sauts et les pirouettes que par la vitesse. Un trio de jeunes hommes vêtus de fourrures et de cuirs des débiteurs de glace de la Montagne du Nord passaient en trombe, leurs mouvements à l'unisson. Un groupe d'enfants plus jeunes qu'Anna tombaient sur eux-mêmes à chaque coup de patin.
Trygve était stable et concentré comme un professionnel. Chaque jetée était précise, le déplaçant efficacement sur la glace. Nora était plus enjouée, faisant des ciseaux avec ses pieds et s'accroupissant pour glisser sous les piliers qui dépassaient du mur du canal.

-Wow, dit Anna, émerveillée.

Le garçon qui patinait à côté d'elle, ralentit soudain pour suivre son rythme avant de reprendre :

-Ne te fies pas à sa taille, Nora va nous donner du fil à retordre à tous !
-Ça doit être sympa de patiner avec ta sœur. Ma sœur ne vient jamais avec moi, avoua-t-elle.
-Je suis désolé de l'apprendre, répondit-il, est-ce qu'elle n'aime jouer qu'avec d'autres filles ?
-Quoi ? Répéta Anna, avant de se reprendre.

Mais oui ! Elle était censée être un garçon !  

-Mais euh...C'est ça. En fait, elle ne sort jamais de sa chambre, ajouta-t-elle.  

Entre-temps, Nora avait fait le tour de la zone de départ et s'était retrouvée derrière son frère et la princesse.

-Qu'est-ce qui peut bien lui faire peur quand elle est face à un paysage merveilleux comme celui-là ! Lança-t-elle aussitôt en écartant les bras.

Puis elle tourna sur la glace pour approfondir son dire ce qui fit rire Anna.

-Je ne sais pas, admit-elle, je suppose qu'elle n'aime pas beaucoup le froid.

Ses patins argentés brillaient. Elle fila sur la glace, plus que prête à faire la course.


***


Elsa étouffa sa peur tandis que sa mère se tint à ses côtés à la fenêtre. Il était impossible que la reine puisse savoir qu'à l'heure actuelle, sa fille cadette avait quitté le château en cachette pour se diriger vers le village.

-J'adore cette période de l'année, dit Iduna en regardant le givre.

La princesse des neiges ne dit pas que c’était aussi son cas. Mais elle était sûre que sa mère le savait.

-Aujourd'hui, il y a une fête de l'hiver au village, poursuivit sa mère, j'avais prévu de faire une brève apparition.
-Attendez... quoi ? Questionna la fillette en sursautant.

Elle n'y avait pas pensé. Bien que personne au village n'ait vu l'une ou l'autre des princesses depuis des années sa mère ne serait pas dupe du déguisement d'Anna, d'autant plus qu'il s'agissait de ses anciens vêtements. La reine posa bientôt une main réconfortante sur l'épaule d'Elsa.

-Peut-être aimerais-tu venir avec moi ?
-Non, parce qu'elle ne pouvait pas contrôler sa magie...Elle ne pouvait pas quitter sa chambre. Elle ne pouvait pas agir comme la princesse héritière d'Arendelle et faire des apparitions dans les festivals, car elle risquait de glacer accidentellement tout le défilé.
-Mais... Commença-t-elle en faisant un geste d'impuissance avec ses mains gantées.

Sa mère ne s'en préoccupa pas.

-Tu es juste en train d'attraper ce qu'on appelait la fièvre du château, la coupa-t-elle, je suis prête à parier que le fait de sortir quelques heures dans un véritable pays des merveilles de l'hiver t'empêchera de ramener une véritable tempête à l’intérieur !

La reine sourit, fière de blague. Pour sa part, Elsa ne trouva pas cela drôle.

-Tu n'as même pas besoin de descendre de la calèche, si tu n'es pas à l'aise, dit-elle encore, personne ne saura que tu es là. Tu n'auras qu'à regarder par les fenêtres. Nous n'emmènerons pas Anna. Il n'y aura que toi et moi.

La fillette reprit son souffle. C'était peut-être la meilleure solution. Elle pourrait ainsi empêcher sa mère de se demander où se trouvait Anna dans le château tout l'après-midi, et puis, au festival, elle pourrait rester avec la reine loin de la course de patinage.
Mais envisager voir sa sœur en pleine action lui fit soudain plaisir. Sa mère la regarda longuement, très longuement. Assez longtemps pour que des cristaux de glace fleurissent sous chaque doigt de ses gants. Après une éternité, Elsa rétorqua :

-Bien...Je suppose que cela ne peut pas me faire de mal...Tant que personne ne me voit.

Sa mère se pencha pour toucher sa tête et un sourire secret apparut sur son visage alors qu’elle murmura :

-Personne ne le saura jamais. C'est comme si nous étions déguisées.

Elsa ferma les yeux. Si seulement elle savait !


***


Très vite, tous les patineurs - y compris Anna – s’étaient rassemblés dans la zone de départ de la glace. Le représentant officiel de la course, un grand homme à la barbe rouge, énonça les règles :

-Vous commencerez à mon signal ! Le parcours consiste en trois boucles autour du canal. Commencez ici et patinez dans le sens inverse des aiguilles d'une montre jusqu'aux drapeaux situés à l'extrémité. Tous les patineurs doivent passer les drapeaux trois fois sur leur gauche, sous peine d'être disqualifiés. Des prix sont prévus pour les trois premiers patineurs à terminer la course.

Anna rabattit son chapeau sur ses tresses et se mit en position de départ. Non loin de là, ses nouveaux amis Trygve et Nora se disputaient la place en tête de peloton. Les gens se pressaient sur les chemins au-dessus du canal, s'appuyant sur les rambardes et regardant en bas pour encourager leurs amis dans la course. Elle aurait aimé que sa propre famille soit là pour la voir.
C'est alors qu'un coup de sifflet retentit et que la course partit. Le raclement des lames sur la glace emplit l'air, et les coureurs commencèrent à se bousculer et à se déplacer autour d'elle. La cadette d’Arendelle se rendit rapidement compte que cela n'avait rien à voir avec la mare aux canards. Là-bas, elle avait tout l'espace du monde pour se déplacer comme elle le voulait, mais ici, elle devait éviter les coups de coude et les coups de poing, loin d'être en mesure d'adopter le rythme qu'elle souhaitait, car elle se battait pour le moindre espace sur la glace bondée.
Un patineur s'écroula devant elle et elle fit un grand écart pour ne pas lui écraser les doigts. Malheureusement, ce mouvement l'envoya sur le chemin des débiteurs de glace, qui avaient formé un mur solide sur le parcours. Les pieds d’Anna partirent dans les airs.

-Attention ! lui aboya l'un des hommes en peaux de bêtes.

Comme un seul homme, ils firent une embardée pour la manquer. Elle corrigea alors sa foulée et accrocha le tranchant de sa lame gauche à une imperfection de la glace. Puis elle trébucha et dévia de sa trajectoire pour tenter de ne pas s'anéantir.
La foule sursauta. Au bout d'un moment, Anna avait réussi à reprendre le contrôle d'elle-même. Elle tapota le chapeau sur sa tête, s'assurant qu'il était toujours bien en place, et se ressaisit. Les coureurs s’étaient déjà tous éloignés. Elle était dernière !

-Allez, les patins ! Cria-t-elle en serrant les dents avant de se lancer à leur poursuite.

Les chaussures d'argent ne lui firent pas défaut. Débarrassée de ceux qui la bloquaient auparavant, Anna put prendre de la vitesse facilement. Au moment où les premiers patineurs passaient les drapeaux à l'extrémité du parcours, elle avait atteint la queue du peloton. Les autres patineurs s'étaient un peu dispersés à ce moment-là, et elle avait pu dépasser les enfants qui s'agitaient comme elle aurait pu éviter un rocher dans la mare aux canards ou une branche de saule tombée. En regardant devant elle, Anna aperçut la fille à la robe violette. Elle avait abandonné ses jupes et essayait maintenant de se concentrer sur la vitesse, mais sa forme n'était pas du tout adaptée. Elle la dépassa. Au moment où les leaders eurent terminé la première boucle, Anna avait réussi à rattraper les trois débiteurs de glace, qui étaient toujours en train de faire du sur place à l'unisson, barrant la route à tous ceux qui voulaient passer. Les trois se rapprochaient de plus en plus de la porte de départ, où un autre mât de drapeau marquait leur tour. Anna ne pensait pas pouvoir les dépasser par l'extérieur, mais elle pouvait aussi voir à leurs mouvements que le patineur le plus à gauche était le plus rapide.
Elle patina derrière eux, incertaine, alors qu'ils tournèrent tous ensemble. Elle savait qu'elle avait la vitesse pour les dépasser, mais ils ne la laissaient pas faire. Elle tergiversa, patina d'un côté, puis de l'autre sur toute la longueur du canal. Elle était toujours coincée derrière eux lorsqu'ils effectuèrent leur deuxième tour autour des drapeaux situés à l'extrémité du canal.
A ce rythme, elle n'arriverait jamais à les dépasser !

Anna jeta un coup d'œil sur le parcours pour voir Nora en tête, le pompon de son bonnet bleu flottant à chaque coup de pédale. Elle était déjà si loin devant tandis qu'elle tournait en rond derrière les coureurs les plus lents. Se souvenant soudain des pitreries de Nora à l'entraînement, elle eut une idée. Elle patina près des trois débiteurs de glace, plaça ses patins argentés l'un devant l'autre en ligne droite puis se baissa rapidement en tendant les mains pour garder l'équilibre. Elle passa ainsi sous les bras des coupeurs de glace.
La foule fut en délire.
Anna sourit, se redressa et ne remarqua pas, pendant une demi-longueur, que son chapeau avait été arraché de sa tête.


***


-Eh bien ! S’écria la reine Iduna depuis son siège de calèche.

Elle regardait avec indifférence par la fenêtre la course de patins sur le canal en contrebas quand elle se redressa vivement sur son siège, une expression faciale de choc.

-Je ne sais pas quoi dire...Bredouilla-t-elle.  

L’aînée des deux soeur serra ses mains gantées sur ses genoux et un vent glacial sembla souffler sur les parois du wagon.

-Elsa, ma chérie, regarde par la fenêtre et dis-moi si tu vois la même chose que moi ! Reprit la reine.

La fillette regarda docilement. Il ne lui fallut pas longtemps pour apercevoir sa sœur, ses tresses auburn flottant derrière elle, volant autour de l'hippodrome dans ses vêtements de roturière.

-Je...

Elle ne savait pas quoi dire.

-Je ne savais pas que ta sœur pouvait patiner comme ça. Et toi ? Questionna alors la reine.
 
Elle acquiesça misérablement et répondit :

-Je l'ai observée. Sur la mare aux canards.
-La mare aux canards ? Répéta Iduna en secouant la tête, incrédule, mon Dieu !  
-Attends, dit Elsa, tu n'es pas fâchée ?

Sa mère rit et répliqua :

-Eh bien...Je n’aime pas l’idée que mes enfants se faufilent dans le château sans ma permission mais je suis obligée d'admettre qu’Anna n’est pas la seule enfant de la famille royale Arendellienne à l'avoir fait, je regrette qu'elle ne m'ait pas demandé mon avis...

Au même moment, la foule applaudit à tout rompre. La course était terminée.

-Anna a-t-elle des ennuis ? Demanda aussitôt Elsa avec inquiétude.  

Sa mère avait l'air triste.

-Nous avons tous des problèmes, je crois. Anna pour s'être faufilée dehors et ton père pour l’avoir empêché d’aller hors du château.

Et Elsa aussi. Elsa, toujours, pour sa magie incontrôlable qui rendait tout le reste à ses petits soins.

-Je lui ai laissé les patins, tu sais, avoua-t-elle, ils viennent de ta vieille malle.

Sa mère acquiesça et reprit :

-Eh bien, je suppose que nous devrons avoir une discussion avec elle quand elle reviendra. Mais pour l'instant, laissons-la s'amuser.

Elle informa le conducteur de la calèche qu'elles voulaient retourner au château. La princesse des neiges jeta un dernier coup d'œil à la fête par la fenêtre. Sur la glace, elle vit la gagnante de la course de patinage, une jeune fille au bonnet bleu, mais pas sa propre sœur.


***


Toc toc !

-Elsa ? Résonna la voix d'Anna dans le couloir, s'il te plaît, je sais que tu es là. Tu ne veux pas entendre parler de ma journée ?!  

Pas de réponse, comme d'habitude. Mais la cadette d’Arendelle était trop excitée pour s'en soucier. Elle commença à raconter toute l'histoire à la porte de sa grande soeur. Les bergers qu'elle avait rencontrés, l'astuce qu'elle avait apprise pour dépasser les coureurs qui la bloquaient, la perte de son chapeau.

-Oh, Elsa, c'était extraordinaire, j'aurais aimé que tu puisses le voir.

Cela aurait été comme au bon vieux temps, quand elles couraient toutes les deux dans le château sans se soucier de rien. Comme Trygve et Nora, au bord du fjord, dans leur petite ferme à moutons. Comme les frères et sœurs sont censés le faire.

-Quoi qu'il en soit...Continua-t-elle, je... hum...Je t'ai apporté quelque chose du festival.

Elle posa alors ses patins près de la porte et sortit de sa poche un petit paquet enveloppé dans du papier brun. De délicieuses odeurs s'échappaient de son contenu.

-Il est un peu écrasé maintenant, admit-elle, mais... oh, Elsa, tu veux bien ouvrir la porte, s'il te plaît ?!

Et il n'y eut toujours pas de réponse. Aucune. Anna se mordit la lèvre et ses yeux se piquèrent de larmes non versées. Pour une fois, elle voulait que sa sœur joue avec elle. Pour une fois, elle voulait qu'elles soient comme des sœurs.

-C'est du chocolat, dit-elle faiblement.

Rien. D'un seul coup, sa colère s'enflamma. Peut-être qu'Elsa s'en fichait. En bas, dans la grande salle, les portes du château s'ouvrirent. Au loin, la voix d'un garde royal appela :

-Sa Majesté, la Reine Iduna.

Anna sursauta. Oh non ! Sa mère ne pouvait pas la voir comme ça ! Elle s'élança dans le couloir oubliant que ses patins et la pâtisserie étaient toujours sur le sol, près de la porte.


***
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La première chose que vit Elsa en rentrant dans sa chambre fut la paire de patins et la pâtisserie froissée qui se trouvaient devant sa porte. Sa mère se pinça les lèvres.

-C’est possible que ta sœur comprenne que tu n’étais pas dans la chambre.

Mais Elsa ne l’écoutait pas.  

-Chocolat, dit-elle avec nostalgie, en ramassant les objets.

Anna s'était même souvenue que c'était son que c'était son dessert préféré. Néanmoins, une princesse héritière d'Arendelle pouvait difficilement manger des pâtisseries qui avaient été par terre. Elle ouvrit la porte de sa chambre et laissa jeta la pâtisserie dans la poubelle. Quelle déception ! Comme tant d'autres choses. Sa mère la suivit à l'intérieur, tenant les patins.

-Oh, que faire ? dit-elle en secouant la tête d'un air triste.
-Mère, reprit-elle, ne punis pas Anna.

Elle se sentait responsable. Si elle ne lui avait pas donné les patins rien de tout ceci ne serait arrivé.

-Tu te comportes déjà comme une reine, répondit Iduna tu me rappelles tellement ton père. Tu n'es pas responsable de tous les choix d'une autre personne qu'il s'agisse de ton sujet ou de ta sœur. Anna a choisi de se faufiler dans le village. Ce n'était pas ton idée.
-Mais elle n'aurait jamais eu à le faire si...S’interrompit Elsa en joignant ses mains gantées derrière son dos.

Ils savaient tous pourquoi. Sa mère retrouva ce regard patient et triste. Celui que la princesse des neiges ressentait comme le froid dans ses os.

-Peut-être que nos règles ont été un peu trop sévères, admit sa mère, aucune de vous ne devrait passer autant de temps seule.

C'était vrai. Elsa ne pouvait s'empêcher de sourire au souvenir de sa sœur courant autour de ce canal sur ses patins d’argent. C'était la chose la plus agréable qu'elle ait vue depuis des années. Cela lui avait réchauffé le cœur comme le printemps.  C'est ce qu'elle avait fait. Elle avait apporté cette joie à sa sœur comme au bon vieux temps, quand Anna et elle couraient dans tout le château, se délectant de sa magie, sans se soucier du monde. Elle souhaitait qu'il en soit toujours ainsi. Elle souhaitait apprendre à maîtriser sa magie. Ainsi, Anna et elle pourraient toujours être ensemble.
Sa mère semblait comprendre cela aussi. Elle tendit ses doigts et prit la joue d'Elsa dans ses mains.

-Je parlerai à ton père et je trouverai un moyen, promit-elle, bientôt.

Iduna se retourna pour partir, et en ouvrant la porte de la chambre d'Elsa, elle aperçut Anna dans le couloir. L’aînée des deux sœurs jeta un coup d'œil autour de la forme de sa mère. Les tresses d'Anna étaient encore en désordre. Sa robe était mal boutonnée.

-Mère ! Tu es rentrée ! S’exclama-t-elle Anna d'un ton qui sonnait aussi faux que si elle avait fait parler un renne, j'ai été seule dans ma chambre toute la journée à lire.
-Oh, vraiment ?! S’exclama la reine, je reviens juste du festival d'hiver. Il y a eu une course de patinage exaltante.

Elle jette un dernier coup d'œil complice à Elsa qui avait envie de s'enfoncer dans le parquet et sentit la température baisser autour d'elle. Mais de l'autre côté du seuil, elle rencontra les yeux d'Anna, d'un vert brillant, plein de défi. Elle ne lui avouerait jamais la vérité !

-Tu sais bien que ce sujet ne m’intéresse pas Maman car je ne sais pas patiner, conclut la fillette avec aplomb.

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Ansa
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Lun 11 Déc 2023, 08:40
Allez ! Voici la deuxième histoire Very Happy qui m'a fait pousser des cris de souris à cause de sa mignonnerie ! I love it Bon exceptez pour Olaf que j'ai envie de baffer mais sinon ça va bravo


Les fiançailles d’Anna et Kristoff :


Par Jen Calonita.

-Je n'arrive pas à croire que tu sois là ! Cria Anna à Elsa en se précipitant dans le couloir du château.

Elle tenait sa tiare d'une main et sa jupe de l'autre, dévoilant les bottes sages qu'elle portait sous une robe de bal en soie verte et crème.

-C'est une si belle surprise ! Ajouta-t-elle.  
-Eh oui...C'est moi Elsa la femme pleine de surprises, dit-elle doucement en gardant un petit sourire qui, elle l'espère, n'apparaissait pas trop excité, mais qui était tout de même un peu plus fort que les autres.

Ses doigts picotaient.

-Je pensais que tu ne viendrais pas avant la célébration de la cloche de Yule la semaine prochaine, se réjouit encore Anna qui courut toujours plus vite à sa rencontre.  

Sa chère reine des neiges répliqua simplement :

-J'ai pensé que nous pourrions commencer les célébrations de vacances plus tôt.

Elle n’eut pas la possibilité d’en ajouter plus. Sa sœur se précipita sur elle, la renversant presque avec le poids de son étreinte. Les deux sœurs étaient d'accord : Arendelle n'était jamais aussi belle que pendant les fêtes. La sonnerie de la cloche de Yule donnait le coup d'envoi des festivités. Certaines familles préparaient le porridge, d’autres la tomte, d’autres roulaient le lefse ou encore tricoter des chaussettes en guise de présent.
Le point culminant était toujours le festival des nuits polaires, qui semblait prendre de l'ampleur chaque année.
Mais cette année, le royaume avait une autre raison de se réjouir : C’était les fiançailles d'Anna et de Kristoff.
Elsa savait qu'après tant d'années de portes fermées et d'étapes solitaires, Anna aimerait faire la fête. Kristoff avait horreur du public mais il survivrait. Il ferait n'importe quoi pour sa sœur. Elsa avait donc décidé pour organiser une fête surprise, invitant Bulda et le reste des trolls à l'aider. Les détails se mettaient en place à merveille.
Le seul problème ? Empêcher le couple heureux de l'apprendre.
L’ainée d’Arendelle avait une idée sur la façon de garder son futur beau-frère dans l'ignorance, mais c’était sa cadette qui était la plus délicate. Sa sœur -Comment pouvait-elle agir de façon délicate quand elle savait qu’elle pourrait se montrer un peu curieuse et intuitive ?  

-Tu as dit que tu avais trop de travail cette semaine pour revenir au château plus tôt pour nous aider à décorer ! Rétorqua Anna en la serrant contre elle, ceux sont tes mots exacts.

Dans l'embrasure d'une porte voisine, la reine des neiges aperçut une ombre distincte, composée de boules de neige ovales et d'un corps de boules de neige en forme de bloc, qui les observait.  
Elsa murmura alors dans les cheveux d'Anna, qui sentaient le chocolat et les aiguilles de pin lui rappelant la maison.

-Je ne pouvais pas manquer d'accrocher des décorations à tous les arbres.

Mais elle ne l’écoutait déjà plus et tira sur la corde, en continuant d’une voix toujours aussi rayonnante :

-J'ai dit à tout le monde de laisser le grand sapin de notre partor nu pour que nous puissions le décorer ensemble avec Kristof, Sven et Olaf.

Elle se mordit la lèvre.

Le reste du château est décoré. Si j'avais su que tu venais, j'aurais attendu.

Elsa espérait que les décorations seraient en place. Elle jeta un coup d'œil dans le couloir : les fenêtres étaient ornées de guirlandes et des couronnes étaient accrochées à chaque porte. Elsa savait que chaque pièce, y compris sa propre chambre, elle trouverait un arbre décoré avec des d'ornements faits à la main, dont certains avaient été fabriqués par Anna et elle-même lorsqu'elles étaient petites avant... eh bien... elle n'aimait pas y penser à "après". Le présent était bien plus heureux, et elle était déterminée à tout mettre en œuvre pour célébrer ce nouveau chapitre de la vie de sa sœur. Elle savait que Bulda, qui adorait "son garçon" Kristoff, était du même avis.

-Il est magnifique, ce qui est bien, parce que... eh bien... Hésita Elsa.

Anna comprit tout de suite à son ton qu’elle lui cachait quelque chose. Aussitôt, la jeune fille se mit à penser à plusieurs choses à la fois.

-Je savais que tu avais une raison d'être ici de bonne heure ! Qu'est-ce qui se passe ? Tu peux me parler de tout, tu sais ! Essaya-t-elle.

Elsa regarda autour d'elle avant de s'approcher plus près de sa sœur et murmurer :

-Je suis ici parce que les trolls ont une surprise pour Kristoff et ont besoin de notre aide pour la réaliser.

La cadette d’Arendelle serra immédiatement la main de son aînée, faisant cesser la sensation de picotement.

-Une surprise pour Kristoff ? Répéta-t-elle, qu'est-ce que c'est ? Comment le sais-tu ? Pourquoi ne le sais-je pas ? Dis-moi tout ! Comment puis-je t’aider ?

Elsa prit tout de suite un ton de conspiratrice et continua :

-Je suis passée voir les trolls dans la vallée du Rocher Vivant l'autre jour. Bulda et Cliff m'ont dit que c'était aujourd'hui le dixième anniversaire de la création de l’entreprise officielle de récolte de glace de ton fiancé.

La nouvelle reine sursauta et renchérit :

-Kristoff ne m'a pas dit ça. Sven non plus ! | Je veux dire, c'est logique - je sais que Kristoff a commencé à livrer de la glace à l'adolescence, mais je n'avais aucune idée qu'il allait fêter un anniversaire aussi important.

Inquiète, elle fronça alors les sourcils et ajouta :  

-Maintenant, je me sens très mal... Je dois être la pire des fiancées.

Mal à l’aise, Elsa ne s'était pas préparée à cette tournure-là.

-Ce n'est pas vrai ! Tu es la meilleure des fiancées ! La rassura-t-elle, mais tu sais comment est Kristoff. Il ne se vanterait jamais comme ça.

Elle réfléchit un instant et reprit très vite.  

-Enfin...Euh... Sven, lui, pourrait le faire.


Anna acquiesça en accord avec elle.

-Bon dans ce cas, nous devons faire quelque chose, dit-elle avec conviction.
-Je savais que tu dirais ça, c'est pourquoi j'ai dit à Bulda et aux trolls que tu organiserais une petite fête ici. Au château. Ce soir ! Expliqua encore la reine des neiges.

Anna paniqua aussitôt ce qui manqua de faire rire sa sœur.  

-Mais ne t’inquiètes pas, je me suis déjà occupée de tous les détails. Tout ce que tu as à faire, c'est d'occuper Kristoff cet après-midi pour que nous puissions nous installer. Tu pourras le ramener vers le coucher du soleil ! S’exclama-t-elle.
-Je peux le faire, dit Anna avec enthousiasme. Elsa, tu es la meilleure des sœurs. Je te remercie. Comment as-tu eu le temps d'organiser toute une fête ?

La cinquième esprit vit l'ombre du bonhomme de neige commencer à danser et répliqua avec un sourire malicieux :

-Oh, j'ai eu de l'aide...Mais qu’importe...Penses-tu pouvoir t'absenter de tes fonctions pour distraire Kristoff ?
-Pas de problème, lui dit sa jeune soeur en la fixant avec attention, toutes mes réunions d'aujourd'hui ont été annulées, apparemment, il y a il y a un rhume qui sévit dans tout le royaume, même le dîner du Vesterland que nous devions organiser ce soir a dû être reporté parce que Mari n'était pas en forme non plus.
-N’en dis pas plus, prévint Elsa qui prédit déjà intérieurement un rétablissement miraculeux à l'heure indiquée sur l'invitation.
-C'est dommage, car Olina a cuisiné et fait des pâtisseries toute la matinée, continua pourtant Anna qui renifla l'air, je peux sentir le chocolat et le beurre d'ici.

Puis elle eut un éclair de lucidité et ajouta :

-Hey ! Mais tu peux peut-être utiliser ce qu'Olina a fait pour la fête !  

Elsa réprima l'envie de rire et renchérit plutôt :

-C'est une excellente idée. Je vais lui demander.

Pendant ce temps sa cadette réfléchit encore un instant en murmurant :  

-Il faut juste trouver une raison pour faire sortir Kristoff du château.

Elsa essaya immédiatement de jouer la comédie et rétorqua :

-J'en ai déjà trouvé une ! Dis-lui que tu dois aller chercher des biscuits pour une soirée de jeu spéciale sur le thème des vacances que nous allons organiser puisque je suis là tôt.

Elsa sortit aussitôt une liste de sa poche qu’elle tendit à Anna. La jeune femme la lut et marqua une pause avant de demander :  

-Tu as commandé sept types de biscuits et de pâtisseries à sept boulangeries différentes ?
-Les sept biscuits d'Arendelle sont une tradition des fêtes de fin d'année, lui rappela-t-elle, plus tu t'arrêtes, plus tu gardes Kristoff occupé, de plus, je savais que tu ne délaisserais pas une des boulangeries du royaume en dehors de l'Ust.
-Eh bien...Je suppose oui...Nous allons donc faire beaucoup de dégustations en cours de route, dit Anna avec détermination alors que l'horloge du village commençait à sonner, tu peux compter sur nous !

L'ombre du bonhomme de neige au coin de la rue continua à danser tandis que la nouvelle reine commença à marcher à reculons.

-Je vais juste changer de robe, chercher Kristoff, et ensuite nous ne serons plus dans tes pattes ! Lui déclara-t-elle.

L'ombre s'arrêta aussitôt de danser comme si Anna ne devait pas remarquer sa présence.

-Ne te change pas ! S’exclama alors Elsa à la va vite si bien que sa sœur vacilla, enfin...Euh...Je veux dire... Tu es ravissante comme ça, et en plus, le test de dégustation des biscuits est une sorte d'activité officielle de la reine. Tu dois te montrer sous ton meilleur jour.

La rouquine sourit et répliqua :

-Qu'est-ce que je ferais sans toi ?! Je vais appeler Kristoff et je reviens tout de suite !

Alors qu'Anna courut dans une direction, la reine des neiges réalisa que son fiancé se dirigeait vers le hall depuis l'autre direction avec Sven. Elsa essaya de cacher la silhouette de sa soeur en train de reculer pour qu’il ne la voit pas. Le jeune homme portait une blouse bleue et une chemise blanche dont le col lui semblait trop serré. Ses cheveux étaient même gominés et domptés. La cinquième esprit essaya de ne pas rire à la vue du fiancé de sa sœur tout aussi perdu qu’elle par les alternatives de cette journée.

-Je n'arrive pas à croire que toutes nos livraisons aient été annulées aujourd'hui, dit Kristoff pour faire parler Sven.
-Heureusement qu'Olina les a toutes prises pour le dîner du Vesterland qu'elle a dit que nous faisions ce soir, renchérit-il de sa voix normal, il n'y a rien de pire que de la glace gaspillée.

Puis il aperçut sa future belle soeur et sourit en déclamant :

-Elsa, salut ! Je pensais que tu ne reviendrais pas avant la semaine prochaine !  

La jeune femme lui rendit son bonjour tout en continuant de lorgner l'ombre du bonhomme de neige dans l'embrasure de la porte qui se mit à bouger.

-Tu es la personne que je cherchais aussi, admit-elle.  

Le montagnard eut l'air surpris.

-J'espérais que tu pourrais m'aider à préparer une surprise pour Anna, dit-elle.  

Les joues de Kristoff rougirent à la mention de sa fiancée et il s’écria :  

-Je ferais n'importe quoi pour Anna. Qu'est-ce qu'il te faut ? de quoi as-tu besoin ?
-J'espérais que Sven et toi pourriez la tenir à l'écart du château cet après-midi pour que je puisse lui organiser une retraite au spa, expliqua la reine des neiges en posant une main froide sur son épaule, elle a travaillé si dur que j'ai pensé qu'elle aurait besoin de se faire dorloter.
-C'est une excellente idée, commenta Kristoff.
-Je savais que tu serais d'accord ! Nota Elsa avec un grand sourire avant d’ajouter, les intendants vont lui aménager une pièce pour qu'elle puisse se détendre, avec beaucoup d'aromathérapie et un massage. Tout ce dont nous avons besoin, c'est d'un peu de temps pour tout mettre en place. Penses-tu pouvoir distraire Anna ?
-Bien sûr, dit le montagnard sans hésiter, si elle n'a pas de réunions, je ferai tout mon possib...

Mais la cinquième esprit lui coupa la parole avant :

-Tu as de la chance, tout est annulé ! Il y a un rhume qui circule !

Elle sortit alors un autre papier de sa poche et dit encore :

-Tout ce que tu as à faire, c'est de dire à Anna que tu dois effectuer sept arrêts cet après-midi dans sept boulangeries pour...
-...Oh ! Je vois ! Tu as pris les sept biscuits et les pâtisseries traditionnels de la fête ? Devina Kristoff, l'une des traditions d'Arendelle que nous préférons avec Sven, n’est-ce pas mon grand ?!

Il lui donna tout de suite un coup de coude affectueux pendant que le cervidé répondit pour lui :  

-J'aimerais bien que le gâteau aux carottes soit l'une des pâtisseries ! Acquiesça le renne.
-Tu pourras faire cette suggestion cet après-midi lorsque tu visiteras tous les magasins du village, reprit l’ancienne reine amusée, dis à Anna que les biscuits sont destinés à un test de goût que nous ferons tous lors du dîner du Vesterland ce soir, le jeu aura lieu au coucher du soleil.
-C'est une excellente distraction, approuva Kristoff en toute confiance, elle va sauter sur l'occasion pour montrer les pâtisseries d'Arendelle...Elle et Mari sont très friandes de ce genre de compétitions.
-Oui ! Je les ai déjà entendues en débattre, reprit Elsa, alors, prenez votre temps, profitez du village ! Dégustez quelques friandises ! Tu pourras ramener Anna vers le coucher du soleil pour le dîner du Vesterland et ensuite, c'est parti pour sa soirée de spa.

Kristoff se gratta immédiatement la tête et répéta :

-Une soirée au spa ? Je ne savais même pas que cela pouvait existait.  

La cinquième esprit fit une pause tandis que l’ombre d’Olaf cessa de danser. A courts d’idées, elle finit par bredouiller :

-Eh bien...Si...Si, cela existe...De toute façon, la soirée est plus relaxante.
-C'est vrai, admit Kristoff.

Puis il détailla ses vêtements et ajouta :

-Bon ! Je vais me changer puisque ce n’est pas trop adéquat avec nos activités ! Kai m'a laissé cette tenue ce matin, il a dit qu'il fallait être bien habillé aujourd'hui. La chemise est assez contraignante.

Il appuya son commentaire en tirant sur le col serré autour de son cou.

-Tu sais quoi ? Je pense que tu devrais rester dans cette tenue, reprit Elsa rapidement. Anna sera sur son trente-et-un puisque la dégustation de biscuits est une activité officielle, et comme tu es son prince consort, après tout.

Kristoff soupira et tira à nouveau sur sa chemise en grommelant :

-Soit...Mais seulement parce que c'est pour Anna. Elle aurait bien besoin d'une nuit de repos.

Il regarda autour de lui et reprit :

-Il me reste plus qu’à la trouver.  
-Pas la peine, dit la reine des neiges tandis que sa cadette revenait en courant du coin de la rue, en réalité c’est VOUS DEUX qui auraient bien besoin d’une soirée spa.
-Te voilà ! S’exclama enfin la jolie rousse à l’adresse de son fiancé tout en regardant Elsa comme si les deux étaient dans un grand secret.

Ironiquement le montagnard Kristoff lança le même regard à l’ancienne reine d’Arendelle.  

-Je venais justement te trouver ! S’exclama-t-il.
-Vraiment ? Rit Anna, j'ai besoin de toi pour m'aider à...
-...Ramasser des biscuits dans toutes les boutiques et chez tous les boulangers d'Arendelle ? Compléta-t-il, Elsa m'a déjà dit. Je suis à ton service.

Sven renifla aussitôt et ses oreilles se dressèrent. Il semblait regarder l’aînée des deux sœurs comme s'il savait qu'il se passait quelque chose. Elsa maintint un regard innocent et jeta un coup d'œil à l'horloge de la place par la fenêtre la plus proche. Le temps passait à une vitesse folle...

-Bien, maintenant que vous êtes tous les deux ici, et que vous savez ce que vous avez à faire, vous devriez vous mettre en route ! Suggéra-t-elle en les poussant l’un vers l’autre, Allez ! A ce soir !

Méfiant, le cervidé continua de jeter un regard interrogateur à Elsa tandis que les trois se dirigèrent vers le couloir. Les amoureux débattaient du meilleur biscuit de leur liste. Olaf attendit que le couple disparaisse pour sortir la tête de l'embrasure de la porte.

-Je crois que Sven a des soupçons ! Déclara-t-il.  
-Tu as peut-être raison, mais l'important, c'est qu'Anna et Kristoff l'aient embarqué, répliqua-t-elle.

La reine des neiges ouvrit la fenêtre la plus proche et appela Courant d’Air. Elle tendit bientôt une note que l'esprit du vent prit.

-S'il te plaît, laisse ce mot à Bulda, Cliff et les autres trolls pour leur dire que nous sommes prêts à les accueillir. Nous avons beaucoup de choses à préparer et peu de temps pour le faire ! S’exclama-t-elle.
Vif, l'esprit du vent emporta le message.
-Merci, Courant d’Air ! Venez tous maintenant ! Cria Olaf. Opération Anna/Kristoff en action !

Une foule de membres du personnel du château et des villageois sortirent de toutes les portes fermées. Deux intendants portaient une sculpture de glace représentant leur reine et son homme des montagnes. Plusieurs autres portaient des bouquets de crocus, la fleur officielle d'Arendelle, tandis qu'un autre groupe de la boulangerie Blodget portait des plateaux d'eplekake (le gâteau aux pommes était l'un des gâteaux préférés d'Anna et de Kristoff), d’autres eplekake avaient du coulis caramel. Il y avait aussi un gâteau au chocolat dont elle savait que sa sœur raffolerait. Olina préparait le filet de porc rôti avec beaucoup d’émotions car c’était aussi le préféré du roi Agnarr et Anna adorerait surement ce clin d'œil à la participation de leurs parents à cette journée. Pour Elsa, tout se passait comme prévu pour l’instant. Elle espérait que cela dure.

-Viens, Olaf. Commençons à décorer la cour ! Décréta-t-elle.
-Je suis prêt ! Lança-t-il en frappant ses bras en bâton l'un contre l'autre, j'adore les fêtes de fiançailles ! Je ne pense pas avoir jamais été à une fête de fiançailles, mais je sais déjà que je vais les aimer. Surtout que celle-ci est une surprise !  
-Olaf, c'est toujours une surprise, n'est-ce pas ? Demanda aussitôt Elsa avec douceur de peur qu’il n’eût fait une gaffe, Anna ne sait rien, n'est-ce pas ?
-Non ! dit-il, tu me l'as dit il y a seulement une heure !  

La cinquième esprit confirma par un signe de tête. Elle savait néanmoins qu'une heure, c'était encore beaucoup de temps pour un bonhomme de neige pour garder un secret.

-Je vérifiais juste, reprit-elle, n'oublie pas que ton travail consiste à surveiller nos deux tourtereaux !  
-J'ouvrirai l'œil ! Promit-il, pour l'instant, tout ce que je vois, c'est notre organisateur de fêtes.
-Youhou ! Salua soudain quelqu'un avec un accent familier.

Le géant qui s'approchait avait des cheveux roux et portait un bonnet et un chandail vert assorti sur lequel était tricoté le mot FIANCES sur le devant, avec des images d'Anna et de Kristoff.

-Nous n'avons pas beaucoup de temps, ja ?! Il faut faire vite ! Clama-t-il.

C'était Oaken, ou dans ce cas, Oaken du bazar d’Oaken... et Sauna. Elsa ne savait même pas qu'il organisait des fêtes, mais lorsque la famille de Kristoff et elle-même avaient commencé à parler du projet, elle s'était rendue compte qu'il avait vraiment pleins d’idées. En pensant à la façon de porter un toast à l'heureux couple, le commerçant roux à la bonhomie avenante lui était apparu de nulle part...Lui et son sauna...
Pile quand elle pensa cela, deux hommes entrèrent dans un coin avec un sauna rectangulaire qui n'était pas plus grand qu'un placard.

-Oaken, pourquoi aurions-nous besoin d'un tel objet à la fête ? Questionna tout de suite la reine d’une voix dubitative.  
-Tout le monde aime un bon sauna ! Se justifia-t-il.
-Oui c’est mon cas ! Acquiesça Olaf, même si je fonds la plupart du temps.

Elsa se tint la tête. Ces quatre heures allaient être longues...

(TROIS HEURES ET DEMIE AVANT LA FÊTE )

-Allons manger des biscuits ! S’écria Anna en applaudissant tandis que Sven tirait leur traîneau hors du château, dans les rues enneigées, où devrions-nous aller en premier ?!
-Peut-être l'endroit le plus éloigné ? Suggéra Kristoff.

Il commençait à transpirer à l'idée de distraire Anna pendant des heures sans rien laisser paraître, Il n'était pas nécessaire de se dépêcher et de rentrer au château alors qu'il faisait si beau...Souhaitant vérifier la météo, ils levèrent tous deux les yeux. Le ciel d'Arendelle était typiquement hivernal : gris et un peu venteux. Ni l'un ni l'autre ne reconnut l'absence de soleil.

-Je vais regarder la liste qu'Elsa m'a donnée et voir où se trouve la boulangerie la plus éloignée, déclara la cadette d’Arendelle.

Elle sortit son papier en même temps que Kristoff qui avait également la sienne.

-Quoi ?! Elle t'a aussi fait une liste ? Questionna-t-elle, surprise.  
-Oui, admit le montagnard avec confusion, elle t'en a donné une aussi ?
-Peut-être au cas où l'un d'entre nous en aurait perdu une ? Devina-t-elle alors qu’ils rapprochèrent leurs têtes pour en détailler qu’une seule.

« Venez chercher pleins de bonnes choses aujourd'hui ! 1. Krumkaker de la boulangerie Blodget's  
2. Bordstabelbakkels à la boulangerie des Frères Gaufres,
3. Pattigmann des Olsen
4. Sandkaker des Kaugens
5. Sirupssnipper de la boulangerie des douceurs de Tomally.
6. Berlinerkranser des Bergs
7. Smultringer de Gerda


-Wow, Arendelle a beaucoup de boulangers ! S’exclama Anna qui ne s’en était jamais vraiment rendue compte.  
-Oui ! Et elles sont toutes dispersées dans Arendelle, reprit Kristoff en désignant la dernière de la liste, non pas que nous devions nous dépêcher de retourner au château de toute façon...
-Absolument pas, s'empressa d'ajouter sa chère et tendre, goûter les biscuits prend du temps.
-Beaucoup de temps, répéta-t-il, mal à l’aise.
 
Sven fit immédiatement un bruit étrange et son ami le regarda par-dessus le traîneau.

-Tu as dit quelque chose, mon grand ? Ajouta-t-il.  
-Non ! dit le renne.

Aussitôt le couple se regarda et détourna les yeux. Aucun des deux ne vit l'autre déglutir avec peine.

-Tomally est la boulangerie la plus éloignée, dit la nouvelle reine en désignant l'une des boulangeries de la liste, c'est tout en haut des montagnes. Comment Elsa peut-elle connaître cet endroit ?!
-Je ne sais pas, réalisa Kristoff, est-ce que c'est celle qui fait les bonhommes de neige au sirop ? J'adore ça !  

A ces mots Sven se frotta tout de suite les lèvres.

-C'est quand même assez loin, remarqua-t-elle, peut-être trop, l'aller-retour pourrait prendre deux heures, or nous devons nous arrêter aux sept endroits de cette liste et être rentrés pour le coucher du soleil.
-Le coucher du soleil ? Répéta Kristoff qui se figea, qui a parlé de coucher de soleil ?!
-Je n'ai pas parlé de coucher de soleil. Est-ce que j'ai dit coucher de soleil ? Grinça immédiatement sa fiancée, eh bien, je n'ai pas parlé de coucher de soleil, bien que le coucher du soleil soit un bon moment pour rentrer à la maison. Pour le dîner. Non pas que nous dînions.
-Peut-être pour se détendre ou se faire masser...Ou pas du tout...Qui aurait besoin d'un massage de toute façon ? Reprit le montagnard en tirant péniblement sur son col.
-Allons chez Tomally ! S’écria-t-elle pour changer de sujet.
-Oui ! Bonne idée, vas-y doucement, mais pas trop, Sven ! Reprit à nouveau son fiancé.

Anna jeta un coup d'œil à l'horloge du village lorsqu'ils la dépassèrent

-Nous avons tout notre temps...Je pense, murmura-t-elle.  

(TROIS HEURES AVANT LA FÊTE)

Courant d’Air aidait Elsa et Olaf à accrocher une grande banderole dans la cour sur laquelle était écrite : « FÉLICITATIONS, ANNA/KRISTOFF » quand un bruit de tonnerre se fit soudain entendre. Oaken s'arrêta de placer ses cartes de visite en bois sculpté à la main sur chaque chaise et leva les yeux. Toutes les tables et les chaises de la cour se mirent à trembler.

-Les voilà ! s'exclama le bonhomme de neige.

Il se dirigea alors vers les portes du château où quelques dizaines de rochers roulèrent rapidement le long du chemin qui reliait le village au domaine et arrivèrent à l'entrée de la cour. L'un des blocs en tête du peloton rebondit dans les airs et se déploya devant Elsa.

-Kristoff va se marier ! S’exclama Bulda avec une mine triste, je n'arrive pas à croire que mon garçon a grandi et qu'il se marie enfin avec une fille ! Et pas n'importe laquelle : Anna !

Olaf applaudit et renchérit :

-Moi aussi, je suis heureux. Pendant un moment, j'ai cru que Kristoff allait épouser Sven.
-Merci d'être venus un peu plus tôt, déclara alors la reine des neiges en jetant un coup d'œil au ciel qui commençait à s'assombrir.

Avec le solstice d'hiver qui approchait, les heures de clarté étaient plus courtes, ce qui était parfait puisque les trolls ne se réveillaient généralement qu'à l'aube.  

-Bien sûr ! Bien sûr ! Nous sommes tellement excités ! Reprit la troll femelle alors que, tout autour d'elle, les autres de son espèce commençaient à se déployer et à se déplacer dans la cour pour voir ce qui avait déjà été fait.

La cinquième esprit dut admettre qu'elle a bien fait d'engager le service d'organisation de fêtes d'Oaken. La cour avait été aménagée du décor traditionnel des fêtes de fin d'année : Des couronnes, des branches de houx et des tables festives qui donnaient au château une allure hivernale ainsi que des tables festives qui donnaient au château un aspect de pays des merveilles. Des lanternes étaient suspendues à des cordes au-dessus des tables et placées stratégiquement dans la cour, donnant à l'ensemble de l'espace un air de fête. Une sculpture de glace représentant Anna et Kristoff se trouvait au centre de l'ensemble. Pour la touche finale, Elsa avait prévu de créer une très légère chute de neige au début de la fête. C'était élégant, ça criait Arendelle. Cette fête était digne de sa sœur et de son futur beau-frère. Elle soupira de bonheur. La reine des neiges et Bulda se tournèrent soudain vers la sculpture de glace des deux fiancés qui se renversa sur le côté.

-Oh non ! S’écria aussitôt la reine des neiges.  
-Désolé ! Hurla un troll en redressant, Mais ne vous inquiétez pas ! Je vais la rendre plus belle !

Outré, Olaf porta ses bras de brindilles à son visage en criant :

-Anna et Kristoff ont perdu la tête !

Bulda s'esclaffa immédiatement :

-Non, non ! Nous les remplaçons simplement par des têtes de trolls traditionnelles, c'est la coutume d'avoir des sculptures de pierre à l'effigie d'un couple lors d'une cérémonie de mariage. Regardez comme elles sont belles !

Plusieurs créatures s'étaient empilées les uns sur les autres pour atteindre le sommet de la sculpture, où ils collèrent de petites têtes de trolls avec des cheveux d'herbe tandis que toute la communauté de ce peuple applaudit. Elsa pensa tout de suite que c’était très bien car elle voulait que Bulda et les trolls se sentent à l'aise à la fête. Mais lorsqu'elle regarda de plus près, elle dut cacher sa surprise devant les sosies d'Anna et de Kristoff. Apparemment, les trolls pensaient que son futur beau-frère était beaucoup plus poilu qu'il n'y paraissait. De la mousse et de l'herbe lui sortaient des oreilles et des narines. Anna, quant à elle avait des cheveux longs. La reine des neiges dut admettre que les cheveux de sa sœur ressemblaient à ceux qu'elle avait au réveil. A ce moment précis, deux trolls passèrent, portant un auvent en bois orné de champignons, de mousse et de pissenlits. L'odeur qui s'en dégageait était accablante.

-Oooh ! Qu'est-ce que c'est ? Demanda Olaf en suivant les trolls.

-Le dais de mariage traditionnel, dit fièrement Bulda, nous l'avons fait pour notre Kristof.
-Bulda, tu sais qu'ils ne se marient pas aujourd'hui, n'est-ce pas ? Reprit la cinquième esprit agacée en sentant ses doigts qui recommençaient à picoter.

Elle plissa le nez et se retint d'éternuer de peur de voir apparaître quelques de neige. Les choses étaient déjà un peu mouvementées.

-Oui, oui, mais ils devront poser en dessous, car nous voudrons le bénir avant leur mariage dans la vallée, dit Bulda.
-La vallée ? répéta Elsa, abasourdie.

Anna devait se marier ici, au château, mais elle ne le dit pas, ou plutôt elle se taisait à moitié en regardant le dais que l'on plaçait sur la table d'honneur. Les mouvements des trolls renversèrent deux lanternes éteintes, ce qui fit tomber plusieurs assiettes sur le sol.

-Mon chemin de table ! Paniqua Oaken en se précipitant.
-Vous n'avez pas besoin de ça ! Nous avons apporté de plus belles assiettes, dit Bulda, elles sont sculptées dans du bois. Nous avons même des nappes en mousse !

Quelques trolls commencèrent à en dérouler une.

-Umm... commença Elsa.

Elle n'était pas sûre de savoir comment le dire avec délicatesse.

-Wow, ça sent comme Kristoff après une livraison de glace ! Reprit Olaf avec joie, et maintenant, ça va être sur la table. Avec de la nourriture.

Ne souhaitant pas l’entendre de cette oreille, le commerçant voulut les arrêter.

-Youhou ! J'ai déjà mis la table. Elle est belle. Ja ?!
-La table sera plus belle avec la nappe en mousse, assura Cliff, le papa troll de Kristoff, un peu indigné.
-Non, non, dit Oaken, cette table est déjà digne d'une reine.
-Cette nappe aussi, renchérit le troll mâle, c'est un cadeau de Grand Pabbie, et elle doit être avec Anna et Kristoff. C'est la tradition !
-Oui ! C'est la tradition, répéta Bulda en regardant Elsa d'un air suppliant, nous devons l'utiliser pour notre garçon, nous sommes tellement heureux pour le couple et reconnaissants que vous nous ayez fait participer à l'organisation de la fête !

Les yeux d'Elsa se remplirent à nouveau de larmes tandis qu’elle se mordit violemment la langue. Si son futur beau-frère et sa soeur voulaient manger sur un lit de mousse, qui était-elle pour les en empêcher ?!

-Bien sûr. Nous ne voudrions pas qu'il en soit autrement, finit-elle par répliquer.

Bulda sourit, dévoilant ses dents, et roula pour aider Cliff. Pendant ce temps Olaf chuchota à l'oreille de la cinquième esprit « Joli sauvetage ».  

-Elsa ! Cria alors Oaken, ils sont en train de changer tout mon travail !

La reine des neiges regarda aussitôt autour d'elle. En quelques minutes, les trolls avaient enlevé le houx et l'avaient remplacé par des brins d'herbe. Toute la cour sentait soudain la terre. Ce n'était pas du tout la fête qu'elle avait imaginée pour les fiançailles d'Anna et de Kristoff.

-C'est...Différent, commenta Olaf, comme s'il entendait ses pensées, j'ai l'impression que nous sommes de retour dans la Forêt Enchantée.
-La seule différence, c'est que nous sommes à Arendelle et que nous fêtons l’avènement de la reine ainsi que son futur mari, murmura Elsa avec inquiétude, que vont-ils penser de tout cela ?

(DEUX HEURES AVANT LA FÊTE)

-Cela a pris plus de temps que prévu, mais c'était délicieux, déclara le montagnard en se léchant les doigts alors qu'ils retournaient au village en traîneau.

Il rota et ajouta :  

-Je crois qu'il y a eu trop de sirupssnipper, et d’anneaux de gelée !

Il se tapota immédiatement l'estomac, sans remarquer que la poudre blanche recouvrait le devant de sa chemise. De même Anna épousseta sa robe, dont le devant était lui aussi couvert de sucre glacé.

-J'ai été un peu trop près du sucre en poudre, c'était délicieux, mais je vais devoir me changer avant ce soir ! Nota-t-elle.  

Kristoff la regarda alors étrangement.

-Ce soir ? Tu vas probablement porter ta robe de chambre. Enfin, pas seulement ton peignoir euh...

Son fiancé ne termina pas sa phrase et déglutit péniblement.

-Pourquoi ai-je besoin d'un peignoir ? demanda immédiatement sa jolie rousse.  
-Non mais je dis n’importe quoi ?! Quand je disais peignoir, je voulais dire un pyjama !
-Un pyjama ? Pour une fête ? Enfin...Pour une soirée jeux, renchérit-elle en se couvrant la bouche.
-Quelle soirée de jeux ? demanda derechef Kristoff, enfin qu’est-ce que je raconte ?!  je veux dire que tu n'es pas obligée d'être bien habillée ce soir.

Il se passa aussitôt une main dans les cheveux et soupira bientôt :

-Sven ? A l'aide !

Le renne sembla gémir alors qu’Anna se mordit la lèvre,

-Je voulais dire qu'il faut se nettoyer, tu sais, avant notre prochain arrêt. Une reine ne devrait pas être couverte de sucre en poudre devant ses futurs beaux-parents...

Sven renifla immédiatement tandis que Kristoff se redressa d’un coup en tressaillant :

-Tu as dit "beaux-parents" ?

Mais la cadette d’Arendelle ne l’écouta pas et continua :

-Peut-être que Gerda peut m'aider à me changer rapidement, et toi aussi, tu devrais être beau pour... attends...Non, oublie, de toute façon tu es déjà beau comme ça, et puis pourquoi es-tu habillée de toute façon ? Le dîner au Vesterland a été annulé !
-Ce n’est pas moi qui décide ! C’est Elsa ! Elle a dit qu'il fallait être bien habillé pour les affaires officielles, répondit-il en haussant les épaules, attends cependant, tu as dit que le dîner avec le royaume de Vesterland était annulé ? Non, il n'est pas annulé. Il a été avancé pour qu'Elsa puisse planifier le...
-Planifier quoi ? Notre soirée jeux ? Questionna aussitôt Anna, confuse, je pensais que c'était pour cela que tu t’étais fait beau, non pas que tu n'aies pas toujours l'air bien, toi aussi. Tu es juste plus beau.

Elle commença à transpirer et s'essuya le front se mettant du sucre en poudre sur le nez depuis sa manche tout en se tournant elle aussi vers le cervidé en l’implorant :

-Sven ? Aide-moi...

Le renne gémit à nouveau. Reprenant pieds, Kristoff essuya tout de suite la poudre sur le nez d'Anna et déclara ensuite d’une voix posée :

-Oublie tout ce que nous venons de dire tous les deux ! Le fait est que nous ne retournerons pas au château pour nous changer.
-Bien, dit Anna, soulagée.

Son fiancé jeta un coup d'œil à l'horloge du village et rétorqua :

-Nous avons encore six arrêts, continuons jusque chez les Olsen !  
-Oui, les Olsen, répéta sa douce rousse en regardant sa liste, c'est l'heure du Fattigmann !  

(UNE HEURE ET DEMIE AVANT LA FÊTE)

-Couronnes !
-Guirlande de mousse !
-Couronnes !
-Guirlande de mousse !

Cliff et Oaken étaient en train de s'affronter sur la décoration de la fête de fiançailles, et l'heure de début de la fête n'était plus très loin. Du moins si Kristoff et Anna ne revenaient pas plus tôt. La fête avait l'air moins bien organisée qu'il y a une heure. Bulda discutait avec l'un des employés du commerçant de la meilleure façon de s'asseoir entre sur un rocher ou sur une chaise. Les intendants n'arrêtaient pas de retirer les nappes de mousse, et les trolls n'arrêtaient pas de les remettre en place. La chorale des trolls et la chorale des enfants, qui avaient accepté de faire équipe pour chanter la sérénade à l'heureux couple, avaient depuis décidé qu'elles ne pourraient pas le faire car elles n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur une chanson. Une dispute avait même éclaté à propos du punch de l'arc. Les trolls voulaient ajouter du lichen, et Oaken était enragé à cette idée.

-Olaf, dit Elsa en observant le chaos, cette fête tourne au désastre. Qu'est-ce qu'on va faire ?
-A propos du décor ou du fait qu'Anna et Kristoff sont de retour au village et qu'ils s'en rapprochent ? Demanda aussitôt le petit bonhomme de neige en pointant un doigt vers les portes ouvertes où les deux tourtereaux et Sven venaient de passer.

Ils semblaient parler de manière animée. Savaient-ils qu'elle les avait piégés tous les deux ? Elsa utilisa immédiatement sa magie de glace pour fermer les portes pour qu’ils ne puissent pas voir à l'intérieur de la cour. Puis elle se tourna vers Olaf et déclara :

-Tu dois dire à l'avant-dernier de la liste des boulangers de les retenir.
-Même si Anna et Kristoff ont déjà compris que tu as créé une ruse élaborée pour les tromper tous les deux et qu'ils laissent entendre l'un à l'autre ce qu'ils pensent qu'il se passe réellement et même si ce n'est pas le cas, mais qu'ils décident quand même de revenir ici. ? Questionna aussitôt sa créature, Wow, c'était beaucoup de mots à dire en une seule respiration.

Il se tint aussitôt l'estomac par le charbon central. La reine des neiges sentit sa panique monter.

-Invente quelque chose pour qu'ils restent dehors. S'il te plaît ?! L’implora-t-elle.  

Le bonhomme de neige s’exécuta et se dirigea vers les portes.

(UNE HEURE AVANT LA FÊTE)

-Je me sens un peu mal d'avoir fait tous ces arrêts à la hâte, dit Kristoff, en regardant les piles de boîtes de biscuits maintenant nichées dans le traîneau derrière eux.
-Nous n'avions pas le choix. Nous manquons de temps, expliqua Anna en regardant le ciel presque noirci, nous sommes allés chez Blodget, les frères Gaufres, chez les Olsen et chez les Haugen. Il ne reste plus que le Berg avant Gerda !  

Elle regarda bientôt une maison illuminée, avec des bougies aux fenêtres et une couronne sur la porte d'entrée.

-Nous avons de la chance ! Ils sont dans cette rue ! Ajouta-t-elle.

Le débiteur de glace s'arrêta devant la maison, sauta du traîneau et aida sa fiancée à en sortir. Ils venaient à peine d'atteindre la porte que celle-ci s'ouvrit d'un coup sec. Une douzaine de personnes élégamment vêtues se tenaient dans l'embrasure et semblaient stupéfaits de les voir.

-Reine Anna ! Que faites-vous ici ? Renchérit la femme qui se trouvait devant, cachant un bouquet de crocus derrière son dos.
-Nous venons chercher les biscuits qu'Elsa a commandés pour... Commença la cadette d’Arendelle.

Elle ne sut cependant pas comment finir cette phrase. Elle n'arrêtait pas de tout gâcher.

-Pour la soirée jeux, ou peut-être pour le dîner avec Vesterland, admit Kristoff.

Une petite fille lui tendit aussitôt les biscuits et se mit à glousser.

-Non, vos altesses ! Les biscuits sont pour la fête !

Tous les habitants de la maison se retournèrent vers elle pour la faire taire. La fête ? Anna se mit à rire et répliqua :

-Oh non ! Nous ne faisons pas du tout une fête pour célébrer quoi que ce soit, comme par exemple pour un anniversaire ou un choix de carrière...

Kristoff rit maladroitement, lui aussi et renchérit du tac au tac :

-Non ! Evidemment... Pas une fête non plus pour une soirée au spa !

Ils se regardèrent soudain avec méfiance.

-Une journée de spa ? Répéta Anna.
-Une fête d'anniversaire ? Questionna à son tour Kristoff.
-Bonjour ! S’exclama alors Olaf qui se fraya un chemin jusqu'à la porte de la boulangerie.  
-Olaf, que fais-tu ici ? L’interrogea aussitôt la jolie rousse.  
-Elsa trouvait que vous preniez trop de temps tous les deux, alors elle m'a demandé de vous chercher !
-Alors elle veut qu'on revienne plus tôt ? Demanda le montagnard avec surprise.

Devant la maison, Sven semblait grogner et s'ébrouer si bien que le bonhomme de neige le fixa d'un air méfiant.

-Um... eh bien, non. Non, ce n'est pas ça. Elsa m'a demandé de...Essaya-t-il avant de se bloquer comme s'il voulait fondre, Elsa m'a dit de venir aider avec tous les biscuits. Avec toi ! Parce que... parce que...
Sven s'ébroua à nouveau follement.
-Ne le dis pas, Olaf, murmura tout de suite la petite fille.
-...Pour qu'aucun de vous ne gâche la surprise, expira tout de même la créature de la reine des neiges, je n'ai pas dit que la surprise était pour vous deux mais que c'était une surprise, tu vois je peux garder un secret.  
-Une surprise pour nous deux ?! S’interrogea le couple en même temps.
-Excusez-moi, dit le bonhomme de neige qui se précipita vers le renne et l’emporta, Sven et moi devons y aller !
-Attends ! Appela Kristoff.

Mais Olaf avait déjà sauté sur le dos du cervidé et le détacha du traîneau.

-Sven est notre moyen de transport ! Grommela-t-il encore.  

(QUARANTE-CINQ MINUTES AVANT LA FÊTE)

Olaf franchit les portes sur le dos de Sven et fit face à Elsa.

-La fête peut être annulée, ils le savent."
-Comment ? gémit la cinquième esprit.
-Ils ont posé beaucoup de questions, lui dit-il, c’était stressant.

En arrière-plan, on entendait toujours beaucoup de cris.

-Peu importe, grommela la reine des neiges, nous avons des problèmes plus importants. Regarde la cour !

Partout où les deux compagnons jetèrent des coups d’oeils, les trolls et les intendants se disputaient pour tout : Le décor ! Le menu ! L'emplacement du sauna ! Les chaussures !

-Pourquoi les gens crient-ils à propos des chaussures ? demanda aussitôt Olaf.
-Bulda pense qu'il serait bien que tout le monde soit pieds nus, tandis qu'Oaken dit qu'il serait déplacé de montrer les pieds de la reine à moins qu'elle ne porte des chaussettes tricotées à la main autrement dit celles que l'on peut acheter à son bazar, expliqua Elsa exaspérée, apparemment, c'est une tradition troll de ne pas porter de chaussettes lors d'une fête...

Le bonhomme de neige brandit aussitôt ses deux pieds de boule de neige et plaisanta bientôt :

-Pour ma part cela me convint amplement, mais pourquoi le sauna fume-t-il ainsi ?

Elsa leva tout de suite les yeux et murmura encore :

-Oh non...

La vapeur sortit du bâtiment et plusieurs trolls dansèrent autour en chantant une sorte de chanson de rassemblement. Les ouvriers d'Oaken essayaient de les chasser pour qu'ils puissent réparer ce qui n'allait pas mais les créatures ne voulaient pas partir.

-Youhou ! Reine Elsa ! J'ai besoin de votre aide ! Cria le commerçant.  
-Reine Elsa ! Dit à son tour Bulda, moi aussi !

La reine des neiges, désespérée ouvrit des yeux implorants vers Olaf et murmura entre ses dents :

-La question est : qui va m'aider ?

(TRENTE MINUTES AVANT LA FÊTE)

-Tu crois qu'Elsa nous ment à tous les deux ? Questionna Anna en pressant Kristoff tandis que tous deux marcher à pied dans les rues du village avec autant de boîtes de biscuits qu'ils pouvaient en porter.

Les Bergs et le reste des gens de leur maison avaient parlé d'un endroit où ils devaient se rendre.

-Elsa ? demanda Kristoff, mentir ? Je la vois mal faire ça.

Il marqua une pause.

-Bien qu'elle t'ait caché Ahtohallan en ne te parlant pas de la voix qu'elle entendait...Admit-il ensuite.
-Exactement ! Renchérit Anna en essayant d'équilibrer trois boîtes de biscuits dans ses bras, tout ce que je sais, c'est qu'elle t'a dit de m'occuper cet après-midi mais que tu ne veux pas dire pourquoi.
-Mes lèvres sont scellées, commenta le montagnard en tenant quatre boîtes de biscuits des Bergs, et elle t'a dit de m'occuper, mais tu ne me dis pas non plus ce qui se passe.
-La coquine ! S’exclama alors la reine d’Arendelle en regardant un groupe de villageois sortir furtivement de chez eux et descendre dans la rue, tout comme les Berg après les avoir poussés de leur boulangerie, elle prépare quelque chose.
-Peut-être qu'elle est préoccupée par son travail, essaya aussitôt son fiancé qui lui donna un petit coup d’épaule, le fait d'être le cinquième esprit implique beaucoup de responsabilités, tu sais, tout comme le fait d'être la reine d'Arendelle.
-C'est vrai, mais je ne veux pas qu'elle me cache des choses, maugréa Anna, je déteste les secrets. Je suis mauvaise pour les garder.
-Moi aussi, admit-il, il y a de bons et de mauvais secrets. Vouloir te demander de m'épouser était un secret difficile à garder, même si j'avais du mal à te le demander.
-Je peux imaginer, renchérit-elle alors que l'horloge commença à sonner, au moins, les secrets que nous avons tous les deux essayé de garder aujourd'hui - mal - sont presque terminés. Allons au château. Peu importe ce qui se passe, nous savons tous les deux que nous devons y être au coucher du soleil, et c'est maintenant !  

(L'HEURE DE LA FÊTE...DU MOINS, C'EST CE QU'ELLE EST CENSÉE ÊTRE)

Le bruit des cris de tout le monde fit mal aux oreilles d'Elsa. Elle regarda Olaf et paniqua :

-Qu'est-ce qu'on va faire de tout le monde ? Ils n'arrivent pas à se mettre d'accord sur rien !
-Je ne sais pas, dit le bonhomme de neige avec inquiétude, c'est dommage que tout le monde ne puisse pas s'arrêter et se souvenir de la raison pour laquelle nous sommes ici - pour serrer Anna et Kristoff dans nos bras. N'est-ce pas le but d'une fête de fiançailles ? Une célébration parce que nous sommes heureux qu'ils se soient trouvés ?

La reine des neiges regarda sa créature avec surprise avant de se pencher pour le serrer dans ses bras.

-Toi, mon ami, tu sais toujours ce qu'il faut dire, Ce groupe a besoin d'un rappel ! Nota-t-elle.

Dès lors, elle se dirigea vers les autres et cria :  

-Tout le monde ? Pourriez-vous m'accorder votre attention, un instant ?!

Lentement, Cliff, Bulda, les trolls, les intendants, Oaken et ses organisateurs, les chœurs des trolls et des enfants, et Olaf se rassemblèrent autour de la table.

-Nous sommes tous ici parce que nous aimons Anna et Kristoff et que nous voulons ce qu'il y a de mieux pour eux, commença la cinquième esprit mais je crains que cela ne soit pas vraiment visible avec toutes les disputes qui ont lieu !

Comme pour confirmer ses dires, la bannière de fiançailles, maintenant recouverte de mousse, s'écrasa sur le sol.

-Nous voulons juste inclure quelques traditions trolls, expliqua Bulda, pour que notre garçon sache à quel point combien nous l'aimons !
-Et Anna mérite une fête digne d'une reine, ja ! Répliqua Oaken tandis que les intendants acquiescèrent.
-Pourquoi cette fête ne peut-elle pas être les deux ? Questionna Elsa, un mélange des deux mondes, comme Anna et Kristoff ? Ils devraient voir le meilleur de chacune de nos traditions !

Olaf se pencha immédiatement vers Elsa et chuchota :

-C'est bien dit.

Tout le groupe resta silencieux pendant un moment. Lentement, ils commencèrent à s'approcher les uns des autres.

-Je suppose que nous ne sommes pas obligés d'avoir de la mousse sur toutes les tables, dit Cliff d'un air réticent, en regardant fixement Oaken.
-Pas sur toutes les tables, ja ? Mais la mousse est jolie sur certaines d’entre elles comme celle où vous allez tous vous asseoir. Et comme l'auvent au-dessus des sièges de Kristoff et d'Anna !
-C'est joli, n'est-ce pas ? Tout comme les bouquets de crocus sur chaque table, dit à son tour Bulda, en s'éloignant avec le commerçant roux, maintenant que j'y pense, l'herbe de paille que j'ai ajoutée est peut-être exagérée.

Elsa entendit Petit Pierre, un petit troll dont Kristoff était proche, dire à une choriste nommée Hedda :

-Nous pourrions chanter deux chansons !  
-Bonne idée ! Deux chansons valent mieux qu'une de toute façon, renchérit la fillette.  

En quelques minutes, tout le monde se mit à discuter de ce qui devait rester et de ce qui devait disparaître. Ainsi chacun s’aida les uns les autres.
La reine des neiges sourit à Olaf et déclara encore :

-Grâce à ta sagesse, j'ai le sentiment qu'Anna et Kristoff vont penser que c'est la meilleure fête de fiançailles de tous les temps.

Le bonhomme de neige jeta aussitôt un coup d'œil par un trou dans les portes du château.

-C'est bien, parce qu'on dirait qu’ils sont déjà là !

(C'EST L'HEURE DE LA FÊTE...POUR DE VRAI)

-Je n'arrive pas à croire que les portes soient fermées, maugréa Anna, debout devant le château, sur la pointe des pieds, en essayant de regarder à travers la fenêtre d'une petite porte avec indignation, c'est une erreur à bien des égards, et pas seulement parce que je ne sais pas ce qu'il en est et pas seulement parce que je suis reine.

Elle entendit beaucoup de mouvements et de conversations, y compris des rires, dans la cour du château. Kristoff posa aussitôt ses boîtes de biscuits sur le sol, à côté de ceux d'Anna, et s'approcha d'elle si bien qu’Anna sentit bientôt une main chaude sur son épaule.

-Très bien, Mademoiselle la Furie Rousse, laissons une minute à Elsa, peut-être que cette surprise, quelle qu'elle soit pour toi... ou pour moi... ou pour nous, est encore en train de se mettre en place... Suggéra-t-il.

La bévue d'Olaf, suivie des paroles de Kristoff, fit réfléchir sa fiancée : Sa soeur aurait-elle pu les piéger parce que la surprise était pour eux deux ? Elle leva immédiatement les yeux vers lui et minauda avec amusement :

-Je ne suis pas sûre que tu le saches, mon chéri, mais j'ai du mal à me tenir à l'écart. Je suis une femme d'action.

Adouci, le montagnard l'attira dans ses bras et susurra à son tour :

-Oh, je sais, et j'aime ça chez toi. Mais peut-être que pour une fois, Elsa nous occupe tous les deux parce qu'elle n'a besoin d'aucune de nos deux aides sur ce coup-là. Elle veut faire cela toute seule. Alors laissons-la faire. D'accord ?

Anna lui sourit :

-D'accord. Nous attendrons tranquillement, sans protester, qu'elle nous dise qu'elle est prête.

Sur ses faits, elle se pencha et l'embrassa tendrement. Ils eurent juste le temps de finir leur baiser que les portes s'ouvrirent d’un coup avec Elsa et Bulda qui les attendaient.  

-Surprise ! Cria la femelle troll avant tout le monde, joyeuses fiançailles !
-Oui ! Joyeuses fiançailles ! Lancèrent alors les autres en applaudissant.  

D'autres villageois - les Bergs, les Olsen, Mme Blodget, les frères Gaufres - affluèrent de tous les côtés de la cour du château. Anna et Kristoff observèrent avec émerveillement le monde entier, trolls et humains apparaître pour les fêter.

-C'est notre fête de fiançailles, dit la cadette rousse en regardant Kristoff avec surprise, je n'arrive pas à y croire !

En fin de compte, Elsa dut admettre que le mélange de touches terreuses et d'élégance du château donnait naissance à un ensemble vraiment sympathique. Cela représentait bien l’inspiration des deux amants. En regardant le Général Mattias discutait avec Grand Pabby, Elsa ne pouvait l'imaginer autrement. C'était la fête qu'ils étaient censés faire.

-Cet endroit est magnifique ! S'exclama Kristoff en se penchant pour serrer Bulda dans ses bras, j'adore les sculptures de glace et de trolls, en revanche, je ne suis pas sûr que tu aies réussi à me coiffer correctement !
-C'est magnifique ! Tu as fait tout ça en quatre heures ? Demanda Anna à Elsa.
-Oui, répondit-elle en souriant à Oaken, qui montrait à Mme Olsen et à Cliff le sauna personnel qu'il avait apporté pour la soirée. Mais j'ai eu de la chance, je n'aurais pas pu le faire sans Bulda et les autres. C'était un travail d'équipe !

Kristoff sourit et sa mère adoptive se moucha dans un mouchoir de mousse.

-Nous sommes tellement heureux pour vous deux les deux tourtereaux ! Nous savions que ce jour viendrait dès que nous avons vu notre Anna pour la première fois !
-Notre Anna, répète doucement la cadette d’Arendelle...Je fais vraiment partie de la famille maintenant.
-Eh oui ! S’exclama à son tour Cliff.  
-Et la famille, rappelle Elsa à Anna, travaille ensemble. Je suis désolée de t'avoir exclue, j'ai juste pensé que vous méritiez tous les deux une surprise, et qu'il fallait faire preuve de créativité pour y parvenir, je savais que j'aurais du mal à vous éloigner du château pendant quelques heures. De plus, je craignais que Kristoff ne soit stressé s'il connaissait l'ampleur de cette fête !
-Tu me connais si bien, Elsa ! Commenta le montagnard alors qu’ils rirent tous ensemble, et tu sais ce qui est bien ?! Maintenant, nous avons plein de biscuits pour tout le monde ! Ajouta-t-il en ayant sa "tour" de boîtes de biscuits dans ses bras alors que les autres étaient sur le dos de Sven.

Le montagnard aida rapidement à décharger les boîtes, tandis que Bulda et Cliff les portèrent chacun vers plusieurs tables où se trouvaient des trolls et les habitants d'Arendelle. Tous étaient assis ensemble, portant un toast à l'heureux couple, tout comme Elsa l'avait imaginé.

Anna prit la main de sa sœur dans la sienne et murmura :

-J'adore ce que tu as fait ici - c'est notre monde à Kristoff et moi et tu as réussi à créer une surprise parfaite.
-Tu n'as pas compris ce qu’il se préparait ? Demanda-t-elle.

Anna sourit et répliqua :

-Je n'en avais pas la moindre idée.

Elsa serra aussitôt la main de sa cadette et regarda son fiancé avant de dire également :

-Félicitations à vous deux. Je suis si heureuse pour vous.

-Moi aussi, je suis heureux pour nous tous, dit Olaf en sautant sur le dos de Sven et en s'approchant pour qu'ils puissent partager la chose préférée d'Elsa : un câlin de groupe.


Dernière édition par Ansa le Lun 11 Déc 2023, 10:57, édité 1 fois

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Lun 11 Déc 2023, 10:53
Troisième histoire avec le scénario le plus what the fuck du monde ! Et une lecture qui n'a pas arrangé ma crainte des baleines et des bestioles sous-marines ! Razz
PS : Les réfs dans cette histoire sont une dinguerie ! Razz

Secret froid au plus profond de soi :

Par Delliah S.Dawson.

La journée était douce et bleue, la mer d'un émeraude profond et étincelant, tacheté de blanc. Une partie de cette écume qui s'élevait à chaque fois que les vagues frappaient la frégate provenait d'un certain bonhomme de neige qui avait le mal de mer,

-Tu ne nous as pas dit que tu avais le mal des transports, dit Anna en donnant une tape dans le dos d'Olaf.
-Demande à Elsa. C'est elle qui m'a rendu comme ça ! Gémit-il.
-Regarde l'horizon, suggéra un vieux marin rusé nommé Frode, qui caressa sa longue barbe grise en regardant Olaf lancer des boules de neige par-dessus le bord du bateau, cela devrait te faire aller mieux.

Le bonhomme de neige grimaça. Tous les autres, au moins, semblaient avoir le pied marin. Sven dut s'arc-bouter sur le pont glissant, les sabots écartés, mais il appréciait le vent vif et se tenait près de la proue avec Kristoff lorsque le bateau descendait et remontait dans les vagues. Anna, excitée par l'aventure, ne demandait qu'à courir d'un bout à l'autre du bateau pour tout voir, mais Olaf exigeait toute son attention. Elsa, bien sûr, était plus qu'heureuse d'être si près de l'eau sauvage, souriant à chaque fois qu'une vague déferlante venait frapper le bateau. Quant au général Mattias, il avait emmené sa bien-aimée, Halima, pour profiter de la mission diplomatique dans la province de Liljeby. La traversée s'annonçait calme et sans incident, et les deux tourtereaux étaient assis côte à côte sur deux tonneaux, profitant de la brise tandis que bien sûr, la seule chose à regarder en ce moment était un bonhomme de neige nauséeux qui parlait.

-Regardez ! Des dauphins ! Cria soudain Elsa en pointant du doigt le côté du bateau, où des corps gris et élancés se balançaient dans la mer ondulante.
-J’ai tou...ours...Voulu...Voir... a-urghblah ! Renchérit le bonhomme de neige.
-Je ne sais pas ce qu'est un urghblah", se moqua gentiment Frode, mais je suis en mer depuis cinquante ans et je n'en ai jamais entendu parler.

Le capitaine Jens était très prudent, il explorait cette région depuis des années et prétendait connaître les moindres recoins des profondeurs insondables de la mer. Quelques marins plus âgés pêchaient sur le côté, quelques cabillauds ou églefins, tandis que les jeunes matelots se déplaçaient sur le navire avec une confiance joyeuse, accomplissant leurs tâches et évitant les petites boules de neige blanches qui roulaient çà et là avec le tangage du pont. Un jeune matelot se prit bientôt les pieds dans l'une d'entre elles et marmonna un « Zut ».

-Désolé, dit Olaf en se redressant et en s'essuyant la bouche avec une branche, espérons qu'elles fondront bientôt, j'aimerais bien que l'eau n'ait pas de mémoire, en ce moment.

Anna se leva et passa son bras autour de la taille d'Elsa.

-Je n'arrive toujours pas à y croire. Notre première fois sur un grand bateau ! Nous ne sommes pas étrangères à la mer, bien sûr, mais je suis tellement excitée. J'ai toujours voulu voir des dauphins !

La cinquième esprit écarta bientôt une mèche de cheveux roux du visage de sa sœur et demanda avec tristesse :

-Tu n'as pas peur du tout ? Après ce qui est arrivé à papa et maman, je me demandais si tu ferais un jour un voyage en mer....
-Je suis peut-être un peu effrayée, admit-elle, mais tu es avec moi, et Kristoff et Sven aussi.
-Et Olaf...Murmura aussitôt le bonhomme de neige, même si je ne suis pas très protecteur pour l’instant.
-Oui...Et Olaf, répéta Anna avec un sourire attendri.
-Je me demande comment ils seront à Lileby, renchérit alors la reine des neiges en attachant sa cape, je sais que la rumeur de mes pouvoirs s'est répandue, et les histoires ont parfois pris de l'ampleur au fil des récits...
-Ah oui ! Comme ce diplomate ridicule des îles du Sud qui pensait que tu étais entièrement faite de glace, tu te souviens ? S’esclaffa aussitôt la furie rousse, il avait apporté un manteau de fourrure, juste au cas où, mais ne t’en fais pas, je suis contente que tu aies fait le voyage ! Les habitants de Liljeby te verront pour ce que tu es : une ancienne reine d'Arendelle.
-Avec des super-pouvoirs, renchérit Olaf, une super ancienne reine ! Non, ça sonne pas bien en fait...
-Je suppose que je ne serai jamais normale... L’interrompit Elsa en soupirant.
-La normalité est surfaite, précisa Kristoff avec la voix de Sven.
-Parole d’un renne parlant ! Oh voyons Elsa ! Tu es parfaite, Elsa, et nous ne voudrions pas qu'il en soit autrement, insista Anna en serrant encore la taille de sa sœur avant de rejoindre son fiancé et son meilleur ami à quatre pattes.

Debout sur la balustrade, elle regarda l'horizon, le monde se divisait en un bleu limpide au-dessus et le vert profond en dessous. Ils étaient suffisamment éloignés d'Arendelle pour qu'il n'y ait rien d'autre de visible que l'eau et le ciel dans toutes les directions. Si sa sœur, douée pour la magie, n'avait pas ressenti un tel lien de parenté avec l'eau, si le capitaine Jens n'avait pas été si compétent et si le navire n'était pas si neuf et si solide, Anna aurait pu être un peu inquiète. Après avoir vu le bateau de ses parents, elle n'avait jamais pu oublier les choses inattendues qui peuvent arriver en mer. Mais en l'occurrence, le delta était magnifique et elle se trouvait avec les gens - le renne, et le bonhomme de neige - qu'elle aimait le plus au monde.
Elle n'arrivait pas à croire qu'elle était maintenant la reine d'Arendelle et que c'était à elle de faire une apparition à la fête de Liljeby. Elle portait une nouvelle robe exquise d'un vert printanier, brodée de lys et de clochettes, et un diadème délicat qui ne lui comprimait pas autant la tête que son diadème à la maison. La robe bleu poudrée d'Elsa portait les mêmes fleurs à l'ourlet, mais son diadème était plus épais que le diadème qu'elle portait chez elle. Anna s'était souvent demandée si sa chère reine des neiges se souciait du fait qu'elle n'était plus souveraine mais en regardant sa sœur aînée contempler la mer en riant des pitreries des dauphins qui faisaient la course avec leur bateau, elle savait que ce qu'Elsa voulait avant tout, c'était la liberté, la liberté d'être elle-même et d'explorer le monde qui l'entoure. Il y eut un profond soupir et un claquement déprimé, et Olaf apparut à ses côtés.

-Pour quelqu'un qui est principalement fait d'eau, je suis déçu de moi, dit-il avec cette nouvelle maturité qu'il avait acquise.
-Tu ne peux rien contre ce que tu es, reprit Anna avec un petit rire.
-D'ailleurs, tu es probablement le premier bonhomme de neige à avoir mis les pieds sur un bateau, ajouta Kristoff.
-Et j'espère être le dernier. Mon permafrost est tout secoué. C'est que je dois ressentir maintenant que je suis grand, reprit-il.

Anna se pencha et réarrangea les brindilles de ses cheveux.

-L'inconfort n'est qu’une partie du voyage, lui rappela-t-elle, nous devons être à mi-chemin. N'est-ce pas, Frode ?!

Le vieux marin se leva de sa canne à pêche et scruta l'air vif en plissant les yeux.

-Pas tout à fait à mi-chemin, répondit-il, tu t'y habitueras, mon garçon glacial, la mer n'est même pas si agitée aujourd'hui. Pas de poisson sans arêtes, comme me l'a toujours dit mon grand-père.
-Un poisson sans arêtes serait beaucoup trop mou. Même moi, qui n'ai pas d'arêtes, je le comprends, bouda Olaf.
-C'est un proverbe, lui dit la cadette rousse, il signifie simplement que même les plus belles choses ne sont pas parfaites.
-Je suis content que tu aies des os, Anna, répliqua-t-il en la regardant dans les yeux tout sourire avant de courir vers le mur et de lâcher une nouvelle salve de boules de neige.
-Anna, viens voir ! Appela bientôt Elsa.

La jolie rousse embrassa Kristoff sur la joue et tapota la tête de Sven avant de se diriger vers l'arrière du bateau, où sa soeur regardait vers le bas.

-Il y a un arc-en-ciel ! Lança encore la reine des neiges en pointant du doigt la brume formée par les sauts des dauphins, qui scintillait dans des tons pastels, je ne savais pas que l'eau pouvait faire ça.
-La mer est si...Commença Anna émerveillée.

Mais elle ne put terminer sa phrase, car le bateau vacilla soudainement, la jetant à terre tandis que le bois grinça et gémit. Elsa réussit à rester debout car elle avait une main sur la rambarde. Elle aida sa cadette à se relever et le bateau tomba dans le chaos le plus total.

-Aux harpons ! Cria le capitaine Jens.
-Sommes-nous attaqués ? Demanda le général Mattias, courant sans Halima, ses gardes derrière lui.
-Pas par des gens, lui dit Frode en remontant rapidement sa ligne de pêche, mais la mer cache de nombreuses choses, tordues et hideuses, pleines de dents acérées et de griffes traîtresses !
-C'est vrai ? Questionna Elsa alors que le capitaine Jens se précipita vers les deux sœurs d’Arendelle.
-Cela dépend de ce que vous considérez comme hideux, mais les requins ont des dents et les crabes ont des pinces donc techniquement, il a raison, s’enquit le jeune capitaine qui eut un sourire galant, sans aucune peur dans ses yeux.
-Vos Majestés, puis-je vous persuader de rejoindre Halima et de vous abriter dans les cabines en contrebas ? Précisa bientôt Mattias, ce n'est pas le moment d'être sur le pont, ce que nous avons touché va vouloir se battre.
-Nous ne reculons jamais devant un combat, dit Anna avec une air de guerrière.
-Euh...Moi si, gémit Olaf depuis la balustrade, regarde mes bras. Si j'étais censé me battre, ils seraient beaucoup plus robustes. Je suis un saule, pas un chêne.

Kristoff et Sven rejoignirent l'équipage tandis que les marins descendaient en trombe les escaliers du navire et revenaient avec de sinistres harpons et de lourdes arbalètes. Sans crainte, les mousses les lancèrent dans les vagues écumantes, s'éloignant du navire et cherchant leurs proies dans l'eau.

-Comment pouvons-nous aider ? Demanda Kristoff, tandis que les yeux de Sven s'écarquillaient d'inquiétude.

Le capitaine Jens les regarda tour à tour.

-Tout d'abord, il faut rester à l'écart. L'équipage va tenter de frapper ce qui a touché le bateau. Cela devrait faire fuir la bête, et si ce n'est pas le cas, nous pourrions la blesser suffisamment pour l'affaiblir.
-Mais qu'est-ce que c'est ? Questionna Anna.
-Il s'agit probablement d'une baleine, dit le capitaine Jens, si vous voulez bien m'excuser, je dois diriger mon équipage. Frode, reste avec nos invités et veille à leur sécurité, s'ils ne veulent pas descendre sur le pont.

Frode acquiesça tandis que le capitaine s'éloigna.

-Les baleines sont des choses terribles et affamées. Mon ami en chasse une particulièrement vicieuse depuis des années, une vaste bête blanche qui se nourrit du sang des hommes. Les choses hideuses qui vivent dans les profondeurs de la mer sont rongées par la rage et la faim, des monstres à la gueule hérissée et à la queue battante. Si la baleine ouvre la bouche, elle vous avale d’un seul coup et vous ne ressortez pas vivant de son ventre...
-Je serai dans la cale, essayant de ne pas devenir une flaque d'eau, dit Olaf terrifié en se dirigeant rapidement vers les escaliers.
-Et si c’était un rocher plutôt ? S’enquit Kristoff, ce ne serait pas si terrible ou une épave engloutie ?

Comme en réponse, le bateau se souleva à nouveau, les planches du pont grondant et craquant tandis que tout le monde luttait pour rester sur ses pieds.

-Ce n'est ni un rocher, ni un naufrage, dit Frode d'un ton sombre, c'est 2 béhémoth envoyés des profondeurs qui ne souhaitent qu’une chose : Nous noyer tous.

Il fit une pause et caressa sa barbe avant de reprendre :

-C'est bon à manger, si vous arrivez à faire mieux qu'une telle chose !
-Je n'aime pas ça, dit doucement Elsa, quoi que ce soit, c'est sa maison. Nous sommes des intrus, et il me semble anormal que nous...
-Allez les gars ! La coupa le capitaine Jens, double ration pour celui qui tirera le premier !

L'équipage des chaloupes applaudit et dirigea ses harpons, hurlant en lançant les crochets géants dans les eaux sombres et inconnues. Les marins qui se trouvaient encore sur la frégate tenaient de lourdes arbalètes, attendant l'apparition d'une bête.

-Je n'aime pas ça non plus, dit Anna, le visage impassible, c’est cruel !

Frode sortit aussitôt un couteau brillant du fourreau de sa ceinture et se cura les dents avec la lame.

-Ce que tu ne tues pas en premier ici te tuera volontiers. La mer n'est pas douce, comme la terre. Là-bas, on construit des murs, des rues et des bâtiments pour se protéger des bêtes, mais ici, dans l'océan, il n'y a pas de protection. Soit tu es plus rapide que ce qui veut te manger, soit tu te fais manger. Ce n'est peut-être pas l'idéal, mais si vous n'aimez pas ça, autant rester sur la terre ferme Majestés, dit-il en haussant les épaules, enfin...Si nous vivons jusqu’au bout bien sûr...

Alors que les harpons pleuvaient, Elsa et Anna se lièrent les bras et regardèrent.

-Ils ont dit que cette partie de la mer était sûre, murmura la cadette d’Arendelle, je suppose que nous savons mieux que quiconque que presque tout peut soudainement devenir dangereux.

Sa sœur approuva er se pencha, regardant l'eau bouillonnante alors qu’un des marins cria bientôt :

-Je l'ai.

Quand les sœurs regardèrent, elles virent que sa ligne s'était tendue, entraînant la chaloupe. Mais la bête ne s'éloigna du navire, elle tira plus fort directement contre le flanc, faisant trembler le bois une fois de plus.

-Vos Majestés, votre sécurité est de la plus haute importance, déclara encore le capitaine Jens d’une voix urgente.

Il avait l'air bien plus inquiet qu'un capitaine chevronné ne devrait l'être.

-Je vous en prie, mettez-vous à l'abri. Cette partie du processus peut être désordonnée et dangereuse, expliqua-t-il.
-Je suis d'accord, dit le général Mattias, Halima est déjà dans les quartiers du capitaine, où tout est confiné, vous ne pourrez pas assurer votre sécurité si vous restez sur le pont.
-Quoi qu'il y ait sous le bateau, mon équipage et moi pouvons le combattre. Notre plus grand devoir est de vous garder en sécurité ! Insista le marin.
-Tu devrais y aller, dit Elsa en prenant les mains d'Anna.
-Je reste avec toi, renchérit la Furie Rousse en les lui serrant.
-Règle numéro 1. Va où Anna va, reprit Kristoff avec malice.

Il s'inclina tout de même et passa un bras autour du cou de son ami renne avant d’ajouter :

-Tu devrais aller t'abriter avec Halima, Sven. Cela va probablement devenir glissant ici. Et même si tu es un excellent nageur, nous ne pourrions pas te remonter sur le pont si tu tombais à l'eau.

Avec un hochement de tête, le cervidé se dirigea en trottinant vers les escaliers et disparut dans les ponts inférieurs dans un claquement de sabots maladroit.

-Ouf. D'accord. Maintenant, je n'ai plus à me soucier que d'une seule personne, murmura le montagnard.

Anna pencha aussitôt la tête vers sa soeur et se racla la gorge.

-Oh...Euh...Oui...Je m'inquiète aussi pour Elsa, s'empressa-t-il de dire, mais s'il s'agit de la nature, elle semble tout à fait capable de se débrouiller toute seule.

Le vaisseau craqua sous l'effet d'un nouveau coup, et le capitaine Jens secoua la tête de frustration.

-Je ne peux pas vous donner d’ordres Majestés ! Mais j'espère que vous comprenez le risque grave que vous prenez. Les baleines sont dangereuses, même pour les marins les plus aguerris.
-Alors c'est une baleine ? Demanda la reine des neiges, sceptique, ça ne ressemble pas à...
-C'est bien une baleine, acquiesça-t-il froidement, ce sont les plus gros animaux de la mer, après tout.

Quelque chose d'énorme sortit soudain de l'eau juste derrière lui - un tentacule enroulé, blanc et luisant, couvert de ventouses. Il s'éleva aussi haut que le plus haut drapeau du château d'Arendelle, et s'arrêta comme s'il évaluait la situation. Ils l'observèrent tous, stupéfaits et silencieux, tandis qu'il descendait vers le navire comme deux mains en quête d'une proie. Avant que quiconque ne puisse réagir, avant qu'Elsa ne puisse même crier, le tentacule s'enroula bientôt autour de la taille d'Anna. Kristoff saisit ses mains, puis sa jupe, mais le tissu fin et neuf fut arraché de sa prise lorsque le tentacule la projeta dans les airs.

-Anna cria Elsa.

Elle lança ses doigts vers l'extérieur, visant le piège avec des éclats de glace, mais la bête était trop rapide. Alors que la cadette rousse se débattait de son emprise, il glissa sous l'eau avec une puissante éclaboussure.

-Attention, équipage ! Hurla le capitaine Jens, dirigez bien vos harpons. Abattez la bête, mais ne touchez pas la reine !

Kristoff plongea immédiatement par-dessus la balustrade et s'enfonça dans la mer tandis que les marins manœuvraient leurs barques vers l'endroit où Anna avait disparu. Blanche comme un linge Elsa se tourna vers le capitaine et demanda, affolée :

-Ce n'est pas une baleine ! Alors qu'est-ce que c'est ?! Il n'a pas l'air d'avoir faim...
-Le Kraken, dit le capitaine Jens, le visage tordu par un rictus grimaçant, et si, il a faim. C'est une pieuvre colossale de la taille d'une île, connue pour entraîner les navires dans les profondeurs. Si on la laisse remonter à la surface, elle créera un tourbillon qui aspirera le navire et toutes les âmes qui s'y trouvent.
-Vous l'avez déjà combattu ?! Questionna encore la reine des neiges.

A son grand regret, il secoua vivement la tête.

-Aucun de ceux qui ont rencontré le Kraken n'a survécu pour le raconter.
-Alors comment se fait-il qu'il y ait une histoire à raconter ?! S’enquit la cinquième esprit d’une voix moqueuse.

Le capitaine sembla momentanément déconcerté avant de prendre un harpon et de retourner au bastingage.
-Si vous avez un plan, il vaut mieux le mettre en œuvre. Nous avons entendu parler de vos pouvoirs, et vous êtes peut-être le seul espoir de votre sœur, reprit-il.

Elsa le rejoint à la balustrade au moment où Kristoff remonta à la surface, aspirant une énorme bouffée d'air.

-Je ne la vois pas...Elle...Cette chose est énorme, elle est trop profonde et il y a trop de bras. Je ne peux pas la voir, se désola-t-il.

Lui aussi disparut bientôt, entraîné dans l'eau. Elsa baissa les yeux sur sa lourde robe de voyage et ses grandes bottes. Elle n'avait pas le temps.

-Arrêtez avec les harpons ! Avertit-elle au capitaine furieux, nous ne voulons pas l'énerver davantage !

Sans attendre, elle s'élança au-dessus de la rambarde et plongea, se préparant au choc de l'eau glacée. Elle fut frappée comme dans un mauvais rêve, le sel et les embruns l'assaillant tandis que le Kraken battait toujours les eaux. Mais la reine des neiges était faite pour cela. Elle avait combattu la Mer Sombre, et avait fini par faire la paix avec elle. Elle connaissait Ahtohallan comme une vieille amie. Avec une énorme respiration haletante et un puissant coup de pied, elle nagea sous les vagues et ouvrit les yeux.

Son regard suivit la corde tendue du marin jusque dans l'obscurité, où la corde frémissait avec les mouvements de la puissante créature. Elle nagea quelques brasses avant de se rappeler qu'elle n'était pas seule ici. Elle avait un allié. D'un appel silencieux et d'un signe de la main, , elle appela le Nokk. Le cheval d'eau aux lignes pures se mit à bouger, balançant sa crinière et virevoltant, heureux d'être avec elle dans les vagues agitées. Avec un sourire de bienvenue, Elsa monta sur son dos et emmêla ses mains dans sa crinière tout en le poussant vers le bas. L’esprit aquatique nagea joyeusement en hennissant. Des éclairs de mouvement troublèrent alors l'obscurité. Là, un tentacule blanc s'agita. Puis un éclair de la chevelure dorée de Kristoff. Elsa donna un coup de genou à l'esprit des eaux, qui galopa vers l'endroit où son futur beau-frère combattait le tentacule, essayant de se frayer un chemin hors de l'eau. Oui, il luttait contre le tentacule, essayant de se frayer un chemin hors de la boucle musculaire de chair pâle. Elsa visa et lança une volée de glace sur le tentacule, en dessous de Kristoff pour qu'il ne soit pas touché. Le piège du Kraken s'ouvrit brusquement et recula comme s'il souffrait, libérant le montagnard qui donna un puissant coup de pied vers la surface. Tandis qu'il remontait, les joues rondes, le souffle retenu, Elsa continuait à se battre avec le tentacule, l'empêchant de récupérer sa prise. Une fois Kristoff remonté à la surface, la reine des neiges regarda de loin les marins le hisser dans leur bateau.

Maintenant qu’il était en sécurité, elle devait faire vite. Non seulement Anna allait bientôt manquer d'air, mais si elle ne la sauvait pas, le courageux Kristoff plongerait à nouveau pour se battre pour son amour, un combat qu'il ne pourrait pas gagner seul. La cinquième esprit avait beaucoup d’atouts, mais malgré son pouvoir, elle ne pouvait toujours pas respirer sous l'eau. Elle pouvait tenir longtemps lorsqu'elle chevauchait le Nokk grâce à la rapidité avec laquelle ils remontaient à la surface, mais elle n'était pas indomptable. Elle demanda rapidement à l'Esprit de l'Eau de nager vers le haut, où elle remonta à la surface et aspira une bouffée d'air.

-Elle va bien ? Demanda aussitôt Kristoff, trempé et frissonnant, en jetant un coup d'œil du haut de la rampe, où les marins le tenaient par les épaules.
-Elle va s'en sortir. Reste ici ! Préconisa-t-elle.

Elsa gonfla tout de suite ses poumons et replongea sous l'eau, poussant le Nokk qui descendit à toute vitesse et de toute sa puissance. Vu de très loin sous la surface, le Kraken était plus énorme qu'Elsa n'aurait jamais pu le croire, une masse de peau blanche qui frémissait de taches lavandes et grises tandis qu'il se déplaçait dans l'obscurité, ses couleurs semblant changer et scintiller comme un papillon à la lumière du soleil. Elle chercha un signe de sa petite soeur dans le noir profond et verdâtre avant d'apercevoir un éclair de quelque chose de roux qui se gonflait-les cheveux d'Anna.

La cadette d’Arendelle ne bougeait plus, on aurait dit une poupée agitée par la main insouciante d'un enfant. Avec une détermination renouvelée, Elsa poussa le Nokk à plonger de plus en plus profondément. La pression s'accentue autour d'elle, un mal de tête commença à se former derrière ses yeux. Elle n’avait pas été aussi profondément sous l'eau depuis qu'elle avait affronté la Mer Sombre pour la première fois. Ses doigts se resserrèrent sur la crinière de l'esprit de l'eau alors qu'ils s'approchaient du Kraken. Elle ne trouvait rien de familier ou d'amical dans la bête, pas de visage, pas d'yeux, pas de corps. Il semblait n'être que tentacules, une masse grouillante et recroquevillée de ventouses sondant et barattant dans des ténèbres aussi épaisses que de l'encre. Elle pouvait sentir son agitation - la curiosité, la blessure et une colère ancienne et innocente contre le vaisseau terrestre qui avait heurté sa tendre tête. Il tenait Anna près de son centre, d'où partaient tous ses tentacules et un grand œil rond s'ouvrit pour regarder Elsa avec une pupille noire et plate de la taille de la fontaine de la place du village au cœur du royaume. Une fois qu'elle fut suffisamment proche pour être sûre de son coup, la reine des neiges retira ses mains du Nokk et se servit de ses deux bras pour projeter une énorme gerbe d'eau glacée sur le tentacule du Kraken, juste en dessous de l'endroit où il tenait Anna. Les dagues tranchantes de glace s'enfoncèrent dans la chair tendre, l'œil se ferma de douleur et le tentacule se déroula. Elsa lutta contre l'instinct désespéré qui la poussait à appeler sa sœur, sachant qu'elle avait besoin de chaque parcelle d'air dans son corps. Poussant l'esprit de l'eau vers l'avant, elle se pencha dans le courant et attrapa enfin sa cadette. Elle voulut sitôt bercer son corps contre sa poitrine et pleurer. Oh oui ! Elle voulait la supplier d'ouvrir les yeux, de bouger, de faire quelque chose de rassurant mais elle savait que la meilleure solution était de la sortir de l'eau le plus rapidement possible. Elle s'agrippa si fort à ses jupes qu'elle ne put s'empêcher d'ouvrir les yeux et de bouger.
Son poing commençait à s'engourdir et elle concentra ses prières sur la lumière du soleil la plus proche, qui éclairait les eaux changeantes du ciel. Anna flottait derrière elles, ses cheveux tressautant dans l'eau comme un pinceau.

Presse-toi, pensa Elsa, ses genoux se pressant contre les flancs de l'esprit de l'eau. Cours comme tu n'as jamais couru auparavant.

Le Nokk comme s'il avait entendu son appel, prit de la vitesse et la tête et les côtes d'Elsa souffraient de la pression tandis qu'elle commençait à s'étourdir à cause du manque d'air. Ils étaient si près...
Enfin, le nez du cheval d’eau émergea de la surface. La cinquième esprit s'élança sur son dos et se fraya un chemin à travers les vagues à coups de griffes, si désespérée de goûter à l'air doux qu'elle en oubliait ses pouvoirs. Dès que sa tête sortit de l'eau, elle aspira une grande bouffée d'air brûlant, tout en tirant sa sœur vers elle. Kristoff était là et, avec les marins, il souleva Anna dans la chaloupe. Elsa s'accrocha au bord du bateau, regardant les marins alourdir sa sœur bien-aimée sur le côté et lui donner des coups de poing dans le dos pour essayer de faire sortir l'eau.

-Elle est restée longtemps, s'excusa bientôt l'un des membres d’équipage.
-Non, pas trop longtemps, dit Kristoff avec férocité, ce n'était pas trop long.

Le corps de la reine des neiges était engourdi, ses pieds battaient mollement. Le Nokk flottait à côté d'elle, la crinière étalée dans l'eau. Les hommes retournèrent Anna, essayant de chasser l'eau de ses poumons sous le regard de Kristoff, impuissant qui avait le cœur au bord des larmes. Après quelques secondes, il dit :

-Laissez-moi, essayer !

Il la déposa alors sur le plancher au fond et pressa sa bouche sur les lèvres bleutées de sa fiancée. Ainsi, il essaya tant bien que mal de la ramener, la forçant à respirer, après chaque tentative de bouche à bouche. Pendant un long moment, il ne se passa rien, puis Anna recracha l'eau qu'elle avait inhalée avant d'aspirer une bouffée d'air surprise.

-Anna ! Cria Kristoff en la serrant si fort dans ses bras que ses mains s'enroulèrent autour de son corps si menu.
-Hé, hé, ça va, dit-elle avec un rire tremblant, un peu mouillée et froide, cependant...Mais ce n’est rien... Où est, Elsa ?
-Ici, Anna, déclara sa sœur en lui tendant sa main qu’elle saisit.
-Je suppose que tu m'as sauvée ? Demanda-t-elle.
-C'est une mission de groupe, admit Elsa en désignant tous les marins et le montagnard ainsi que le Nokk, es-tu blessé ?
-J'ai un peu mal, et je ne pense pas vouloir aller nager pendant un moment. Il fait si froid dans les abysses ! Est-ce qu'on a une couverture quelque part ?

L'un des marins tendit la main à Elsa et déclara :

-Si vous voulez bien monter à bord, Madame, nous vous ramènerons dans un autre bateau et dans les quartiers du capitaine pour des couvertures et des boissons chaudes. Ensuite, nous pourrons abattre la bête.

Tous les autres mousses crièrent en levant le poing en entendant cela. La cinquième esprit nagea jusqu'à l'autre bateau, ses jupes mouillées la tirant vers le bas et sa poitrine lui faisant mal d'avoir retenu son souffle si longtemps. Une boisson chaude et des vêtements secs, c'est le plus beau rêve qu'elle ait jamais fait. Les marins l'aidèrent à monter dans le bateau et elle s'assit sur le siège du milieu avant de repousser ses cheveux trempés hors de sa tête. Elle voulait être dans l'autre bateau avec Anna, mais il était manifestement déjà trop plein. Dès qu'elle fut installée, les marins commencèrent à ramer en direction de la frégate où le capitaine Jens et le général Mattias attendaient en haut de l'échelle de corde pour les aider à remonter à bord. Plusieurs chaloupes flottaient encore près de l'endroit où se cachait le Kraken. L’activité sanguinaire ne s’était pas arrêtée, les harpons s'enfonçaient encore profondément dans la créature.

L'eau s'agita doucement, la pointe d'un tentacule perça la surface comme s'il cherchait quelque chose qu'il avait perdu. Les marins levèrent leurs harpons et crièrent des avertissements. Maintenant qu'Anna et Kristoff étaient en sécurité et que la peur et l'urgence d'Elsa s'estompaient, elle put sentir l'inquiétude de l'énorme créature. Elle n'était pas en colère, elle n'avait pas faim. Elle était blessée et confuse. Son corps palpitait de douleur à l'endroit où le harpon était coincé.

-Nous ne pouvons pas le laisser comme ça, dit Elsa, à elle-même et au Nokk, il ne mérite pas cela.

L’esprit de l'eau jeta aussitôt sa crinière en arrière et poussa un cri d'acquiescement, donnant des coups de patte aux vagues qui frappèrent le côté de la chaloupe si bien que l'un des hommes aboya :

-Maîtrisez cette bête avant que nous ne retournions dans l'eau !

Elsa observa sa soeur qui grimpait à l'échelle de corde avec Kristoff juste derrière qui l'aidait à se frayer un chemin alors que la corde tordue cognait contre les parois du bateau. Une fois qu'ils furent tous deux sur le pont, le général Mattias fit signe à Elsa en criant :

-S'il vous plaît, Votre Altesse ! On ne peut pas vous protéger quand vous êtes au milieu de l'océan ! Le danger n'est pas écarté ! Les hommes doivent encore tuer le monstre !

Mais la reine des neiges se retourna vers l'esprit de l'eau et déclara :

-Non, le danger n'est pas écarté.

Avant que quiconque puisse l'arrêter, elle se leva et plongea à nouveau sous les vagues. Cette fois, elle était prête à affronter la morsure de la mer et le sel qui lui piquait les yeux. Le Nokk hennit joyeusement et nagea sous elle, la soulageant à cause de l’activité physique qu’elle avait déjà faite. Enlaçant à nouveau ses doigts dans la crinière de l'équidé, plus calme cette fois, Elsa laissa l’animal magique l'emmener là où ils savaient tous les deux qu'ils devaient être. Avec ses proches en sécurité, elle était dans son élément, accompagnée d'un esprit qui semblait la comprendre, qui lisait presque les données de son cerveau tandis qu'ils travaillaient ensemble. Elle n'était plus remplie de terreur pour sa sœur. Elle pouvait maintenant regarder autour d'elle avec curiosité, noter la vision d’un poisson clignotant dans un coin de soleil et le bois brut et déchiqueté d'une vieille épave émergeant du " brouillard ".

Alors que le Nokk l'emmenait de plus en plus loin, elle remarqua qu'ils suivaient la ligne de corde attachée à la barque au-dessus, tellement tendue que même le courant ne pouvait pas la faire bouger. Lorsque le Kraken apparut Elsa vit son grand œil plat qui l'observa en retour avec curiosité. Un tentacule se dressa, lent et prudent, et l'Esprit de l’eau ralentit et resta suspendu dans l'eau tandis que le Kraken tendit son appendice comme un étranger timide attendant de se faire des amis.

Bien qu’un peu effrayée, la reine des neiges connaissait cette situation. Elle avait déjà craint Bruni, Courant d’Air et les géants de la terre. Et maintenant ils étaient comme de bons cousins. Lentement, avec précaution, elle tendit la main et saisit l'extrémité recroquevillée du tentacule du Kraken, sentant son énergie contenue dans la délicatesse de sa réponse.
Ce Kraken que les marins craignaient, c'était encore un être comme les autres, tour à tour curieux et défensif. Le tentacule tira doucement, Elsa repoussa le Nokk de l'eau et se laissa entraîner vers la créature gigantesque qui l'attira vers lui. De l'autre main, elle se préparait à hurler ! la glace si nécessaire, mais quelque chose lui disait que ce ne serait pas le cas.
Dès qu'elle l'aperçut, elle tressaillit. Le harpon du marin était profondément enfoncé dans la chair tendre du Kraken. Malgré toute la masse et la puissance de la créature, elle ne savait pas comment lutter contre cette maladie suprêmement humaine. Relâchant bientôt le tentacule du elle nagea jusqu'à son côté et saisit le harpon, mais celui-ci était trop tendu par le haut. Avec un grognement de frustration, elle créa un éclat de glace tranchant et l'utilisa pour scier la corde jusqu'à ce que la tension se brise et que la longueur s'empile et flotte inoffensivement dans le vert changeant. Le Kraken sembla se détendre, et elle l'imagina presque soupirer de soulagement.

Maintenant qu'il était libéré de la corde, Elsa saisit le harpon et le manipula d'avant en arrière, tirant avec précaution l'ardillon de métal de la chair caoutchouteuse de la créature mythologique. Sous ses doigts, la peau de la créature se teinte de rouge et de violet furieux, comme si elle exprimait sa douleur. Elle cessa bientôt de tirer et posa brièvement une main sur sa surface, la tapotant comme pour rassurer un chien effrayé. Lorsqu'elle dégagea enfin l'hameçon, la peau du Kraken se couvrit de rose scintillant, comme si la créature souriait avec des joues roses.
La reine des neiges laissa tomber le harpon, le regardant flotter inutilement vers les profondeurs invisibles. Le tentacule de l’énorme bête réapparut, effleurant doucement sa joue en guise de remerciement. Elsa tendit la main pour le toucher en retour.

-Je suis désolée, pensa-t-elle, espérant que la créature comprendrait.

Le tentacule se dirigea doucement vers ses bottes, se plaçant sous elle et la poussant à travers l'eau à une vitesse qu'elle trouvait à la fois excitante et terrifiante. Elle était tellement concentrée sur la résolution de cette énigme qu'elle était restée trop longtemps sans air, mais le Kraken semblait comprendre sa situation et la propulsa à la surface à une vitesse phénoménale. Bien sûr, il ne comprenait pas entièrement la physique et c'est ainsi qu'Elsa fut projetée hors de l'eau comme les dauphins qu'elle avait observés plus tôt.
Le Nokk bondit à côté d'elle et hennit avec une joie féroce. En regardant les marins bouche bée, Elsa tendit la main et forma un petit îlot de glace, atterrissant proprement sur ses pieds comme seule une reine de neiges pouvait le faire.

-Dépêchez-vous, madame ! Dit l'un des marins, la bête s'est libérée de son attache et elle a plus que jamais faim de notre sang.

A ses mots durs, tout le monde la regarda, abasourdi.

-Le Kraken ne fera de mal à personne d'autre. Il ne faut pas le chasser. C'est sa maison, où nous sommes. C’est nous, les intrus. Ce n'est pas un endroit que nous revendiquons comme le nôtre. Nous voulons que cette zone soit marquée sur une carte afin qu'aucun autre navire ne heurte accidentellement la bête et ne finisse par perdre inutilement des vies.
-Mais qu'allons-nous mettre sur la carte ? Demanda un des mousses.
-Dites que c'est interdit par la reine d'Arendelle, lui dit Anna, cela devrait être suffisant.

Elsa sourit, fière d’avoir le soutien et la compréhension de sa sœur. Puis elle déclara à nouveau :

-Maintenant, rangez vos harpons, et laissons la pauvre chose s'éloigner.

Comme les marins ne réagirent pas immédiatement, elle envoya un jet d'eau derrière sa petite île, la poussant vers le bateau. Avant d'entamer son ascension vers le bastingage, elle tendit la main vers le Nokk et le poussa vers l'avant, lui caressant le nez en guise de remerciement. L'échelle de corde lui érafla les mains, mais Kristoff et le général Mattias la virent rapidement l'escalader. Enfin, elle se tint debout sur les planches de bois, dégoulinante et entourée de sa famille.

-Avec tout le respect que je vous dois, Votre Altesse, nous devrions le tuer, dit le capitaine Jens, c'est dangereux.
-Si vous ne comprenez pas quelque chose, cela vous semblera toujours dangereux, je le sais mieux que quiconque. Mais je comprends mieux le Kraken maintenant. Il n'est pas venu ici pour se battre. C'est son monde, pas le nôtre. Il y a tant de choses que nous ne connaissons pas. Il mérite de vivre sa vie autant que nous.
-Je n'aime pas ça...Commença le capitaine Jens.
-...Mais la reine d'Arendelle l'aime, lui rappela alors Anna.
-Mais n'êtes-vous pas en colère, Votre Majesté ? Ne voulez-vous pas vous venger ? Il a failli vous tuer ! S’indigna-t-il.

La cadette d’Arendelle saisit aussitôt les mains de sa sœur et maugré :

-La reine Elsa a raison, les choses ne sont dangereuses que lorsque nous ne les comprenons pas. Il ne m'a pas fait de mal, il essayait de me comprendre. Et heureusement, Elsa savait exactement ce qu'il fallait faire."
Frode se précipita soudain avec deux couvertures, rugueuses mais propres, et les sœurs s'enveloppèrent dedans avant de prendre un thé chaud qu'Halima leur apporta de l'entrepont. Pendant qu'ils naviguaient, les vieux chiens de mer étaient secoués et les jeunes marins racontaient encore des histoires qui ne feraient que s'amplifier avec le temps. Après quelques heures Anna se rendit à l'avant du navire avec Kristoff pour attendre que Liljeby apparaisse à l'horizon tandis qu’Elsa se retourna pour regarder la mer derrière eux, leur combat contre le Kraken n'ayant laissé aucune trace au milieu de l’étendue d'eau solitaire. Elle observa l'écume blanche qui traînait derrière la frégate, et surprit alors un signe d'adieu.

Elsa sourit et salua à son tour le tentacule solitaire.


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Jeu 21 Déc 2023, 21:38
La chanson et la danse de la mi-été :

Par Lou Anders.

Le général Destin Mattias avait un problème. Pour être franc, ce n'était pas un problème aussi important que d'être coincé du mauvais côté d'un mur de brume magique invisible pendant trente-quatre ans. Mais en ce moment même, assis sur un quai du port d'Arendelle, il se sentait tout aussi impénétrable, insurmontable, comme...

-Sans espoir, dit Olaf, c'est exactement ce à quoi tu ressembles en ce moment !

Le bonhomme de neige se posa sur le quai à côté du général.

-Je lis très bien les visages, expliqua-t-il fièrement, ton visage fait une sorte d'expression de tout ce qui est sans espoir et de ce qui ne peut pas être pire.

Mattias soupira et baissa la tête.

-C'est si évident que ça ?

Olaf acquiesça.

-Ne t’inquiètes pas, dit-il, j'ai remarqué que les problèmes ici se résolvent généralement si on chante et on danse à leur sujet.
-Justement, reprit le général, je ne sais pas danser.
-C'est idiot, déclara la créature d’Elsa, tout le monde sait danser.
-Tout le monde sauf moi, répliqua Mattias.

Le bonhomme de neige haussa les sourcils alors qu’il poursuivit :

-Je n'ai jamais eu le temps d'apprendre, j'étais trop occupé à survivre dans la Forêt Enchantée, je devais m'occuper de mes soldats.

Il réfléchit et s'exclama :

-Mais cela signifie que tu ne peux pas danser à la fête de la Saint-Jean.
-Exactement ! Déclara-t-il.
-D’ailleurs, Halima ne s'attend-elle pas à ce que tu danses avec elle ?! Insista Olaf.
-Pratiquement pas, avoua-t-il.
-Oh ! Lâcha le bonhomme de neige, je me sentirais aussi désespéré si, après avoir attendu trente-quatre ans pour renouer avec l'amour de ma vie, je la décevais lors d'une occasion spéciale sous les yeux de tous.

Il essayait d'être sympathique. Malheureusement, il avait l'habitude d'énoncer l'évidence d'une manière qui manquait parfois de tact. Le général était habitué à sa façon de parler mais il baissa quand même la tête. Olaf se rendit compte qu'il n'améliorait pas les choses. Aussi, il s'efforça d'être utile.

-Mais ne pourrais-tu pas apprendre à danser ? suggéra-t-il.
-J'ai essayé, dit-il, le problème, c'est que j'ai deux pieds gauches.

Olaf n'avait jamais entendu parler d'une telle chose.

-C'est incroyable ! S'exclama-t-il, je ne savais pas que c'était possible.

Il regarda avec étonnement les jambes de Mattias qui pendaient au-dessus des quais. Puis une nouvelle idée lui vint à l'esprit.

-Est-ce que tu crois que j’ai aussi deux pieds gauches ?

Il baissa les yeux. Il ne voyait pas très bien ses propres pieds, alors il sauta un peu en l'air. Ses boules de neige se détachèrent toutes les unes des autres et il ramena ses pieds vers l'avant, là où il pouvait les voir. Pendant un instant, ce ne furent que deux petites boules rondes qui flottaient librement. Puis Olaf se réassembla et atterrit en un seul morceau sur le quai.

-Il est déconcertant de constater que j'ai du mal à distinguer mes pieds, dit-il d'une voix plate, je vois que je n'ai pas d'orteils. Je devrais peut-être en parler à Elsa.

Le bonhomme de neige s'éclaira alors et le pied gauche qui roula vers l'avant pour se heurter à son compagnon.

-Maintenant, j'ai deux pieds droits, dit-il tout heureux, cependant, le fait d'avoir les deux pieds d'un côté créée le déséquilibre.

Il bascula pour éviter de tomber, mais il oscilla quand même et se retourna pour se diriger vers l'eau. Le général Mattias tendit rapidement sa main et rattrapa Olaf, lui évitant ainsi d'être éclaboussé. La créature d’Elsa sourit, puis fronça les sourcils.

-Mais ceux sont tes pieds qui posent problèmes. Heureusement pour toi, je suis très doué pour résoudre les problèmes. Si seulement nous pouvions échanger tes pieds contre de nouveaux.

Mattias regarda le village, puis son regard se porta sur les montagnes et sur la cascade qui se déversait dans la vallée pour se jeter dans la mer et rétorqua :

-Tu sais, il y a une légende locale qui remonte à l'époque où le roi Runeaerd a commencé à construire le château d'Arendelle, elle parlait d'une chanson que les gens entendaient dans les montagnes et qui les faisait danser, il serait bon d'avoir un peu de cette chanson aujourd'hui.
-C'est idiot, dit Olaf, nous n'avons pas besoin d'une histoire des temps anciens, nous avons besoin d'une solution de la vie réelle.

Le bonhomme de neige retira l'un de ses bras et s'en servit pour se tapoter la tête.

-Réfléchis, réfléchis, réfléchis, murmura-t-il, puisqu'on ne peut pas échanger tes pieds, on va devoir te trouver le bon professeur de danse.
-Un professeur de danse ? Répéta Mattias, qui n'est pas sûr d'aimer la tournure que prenait la conversation.
-Je suis sûr que dans tout Arendelle, il y a quelqu'un qui connaît une danse qui fonctionne avec deux pieds gauches, lui assura-t-il.
-Non, Olaf, deux pieds gauches, c'est une expression, lui précisa-t-il mais le bonhomme de neige était déjà en train de bondir sur la place du village en direction de l'église dans un nouveau but.

Le général soupira à nouveau et se demanda :

-Dans quoi vais-je me fourrer ? Un professeur de danse ! Ha !

Il tourna son regard vers les montagnes et une vieille histoire lui ressurgit en mémoire. Une discussion autour d’une musique magique qui avait déplu au roi Runeard et il avait emmené plusieurs de ses officiers pour enquêter. Mattias n'était alors qu'un jeune aspirant officier et n'avait pas encore atteint le grade de lieutenant, il n'avait donc pas été sélectionné pour la mission. Lorsque Runeard était revenu, il avait annoncé qu'ils n'avaient rien trouvé. Mais personne n'avait plus entendu la musique après cela. Olaf avait raison. Il valait mieux garder les pieds sur terre, s'occuper des choses dans la vraie vie. Le général se leva alors et se secoua. Il reprit la direction du château d'Arendelle car il avait des choses à faire. Toujours pragmatique et faisant passer les besoins du royaume avant tout, il essaya de repousser son rêve au plus profond de lui-même, là où il ne se mettrait pas en travers de son devoir. Après tout, il avait un rendez-vous important avec la reine Anna.

***

Sven, le renne venait de commencer à apprécier les brins d'herbes et de mousse qui étaient agrémentés de lichens et de champignons ce qui ajoutait de la saveur et le rendait agréablement croquant.
Soudain, Olaf fit irruption dans l'étable et s’écria :

-Sven ! J'ai besoin de ton aide pour une affaire de la plus haute importance !

Le cervidé leva immédiatement la tête, jetant accidentellement sa végétation dans l'arc qui tomba au sol avec fracas. Le renne écarquilla les yeux, alarmés. Il n’avait plus peur de rien depuis qu’il avait aidé Anna, Elsa, Kristoff et Olaf à escalader la montagne du Nord et bravé la Forêt Enchantée avec ses esprits élémentaires capricieux. Il avait déjoué les géants de la terre et affronté d'innombrables autres dangers. Donc quel que soit le besoin du bonhomme de neige, le plus courageux des rennes était prêt à l'affronter.

-Le général Mattias ne sait pas danser ! S'exclama alors son compagnon.

Les yeux de Sven s'étrécirent, comme s'il s'attendait à quelque chose de plus urgent. Puis il jeta un coup d'œil sur le sol où étaient éparpillés les restes de son repas. Tout était perdu à présent. Ses grosses lèvres soufflèrent une bouffée d'air en signe de frustration.

-Non, c'est sérieux, je le promets, insista Olaf, je sais que je suis un expert en la matière d'affaires de cœur.

Le regard sceptique du cervidé s'accentua.

-Si Mattias ne peut pas danser avec Halima à la fête de la Saint-Jean, poursuivit-il, il décevra son grand amour.

Cela attira l'attention du cervidé qui oublia tout ce qu'il avait à manger. La créature d’Elsa n'était pas le seul expert en affaires de cœur. Après tout, c'était lui qui avait aidé un Kristoff maladroit et peu sûr de lui à demander Anna en mariage.
Et regardez comme cela s'était bien passé. Il est clair qu’il était le renne de la situation pour sceller un autre couple. Il ne restait qu’une chose...Savoir quoi faire ?

Olaf s'élança vers la porte et Sven le suivit en trottinant.

-Nous devons trouver le meilleur professeur de danse en Arendelle, expliqua le bonhomme de neige.

Le renne secoua la tête, cela n’avait aucun sens.

-Oui ! Un qui maîtrise l’art de la danse pour deux pieds gauches, dit-il.

Cela n’avait aucun sens. Cependant la créature d’Elsa était déjà prête à parcourir le pont du château donc il le suivit et ils tracèrent ensemble leurs chemins en direction de la place du marché pour trouver de l’aide.

****

Mattias rencontra la reine Anna dans la cour du château. Il avait beaucoup d’idées concernant la sécurité du festival de la Saint-Jean. Arendelle avait faire face à son lot de menaces, et bien que les choses eurent été calmes ces derniers temps, on n'était jamais trop prudent. Il était toujours bon d'être préparé. Tous les deux marchèrent sur les dalles pendant que Mattias détaillait ses plans.

-Nous aurons des gardes à chaque coin de la place, expliqua-t-il.
-Très bien, dit Anna.
-En plus de ceux qui sont sur le mur, continua-t-il.
-Bien sûr, reprit-elle.
-Et on pourrait mettre un homme dans la tour de l'horloge ! S’exclama-t-il.
-Si vous pensez que c'est vraiment nécessaire, répliqua la reine d’Arendelle, vous pouvez mettre un homme dans la tour de l'horloge.
-Pour surveiller la ville depuis ce point de vue. Et bien sûr, patrouiller sur les murs extérieurs ! S’écria-t-il.

Anna s'arrêta de marcher et posa une main sur le bras du militaire.

-Général, nous sommes alliés au royaume du Vesterland, Elsa est notre pont vers les esprits de la Forêt Enchantée, nous avons fait la paix avec les pirates. Arendelle est en bons termes avec Zaria, Chatho et Vakrerta, même Weselton s'est bien comportée, j'apprécie tout ce que vous et vos soldats faites pour moi, pour Arendelle, mais c'est le festival de la Saint-Jean. Vos soldats n'ont-ils pas besoin d'une pause ? Ne veulent-ils pas se détendre ? S'amuser ? Se mettre à genoux, comme on dit ! Précisa-t-elle encore.
-Se mettre à genoux ? Répéta Mattias.
-Oui ! Vous savez, reprit Anna en levant les pieds avec enthousiasme, danser.

Le général détourna aussitôt le visage et déglutit.

-Maintenant que j'y pense, ajouta-t-il, je pourrais peut-être prendre le poste dans la tour de l'horloge ?
-Général Mattias, dit Anna en mentionnant son prénom pour s'assurer qu'il avait bien son attention, y a-t-il une raison pour laquelle vous ne voulez pas assister au festival de la Saint-Jean ?!
-Non, pourquoi dites-vous cela ? Balbutia le militaire noir, pourquoi quelqu'un ne voudrait-il pas être à cette fête ?! C'est une tradition très importante après tout... Du moins, c'est ce que je pense. Une tradition à laquelle je n'ai pas participé depuis des décennies, étant piégé dans une forêt enchantée... Eh oui...Du coup je n’ai pas pu y participer pour apprendre à. ..

Sa voix s'éteignit avant qu’il ne termine sa phrase.

-Oh...Dit Anna un peu gênée, je comprends, vous avez manqué beaucoup de choses, vous devez rattraper le temps perdu, mais ce n’est pas une raison pour vous cacher dans la tour de l'horloge, loin de nous tous. Vous et votre équipe méritez de profiter du festival.

Elle leva aussitôt la main avant que le militaire ne puisse s'y opposer et renchérit encore :

-Vous pourriez mettre en place une rotation comme ça vous pourriez danser avec Halima pour le grand bal ?!
-Oui...Ce...Ce serait une bonne idée... Bredouilla-t-il dépité.

L'espace d'une seconde, il laissa tomber son badge militaire et ses épaules s'affaissèrent.

-Vous savez, elle ferait mieux de trouver une personne qui sait vraiment danser, murmura-t-il à nouveau en respirant à peine, oups. Je n'ai pas dit ça.

La reine d’Arendelle avec son esprit vif, comprit immédiatement de quoi il s'agissait et tenta de le rassurer :

-Je suis sûre qu'Halima comprendra ! Quand on aime quelqu'un, on l'aime pour ce qu'il est à l'intérieur. Les petites choses comme ça ne sont pas importantes. Et sachez qu'Halima vous trouve merveilleux !
-Oui mais vous savez... Elle m'a attendu toutes ces années. Peut-elle va-t-elle s’apercevoir que je ne suis pas aussi merveilleux qu'elle le pense ?
-Impossible, lui assura-t-elle.
-Si vous le dîtes, dit Mattias qui ne semblait pas convaincu.
-Parole de votre reine.... Et votre amie ! S’exclama-t-elle
-Les moniteurs de danse sont là ! Cria soudain Olaf alors que sa voix retentit dans la cour, effrayant un couple de pigeons de roche qui s'enfuit.

Mattias et Anna se retournèrent à l'unisson. Sven était arrivé, avec le bonhomme de neige qui bombait fièrement le torse. Ils semblaient très satisfaits d'eux-mêmes. Derrière eux, se trouvait un cortège de villageois.

-Olaf, qu'est-ce que c'est ? Demanda Anna.
-Oh, bonjour Anna, Mattias m'a dit qu'il ne pouvait pas danser parce qu'il avait deux pieds gauches. Alors, j'ai rassemblé une troupe de villageois qui ont chacun une danse différente à lui apprendre. Je suis sûr que l'une d'entre elles, fonctionnera, quel que soit le type de pieds qu’il a !

La cadette rousse avait l'air perplexe et impressionnée alors que Mattias paraissait sceptique, mais un bonhomme de neige déterminé n'était pas quelqu'un que l'on pouvait facilement décourager.

-Instructeurs, présents ! S'écria une nouvelle fois la créature d’Elsa.

Sven et lui se mirent alors au garde-à-vous tandis que les villageois s'avancèrent.

-Madame Blodget est ici pour enseigner, la danse traditionnelle du pays, expliqua ensuite le bonhomme de neige.

A côté de lui, la boulangère fit une révérence polie mais quand Olaf claqua des doigts, elle se remit au garde-à-vous.

-Les Nader connaissent la polka, poursuivit-il en désignant le marchand de poisson qui s'inclina, Pers et Aggie feront une démonstration de valse, Noa et Maja ont une hora, une danse de mariage traditionnelle au cas où quelqu'un se sentirait d'humeur matrimoniale.

Olaf porta aussitôt une main à sa bouche et murmura d’une voix beaucoup plus rigolote :

-Je pense que ce n’est un secret pour personne ici, Tilds et Niels ont proposé une mazurka, et Oaken va faire la démonstration d'un stick dogue.

Le propriétaire du Bazar s'avança.

-On peut le faire avec des bâtons ou des cannes, mais je trouve que c'est toujours mieux avec des épées ! Déclara-t-il en sortant deux lames de quelque part derrière lui avant de les agiter en l'air.

Plusieurs villageois sautèrent rapidement, et la tête d'Olaf rebondit au-dessus de son torse, lui évitant une décapitation accidentelle. Le général Mattias tendit les mains d'un air placide et déclara :

-Les épées ne sont vraiment pas nécessaires !

Puis il se tourna vers Anna et ajouta :

-Votre Majesté, veuillez leur expliquer que nous avons des affaires importantes à régler.
-En fait, dit la reine en ricanant, je crois que nous avions à peu près terminé. Je dois aller superviser la sélection des desserts, en commençant par les chocolats.

Elle accentua ses dires en se tournant vers les portes du château.

-S’il vous plaît, dit Mattias.

Mais Anna avait déjà traversé la moitié de la cour.

-Amusez-vous bien, lui clama-t-elle par-dessus son épaule, c'est un ordre, mais essayez de vous souvenir de ce que je vous ai dit !

Mattias acquiesça, se retournant vers Olaf et ses compagnons.

-Allez-y doucement avec moi, préconisa-t-il.
-Doucement ? Répéta Oaken, vous ne connaissez pas le dicton : "Une bonne enclume ne craint pas le marteau".

Le général regarda le mur de visages déterminés, jeunes, vieux, poilus et figés qui lui faisait face. Il croyait voir beaucoup d’amusements dans leurs yeux.

-Merveilleux, dit-il en prenant une bouffée d'air.
-On dit que les choses sont censées être plus agréables avec le recul, dit Olaf, mais je ne suis pas sûr que ce soit vrai, je suis encore surpris de voir à quel point tout le monde a dit oui si facilement sachant qu’ils ont déjà accepté d’essayer de vous apprendre depuis votre retour.

Sven acquiesça tristement. Les tentatives des villageois pour enseigner leurs danses à Mattias ne s'étaient pas déroulées comme prévu les dernières fois. En fait, le général avait déjà failli se trancher les pieds lui-même. La danse d’Oaken n'était vraiment pas pour les débutants par exemple ou peut-être pour n'importe qui d'autre que le commerçant. Les autres danses n'avaient pas été aussi potentiellement mortelles, mais elles n'avaient pas bien fonctionné non plus.

****

Le bonhomme de neige et le renne traversaient actuellement la Forêt Enchantée. Ayant épuisé tous les professeurs de danse potentiels d'Arendelle, Olaf avait décidé d'élargir leurs recherches.
Si les danses d'Arendelle ne tenaient pas compte des deux pieds gauches, quelqu'un d'autre connaissait peut-être une danse ici qui le ferait. Les trolls de la vallée du rocher vivant s'étaient montrés enthousiastes, mais même Olaf pouvait dire que leurs propres mouvements de danse impliquaient trop de balancements et de roulements pour qu'une personne qui n'était pas faite de pierre puisse les exécuter en toute sécurité.
La fête de la Saint-Jean n'était plus qu'à quelques jours et le temps leur manquait. Olaf restait rarement assis longtemps, mais il tenait à ses amis. C'est pourquoi il était si surpris que cela lui prit un moment pour se rendre compte qu'il fredonnait. À côté de lui, Sven était passé du trot au galop. Il y avait quelque chose dans la façon dont le renne se déplaçait qui avait un rythme étrange.
Il vit que cela affectait également son compagnon à côté de lui. Le galop du renne avait changé. Il bondissait, tapait des sabots tout en se balançant en rythme avec les notes.

-Sven ! S'exclama-t-il, tu danses !

Le visage du cervidé s'illumina de surprise lorsqu'il s'en rendit compte. Il s'arrêta brusquement de bouger, mais ses pieds se mirent à remuer tout seuls. Embarrassé, il resserra ses quatre sabots en un paquet serré à partir des genoux, mais sa fourrure arrière le trahit. Sa croupe de renne commença à se balancer au rythme de la musique. Puis ses sabots sautèrent tous en même temps. Il est clair qu’il ne pouvait pas s'en empêcher. En effet, le renne se mit à pirouetter tandis qu’Olaf considéra son ami pendant un moment.

-Sven danse, dit-il, et Sven a deux pieds gauches. Il a aussi deux pieds droits, mais cela n'a rien à voir avec la situation.

Amusé, la créature d’Elsa saisit son compagnon par le museau pour le stabiliser, mais il ne pouvait pas s'arrêter, si bien qu’il a été emporté par le vent tandis que le renne continuait de tourner en rond.

-Nous avons cherché la bonne danse, expliqua-t-il quelques secondes plus tard, mais ce n'est pas une question de danse, c'est de la musique, comme dans l'histoire de Mattias, et cette musique fonctionne avec deux pieds gauches. Nous devons la suivre !

Sven comprit et partit en direction du son. Ou plutôt, il essaya. Oui, il essaya de galoper en ligne droite, mais son nouveau jeu de jambes fantaisiste l'emmenait dans tous les sens. Il se balança bientôt et glissa d'avant en arrière à travers les collines et les clairières de la forêt chantée. Il faisait des pas de deux, des pas de quatre, etc.. À un moment donné, alors que ses sabots tournèrent vers sa tête, il mordit même une branche d'arbre pour essayer de s’arrêter. Mais en glissant, en marchant, en traînant les pieds, en fouettant, en tanguant, le renne et le bonhomme de neige ne ralentirent pas la progression. La musique s'amplifia au fur et à mesure qu'ils la suivirent, jusqu'à ce qu'elle devienne un son plein et résonnant. Elle remplit les bois et fit trembler les feuilles des arbres. C’est alors qu’ils entendirent une autre musique, celle de l'eau. Bientôt, une immense et rugissante cascade de source claire jaillit devant eux. Elle se déversait le long d'un grand arbre et se rassemblait dans un petit bassin brillant comme un miroir. Debout sur un rocher, au milieu des embruns, se tenait un jeune homme très beau et impeccablement vêtu. Il avait de longs cheveux flottants et des vêtements de la couleur de l'eau. Les hommes le virent les yeux mi-clos, dans une intense concentration car il jouait un hardingfele. Les doigts de sa main gauche volaient sur les cordes du violon, tandis que sa main droite bougeait furieusement l'archet.

-Délicieux, dit Olaf.

Il s'inclina alors vers l'avant en suivant la musique comme s'il tombait dans le parfum des fleurs les plus odorantes qu'il ait jamais senties. A côté de lui, Sven caracolait involontairement dans les airs.
Les yeux du jeune homme s'ouvrirent complètement, scintillant de gaieté et il remarqua les deux compagnons. Il continua à jouer et Sven continua à danser jusqu'à ce que la chanson soit terminée. Alors, le jeune homme baissa son arc et fit un signe de tête.

-Oui...C’est bien moi le grand violoniste, déclara-t-il, bonjour à vous, braves gens. Qu'est-ce qui vous amène à ma cascade ?!

Le bonhomme de neige s'approcha du bord de la piscine et s'arrêta juste à côté de l'eau avant de répondre :

-Nous vous embrassons chaleureusement. Je m’appelle Olaf et mon distingué compagnon se nomme Sven. Il est d’une grande aide au livreur de glaces officiel d’Arendelle, mais ce n'est pas important pour l'instant.
Nous voudrions savoir si vous êtes capable d’apprendre à danser à un ami cher ?

-Oh, je peux faire danser n'importe qui, dit le violoniste.

Il joua quelques mesures complètes et le renne se mit à danser automatiquement. Olaf regarda le violoniste se déplacer. Lorsqu'il se retourna vers la piscine, le musicien était juste à côté de lui, si près que leurs nez se touchaient presque. Mais comment l'étranger avait-il pu se rendre du rocher au centre de l'eau jusqu'à la rive sans se mouiller ?... Mystère.

-Je ne dois pas être déconcerté, chuchota aussitôt Olaf en se tapotant le menton, car en y réfléchissant bien...C’est un homme étrange certes mais très bien habillé...Enfin...que je ne connais pas...Que je n'ai jamais rencontré auparavant, ici, tout seul dans la forêt, jouant du violon dans une cascade sans se mouiller, et qui a l'air d'être un homme d'affaires...Non, il n’y a définitivement aucune raison que cela soit suspect.

Ayant pris sa décision, le bonhomme de neige renchérit d’une voix confortante :

-Vous voulez bien venir au château d'Arendelle pour la fête de la Saint-Jean et jouer une chanson pour que Mattias puisse danser avec Halima ?
-Cela fait longtemps que je ne suis pas allé à Arendelle, dit le violoniste, très longtemps. Inutile de préciser que, je ne suis plus vraiment le bienvenu. Vous devrez m'inviter à entrer en déclamant mon nom !
-Mais vous ne m’avez pas dit votre nom, fit remarquer Olaf.
-Euh...Eh bien...Et... Vous pouvez m'appeler Grimm.
-Cela sonne comme un prisonnier, nota-t-il.
-C'est vrai, dit le violoniste, alors, à la place, vous pouvez m'appeler Fosse.
-Grimm... Fosse, reprit le bonhomme de neige, d’accord.
-Retrouvez-moi à la porte le jour de la fête, dit à nouveau le violoniste, et invitez-moi à entrer. Si vous faites ce que j’ai demandé, je ferai en sorte que votre général Matias danse. Craignez tout ce que vous voulez, mais n'ayez pas peur de cela !

***

-Te voilà, Destin, dit Halima.

Mattias se retourna lorsque l'amour de sa vie s'accrocha à sa manche.

-Je ne t'ai pas vu de la journée, poursuivit-elle, si je ne te connaissais pas, je croirais presque que tu m'évites.
-Moi ? t’éviter ? Mais non ! Répondit Mattias, non. Pas du tout. J'avais juste des choses générales à faire...Enfin je veux dire, pas comme dans 'les choses en général', je veux dire 'être un général'... Pour la sécurité d'Arendelle....Tu vois !
-Hum...Hum, dit Halima en le regardant fixement.

Puis elle sourit.

-Ne t'inquiète pas, je sais que tu exerces beaucoup de responsabilités, fais ce que tu as à faire aujourd'hui et je te verrai pour la première danse du festival ?

Confus le militaire commença :

-Tu sais que je ne suis pas... Enfin, je ne peux pas...

Sa voix s'interrompit avant qu’il ne termine. Il voulait lui dire la vérité, mais il avait peur et était gêné. Comment se fait-il qu'il préférait affronter une douzaine de géants de la Terre en colère plutôt que de risquer de décevoir cette femme ?

-Bien...Donc tu es ok ? Demanda-t-elle, quoi qu'il arrive, tu peux me le dire, Destin. Tu n'as pas à t'inquiéter !

Cherchant la bonne façon de lui révéler la vérité, il regarda autour de lui dans la cour mais n’eut aucune personne à laquelle se raccrochait. Ses yeux balayèrent les compositions florales festives accrochées le long des murs et des avant-toits du château. Par les portes ouvertes, il pouvait voir que les tables de banquet étaient chargées de nourriture et de boissons. En face de la caste, les portes menant au pont étaient grandes ouvertes. Olaf parlait à un étranger bien habillé qui portait un instrument de musique. Le bonhomme de neige vit le général et le salua. Puis il arriva en bondissant, accompagné d'un renne et d'un musicien.

-On se revoit plus tard, dit Halima.

Et elle s'éloigna pour aller aider à la décoration. Mattias avait honte de se sentir si mal à l'aise d'avoir été interrompu.

-Bonne nouvelle, général ! S’exclama la créature d’Elsa, Sven et moi avons résolu votre problème.
-Vous l'avez fait ? répéta-t-il, mais le festival commence bientôt, je ne pense pas avoir le temps d'apprendre une nouvelle danse.
-Oh, tu n'auras rien à apprendre, dit le bonhomme de neige.

Il fit aussitôt un geste vers l'étranger et le présenta :

-Voici Fosse.

Mattias regarda le jeune homme et vit que l'instrument que portait l'inconnu était un hardingfele. Cet instrument à cordes traditionnel se distinguait des autres fides par le fait qu'il avait deux fois plus de cordes. Les quatre cordes supérieures étaient jouées avec l'archet, tandis que les autres cordes restantes, appelées sous-cordes, résonnaient lorsque les cordes supérieures étaient touchées. C'est ainsi que le son se propageait.

-C'est un bel instrument, déclara le militaire.
-Un instrument dont j'ai hâte de jouer pour vous, dit Fosse.

Il s'inclina poliment, mais le général eut l'impression qu'il le connaissait, il avait quelque chose qui fait qu’il lui était étrangement familier. Ce violon...Oui...Mattias était sûr de ne l'avoir déjà vu auparavant.

-Fosse va rejoindre les musiciens sur la scène, expliqua Olaf.

Sven montra d'un sabot une petite estrade en bois qui avait été installée sous un auvent pour permettre à un groupe de musiciens de jouer.

-Je suis sûr que ce sera... bien, dit-il.
-Et quand il joue, même les pieds gauches...Commença la créature d’Elsa.

Mais Fosse tapa sur sa bouche avec son archet avant qu’il ne finisse sa phrase. Les yeux du bonhomme de neige se plissèrent sous l'effet de cette l'interruption inattendue.

Le violoniste dit alors :

-C'est une surprise, n'est-ce pas ?
-Oh, une surprise !? Reprit Olaf en jubilant, j'adore les surprises !

À côté de lui Sven acquiesça joyeusement.

-Je vous laisse faire, ordonna le général à un des soldats.

Il fut prêt à s'acquitter de tâches banales pour oublier ses soucis personnels. Il était reconnaissant d’Olaf et ses amis car il ne s'attendait pas à ce qu’il lui soit d'une grande aide...

***

La reine Elsa arriva juste au moment où le festival était prêt à commencer. Elle chevaucha le Nokk à travers la brèche dans le brise-lames, et l’esprit de l’eau sauta de la mer pour atteindre le pont. Anna l'accueillit aux portes pour lui souhaiter la bienvenue. Dans la cour du château, tout le monde était de bonne humeur. Sven s'était lavé et Kristoff était beau dans son costume bleu. Il avait admis à contrecœur que la Saint-Jean était l'une des rares occasions suffisamment importantes pour lui pour qu'il en porte un. Même Olaf arborait un morceau de tissu vert vif décoré de fleurs de crocus jaune pâle. C'était très joli, mais cela n'empêchait pas de ressembler à un bonhomme de neige déguisé. En y réfléchissant, Mattias dut admettre que ses inquiétudes étaient exagérées. Tout se passait très bien. Les habitants d'Arendelle allaient avoir deux grandes fêtes de la mi-été...

Ses pensées s'embrouillèrent lorsqu'il imagina Halima et la déception qu'elle ressentirait sûrement en découvrant à quel point il était démuni, incapable de participer à des traditions simples et joyeuses. Le général souhaitait presque qu'une urgence survienne, quelque chose qui l'éloignerait de...

-Destin Mattias ! S’exclama Halima en s'approchant de lui avec surprise, tu as commencé sans moi !
-Commencer quoi ? Demanda-t-il.
-Danser, dit-elle.
-De quoi parles-tu ? Danser ? Cela n'a aucun sens.

C’est alors que Mattias regarda ses pieds. Ils bougeaient...Inconsciemment. Tout seul...Il dansait au son de la musique. Sur la scène, le violoniste Fosse jouait avec les autres musiciens. Il y avait un nycketharpa, un selfeayte et un kantele, mais c'était le hardingfele qui, d'une manière ou d'une autre, traversait la scène et résonna dans la cour. Fosse le violoniste jouait seul. Les trois autres musiciens avaient abandonné leurs instruments. Mattias aperçut l'un d'entre eux qui dansait au milieu de la foule.

C'était étrange, inquiétant.

-Halima dit-il, je pense qu'il faut que je m'arrête à la prochaine chanson.

Elle acquiesça et rit :

-Je serais reconnaissante pour la pause.

Mais quand la chanson se termina et que la suivante commença sans pause, Mattias sut que quelque chose ne tournait pas rond.

-Je ne peux pas m'arrêter de danser, dit-il.
- Moi non plus, renchérit-elle.

Le couple jeta un coup d'œil craintif autour d'eux.

-Personne ne peut, nota le général.

C'était vrai. Toute la population du village était entraînée dans la danse. Le militaire vit le même regard de peur et de désespoir sur chaque visage.

-Suis-moi ! Dit-il encore à Halima lorsque la musique passa à la valse.

Du mieux qu'il pouvait, Mattias la dirigea vers le violoniste.

-Fosse ! S’écria-t-il alors que ses pas s'approchèrent de la scène, j'ai besoin que vous arrêtiez la musique !
-Arrêter la musique ? Pourquoi diable ferais-je cela ? Reprit-il, je n'ai pas joué à Arendelle depuis des décennies. Avant même que ce château ne soit là. Je ne vais certainement pas m'arrêter maintenant que je suis de retour !
-De retour ? Répéta Mattias, puis un déclic se produisit dans sa tête, c'était vous, toutes ces années ! Oui ! C'était vous qui faisiez la musique dans les montagnes !
-Je voulais juste que les gens dansent sur mes airs, expliqua Fosse, mais le méchant roi Runeard a dit que cela ralentissait la construction de son château. Alors il m'a banni. La parole d'un roi est le pouvoir dans son pays et j'ai dû rester à l'écart. Maintenant qu'Olaf m'a invité à revenir, je ne pars plus jamais.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Mattias, mais le violoniste accéléra sa musique si bien qu’ils ne purent s'empêcher de danser.

Le général tenta d'orienter son jeu de jambes pour l'amener près de la reine, qui virevoltait, impuissante avec Kristoff.

-Qu'est-ce qui se passe ? S'exclama Anna, pourquoi ne peut-on pas s'arrêter ?
-C'est la musique, expliqua Mattias, votre grand-père a dit que ce n'était qu'une histoire.
-Grand-père Runeard ? Questionna Anna.

Elsa dériva dans leur orbite.

-C’est ce musicien ? Demanda à son tour Elsa, qui est-il ?!
-Il dit qu'il s'appelle Fosse, expliqua le général.
-Fosse ? Répéta la reine des neiges abasourdie, C’est Fossegrim ! Un esprit des eaux qui joue une musique envoûtante !
-Notre peuple est-il en danger ?! L’interrogea sa sœur.
-Pas si je peux l'aider ! Assura la cinquième esprit.

Faisant tourner l'arc de cercle, elle tendit le bras et envoya un souffle de glace à travers la cour en direction du violoniste. Mais Fosse le vit venir et se décala sur le côté. Il lança un regard noir à Elsa et son archet fit des zigzags sur les cordes. Elle envoya trois autres salves de glace en succession rapide mais la musique de Fosse la secouait d'avant en arrière, ce qui l'empêchait de viser juste.

-Il n'y aura plus de ça ! Clama-t-il, c'est le genre de mauvais comportement qui te vaudra d'être chassée du château. En fait, je vous jette tous dehors à partir de maintenant !

Sans attendre, il bondit de la scène et commença à se frayer un chemin dans la foule. Les danseurs effrayés, tombèrent. Les danseurs se sont séparés alors que le fossoyeur traversait la cour et franchissait les portes du château, Anna, Kristoff, Elsa, Sven et tous les villageois dansaient à sa suite. C'était une procession folle, mais personne ne pouvait y résister. Fosse les fit descendre le pont, traverser la place du village et se diriger vers les docks.
Seule une personne dans tout Arendelle ne suivait pas : Olaf dansait seul au milieu de la cour du château, à l'insu de tout le monde et de tout le monde.

-Shooby dooby dooby do, do, chantait-il.

Puis il s'arrêta et regarda autour de lui avant de se questionner :

-Où est passé tout le monde ? Sven ? Anna ? Kristoff ?

Il mit alors une main sur le côté de sa tête, là où se trouverait une oreille s'il en avait et la tendit avant de saisir les refrains du violon qui s'éteint.

-La fête a continué sans moi ? Attendez ! Cria-t-il.

Il sortit en courant des portes et suivit le corbeau avant de rattraper Gerda et Kay, membres du personnel du château, qui traînaient en queue de peloton.

-Nous ne pouvons pas nous arrêter de danser, expliquèrent-ils.
-Ça a l'air sérieux, dit la créature d’Elsa, je dois retrouver Anna, faites place, le bonhomme de neige arrive ! Hurla-t-il à nouveau.

Il baissa la tête et frappa la chaussée de ses pieds de boule de neige. Il trouva Anne juste au moment où Fosse atteignit le bord des quais.

-Pourquoi fais-tu cela ? demanda la reine au violoniste.
-Ton grand-père m'a chassé de chez moi ! S'exclama Fosse, en brandissant son arc pour montrer du doigt la chute d'eau sur les falaises au-delà de la ville, maintenant, je vous chasse de la vôtre, dit-il, je fais cela ou bien vous me donnez votre parole que vous allez quitter Arendelle pour toujours !
-Quittez Arendelle ?! Répéta Anna, offusquée, mais nous ne pouvons pas quitter Arendelle !

Le violoniste fit glisser son archet sur les cordes et elle dansa jusqu'au bord des quais, se balançant de façon précaire au-dessus des eaux. Olaf courut pour la rattraper, mais elle lui échappa en dansant.

-Je me demande...Continua le musicien, une reine peut-elle nager et danser en même temps ? Je ne crois pas !

Au milieu de la foule, Mattias réfléchit furieusement. Il n'arrivait pas à contrôler ses pieds à cause de la musique. Or Fosse n'avait pas arrêté de jouer, si seulement il y avait un moyen de faire en sorte qu’il arrête son violon. En regardant Olaf, il eut une idée.

-Olaf ! S'écria-t-il, la musique ne t'affecte pas"
-C'est parce que je suis fait de magie, expliqua-t-il, et de neige. Bien sûr.
-Nous devons éloigner le violon de Fosse, dit le général et je pense que tu es le seul à pouvoir le faire.

Le bonhomme de neige comprit. Il courut vers Fossegrim. Il ne pouvait pas le contrôler, mais il avait une idée. Le musicien remarqua bientôt qu’il n’était pas impacté. Il s’inclina immédiatement et fit tourner deux villageois sur son chemin y compris Oaken.

-Youhou ! Mes excuses, petit ami des neiges, dit le commerçant.
-Je ne peux pas passer, hurla Olaf.
-Il va falloir faire preuve de stratégie, dit le général, nous devons tous travailler ensemble !
-Comment pouvons-nous travailler ensemble si nous ne pouvons pas nous arrêter de danser ? Demande Elsa.

C’était une bonne question. S'ils ne pouvaient pas s'arrêter de danser, Mattias devait tenir compte de l'évolution de la situation. Il repensa à ses dernières leçons, à tous les mouvements de danse que ses amis avaient essayé de lui enseigner, mais sans succès.

Je ne suis peut-être pas un bon danseur, dit le général mais Sven si !
Il appela alors le renne en faisant tourner ses doigts pour lui indiquer ce qu'il voulait. Le cervidé, toujours vif d'esprit, n'avait pas compris. Il pirouetta en cercle, attrapa Olaf avec un bois et lança Fossegrim par-dessus le mur des danseurs. Olaf atterrit en courant, mais Fosse se renfrogna et envoya une troupe de villageois pour arrêter le bonhomme de neige.

-Kristoff, c'est à toi de jouer ! S’exclama encore le militaire en faisant des gestes.

Juste avant que les villageois n'atteignent Olaf, Kristoff bondit sur leur chemin en pliant profondément les genoux, puis il lança ses bras et ses jambes en l'air. Olaf se mit à courir. Mais le violoniste a fait danser un autre groupe de personnes pour les mettre en position.

-Maintenant, Votre Majesté, dit Mattias à Anna, qui rattrapa Olaf et l'envoya rapidement en vrille jusqu’au au sommet.
-Wa-wa-wa-wa-wa-wah, dit-il étourdiment.
-Maintenant, c'est à vous, votre autre majesté, de dire Mattias à Elsa,
-Continue, Olaf", crie Elsa.

En une fraction de seconde, elle fit apparaître une rampe de glace. Olaf s'élança sur la rampe et glissa jusqu'en haut, s'élançant dans les airs et passant au-dessus des têtes des villageois. Le bonhomme de neige s'écrasa sur Fosse. Ils tombèrent dans un enchevêtrement de membres, mais pas tous, pas tous attachés. Les bras de Olas s'étaient détachés, mais ils s'agrippaient toujours à l'anneau de glace. Pendant une minute, c'est le suspense, mais Fosse dégage son instrument. Il rit et tint son violon en triomphe. Puis ses yeux s'écarquillèrent. Sa moitié inférieure s'éloignait à toute allure avec quelque chose d'empalé en plein dans la boule de neige.

-À quoi sert un violon sans archet ? dit la tête du bonhomme de neige à côté de Fossegrim,

C'était vrai. Pendant qu'Olaf se battait pour le violon, le derrière du bonhomme de neige s'était emparé de l'archet. Fosse pinça les cordes avec un doigt, mais le bruit discordant n'eut aucun effet. Autour d'eux, les habitants d'Arendelle commencèrent à se débarrasser du sort. Ils se tournèrent vers lui. Furieux, Oaken tint un juron en frappant son poing dans sa grosse paume. Fosse tourna sur lui-même, prêt à sauter dans la mer. Mais le Nokk se leva d'un coup. Il tapa du pied et envoya un jet furieux pour éclabousser le violoniste qui déglutit péniblement. Il était entouré d'une mer et de visages furieux. C'est alors qu’il fit quelque chose de très inattendu, Il se mit à pleurer. De grosses gouttes, comme une cascade, tombèrent de ses yeux et s'accumulèrent dans un bassin à ses pieds. Anna et Elsa se regardèrent avec stupéfaction.
Les sœurs se connaissaient si bien qu'elles savaient ce que l'autre pensait. Elles étaient censées être le pont entre les gens et les esprits. Pas le mur. Leur grand-père avait peut-être construit des barrages pour diviser la population, mais elles les avaient détruits pour rassembler les gens.

-Nous comprenons que vous avez été chassés de votre maison, dit Anna avec gentillesse.
-Mais les choses sont différentes aujourd'hui, expliqua la reine des neiges, nous vivons en harmonie avec les esprits.
-Nous pourrions vivre ainsi avec vous, si vous le voulez, reprit la cadette d’Arendelle,
-A condition que vous ne fassiez danser les gens que lorsqu'ils en ont envie, ajouta Mattias.
-Qu'en dites-vous ? demanda Olaf qui lui tendit sa main, Amis ?


Sven lança aussi un regard encourageant et un sourire flou si bien que Fosse Grimm renifla et cessa de pleurer.

****

Sur scène, Fosse jouait avec les autres musiciens. Cette fois, son air était facile à danser, mais n'était pas obligatoire. La reine Anna l’avait invité à réoccuper la cascade près d'Arendelle. Il n'était pas sûr d'accepter l'offre. Il avait vécu près si loin depuis des décennies, et il s'y sentait comme chez lui. Mais, comme il l'avait dit, "c'était agréable d'être à nouveau le bienvenu". Environ la moitié des villageois dansaient. D'autres avaient assez dansé pour la nuit, voire pour la saison. Ils s’étaient installés à l'intérieur pour se servir à la table du buffet. Mais une valse lente et agréable avait attiré Anna et ses amis sur la piste...

-Peu m'importe que tu saches danser ou non, dit Halima.

Elle et Mattias marchaient et glissaient près du centre de la cour.

-Je t'aime pour ce que tu es, je te vois, Destin Mattias, tu es un homme bon et tu n’as pas besoin d’être gêné pour quelques pas de danses.
-J'ai essayé de lui dire ça, déclara Anna, en valsant avec Kristoff.
-Écoute ta reine ! Se moqua le débiteur de glace.
-Elle sait de quoi elle parle, acquiesça Halima, et écoute-moi aussi.
-Tu sais, rétorqua Olaf en virevoltant avec Sven, tu n'es vraiment pas si mal que ça.

Le renne lança à Mattias un regard approbateur.

-Hum...Vraiment ? S’enquit le général bien qu’il ne savait pas si cela était dû à Fosse Grimm, ou simplement à sa nervosité et sa peur qui avaient enfin disparu.

En tous les cas, il se mit rapidement à la valse.

-Olaf, tu pensais que j'avais besoin du bon instructeur. Puis tu as pensé que j'avais besoin de la bonne musique. Il s'avère que j'avais juste besoin de la bonne partenaire. Et je l'ai trouvée ! Clama-t-il en se tournant pour regarder son amour dans les yeux.
-Tant que tu me laisses diriger, décréta Halima.
-Avec grand plaisir, conclut-il.

Et ils dansèrent ainsi jusqu'au bout de la nuit.


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