- Le Royaume d'Arendelle -
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x.a.l.a.n.d.a
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La Reine des Neiges 3  Empty La Reine des Neiges 3

Dim 12 Fév - 16:41
Bonjour à tous et à toutes ! Je suis nouvelle sur ce forum mais je pense être au bon endroit... J'ai achevé d'écrire une fanfiction intitulée La Reine des Neiges 3 durant l'été 2022 et souhaite vous la partager. Si vous avez la moindre critique à faire (qu'elle soit positive ou négative), n'hésitez pas à laisser des commentaires, cela peut m'être utile pour connaître les points à améliorer ou ceux qui sont bien tels quels. Merci beaucoup et bonne lecture !

PS : J'ai fait le choix de ne pas inclure le personnage d'Olaf dans cette fanfiction... Son côté joyeux et enfantin n'aurait pas forcément collé à l'atmosphère générale que je voulais donner à mon histoire...

La Reine des Neiges 3  La_rei12


Prologue

« Cache tes pouvoirs, n’en parle pas ». Cette phrase m’a hantée pendant des années, quand ma magie était considérée comme une malédiction frappant le royaume d’Arendelle. Certains me voyaient comme une sorcière, d’autres comme un démon… La peur qui se reflétait dans les yeux de ceux qui me côtoyaient était petit à petit devenue mienne…
J’ai perdu le sens de cette phrase il y a environ quatre ans, le soir de mon couronnement. J’y ai malencontreusement révélé aux yeux de tous ce que je tentai de dissimuler depuis mon enfance. Je me suis tout d’abord reproché de ne pas avoir réussi à me maîtriser mais suis finalement heureuse d’avoir trahi ce secret qui pesait sur mes épaules depuis bien trop longtemps. J’étais enfin libre. Sans cela, je ne serais pas où je suis, dans cette chambre, dans ce lit.
J’ai oublié ces quelques mots mais pas les personnes à leur origine. Pas mes parents. Nombreux sont ceux ayant déploré mon attitude et mon obstination quant à vouloir m’accrocher à tout prix à tout ce qui pouvait me les remémorer.  On m’a alors reproché de ne pas laisser tomber leur souvenir. Surtout celui de ma mère, Iduna. Mais je ne pouvais pas. Cela aurait signifié devoir abandonner une partie de moi. C’était impossible.
***
Je me tourne vers le côté opposé du lit, toujours perdue dans mes pensées. Il est tôt. Le soleil ne s’est pas encore tout à fait levé mais le ciel est déjà suffisamment clair pour me laisser apercevoir distinctement chacun des objets de la pièce dans laquelle je me trouve. Le petit bureau en face du grand lit, la penderie à ma gauche, le miroir au fond… Je me redresse légèrement dans l’espoir d’apercevoir les aiguilles de la petite horloge posée sur le bureau. Cinq heures cinquante. Je me laisse retomber dans le lit, enfonçant ma tête dans mon oreiller. Aucun bruit ne vient troubler ce doux instant de silence. J’observe longuement le plafond et les murs de bois. Je passe doucement ma main contre celui derrière ma tête. Sentir la rugosité des planches sous mes doigts me plait. Je baisse les yeux et souris en contemplant la masse de cheveux bruns à quelques centimètres de mon visage.
Soudain, un cri déchirant brise le silence. Un cri plaintif, mêlé à des pleurs. Je me lève précipitamment et me dirige en courant vers la provenance du bruit. A peine ai-je poussé la porte m’en séparant que tout s’arrête, faisant retomber l’endroit dans le calme. Je m’immobilise dans son entrée et regarde par la fenêtre se trouvant face à moi. Les premiers rayons du Soleil pénètrent dans la pièce. Je souris. Une nouvelle journée commence.


Dernière édition par x.a.l.a.n.d.a le Mar 21 Fév - 11:40, édité 8 fois
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La Reine des Neiges 3  Empty Re: La Reine des Neiges 3

Lun 13 Fév - 19:46
Ah chouette ! Quelqu'un qui écrit des fanfictions ! Smile C'est toujours sympa d'en avoir d'autres ! Mon mari @Frantzoze et moi-même en sommes les spécialistes (c'est d'ailleurs grâce à ma première fanfiction de la reine des neiges que nous nous sommes rencontrés... Mais c'est une autre histoire I love it )

Juste avant de commencer pourrais-tu me permettre de paginer tes chapitres pour que ça soit lisible parce que là ça fait bloc et c'est pas top à lire ?!

Ah et est-ce qu'il y a toute l'histoire dans ces 4 chapitres ? (j'en doute mais je pose quand même la question Wink )

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La Reine des Neiges 3  Empty Re: La Reine des Neiges 3

Mar 14 Fév - 10:54
Coucou
Alors moi j'ai lu et non Ansa ça n'est pas toute l'histoire mais 4 chapitres qui présentent je suppose les 4 (en fait 5 si on prend le prologue) personnages principaux.

Franchement c'est bien écrit, c'est fluide.
Pour les 2 premiers j'ai souri reconnaissant des choses déjà vues dans les fictions d'Ansa et Frantzoze
La relation Honeymaren/Erik "forcée par le poids de la tradition Northuldra"... ca rappelle les coupoles.
Yelena qui regarde Elsa avec méfiance ça rappelle Nouveaux Défis chez Frantzoze.

Mais même si il y a des points communs, le style et la mise en place sont totalement différents et chaque fois c'est entouré de mystère, ces tremblements.
Avec le cauchemar d'Anna je me demande s'il n'y a pas non plus une influence de la forêt des ombres et/ou de polar castle night.

Bref une belle mise en bouche. Wink
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Mar 14 Fév - 11:15
Bonjour !
Je confirme ce n'est pas toute l'histoire... Il y a une centaine de chapitres au total ! La Reine des Neiges 3  1f605
Si cela vous plaît c'est le principal ! Je compte publier 2 chapitres par jour (ils sont déjà tous écrits donc je n'ai plus qu'à les poster ici).

@Ansa tu peux tout à fait paginer mes chapitres, il n'y a aucun problème, bien au contraire ça m'arrangerait parce que je ne sais pas comment faire pour rendre tout ça plus clair ! La Reine des Neiges 3  1f602

Merci et bonne lecture !
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Mar 14 Fév - 11:22
100 chapitres ?! Ah ! On a affaire à une fervente écrivaine ! Smile
ça nous fait un point commun ! I love it
Voici un aperçu de ma saga des retour vers le passé qui est également disponible sur fanfiction en cours (à lire avec les FCU de @Frantzoze)

La Reine des Neiges 3  31307310

La Reine des Neiges 3  31311311

Mon plus gros tome est pour l'instant celui de Retour vers le passé 3 qui fait 960 pages à lui tout seul ! I love you

La Reine des Neiges 3  16249012

Es-tu lectrice aussi ?! :angel: Tu pourrais rencontrer notre univers à @Frantzoze et moi-même, c'est le même principe que le MCU mais avec Frozen ! Very Happy


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Mar 14 Fév - 11:34
Eh oui ! J'ai la passion de l'écriture depuis mes 6 ans... et je ne compte pas la lâcher ! 

La fanfiction que je suis en train de vous partager fait 760 pages au total... Donc j'espère que vous aimez lire  La Reine des Neiges 3  1f602 Personnellement, je ne suis pas très satisfaite des premiers chapitres... J'ai commencé à l'écrire lorsque j'avais 16 ans donc j'étais très jeune et mon style n'était pas forcément terrible... J'ai fait comme j'ai pu en relisant l'intégralité pour corriger par-ci par-là ce qui ne me plaisait pas mais je ne suis pas encore entièrement convaincue... Peu importe, je suis là pour apprendre et recevoir vos critiques pour m'améliorer ! 

Oui je suis une très grande lectrice également ! J'irai regardez vos fanfictions quand j'aurai un peu plus de temps (je suis en plein milieu de mes études donc je dois surfer entre plein de choses en permanence, c'est compliqué !)

J'ai une question purement technique : je me sens un peu bête mais... comment fait-on pour ajouter des pages lorsque l'on écrit sur ce forum ? (Je souhaiterais mettre un chapitre par page pour que cela soit plus lisible plutôt que de tout laisser en bloc comme actuellement...)
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Mar 14 Fév - 12:01
x.a.l.a.n.d.a a écrit:Eh oui ! J'ai la passion de l'écriture depuis mes 6 ans... et je ne compte pas la lâcher ! 

La fanfiction que je suis en train de vous partager fait 760 pages au total... Donc j'espère que vous aimez lire  La Reine des Neiges 3  1f602 Personnellement, je ne suis pas très satisfaite des premiers chapitres... J'ai commencé à l'écrire lorsque j'avais 16 ans donc j'étais très jeune et mon style n'était pas forcément terrible... J'ai fait comme j'ai pu en relisant l'intégralité pour corriger par-ci par-là ce qui ne me plaisait pas mais je ne suis pas encore entièrement convaincue... Peu importe, je suis là pour apprendre et recevoir vos critiques pour m'améliorer ! 

Oui je suis une très grande lectrice également ! J'irai regardez vos fanfictions quand j'aurai un peu plus de temps (je suis en plein milieu de mes études donc je dois surfer entre plein de choses en permanence, c'est compliqué !)

J'ai une question purement technique : je me sens un peu bête mais... comment fait-on pour ajouter des pages lorsque l'on écrit sur ce forum ? (Je souhaiterais mettre un chapitre par page pour que cela soit plus lisible plutôt que de tout laisser en bloc comme actuellement...)

Ah bah dis donc ! ça nous fait pleins de points communs ! I love it
Tu fais quoi comme études ? Moi je suis professeure de lettres-histoire en lycée professionnel et mon mari @Frantzoze est professeur des écoles Smile
Alors une fois que tu publies ton chapitre, tu mets "envoyer" et tu mets le deuxième sur un autre post... Après ce que je peux te conseiller c'est de te mettre à notre rythme Wink Frantzoze et moi faisons un chapitre par semaine et nous le publions lorsque nous en faisons la lecture par skype Wink généralement c'est le vendredi ou le samedi soir. Si le coeur t'en dit et si tu veux que tes chapitres soient lu à haute voix et faire connaissance avec différents membres lecteurs et écrivains du forum, tu peux te joindre à notre groupe Very Happy Voilà ! Si t'as besoin de plus d'infos, je t'explique en MP parce que là nous sommes un peu en hors sujet vis à vis de ta fic ! Smile


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La Reine des Neiges 3  Empty La Reine des Neiges 3 (Chapitre 1)

Mar 14 Fév - 12:09
PREMIERE PARTIE


Chapitre 1
Honeymaren


L’hiver s’était progressivement installé dans la vallée. Le froid se faisait de plus en plus rigoureux, nous obligeant à porter d’épais manteaux en peaux d’animaux. Les journées étaient courtes, ne nous offrant que quelques heures de clarté quotidiennes. Nous devions adapter chacune de nos activités à cette nouvelle saison. Les Northuldra étaient un peuple habitué depuis bien longtemps à ces conditions de vie pouvant paraître rudes. La nature était notre principale alliée tout au long de l’année. Nous considérions donc l’hiver comme sa mise en hibernation, comme un repos devant durer quelques mois avant de pouvoir nous offrir de nouveau ses fleurs, ses fruits et ses après-midis chauds et ensoleillés.
Comme à chaque début de saison hivernale, j’aidais mon frère, Ryder, à s’occuper de son troupeau de rennes. Nous avions emmenés les animaux dans une grande clairière non loin du campement des Northuldra. J’observais attentivement Ryder examiner chacune de ses bêtes pour repérer d’éventuelles traces de blessure ou de maladie. Son visage fermé et concentré trahissait son inquiétude à chaque fois qu’un animal présentait un signe de quelconque faiblesse. Il était rare de le voir se comporter ainsi, aussi calme et anxieux, lui qui avait pourtant l’habitude de détendre l’atmosphère avec des plaisanteries ou des remarques bien souvent puériles. En cet instant cependant, je le comprenais. Nous avions dû abattre tant de rennes gravement blessés ou malades l’année précédente pour assurer la survie du troupeau… Il ne voulait pas revivre cela.

Après avoir terminé son inspection, Ryder s’approcha de moi, un grand sourire aux lèvres.

« Rien à signaler à part deux femelles qui attendent des petits depuis déjà quelques semaines je pense ! Tout va bien. Pour une fois… » me lança-t-il joyeusement.

Je lui souris. Sa mine soucieuse avait totalement disparu, laissant place au soulagement. Je retrouvais le frère de mon enfance. Toujours joyeux et détendu.
Alors que nous nous apprêtions à reconduire les rennes dans l’immense enclos que nous avions bâti pour eux, le sol se mit soudain à trembler sous nos pieds à intervalles réguliers. Les animaux, paniqués, se mirent à galoper dans tous les sens, sans que l’on puisse les arrêter. Mon frère et moi nous regardâmes, comprenant au même moment de quoi il s’agissait. Je levai la tête vers l’étendue d’arbres devant moi. Je vis la cime de certains d’entre eux s’effondrer dans un terrible craquement. Les tremblements se rapprochaient, devenant de plus en  plus puissants.

« Les géants de la terre », soufflai-je.

Leurs pas martelaient le sol. Quelques cailloux à mes pieds se mirent à rouler d’eux-mêmes sous l’effet du sol tremblant. Les esprits apparurent, dominant les arbres. Ils s’avancèrent jusqu’à la clairière dans laquelle nous nous trouvions. L’un d’entre eux s’inclina en avant, tendant son bras jusqu’à toucher le sol. Je distinguai alors péniblement une silhouette sautant gracieusement de sa main pour retrouver la terre ferme. Je plissai les yeux, éblouie par la clarté aveuglante de ce début de matinée. Quand mes pupilles furent enfin habituées à la luminosité blanchâtre du soleil hivernal, je reconnus Elsa.

Depuis trois mois, j’avais longuement observé la jeune femme, nouvelle venue dans la forêt enchantée. C’était la seule personne semblant dans son élément en cette période de l’année. Habituée à ces températures extrêmes, elle avait l’habitude de ne porter qu’une longue robe légèrement plus épaisse que d’ordinaire, surmontée d’un magnifique col de fourrure blanche qui entourait ses épaules. Le froid ne semblait pas la déranger. Au contraire, elle s’y épanouissait. Je l’admirais pour cette facilité d’adaptation, même dans des situations y paraissant peu propices.

La jeune femme passa à côté de nous en nous souriant et nous fit un petit signe de la main. Nous le lui rendîmes immédiatement. Elsa dégageait quelque chose de fort et d’unique. Ryder la regarda s’éloigner, ne prêtant plus attention à ce qui l’entourait. Il paraissait subjugué. Je suivis son regard. Elsa était une très belle femme, mince, élancée, délicate dans chacun de ses gestes. A chaque fois que je l’observais, j’enviais sa beauté et sa grâce naturelles. Elle dégageait une aura lui permettant de se faire respecter de tous. Ses longs cheveux blond platine – presque blancs – et sa peau si pâle la distinguaient de toutes les autres femmes du village, la faisant sortir de l’ordinaire. Moi, jeune femme brune à la peau bien plus mate, je n’avais rien de spécial. Mon physique était parfaitement commun. J’éprouvais parfois une pointe de jalousie en sa présence. Les regards des hommes se tournaient tous dans sa direction. Ils semblaient captivés par l’ancienne reine, comme si plus rien d’autre n’existait.


***


Après avoir passé toute la matinée avec mon frère et son troupeau, j’étais rentrée au camp Northuldra pour retrouver Erik dans sa cabane. Une fois entrée, je me rendis compte que tout était parfaitement silencieux. Il faisait sombre, les volets n’avaient été qu’entrouverts, ne laissant qu’un faible rayon de soleil s’introduire à l’intérieur. Au centre du salon, la grande table de bois sur laquelle le jeune homme avait dû manger n’avait pas été débarrassée. La vaisselle sale y était encore empilée. Je soupirai tout en m’approchant du centre de la pièce. Il n’était pas là.

Erik et moi étions ensemble depuis quelques mois, restant fidèles à ce que voulaient nos parents respectifs.

« La famille Myhre et la nôtre sommes intimement liées depuis des dizaines d’années. Tâche de ne pas ruiner cette relation. »

Les paroles de mon père, Alexander, résonnaient encore dans ma mémoire. Son souvenir venait me frapper de plein fouet, toujours avec la volonté de me terrasser, de m’écraser jusqu’à m’anéantir. Je suffoquais, comme manquant d’air. Mon cœur battait à tout rompre.

« C’est ma faute », murmurai-je en m’appuyant sur la large table de bois devant moi, sentant mes jambes prêtes à se dérober à la première occasion si je ne me soutenais pas.

Une larme coula sur ma joue et vint s’écraser sur le dos de ma main. Mes doigts se crispèrent sur le rebord de la table tandis que mes ongles s’enfoncèrent dans les interstices de son bois brut. Je tentai de me calmer, de retrouver une respiration normale. Inutile. Je cédais petit à petit à la panique, me retrouvant une fois de plus en proie à mes peurs, mes craintes, pourtant refoulées depuis des années. Je devais immédiatement penser à autre chose, je n’avais pas le choix, c’était la seule solution pour ne pas sombrer de nouveau. Je saisis tant bien que mal les assiettes posées sur la table. Mes mains tremblaient. Je devais me contrôler. J’inspirai alors profondément dans l’espoir de me ressaisir. J’entendis à peine la porte d’entrée s’ouvrir et se refermer derrière moi. Je sentis alors une main se poser sur mon épaule et me retournai vivement à son contact. Sous l’effet de la surprise, je lâchai la vaisselle que je tenais. Elle se brisa au sol dans un bruit fracassant. Les débris de verre s’éparpillèrent à mes pieds. Je levai la tête.

« Erik ! Je ne t’ai pas entendu entrer… soufflai-je en essuyant rapidement mes joues encore mouillées.
— Est-ce que… ça va ? » me demanda-t-il en posant sur moi un regard inquiet.

Je lui souris pour toute réponse, ne sachant que dire de plus. Son regard était intense. Il savait évidemment que mon sourire n’était qu’une façade, qu’un rempart cachant mes véritables sentiments et ressentis aux yeux des autres. Un rempart que lui-même était incapable de franchir, tant je l’avais bâti solidement, de façon à ce qu’il soit totalement imperméable, ne laissant à aucune de mes émotions l’occasion de s’échapper. J’avais passé plus de quinze ans de ma vie à le construire, brique par brique, pour pouvoir affronter le monde et ses injustices. Je ne pouvais laisser personne le détruire.

Je m’accroupis, n’osant plus croiser son regard, et ramassai les morceaux de verre. Je savais qu’Erik me regardait toujours silencieusement, comme analysant mes moindres faits et gestes. Sans véritablement faire attention à ce que je faisais, un éclat de verre s’enfonça dans la chair de ma main. Je grimaçai de douleur. Une goutte de sang perla et dégoulina le long de ma peau. Le jeune homme s’abaissa à ma hauteur, pris ma main blessée dans la sienne et l’enrubanna d’un bandage blanc. Je l’observai faire calmement tandis que plusieurs taches rouges apparaissaient, souillant petit à petit le tissu jusqu’ici immaculé. Quand il eût terminé, nous restâmes silencieux, assis chacun en tailleur sur le plancher. Il semblait habitué, presque lassé, de mes crises de panique et des souvenirs qui ressurgissaient de plus en plus souvent dans ma mémoire. Mais il ne savait rien. Je ne lui avais jamais dit et je comptais garder ce secret inavouable pour moi.

Erik était âgé de quatre ans de plus que moi. C’était un jeune homme imposant et robuste de par sa taille et sa musculature. Sa carrure pouvait paraître rassurante. Moi, elle m’effrayait. Ses cheveux bruns mi-longs – plus foncés que les miens – encadraient son visage et formaient un ensemble de mèches ébouriffées, lui donnant un petit air craquant. Mais c’était ses yeux gris clair qui m’avaient toujours dérangée. Quelque chose en eux me perturbait. On ne pouvait y lire aucune âme. Ils étaient vides.
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La Reine des Neiges 3  Empty La Reine des Neiges 3 (Chapitre 2)

Mar 14 Fév - 12:34
Chapitre 2
Yéléna

Elle était là. Grande, belle, jeune, majestueuse. Tous l’admiraient, semblant irrésistiblement attirés par elle. Nulle ne lui ressemblait. Depuis son arrivée dans la forêt enchantée, ils semblaient subjugués et observaient avec attention ses moindres faits et gestes. Les plus jeunes s’amusaient de ses pouvoirs permettant de contrôler la neige et la glace. Les plus âgés enviaient la pureté de sa beauté. Une beauté pourtant glaciale avec une peau et des cheveux si clairs qu’ils pouvaient presque se confondre sur la neige de ce début de mois de janvier. Ses yeux d’un bleu vif semblaient transpercer tout ce sur quoi ils se posaient. Elle n’était pas comme nous. Et c’est ce que je comprenais de plus en plus.
Je l’observais depuis son arrivée. Elle nous avait libérés et avait ramené les esprits parmi nous. Je lui devais beaucoup certes. Mais elle était l’une des leurs, et non pas des nôtres. Je connaissais une partie de ses capacités. Elle pouvait nous détruire tout aussi facilement qu’elle nous avait sauvés, j’en étais convaincue. Je n’avais jamais fait confiance aux personnes d’Arendelle. Notre passé était une leçon. Je n’avais que trente ans lorsque j’avais assisté, impuissante, à la trahison du roi Runeard envers notre peuple. J’avais vu des familles entières se faire massacrer sous mes yeux. Mon père faisait partie de ceux ayant été tués, provoqué injustement en duel par le roi d’Arendelle. Le soir même, j’étais devenue chef des Northuldra, n’ayant pourtant jamais véritablement été préparée à un tel rôle.

Elsa était une descendante directe de Runeard, mais aussi d’Iduna, celle ayant lâchement abandonné son peuple, ne donnant plus jamais signe de vie. Et pourquoi ? Pour suivre Agnarr, l’héritier du trône d’Arendelle, qu’elle connaissait pourtant à peine. Pour certains, cette seconde trahison avait été un coup de massue, parfois bien plus douloureux que le premier. Je me souvenais encore des regards perdus, remplis d’incompréhension lorsque nous avions cherché en vain Iduna. Elle avait disparu, alors que personne ne la regardait. Elle avait profité d’un moment d’inattention pour s’éclipser et ne plus jamais revenir.

Au fond de moi, j’étais persuadée qu’il y avait eu une autre raison à ce départ précipité. Mais j’ignorais laquelle. Ma chance de découvrir un jour la vérité était cependant morte en même qu’Iduna. Elle avait emporté son secret avec elle, s’assurant qu’il ne remonte jamais à la surface. Elle avait certainement dû ignorer le mal qu’elle nous avait fait. Faisant pourtant partie d’une de nos plus anciennes familles, elle qui était si respectée à l’époque, malgré son jeune âge, ne représentait plus qu’une honte, qu’un détail de notre histoire que nous ne voulions plus aborder. Voilà où nous en étions. Plus personne n’osait évoquer cette malheureuse aventure. La blessure ne semblait pas s’être refermée. Elle nous avait laissés derrière elle, sans même se retourner, au moment où nous souffrions le plus.

Je regardai Elsa depuis l’intérieur de ma tente, entrouvrant légèrement les peaux de rennes qui en recouvraient l’entrée. Elle tenait Bruni, l’esprit du feu, entre ses mains et semblait amusée du comportement joueur de la petite salamandre. Quelques personnes s’approchèrent de la jeune femme et entamèrent une conversation avec elle. Je sentis la colère monter en moi. Je détestais que les Northuldra entretiennent de plus en plus de relations avec elle. Elsa nous trahirait, j’en étais persuadée. Son visage portait les traits de sa mère. Elles étaient pareilles.

***

J’étais montée sur les hauteurs, bien au-delà de notre campement. Appuyée contre un rocher, j’observais la vallée en contrebas. Les arbres, dépourvus de leurs feuilles, avaient enfilé leur manteau blanc hivernal qui enveloppait leurs branches. Une épaisse couche de neige recouvrait les sols depuis quelques jours. Le ruisseau dans lequel nous avions l’habitude de nous ravitailler, nous et nos bêtes, était complètement gelé. Je savais qu’il en était de même pour la Mer Sombre, quelques kilomètres plus au nord. Chaque année, aussi étonnant que cela puisse paraître, ses vagues tumultueuses arrêtaient brusquement de se jeter contre la petite crique qui y menait. Alors, une solide couche de glace se formait par-dessus, empêchant leurs va-et-vient habituels. Certains, trop téméraires, avaient tenté de rejoindre Ahtohallan, profitant que la Mer Sombre soit ainsi figée. Semblant au premier abord parfaitement inoffensive et sans danger en cette période de l’année, ils ne s’étaient pas méfiés, bien trop rongés par la curiosité et le désir de découvrir enfin cette île légendaire dont ils avaient toujours entendu parler. Ils avançaient alors d’un pas décidé sur la glace, ne se laissant jamais déstabiliser par son aspect froid et glissant. Mais, lorsqu’ils pensaient être arrivés à mi-chemin, se tenant au-dessus du point le plus profond de la Mer Sombre, Nokk, un cheval fougueux incarnant l’esprit de l’eau, brisait la glace sous leurs pieds.  Ils s’accrochaient alors désespérément à tout ce qu’ils pouvaient, se démenant pour retrouver la terre ferme. Mais impossible. Nokk les attirait dans l’eau glacée, les entraînant toujours plus profondément et les empêchant de remonter à la surface. Nous avions déjà perdu tant de Northuldra ainsi… La plupart d’entre eux étaient de jeunes adultes, incapables de se raisonner. J’avais arrêté mes mises en garde depuis des années, comprenant que cela ne servait plus à rien. Ils étaient déterminés à rejoindre Ahtohallan, d’une manière ou d’une autre, même si cela devait leur coûter la vie. Seule Elsa avait réussi cet exploit et cela m’inquiétait. Face au succès de la jeune femme, ils seraient encore plus nombreux cette année à tenter leur chance pour la traversée. C’était peine perdue. Depuis des siècles il en était ainsi. Elsa avait été la seule exception. Par je ne savais quel miracle, l’ancienne reine avait dompté Nokk, lui permettant de se rendre sur l’île à sa guise. Le cheval n’avait pourtant jamais permis à qui que ce soit de le monter. Malgré les nombreuses tentatives, il était toujours sorti vainqueur de ses combats aquatiques contre ceux voulant l’apprivoiser. Nokk était sauvage et tenait plus que tout à sa liberté. Il a dû sentir qu’elle était comme lui, un esprit capable de contrôler un élément de la nature, pensai-je sans conviction tout de même.

Une brise vint fouetter mon visage, ramenant brusquement mes cheveux en arrière. L’hiver allait être glacial cette année, les esprits ne pouvaient me tromper. Je regardai alors l’immense bâton dont je ne me séparais quasiment jamais. Des symboles, tous différents, avaient été soigneusement gravés dans son bois poli au fil des années. Chacune des mystérieuses figures représentait celui qui l’avait sculptée. Elles étaient toutes différentes et uniques. La mienne n’y était pas encore. Ce bâton était dans ma famille depuis des générations, toujours transmis de père en fils. Etant fille unique et ayant perdu tout le restant de ma famille dans l’attaque, j’étais devenue la première femme chef des Northuldra. Cela faisait trente-quatre ans à présent. Mais jamais je n’avais ressenti le besoin de graver mon symbole, de laisser une trace indélébile de mon histoire.
Je ramassai une petite pierre pointue à mes pieds. J’inspirai profondément. Je savais ce que j’avais à faire. C’était le moment, le bon. Tout doucement, j’enfonçai la pointe dans le bois dur. Je traçai lentement les contours de mon minuscule dessin. Je savais parfaitement ce que je devais graver, je l’avais toujours su. Mes gestes étaient précis. Ma pierre s’enfonçait et se retirait régulièrement du bâton, donnant petit à petit forme à mon symbole.

Je me redressai, contemplant fièrement mon œuvre, tout en époussetant du bout des doigts les résidus de bois qui y étaient encore accrochés. Je souris. C’était parfait. Je levai la tête vers le ciel. Il était parfaitement bleu, aucun nuage ne venait le troubler. Bleu comme les yeux d’Elsa, songeai-je. Le soleil m’éblouis. Je fermai doucement les paupières, laissant ses rayons et sa douce chaleur caresser mon visage. J’aimais cette sensation et ce sentiment de plénitude qui pourtant m’étaient si peu accordés. Je ne me retrouvais que rarement seule. Alors, quand c’était le cas, j’en profitais comme si c’était la dernière fois.

Au bout de quelques instants de calme et de sérénité, je rouvris les yeux et regardai le symbole qui venait d’apparaître sur le bâton. C’était pourtant une évidence, depuis bien longtemps. Je ne l’avais cependant jamais ressenti comme cela auparavant, malgré son importance.

Restant à l’observer durant de longues minutes, je me rendis alors compte de tout ce que ce petit motif pouvait représenter pour moi. Je passai doucement mes doigts sur ses contours, sentant chacune des entailles que j’avais créées sous ma peau. C’était bien plus qu’un simple dessin. C’était ce qui nous maintenait en vie et nous protégeait. Nous, les Northuldra.

Je me levai, quittant le rocher sur lequel j’étais restée toute la matinée. Jetant un dernier coup d’œil sur la vallée semblant endormie, je me retirai lentement, m’appuyant sur mon bâton. Je sentis la figure que je venais de graver se frotter sous la paume de ma main. Un large sourire apparut sur mes lèvres sans même que je m’en rende compte. Mon symbole y resterait gravé pour l’éternité. Je laissais une trace de mon histoire à présent. Mon dessin en laisserait une. Mon soleil resterait incrusté à tout jamais dans ce bâton.
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La Reine des Neiges 3  Empty La Reine des Neiges 3 (Chapitre 3)

Mar 14 Fév - 12:34
Chapitre 3
Anna

« Anna ! Dépêche-toi ! »

La voix de Kristoff résonnait au loin. Je me tournais en tous sens, le cherchant du regard. Je le vis enfin. Un peu plus d’une centaine de mètres nous séparait. Il était immobile, perché sur le dos de Sven. Tous deux me regardaient fixement, sans la moindre expression sur leurs visages.

« Anna ! », reprit Kristoff en criant.

Il y avait quelque chose d’étrange dans sa voix, une intonation que je n’avais jamais entendue. Mettant mes doutes de côté, je me mis à courir dans sa direction. Le paysage défila sous mes yeux à mesure que j’avançais. Ce ne fut qu’à ce moment-là que je compris où j’étais. La forêt enchantée, pensai-je. Je dépassai rapidement les arbres, me frayant un chemin à travers eux. Je levai la tête et me rendis alors compte que je ne m’étais pas rapprochée de Kristoff. Le jeune homme était toujours à la même distance de moi, malgré ma course effrénée à travers les bois. Je m’arrêtai brusquement, ne comprenant pas ce qu’il m’arrivait.

« Anna ! »

Toujours cette même intonation étrange. Je fis un pas vers lui. Puis un deuxième. J’accélérai petit à petit la cadence. Le résultat fut le même. Le paysage défilait normalement autour de moi mais les quelques mètres me séparant de Kristoff semblaient figés, comme impossible à combler. Une larme coula sur ma joue. Je me sentais si impuissante. Le jeune homme me regardait tristement. Il soupira, talonna doucement Sven et s’éloigna dans la direction opposée.

« Non, non, non, non, non… », soufflai-je désespérément.

Soudain, le sol trembla sous mes pieds. Un craquement sourd retentit derrière moi. Je me retournai et eut tout juste le temps de m’écarter rapidement, manquant de me faire écraser par un arbre immense venant de tomber lourdement sur le sol. Je suffoquais, ne parvenant plus à respirer normalement. Un terrible rugissement, faisant tout s’envoler aux alentours, éclata au-dessus de moi. Je levai les yeux et aperçus l’esprit de la terre, un géant de pierre semblant particulièrement furieux. Il avançait d’un pas décidé vers moi, déterminé à m’écraser à la première occasion. Je courus le plus vite possible vers Kristoff qui continuait imperturbablement sa route, me tournant le dos.

« Kristoff ! Je t’en prie ! Reviens ! », hurlai-je à m’en déchirer les cordes vocales.

Le jeune homme ne s’arrêta pas, semblant m’ignorer. Mes larmes coulaient à flots à présent, inondant mes joues. Le géant approchait dangereusement, je le sentais. Chacun de ses pas résonnait dans le sol et envoyait de nombreuses vibrations sous mes pieds, manquant de me faire tomber. Malgré tous mes efforts, je ne pouvais rattraper Kristoff. Je me démenais pour y parvenir, mais impossible. Soudain, une énorme pierre s’écrasa au sol juste devant moi. Je regardai par-dessus mon épaule. L’esprit de la terre utilisait des projectiles. Il ne tarderait pas à m’atteindre, m’anéantissant aussi facilement que s’il s’agissait d’un minuscule insecte. Je me laissai tomber à genoux, comprenant qu’il était inutile de courir. Mes yeux embués de larmes se posèrent sur la pierre que le géant venait de lancer violemment. A l’endroit précis de son impact, un petit tourbillon de feuilles mortes se forma. Il grandit petit à petit, devenant bientôt une immense colonne d’air. La tornade aspirait tout sur son passage et se dirigeait vers Kristoff et Sven.

« Kristoff ! NON ! »

Je tentai de me relever. En vain. Mes genoux semblaient s’être ancrés définitivement dans le sol. Fondant brusquement sur celui que j’aimais, la tornade balaya d’un coup Kristoff et son renne, les emportant dans son impitoyable tourbillon d’air froid.

« NON ! » criai-je une dernière fois avant de me laisser complètement tomber sur le sol.


***

Je me réveillai tout à coup, me débattant dans mes draps. Je me redressai et m’assis sur le bord de mon lit. Mes muscles étaient engourdis, ma tête tournait comme une toupie et mes yeux peinaient à se maintenir ouverts. Les rayons du soleil passèrent au travers de la fenêtre de ma chambre. Je tournai la tête vers l’horloge au fond de la pièce. Elle indiquait seize heures quinze passé. Je poussai un grognement en remarquant toutes les feuilles de papier étalées sur mon lit. J’avais dû m’assoupir alors que je vérifiais les dépenses et les rentrées d’argent du royaume, chose que je détestais par-dessus tout faire. Je tentai de me mettre debout, m’appuyant contre ma table de nuit. Je me dirigeai difficilement vers ma coiffeuse, encore à moitié endormie. Arrivée devant son grand miroir, je vis enfin que je n’avais pas pris la peine de retirer ma grande et lourde robe de reine durant ma sieste. Je remarquai également la marque de mon oreiller tamponnée sur ma joue. Je soupirai.

« Votre Majesté, ils vous attendent. »

La voix de Kai, le majordome, me tira définitivement de mon état semi-léthargique.

« De qui parlez-vous ?  lui demandai-je.
— Mais de vos ministres madame », me répondit-il posément.

Mes ministres ? me demandai-je intérieurement. La réunion de cet après-midi me revint subitement en mémoire. Comment avais-je pu oublier ? J’ouvris précipitamment la porte de ma chambre, me retrouvant face au domestique. Il me regarda d’un drôle d’air, fixant ma joue encore marquée, trahissant mon assoupissement imprévu. Je lui souris, essayant de rester la plus naturelle possible.

« Je vous suis », lui signifiai-je, tentant de mettre un terme à ce regard insistant qui me mettait mal à l’aise.

***

Nous arrivâmes devant la Salle du Conseil. Kai poussa les grandes portes, seul rempart qui me séparait jusqu’ici du long moment ennuyeux qui m’attendait. Le majordome se posta à l’entrée, prit un air solennel et annonça mon arrivée. Tous les ministres présents à l’intérieur se tournèrent vers moi et me dévisagèrent longuement, ne laissant paraître aucune émotion. J’avançai de quelques pas, me retrouvant à la hauteur du domestique.

« Depuis combien de temps cette réunion était-elle censée avoir commencé ? lui murmurai-je le plus discrètement possible, de façon à ce qu’il soit le seul à m’entendre.
— Plus d’une demi-heure Votre Majesté. »

J’avalai difficilement ma salive. Je me faisais fusiller du regard par tous ceux présents dans la salle. Je me remis à marcher, tout en posant une main sur ma joue. Les traces de mon oreiller étaient toujours présentes, je les sentais sous mes doigts. Courage Anna, tu peux le faire, me rassurai-je.

***

Je sortis deux heures plus tard de la réunion. Cela avait été horrible. Je m’étais sentie jugée et rabaissée par tous ces hommes et femmes présents. La plupart ne me prenait pas au sérieux, je le savais. Depuis mon arrivée au pouvoir, beaucoup avait été surpris de ce changement soudain entre ma sœur et moi. Nous n’avions pas du tout les mêmes manières de gouverner. Elsa, qui était beaucoup plus droite et sérieuse que moi, avait toujours parfaitement respecté le protocole, ne faisant aucun écart. Elle avait dirigé le royaume justement pendant quatre années, faisant toujours ce qu’il fallait au bon moment. Elle s’était énormément inspirée de nos parents, reprenant plusieurs fois leurs anciennes méthodes royales. Et cela avait marché. Malgré ses doutes et ses craintes concernant les réactions de son peuple, ma sœur avait été appréciée. Je savais qu’au fond d’elle-même elle s’était sentie obligée de faire de son mieux. Ayant des pouvoirs magiques que beaucoup craignaient, Elsa avait réussi à les leur faire oublier, ou plutôt à les faire accepter. Moi, je n’avais rien de tout cela. Mes parents ne m’avaient pas spécialement préparée à gouverner un jour, s’appuyant davantage sur leur fille aînée. J’avais certes reçu les mêmes cours que ma sœur mais ce qui concernait la gestion du royaume lui avait été réservé. Tout ce que je savais, je l’avais appris soit par mes observations de mes parents ou d’Elsa à l’œuvre, soit à mes dépens. Je me rendais de plus en plus compte qu’être reine s’avérait plus compliqué que je ne le pensais. Heureusement, Kristoff était là pour m’épauler, notamment le soir après avoir passé une journée horriblement chargée. Depuis que ma sœur m’avait confié les rênes d’Arendelle, mes entrevues avec le jeune homme étaient devenues très rares et cela n’allait pas s’arranger. Mon emploi du temps était si rempli qu’il m’était difficile de le voir en pleine journée, je m’en rendais de plus en plus compte. Je comprenais enfin la fatigue et le stress permanent que subissait Elsa, il y avait encore quelques mois de cela. Je comprenais son désir de vouloir tout maîtriser, de vouloir que tout soit parfait et cette peur constante de tout gâcher. Avoir ma sœur à mes côtés me manquait également. Ayant décidé de rester dans la forêt enchantée, nous ne nous voyions plus que quelques fois, lors d’une occasion spéciale. Nos soirées jeux de société s’étaient espacées petit à petit, avant de disparaître totalement. Avec l’hiver, il était devenu difficile de faire le voyage entre la forêt et Arendelle. L’épaisse couche de neige poudreuse empêchait tout traineau de circuler normalement, rallongeant le trajet durant initialement une journée de deux supplémentaires. Nous devions patienter.

***

Je venais de retourner dans ma chambre, après avoir rapidement dîné. Kristoff, qui était déjà parti se coucher depuis un bon moment, n’avait pas véritablement insisté pour rester auprès de moi, comprenant que j’étais tout aussi épuisée que lui.
Je me glissai doucement sous les draps puis restai à fixer le plafond. Je savais que, malgré ma fatigue, je ne parviendrais pas à dormir correctement. Cela ne m’était plus arrivé depuis que j’étais devenue reine. Tout se bousculait dans mon esprit, ne me laissant jamais de répit.
Je fermai les yeux, songeant à Elsa. J’imaginai alors ma sœur à mes côtés. J’aurais tant eu besoin de son réconfort en cet instant. Je voulais me glisser dans ses bras, poser ma tête contre sa poitrine et écouter simplement les battements de son cœur et le léger bruit de sa respiration. Elle me manquait terriblement…
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La Reine des Neiges 3  Empty La Reine des Neiges 3 (Chapitre 4)

Mar 14 Fév - 12:35
Chapitre 4
Ryder

J’ouvris les yeux. Il était tôt. Le soleil ne s’était pas encore levé. Pourtant, il fallait que je sorte de ce lit. Je poussai un léger soupir à l’idée de devoir quitter ma couette pour m’enfoncer dans le froid glacial de l’extérieur. Après quelques minutes de chaleur supplémentaires, je me décidai. Je repoussai doucement mes draps, me retrouvant torse nu dans ma chambre. J’enfilai un épais pull de laine, un pantalon de fourrure et un manteau en peau de renne. C’était tout juste suffisant pour affronter les températures polaires qui m’attendaient. Je me dirigeai ensuite d’un pas fatigué vers la cuisine. Machinalement, je fis bouillir de l’eau dans une casserole au-dessus du feu qui crépitait toujours faiblement. Si Honeymaren avait été là, elle m’aurait sermonné, me reprochant de ne pas l’avoir éteint de la nuit. Je savais ce qu’elle ressentait.

Je regardais les flammes orangées danser sous la casserole. J’avais mis beaucoup de temps avant de pouvoir refaire cet exercice, de pouvoir de nouveau les contempler sans sourciller, sans me sentir brutalement oppressé par une force intérieure que je repoussais inlassablement. Quand quelques bulles apparurent à la surface de l’eau, je retirai doucement le récipient du feu et en versai son contenu brûlant dans une large tasse. Je pris quelques feuilles séchées de thé et les y déposai. Un petit nuage marron se forma et se répandit lentement dans le liquide, à mesure que les petites feuilles s’y infusaient.

Je pris prudemment une première gorgée, de peur de me brûler. Honeymaren ne vivait plus avec moi depuis qu’elle était avec Erik. Elle passait tout son temps chez lui ou presque. De temps à autre, elle venait m’aider à m’occuper de mon troupeau de rennes. C’était là les rares occasions où l’on pouvait se voir. Je vivais donc seul dans une grande cabane – l’une des rares au village Northuldra. Ma sœur me manquait. Nous avions toujours été soudés. Son absence était un grand vide que je ne pouvais combler malgré tous mes efforts.
Je soupirai, ayant terminé ma tasse de thé. Je devais trouver la motivation de sortir chaque jour travailler, de sortir chaque jour mon troupeau, quelque soit la météo, et de les emmener là où il restait un peu de lichen ou quelques écorces d’arbres recouvertes de mousse. Mais ma sœur n’était pas derrière moi pour m’épauler, pour m’encourager à poursuivre mes efforts. J’étais seul.

***

J’ouvris la barrière de l’enclos dans lequel j’avais enfermé mon troupeau pour la nuit. Tandis que chacune des bêtes sortait une à une, je les comptais avec attention, craignant toujours d’avoir perdu un animal, mort de froid. Quand ils furent enfin tous sortis, je fronçai les sourcils. Cinquante six. Le compte n’était pas bon, il m’en manquait un. Je regardai dans l’enclos. Rien. Où pouvait-il bien être passé ? Il était rare qu’un renne s’enfuie par lui-même. Etant domestiqué depuis des années, il ne saurait survivre seul. Il ne pouvait être bien loin. Je regardai attentivement le sol, à la recherche d’un indice, de quelque chose me permettant de le retrouver. Soudain, j’aperçus plusieurs petites traces en forme de demi-lune. Le voilà, pensai-je. Je courus vers un renne, montai rapidement sur son dos et le talonnai, lui indiquant de suivre la piste laissée dans la neige. Plus nous avancions, plus je remarquai d’empreintes au sol. Celles de l’animal porté disparu mais d’autres également à leurs côtés. Je fis s’arrêter ma monture et en descendis. Je m’accroupis observant attentivement chacune des traces, passant doucement un doigt par-dessus. Il s’agissait de bottes, d’empreintes de pieds qui semblaient se diriger exactement dans la même direction que l’animal. Le renne n’avait pas disparu. Il avait été volé. Par qui ? Je ne le savais pas encore. Je sentais la colère monter en moi. Qui que cela puisse être, il fallait que je récupère ce qui m’appartenait. Mes bêtes étaient ce que j’avais de plus précieux – à part ma sœur. Ils me permettaient de vivre et de gagner ma vie. Sans elles, je n’étais rien. Je serrai les poings. Je n’avais pas le choix. Saisissant de nouveau l’encolure de mon renne, je grimpai agilement sur son dos et partis immédiatement au galop, me dirigeant vers le nord.

***

Plus nous avancions, plus le temps semblait se dégrader. Quelques flocons de neige commencèrent à tomber. Il faisait de plus en plus froid.

« Non, non, non ! » maugréai-je en voyant que la neige recouvrait petit à petit les empreintes au sol.

Le climat avait toujours été bien plus rude dans cette région plus reculée. Je fis ralentir mon renne. Ce n’était plus la peine de nous dépêcher, les traces avaient disparu, ne nous laissant plus aucune piste à suivre. Nous nous arrêtâmes complètement. Les températures étaient glaciales. Mes dents s’entrechoquaient. Je ne sentais presque plus mes doigts et mes orteils. Je baissai tristement les yeux. Les flocons s’accrochaient au fur et à mesure aux poils de l’animal et se collaient entre eux, créant des petits paquets de glace dans sa fourrure. Malgré les violentes rafales de vent qui se faisaient de plus en plus nombreuses, le renne restait stoïque, attendant que je prenne une décision.

« Allez viens mon grand, rentrons », soupirai-je tout en caressant son encolure.

Nous fîmes lentement demi-tour, devant affronter cette fois le vent de face. Je fermai les yeux, ne parvenant plus à les maintenir ouverts tant la neige et les bourrasques se déchaînaient contre nous. Soudain, je crus percevoir un cri au loin. Je me retournai, portai une main au niveau de mon front pour protéger mes yeux et tenter de distinguer quelque chose. En vain. Je pensai un instant m’être trompé. Alors que je m’apprêtais à continuer ma route, le cri retentit de nouveau, redoublant d’intensité. C’était un bruit sourd et rauque qui m’était familier. A présent j’en étais sûr, ce n’était pas un cri. C’était un brame.

Je talonnai mon renne, lui faisant signe de suivre la direction de cet appel lointain. Nous allions vite. Trop vite. Je vis trop tard que nous dépassions le dernier arbre de la forêt, que nous arrivions sur ce qui semblait être une masse rocheuse. Je vis trop tard l’immense plaque de verglas dont la neige avait été balayée par le vent, laissant donc apparaître la glace à son état pur, sans la moindre protection. Les sabots du renne dérapèrent instantanément dessus, ce qui me projeta violemment en avant. Je tombai à même la glace, me retrouvant coincé sous le corps de l’animal. Il se redressa péniblement, semblant affolé. A peine fut-il debout qu’il se cabra brusquement, manquant de m’écraser en retombant. Je savais qu’un seul de ces coups pouvait m’être fatal. Je me mis doucement à genoux tout en tentant de m’éloigner. Je remarquai alors le bord d’une petite falaise, à peine un mètre derrière moi. Je voulus m’en écarter mais le renne propulsa subitement ses pattes arrière dans une violente ruade. Un de ses sabots m’atteignit en pleine poitrine, me coupant le souffle. Ne pouvant rivaliser face à la force de l’animal, je fus brutalement projeté en arrière et perdis l’équilibre. Mes doigts tentèrent de s’agripper désespérément au rebord rocheux. Il s’effrita immédiatement à mon contact, me faisant tomber dans le vide, sans aucun autre moyen de me raccrocher et d’avoir une dernière chance de rester en vie. Mon esprit sembla s’échapper de mon corps, empêchant toute relation entre eux. Mon cerveau se mit en veille, comme s’il ne voulait pas avoir conscience de cette chute me paraissant interminable. Je ne réagissais plus. Ce n’était plus la peine. Je ne sentis pas mon corps s’écraser violemment contre un rocher avant de rouler, inerte, quelques centimètres plus bas. Je n’entendis pas le craquement sourd de mes côtes que provoqua le choc. Tout ce que je vis, c’était du noir.

***

J’entendis un cri. Le même. De nouveau ce brame rauque qui ne me parut plus aussi lointain. Gardant les yeux fermés, je bougeai doucement ma main et développai une à une les articulations de mes doigts qui étaient restées solidement refermées sur elles-mêmes. Je sentis une matière à la fois douce, humide et friable sous ma peau. Du sable, pensai-je. Je ne savais pas que les anges ou les démons aimaient donner un petit air marin au Paradis ou à l’Enfer. Cette sensation sous mes doigts me fit douter de ma propre mort, moi qui avais toujours été persuadé que l’on ne ressentait plus rien dans ce repos éternel. Pourtant, tous mes sens étaient en alerte, exceptée la vue. J’ouvris prudemment les yeux. La clarté du jour m’éblouis. Je mis quelques secondes avant de m’y habituer. La tempête semblait s’être éloignée, laissant pour souvenir quelques minuscules flocons qui flottaient gracieusement dans le ciel. J’étais bel et bien sur une plage mais n’entendais étrangement pas le roulis continu des vagues derrière moi. Je levai la tête. La petite falaise dont je venais de tomber me parut bien moins importante que lors de ma chute. Une vive douleur dans la cage thoracique m’obligea à rester assis. Je me rappelai alors m’être cogné contre un rocher. Quelques unes de mes côtes devaient être endommagées. Intrigué par ce silence si inhabituel sur une plage, je me retournai et découvris une immense étendue d’eau gelée. Je compris enfin où j’étais. Cette petite crique dans laquelle je me trouvais, ces vagues figées… Ce lieu si exceptionnel, dont on m’avait tant parlé, n’était autre que la Mer Sombre. J’avais toujours pensé qu’il ne s’agissait que d’un mythe, que d’un conte que l’on racontait aux enfants pour les émerveiller. Pourtant, je me tenais devant cette mer gelée trois mois dans l’année. Ignorant ma douleur, je me levai et avançai de quelques pas. C’était un lieu à la fois merveilleux et dangereux, je le savais. Les mises en garde étaient nombreuses. Nokk, l’esprit de l’eau, était une des principales menaces.

Je soupirai devant ce magnifique spectacle apaisant. Soudain, le brame retentit de nouveau, bien plus proche cette fois-ci. Je plissai les yeux, regardant l’horizon. Deux silhouettes se dégagèrent sur la couche de glace. Il me sembla apercevoir un homme accompagné de d’un animal. Un renne ! Les battements de mon cœur s’accélérèrent.

« Pas par là ! » hurlai-je de toutes mes forces.

L’individu m’ignora. J’inspirai profondément et, prenant mon courage à deux mains, posai un pied sur la surface gelée. Je devais y aller. Je n’avais pas le choix.
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La Reine des Neiges 3  Empty La Reine des Neiges 3 (Chapitre 5)

Mar 14 Fév - 12:36
Chapitre 5
Elsa

Je venais de fêter mon vingt-cinquième anniversaire fin décembre. Je m’étais rendue à Arendelle pour l’occasion. Ma sœur, Anna, avait tenu à ce que nous le fêtions ensemble, au palais, comme autrefois pour ne pas bouleverser nos habitudes. Les quelques fois où j’y étais allée depuis que j’avais décidé de rester dans la forêt enchantée m’avaient paru bien étranges. Bien qu’ayant laissé le royaume entre les mains de ma cadette depuis peu de temps, tous semblaient s’être habitués à ce changement. Les habitants m’avaient certes extrêmement bien accueillie, mais cette fois en tant que celle ayant sauvé Arendelle de l’inondation, non pas en tant que membre de la famille royale. Ce brusque changement de comportement de leur part m’avait perturbée, au début. J’avais fini par m’y faire, au fur et à mesure de mes allées et venues entre la forêt enchantée et le royaume. Je m’y étais donc rendue confiante, habituée à leurs réactions différentes de celles que j’avais connues en étant reine. Cet anniversaire avait été magique. L’un des plus marquants de ma vie. Anna et Kristoff avaient tout préparé eux-mêmes, tenant à ce que tout soit parfait. Et cela avait été le cas. Pour la première fois, je m’étais sentie à ma place, entourée de personnes que j’aimais et qui m’aimaient en retour, sans le moindre nuage noir à l’horizon. Je connaissais si peu cette sensation, moi qui m’étais toujours sentie à l’écart et différente des autres depuis ma plus tendre enfance. J’étais enfin parfaitement intégrée et acceptée comme j’étais, moi et mes pouvoirs. Du moins en apparence…

***

Je tenais précautionneusement Bruni entre mes mains. La petite salamandre ne me quittait plus depuis des heures, ou plutôt depuis mon arrivée dans la forêt enchantée. Malgré son apparence et son caractère farouches et agressifs au premier abord, la petite créature s’était rapidement adoucie et semblait parfois même fragile, si bien que j’en prenais le plus grand soin.
Je marchais depuis quelques minutes à travers les arbres de la forêt, sans véritable but. Alors que je caressais délicatement son petit corps recouvert d’une peau lisse et froide, l’esprit du feu redressa subitement la tête et me regarda quelques instants avec de grands yeux ronds. Quand il comprit qu’il avait toute mon attention, il sauta gracieusement de mes mains avant d’atterrir légèrement sur le sol enneigé. Il se fraya tant bien que mal un chemin jusqu’au rocher le plus proche, laissant une minuscule trace de son passage dans la neige derrière lui. Il se redressa sur le rocher, pencha doucement sa tête sur le côté tout en continuant à m’observer. Je ris en voyant son allure.

« Que dois-je comprendre ? » lui demandai-je, ne pouvant m’empêcher de sourire devant sa petite tête si adorable.

Bruni sauta de son rocher, pattes en l’air, puis se mit à courir vers le campement Northuldra. Je le suivis sans hésiter, faisant confiance à son instinct. Nous arrivâmes bientôt à la hauteur des premières tentes et cabanes qui composaient le petit village. La salamandre s’arrêta net sur un petit monticule de neige. Tous ses sens semblaient en alerte, son corps tout entier était tendu, se dirigeant vers une des tentes, celle qui semblait être la plus ancienne de toutes. Je regardai au même endroit que Bruni, sans comprendre. Il n’y avait rien.

« Pourquoi… » commençai-je.

Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase. Une vieille femme, bien plus âgée que toutes celles que j’avais croisées jusqu’ici, apparut soudainement, sortant de l’ombre de sa petite habitation, tout en s’appuyant sur une canne. Elle fit difficilement quelques pas et vint s’asseoir à l’extérieur sur une chaise à bascule, posée à même la neige, que je n’avais pas remarquée jusqu’à présent. Ne semblant absolument pas gênée par l’instabilité de ce sol, elle commença à se balancer doucement d’avant en arrière en fermant les yeux. Elle ne semblait pas se soucier de ce qui l’entourait. A vrai dire, elle paraissait entrer petit à petit en transe. Elle ne sait pas que je suis là, remarquai-je intérieurement face au manque de réaction de cette étrange vieille femme.
Un nuage passa devant le soleil au-dessus de ma tête. La luminosité de ce bel après-midi disparut presque aussitôt. Une goutte d’eau gelée vint s’écraser sur le bout de mon nez. Je levai la tête. De gros nuages noirs se rassemblaient au fur et à mesure dans le ciel qui était pourtant si bleu quelques instants auparavant. Tout ce qui m’entourait sembla s’assombrir soudainement. Une seconde goutte tomba sur ma peau. Puis une troisième. L’averse se déclencha en quelques secondes. Les Northuldra présents autour de moi abandonnèrent subitement leurs activités et coururent se mettre à l’abri.
Un cri retentit soudain derrière moi. Je me retournai vivement et vis un jeune homme du même âge que moi courir dans ma direction, accompagné d’un petit garçon. Le visage de ce dernier semblait tordu par la peur. Il criait tandis que des larmes inondaient ses joues roses. La pluie tombait dru à présent, étouffant quelque peu ses cris dans un vacarme impressionnant. Il était perché sur les épaules du jeune homme et s’y accrochait fermement, manquant de l’étouffer avec ses petits bras. Ils arrivèrent enfin à ma hauteur, ayant manqué de tomber après avoir glissé sur la neige ramollie à plusieurs reprises.

« Votre Majesté, vous devez me suivre, vite ! hurla le plus vieux, tentant de couvrir le bruit incessant du déluge. Ils sont en danger ! »

Je n’eus pas le temps de lui demander de qui il parlait. Il me saisit par le bras de sa seule main libre, l’autre maintenant fermement le petit, et me tira derrière lui avant même que je ne puisse réagir. Comprenant l’urgence de la situation, je réussis tout de même à attraper rapidement Bruni et le déposer sur mon épaule.

« Accroche-toi », lui murmurai-je.

Je pus tourner une dernière fois la tête vers la tente de la vieille femme qui m’avant tant intriguée quelques instants plus tôt. Elle avait disparu, ne laissant que son siège vide sous la pluie.

Nous courûmes sur quelques mètres avant d’arriver à un petit traineau conduit par deux rennes. L’homme m’aida à monter dedans et déposa le petit garçon à mes côtés. Ne lui ayant pas vraiment prêté attention jusqu’ici, je remarquai qu’il ne devait être âgé de six ans tout au plus. Ils semblaient terrorisés pour une raison que j’ignorais encore. Ayant visiblement grand besoin d’être réconforté, il vint se blottir contre moi. Le petit déposa sa tête sur mes cuisses et agrippa ma robe entre ses petites mains. Je me sentis mal à l’aise, peu habituée à autant de proximité, notamment de la part des enfants avec qui je ne savais pas vraiment m’y prendre.

« C’est mon petit frère. J’espère qu’il ne vous dérange pas…
— Oh euh non pas du tout… répondis-je, gênée.
— En fait… Je m’appelle Isaak », fit le jeune homme en m’adressant un sourire par-dessus l’épaule.

J’acquiesçai timidement. Il ordonna alors aux rennes de démarrer, les lançant immédiatement au galop. Il nous conduit vers le nord, compris-je.

***

Je reconnus immédiatement la petite crique. La Mer Sombre, pensai-je. Le jeune homme stoppa le traineau en haut de la petite falaise surplombant la plage de galets. Je sautai d’un bond hors du traineau, n’attendant pas qu’il me tende la main. Je m’approchai doucement du bord et regardai en contrebas. Une foule de personnes y était rassemblée. Tous regardaient dans la même direction. Je suivis leurs regards. La Mer Sombre était complètement gelée. La pluie avait redoublé d’intensité, rendant l’horizon de plus en plus brumeux. Je plissai les yeux, tentant de distinguer ce qu’ils observaient tous avec tant d’attention. J’aperçus alors au loin plusieurs silhouettes se dégager sur la couche de glace. Soudain, je sentis qu’on tirait sur le bas de ma robe. Je baissai les yeux et vis le petit garçon qui s’y accrochait désespérément tout en me lançant un regard plein d’espoir.

« Tu vas ramener mon père hein dis ? » me demanda-t-il, inquiet.  

Isaak s’approcha et posa une main protectrice et rassurante sur la tête de l’enfant. Ce dernier se cacha immédiatement derrière le pantalon de fourrure de son frère.

« Je ne comprends pas…, dis-je calmement en levant la tête vers celui-ci.
— Il a raison. Nous espérions que vous puissiez ramener notre père… », dit-il en désignant du menton le large.

Je me retournai de nouveau et regardai l’horizon.

« Mais que fait-il…
— S’il vous plait… Vous êtes notre dernier espoir, la seule personne sachant raisonner l’esprit de l’eau. Si vous ne le faites pas, notre père mourra… »

Il semblait abattu. Sans plus attendre, je descendis du haut de la petite falaise, sautant de rocher en rocher.  Je me retrouvai alors sur la plage, au milieu de la foule de curieux ou de personnes inquiètes qui assistaient à l’évènement. Je remarquai simplement la jeune femme qui m’avait gentiment accueillie lors de mon arrivée dans la forêt et que j’avais recroisée à plusieurs reprises s’occupant d’un troupeau de rennes. Je retirai sans hésiter le col en fourrure de ma robe et mes chaussures déjà mouillés par la pluie et les déposai sur une grosse pierre ainsi que le petit Bruni.

« Reste ici, ne bouge pas », lui intimai-je.

Je m’avançai jusqu’à l’épaisse couche de glace qui recouvrait la Mer Sombre. J’inspirai profondément.

« C’est parti », murmurai-je en m’élançant en courant.

Je ne craignais pas de glisser, habituée depuis toute petite à cette surface froide et lisse. Des gouttelettes d’eau provenant de mes cheveux trempés dégoulinèrent le long de mon visage. Je n’y prêtai pas attention, me concentrant sur mon seul objectif. Plus j’approchais, plus je distinguais nettement le petit groupe de personnes regroupées au centre de l’étendue de glace. Ils étaient deux. Deux hommes accompagnés d’un renne. Quand je fus assez proche d’eux pour qu’ils m’entendent, je leur hurlai de faire demi-tour, leur rappelant le danger de voir surgir Nokk à tout moment. L’un d’entre eux s’arrêta, se retourna et tomba à genoux. Il prit sa tête entre ses mains, semblant apeuré. L’autre continuait imperturbablement son chemin, ignorant mes mises en garde. J’arrivai enfin au niveau du jeune homme à genoux. Je le reconnus immédiatement. Le frère de la jeune femme sur la plage, songeai-je. Je l’aidai alors à se relever. Puis, me tournant vers le deuxième :

« Arrêtez… »

Je ne finis pas ma phrase. Un grondement sourd raisonna sous nos pieds. Le renne, paniqué, se mit à courir en tout sens. Je baissai les yeux. Là, sous la glace, je vis Nokk galoper furieusement dans notre direction. Nous n’eûmes pas le temps de faire le moindre geste. Le sol gelé se brisa d’un coup sous nos pieds. Nous tombâmes tous les trois dans l’eau glacée. N’étant que très peu sensible au froid, je ne sentis rien. Je savais que ce n’était pas le cas des autres. Je devais agir vite.
 
***

Ryder ! Son prénom me revint soudainement en mémoire en le voyant tenter de remonter à la surface par tous les moyens. Je dirigeai alors mes mains vers lui et, me servant de mes pouvoirs, créai un bloc de glace sous son corps qui le dirigea de nouveau à l’air libre. Je me retournai, cherchant du regard l’homme manquant. Avant même que je ne puisse l’apercevoir, Nokk revint brusquement à la charge, déterminé à détruire le petit radeau que je venais de concevoir pour Ryder. Ne lui en laissant pas l’occasion, je m’interposai en appuyant fermement mes doigts sur le poitrail du cheval. Il se figea en statue de glace durant quelques secondes avant de disparaître. Tournant la tête de tout côté, je retrouvai enfin celui que je recherchais. Il semblait au bord de l’inconscience mais se forçait comme il pouvait à remonter vers la surface. Sa peau devenait de plus en plus bleue à cause du froid environnant. Je le rejoignis, saisis un de ses bras et l’enroulai autour de mes épaules pour l’aider. Je manquais d’air. Ma tête tournait de plus en plus. Mais je devais faire ce dernier effort. Je n’avais pas le choix. Nous nageâmes le plus vite possible. Quand nos têtes furent enfin hors de l’eau, nous prîmes une grande bouffée d’air, soulageant enfin nos poumons brûlants. Ryder qui était resté sur le rebord nous tendit la main pour nous aider à remonter sur la couche de glace. Alors que nous tentions de ramener nos jambes hors de l’eau, Nokk réapparu soudainement dans les profondeurs de la Mer Sombre. Sans aucune hésitation, l’esprit de l’eau saisit d’un coup de mâchoire le pied de l’homme resté à mes côtés et l’entraîna de nouveau sous l’eau avec lui.

« NON ! », criai-je.

Je replongeai immédiatement et tentai de les suivre. Le cheval était beaucoup trop rapide et emmenait l’homme bien trop loin. Ce dernier me lança un regard suppliant. Ce même regard que j’avais vu dans les yeux du petit garçon tenant ma robe quelques minutes plus tôt. Je compris alors. Nokk avait emmené le père d’Isaak.
Ils disparurent bientôt dans les eaux sombres, sans que je puisse les rattraper. Mon cœur se serra. J’essayai de nager encore et encore, gardant une lueur d’espoir. Mais mon corps refusait d’aller plus loin. Mon cerveau manquait terriblement d’oxygène, je n’aurais bientôt plus la capacité de continuer. Mes oreilles bourdonnaient à cause de la pression. Renonçant à contre cœur à poursuivre ma descente, je conservai le peu de forces qu’il me restait pour remonter à la surface. Ayant réussi ce dernier exploit, Ryder m’extirpa hors de l’eau.

« Alors ? », me demanda-t-il d’une petite voix presque inaudible.

Je baissais les yeux pour toute réponse.
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La Reine des Neiges 3  Empty La Reine des Neiges 3 (Chapitre 6)

Mar 14 Fév - 12:41
Chapitre 6
Honeymaren
 
Alors que j’avais voulu rejoindre Ryder et son troupeau pour la matinée, j’étais tombée sur l’enclos laissé grand ouvert et les rennes de mon frère éparpillés tout autour. J’avais soupiré, habituée à la maladresse et à l’inattention de mon jumeau depuis bien longtemps. J’avais remis patiemment chacune des bêtes à sa place, m’assurant qu’aucune ne s’échapperait. Ryder avait été introuvable cependant. Je l’avais cherché partout. Dans le campement, dans sa cabane, dans la forêt, aux abords du ruisseau et même dans les prairies dans lesquelles il ne restait presque plus de lichen. Je ne l’avais trouvé nulle part. Inquiète, j’étais retournée à l’enclos, espérant y trouver une réponse. J’avais compté distraitement les animaux tout en essayant de deviner où pouvait bien être mon frère. Le connaissant, il pouvait s’être blessé ou perdu. A la fin de ma rapide inspection, je m’étais rendu compte qu’il manquait deux membres au troupeau. Jamais Ryder n’aurait laissé passer cela. Un des rennes manquants était subitement apparu, galopant à travers les bois. Il s’était brusquement arrêté à ma hauteur et s’était cabré à plusieurs reprises, manquant de me faire tomber. Il m’avait paru paniqué. Je l’avais rapidement calmé et l’avais remis avec les autres. Quelque chose était arrivé à mon frère, j’en avais été persuadée.

***  

Le renne avait été le premier à revenir sous une pluie battante. Nous avions tous entendu le terrible craquement de la glace et les cris. J’étais restée sur la plage pendant de longues minutes comme d’autres curieux ou proches. J’avais vu Elsa partir en courant sur la Mer Sombre gelée sans la moindre hésitation. Elle m’avait simplement lancé un regard grave, comprenant visiblement mon angoisse.

J’étais trempée. Mes cheveux et mes vêtements dégoulinaient continuellement. J’étais frigorifiée sans m’en rendre compte. Plus rien ne comptait. Pas mêmes les murmures inquiets autour de moi. Je ne quittais pas l’horizon des yeux, attendant un son, un signe, n’importe quoi pouvant m’apaiser et me prouver que mon frère allait bien. Mon cœur battait à tout rompre, semblant prêt à sortir de ma poitrine. L’angoisse tordait mon ventre. Je restai debout, immobile malgré le vent qui me malmenait. Mes pieds étaient solidement ancrés dans les galets, mon corps tout entier était tendu, prêt à surmonter les rafales et la pluie, mais pas la perte de Ryder. C’était  impossible. Je ne le supporterais pas. Mes yeux s’embuèrent de larmes, ne distinguant toujours rien au loin, à part cette terrible étendue de glace à perte de vue qui reflétait tristement le ciel noir de nuages. Non, cela ne pouvait pas se terminer ainsi. Je fermai mes paupières de toutes mes forces, voulant oublier tout ce qui m’entourait. Une larme chaude coula le long de ma joue, se mêlant aux gouttes gelées de la pluie. Ryder était tout ce qu’il me restait. Je ne pouvais pas le perdre, lui aussi. Il était le seul capable d’ensoleiller mes journées. Lui seul savait. Il m’avait toujours accompagnée, même dans les moments les plus sombres de ma vie. Il était mon confident, mon acolyte, mon double, mon tout.

***

« Qu’est-ce que tu fais ? »

Je me retournai, me retrouvant face à mon jumeau. Il baissa les yeux vers mes petites mains tenant un minuscule couteau et un morceau de bois. Il leva un sourcil interrogateur. Je lui souris.

« Ça se voit non ? Je sculpte ! répondis-je fièrement tout en enfonçant la lame dans la petite bûche qui prenait rapidement forme.
— Tu sais que papa n’aime pas qu’on prenne les couteaux de la cuisine. Il dit qu’on peut se blesser. »

Je levai les yeux au ciel.

« Et alors ? Il n’en saura rien ! rétorquai-je en faisant un clin d’œil à Ryder.
— Pourquoi tu m’obliges toujours à mentir ou à cacher des choses ? s’indigna-t-il en posant ses poings sur ses hanches pour montrer son mécontentement.
— Parce que je suis plus grande que toi !
— De deux centimètres !
— Ça compte ! Et de toute façon je suis bien plus mature ! » me moquai-je.

Il parut vexé, s’assit en tailleur et croisa les bras par-dessus sa poitrine tout en affichant une moue boudeuse comme à chaque fois que je lui faisais une remarque qui ne lui convenait pas. Il y eut un instant de silence.

« J’ai fini ! » clamai-je joyeusement en brandissant le petit cheval de bois que je venais de sculpter.

Contrairement à d’habitude, Ryder ne sauta pas de joie. Nous qui avions si peu de jouets étions si heureux d’ordinaire lorsque l’un de nous deux arrivait à s’en procurer. Ce ne fut pas le cas. Mon frère conserva son air renfrogné et évita de croiser mon regard.

« Eh ! Arrête de bouder, je disais ça pour rigoler ! fis-je en lui donnant un petit coup de coude.
— Tu verras, un jour c’est moi qui serai plus grand que toi et tu seras obligée de mentir à papa et à maman ! » lâcha-t-il en me tirant la langue.

***

« Ils sont là ! »

Le cri d’un homme à ma droite me tira soudainement de mes pensées. J’ouvris rapidement les yeux et regardai de nouveau devant moi. Deux silhouettes se détachèrent dans la brume, avançant vers la plage sur laquelle nous attendions tous depuis plus d’une heure. Je reconnus immédiatement celle élancée d’Elsa, dont les vêtements, trempés eux-aussi, se collaient contre son corps. Quand je vis mon frère à ses côtés, je ne pus m’empêcher de courir et de sauter sur lui.

« Ryder ! hurlai-je en l’attrapant dans mes bras. Qu’est-ce qui t’as pris ? Tu n’aurais jamais dû t’éloigner autant du campement sans me prévenir ! Tu m’as fait si peur. »

Mon jumeau se détacha de mon emprise en grimaçant et porta une main à ses côtes. Je compris qu’il était blessé. Je me tournai alors vers Elsa. Son visage était grave.

« Votre Majesté ! cria une voix derrière nous. Votre Majesté ! Où est mon père ?

Je me retournai et vis un jeune homme qui m’était familier courir vers nous, tenant un petit garçon par la main. Isaak et Adrian Myhre, pensai-je. Il lança un regard plein d’espoir à Elsa. La jeune femme baissa tristement la tête, se mordant la lèvre inférieure. L’homme s’effondra instantanément à genoux en voyant sa réaction. Ses yeux étaient subitement vides, comme si tout venait de s’écrouler autour de lui. L’enfant s’accrocha désespérément à son frère, hurlant et pleurant. L’ancienne reine s’approcha et posa une main compatissante sur l’épaule d’Isaak.

« Je suis désolée », murmura-t-elle avant de s’éloigner.

Je la suivis jusqu’à l’extrémité de la plage où elle avait déposé ses affaires et laissé le petit Bruni.

« Je ne comprends pas. Que s’est-il passé ? » lui demandai-je alors qu’elle déposait la salamandre sur son épaule et détachait ses cheveux mouillés.

Elle soupira.

« Je n’ai pas réussi à sauver son père. Nokk l’a entraîné au fond de la Mer Sombre, sans que je puisse les rattraper. »

Je la regardai silencieusement, ne sachant que dire. Ses propos résonnaient en moi sans que je veuille véritablement les comprendre. Monsieur Myhre est mort, réalisai-je enfin.

***

La porte de la cabane se referma violemment derrière moi, rabattue brusquement par le vent. Il faisait nuit depuis plusieurs minutes, plongeant la pièce dans la pénombre. J’avançai silencieusement dans la petite salle à manger. Des gouttelettes d’eau tombaient au sol à chacun de mes pas, laissant une trainée humide à mon passage. Je me cognai brutalement le pied contre la lourde table de bois qui trônait au milieu. J’étouffai des cris de douleur pour ne pas réveiller Erik qui devait être couché depuis longtemps. Maudite soit cette table, maugréai-je intérieurement. Je maintenais mon pied endolori dans mes mains en grimaçant. Une lumière inonda soudainement la pièce. Je tournai la tête vers sa provenance. Le jeune homme se tenait dans l’encadrement de la porte qui séparait la salle à manger de notre chambre, une bougie à la main. En voyant son visage fermé, je lâchai immédiatement mon pied, ignorant la douleur qui le traversait encore.

« Est-ce que… tout va bien ? » lui demandai-je, inquiète.

Il ne répondit pas. Son regard glacial semblait me transpercer. Il ne trahissait aucune émotion. Je me raclai la gorge, soudainement mal à l’aise. Il s’avança lentement vers moi, tenant fermement sa bougie. Quand il ne fut plus qu’à quelques centimètres, il s’arrêta, pencha son visage vers le mien et approcha la petite flamme au niveau de nos yeux. Je voulus reculer mais me retrouvai coincée contre la table. Mes doigts s’agrippèrent fermement à son rebord. Je me sentais de plus en plus mal. Ma respiration était irrégulière. Il fallait que je me calme, que je ne lui montre surtout pas mon mal être. Il se pencha davantage, jusqu’à ce que sa bouche vienne effleurer mon oreille.

« Dis à ton abruti de frère qu’il me le paiera », me chuchota-t-il d’un ton sec.

Je restai bouche-bée. Il était au courant. Je ne devais rien laisser paraître et faire l’innocente, alors que je savais déjà tout ce qu’il s’était passé.

« De… de… de quoi parles-tu ? bégayai-je, essayant tout de même de garder contenance.
— De la mort de mon père ! Ton frère a contribué à son décès ! »

Je baissai les yeux, ne supportant plus d’affronter son regard froid.

« Ne me mens pas Honeymaren. Je sais déjà tout. Tu étais présente », reprit-il.  

Je repensai à Isaak Myhre sur la plage… Lui qui avait eu l’air si effondré en apprenant la mort de son père avait dû amplifier les faits auprès d’Erik, remplissant son cœur de haine. Je devais réagir, et vite, avant que le jeune homme ne s’en prenne réellement à Ryder qui n’y était pourtant pour rien.

« Mon frère n’a rien fait. C’est ton père qui…
— S’il n’avait pas laissé ses rennes à la portée de tous, jamais il n’aurait pu partir vers la Mer Sombre ! me coupa-t-il furieusement.
— N’accuse pas Ryder à tord ! Si Monsieur Myhre n’avait pas eu l’idiotie de vouloir rejoindre Ahtohallan, nous n’en serions pas là ! »

Je regrettai presque immédiatement d’avoir hurlé ces quelques mots. Les yeux d’Erik se dilatèrent de colère, il ne semblait plus se contrôler. Alors que j’ouvris la bouche pour m’excuser, je vis le jeune homme lever la main, et, avant que je ne puisse réagir, la gifle partit. Sous l’effet de la surprise mais aussi de sa force, je fus violemment projetée au sol. Je suffoquais, appuyant mes mains contre le parquet pour me maintenir. Le coup avait fendu l’air avant de résonner à l’intérieur de mon corps tout entier. Jamais Erik n’avait osé me frapper. Je regardais mes doigts s’enfoncer entre les petits trous des planches de bois. Je restai immobile, tentant de reprendre mon souffle. Mes yeux se remplirent de larmes. Je sentis un liquide chaud couler de mon nez. Malgré ma vision floutée, je vis quelques gouttes de sang tacher le petit carré de sol entre mes mains.
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Mar 14 Fév - 15:10
Coucou
Alors je crois pas que tu puisses faire comme ça sinon il va y avoir beaucoup trop de sujets différents partout ça va être illisible! Wink
Faut un seul sujet par histoire
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Mar 14 Fév - 15:18
Floconnette a écrit:Coucou
Alors je crois pas que tu puisses faire comme ça sinon il va y avoir beaucoup trop de sujets différents partout ça va être illisible! Wink
Faut un seul sujet par histoire

Oui visiblement on ne s'était pas compris... Faut plus refaire ça sinon ça va être un merdier monstre pour s'y retrouver.
Une histoire = Un topic point Smile
Donc là je t'ai tout recondensé en un seul Wink

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Mar 14 Fév - 15:32
Certes mais je ne comprends pas comment vous faites pour tout mettre sur un seul sujet sans que ce soit un gros bloc...
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Mar 14 Fév - 15:36
x.a.l.a.n.d.a a écrit:Certes mais je ne comprends pas comment vous faites pour tout mettre sur un seul sujet sans que ce soit un gros bloc...

Là en admettant tu veux publier ton chapitre 7, tu te rends dans Fanfiction en cours dans ton topic, la reine des neiges 3 histoire complète.
Une fois là, tu mets le contenu de ton chapitre dans le dernier post, puis tu cliques sur envoyer.

Une fois que tu l'as envoyé, il apparaît et si jamais tu veux en ajouter un autre bah tu recommences la même manip en dessous.
Je comprends pas ce qui te bloque. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de gros blocs ?!

C'est à toi de couper quand tu veux ton chapitre.

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La Reine des Neiges 3  Empty Re: La Reine des Neiges 3

Mar 14 Fév - 15:45
Je crois avoir compris. J'essaierai demain en postant les chapitres suivants.

Ansa aime ce message

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La Reine des Neiges 3  Empty La Reine des Neiges 3 (Chapitre 7)

Mer 15 Fév - 17:22
Chapitre 7
Kristoff
 
La nuit était tombée depuis plusieurs heures. Je me tournais sans cesse dans mon lit, n’arrivant pas à trouver le sommeil. Je me mis sur le dos et soupirai, tout en posant un bras sur l’oreiller au-dessus de ma tête. Je regardai le baldaquin de mon lit, perdu dans mes pensées. Depuis qu’Anna était reine, elle se montrait de plus en plus distante avec moi, étant en permanence occupée par les affaires du royaume. J’avais tout d’abord pensé que ma demande en mariage nous rapprocherait, nous liant l’un à l’autre à tout jamais. J’avais eu tord. Cette nouvelle vie auprès de celle que j’aimais s’annonçait beaucoup plus compliquée que je ne l’avais cru. Nous nous aimions toujours autant – si ce n’est plus – mais nous n’avions que de rares occasions pour nous voir. La plupart du temps, nous n’étions pas seuls et ne pouvions donc pas profiter d’un moment d’intimité. La jeune femme voulait évidemment bien faire et répondre correctement à son devoir de reine mais sacrifiait toute une partie de sa vie privée, dont je faisais pourtant partie. Je savais que cette situation la faisait souffrir, même si elle essayait de ne rien laisser paraître, gardant en permanence son grand sourire et sa bonne humeur qui la définissaient. Elle me manquait. Elle me manquait terriblement alors qu’il n’y avait qu’un couloir qui nous séparait l’un de l’autre en cet instant. Qu’un couloir qui séparait nos deux chambres.

Je me redressai pour distinguer les deux aiguilles de l’horloge sur laquelle les rayons de la lune se reflétaient. Minuit et demi. Il était tard. Mais je savais que c’était ma seule occasion si je voulais enfin la retrouver. Je me levai, enfilai rapidement un pull de laine et me dirigeai vers la porte. L’obscurité de la nuit m’empêcha de distinguer quoi que ce soit dans le couloir. Tout était calme. Le personnel devait également s’être couché, ne jugeant plus leur présence nécessaire. J’avançai doucement à tâtons dans la pénombre, laissant glisser mes doigts contre le mur me menant à la chambre d’Anna, quelques mètres plus loin. Un rai de lumière apparaissait sous la porte de cette dernière. Que fait-elle encore debout à cette heure-ci ? me demandai-je. Je m’approchai et actionnai le plus silencieusement possible sa poignée. J’entrai dans la pièce, refermant la porte derrière moi. En me retournant, je vis Anna affalée sur son bureau qui semblait profondément endormie. J’avançai vers elle, prenant garde à ne pas faire de bruit. Je remarquai alors un petit filet de bave qui coulait le long de sa joue. Je ne pus m’empêcher de sourire. Je soulevai légèrement sa tête qui était restée posée sur des documents officiels. Sa salive risquant de les tacher, je les retirai et les empilai soigneusement sur le coin de son bureau. Elle devait certainement être en train de les signer avant de tomber de fatigue, déduisis-je en voyant ses doigts encore refermés sur son stylo plume couvert d’encre. Je le lui retirai délicatement des mains, le rangeai à sa place et portai doucement la jeune femme jusqu’à son lit, évitant de la réveiller. Quelques mèches de ses cheveux s’étaient entortillées autour de sa couronne. Après les avoir patiemment démêlées, j’enlevai son diadème de sa tête et le déposai sur sa table de chevet. Anna poussa un léger soupir de bonheur dans son sommeil. Un petit sourire inconscient apparut sur ses lèvres. Elle était magnifique. Voyant qu’elle n’avait pas pris la peine de retirer ses vêtements, je passai une main dans son dos, retirant une à une les attaches de sa longue robe. Je la lui ôtai bientôt complètement et la rangeai dans sa penderie. La jeune femme portait un corset encore serré autour de ses côtes et de sa taille. Je le lui délaçai légèrement, lui permettant de respirer plus à son aise. Je ne me permis pas de le lui enlever complètement, c’était son intimité et je la respectais. Ce n’était pas à moi de le faire, du moins pas pour l’instant. C’était trop tôt. Je ramenai ses draps et sa couverture sur elle, m’assurant qu’elle n’attrape pas froid. Je déposai tendrement un baiser sur son front avant de me lever. Je lui jetai un dernier coup d’œil et souris en la regardant dormir si paisiblement. J’éteignis la petite lampe à huile restée allumée sur son bureau et repartis aussi silencieusement qu’à mon arrivée. Quand je fus de nouveau dans le couloir, je poussai un long soupir et me laissai glisser le long du mur, jusqu’à ce que je me retrouve assis, les genoux contre ma poitrine. J’étais heureux qu’Anna se repose enfin, elle qui voulait prendre le moins de pauses possibles dans ses journées. Mais une fois de plus, nous n’avions pas réussi à nous voir, ne serait-ce que quelques instants, quelques minutes de bonheur partagées au coin d’une cheminée ou à observer les étoiles par la fenêtre. Une fois encore, je me retrouvais seul à devoir tuer le temps qu’il me restait dans cette nuit sombre et froide. Je posai le sommet de mon crâne contre le mur derrière moi et fermai les yeux. J’avais vécu des années dans la nature, entouré parfois uniquement de Sven et des trolls, sans aucune présence humaine. Cette sorte de solitude et de manque de socialisation avec mes pareils ne m’avait jamais réellement affecté. Mais cette fois c’était différent. Je vivais dans un château, entouré de domestiques qui répondaient présents en cas de besoin et ne manquais objectivement de rien. Sven profitait également de son confort dans les écuries. Nous avions tout pour être heureux. Cependant, l’amour que je ressentais pour Anna, ces sentiments qui me tordaient délicieusement le ventre et qui accéléraient les battements de mon cœur en sa présence, était nouveau pour moi. Je n’avais jamais dû faire face à de telles sensations de bonheur. Mais ce dernier semblait être aussi fragile que du verre soufflé, capable de se métamorphoser en un instant en une immense peine, bien plus douloureuse que toutes ces années passées en l’absence d’autres êtres humains. Sans aucun moments privilégiés avec Anna, c’était ce que je ressentais depuis plusieurs semaines maintenant. Mon cœur semblait être compressé dans une minuscule cage, bien trop petite pour contenir tout l’amour que j’avais pour elle. Je devais me retenir, patienter et ne pas laisser mes sentiments déborder de cette cage qui supportait à elle seule tous les efforts que je faisais pour ne pas céder à la tentation de garder la jeune femme pour moi, nous permettant enfin de vivre notre vie à deux comme nous l’espérions autrefois.  

Je me redressai, m’appuyant contre le mur tapissé de papier peint rouge bordeaux. D’un pas lent, je traversai les longs couloirs du palais et descendis les escaliers, me dirigeant vers la porte principale. J’en poussai les immenses battants qui grincèrent légèrement en s’ouvrant. Un souffle d’air glacial s’introduisit dans le château et me fit frissonner. N’ayant pas prévu de me retrouver confronté aux faibles températures de la nuit, je ne portais qu’un pull peu épais et peu adapté pour la saison. J’avançai de quelques pas, descendis rapidement les petits escaliers qui menaient à la cour et me dirigeai d’un pas pressé vers les écuries royales. Je levai la tête tout en marchant silencieusement sur les pavés et regardai le ciel noir constellé d’étoiles. Je ne l’avais jamais vu aussi dégagé. Aucun nuage ne le recouvrait. Je l’avais pourtant observé attentivement durant des années auprès des trolls. Ceux-ci m’avaient appris à le lire en reconnaissant chacune des constellations qui le composaient. J’avais assisté à de nombreux spectacles d’aurores boréales dansant sur la voûte céleste. Mais c’était la première fois que les étoiles se détachaient si nettement de leur sombre support.

J’entrai dans les écuries et allumai une petite lanterne à l’aide d’une allumette. Je passai devant le box du cheval d’Anna. L’animal leva la tête à mon arrivée et vint à ma rencontre, visiblement curieux. N’ayant rien à lui offrir, je cherchai du regard une éventuelle friandise. Je vis un sac de pommes tout juste mures posé à côté de l’entrée. J’en pris une et la tendis au cheval qui la happa sans hésitation. Je caressai doucement son front alors qu’il mâchait avec gourmandise. Après quelques minutes passées à le cajoler, je le quittai et me dirigeai vers le fond de l’écurie au bout duquel se trouvait une petite étable. J’en poussai doucement la porte, maintenant dans une main la lanterne que je dirigeai vers l’intérieur de la pièce. Sa faible lumière me fit tout de même distinguer Sven, allongé à même le sol en terre cuite. Quand il m’entendit entrer, il se redressa joyeusement et s’approcha de moi. Le renne me renifla de haut en bas et parut déçu.

« Non Sven, je t’ai pas pris de carottes », lui dis-je en lui montrant mes poches vides.

Il se laissa lourdement tomber en position assise et poussa un brame de mécontentement. Je ris en voyant son attitude et me justifiai :

« Eh ! C’est pas le moment de manger, on est au beau milieu de la nuit ! »

Le renne me lança un regard peu convaincu, ayant certainement entendu que j’avais donné une pomme au cheval d’Anna.

« Bon d’accord, je t’en apporterai la prochaine fois », lui concédai-je.

Il se remit brusquement sur ses pattes, remua légèrement la queue tout en tirant la langue, visiblement content. Parfois, j’avais plus l’impression d’avoir affaire à un chien qu’à un renne. Mais notre complicité allait bien au-delà de cela. Je ne considérais pas Sven comme un animal mais presque comme un être humain à part entière, comme un frère que je n’avais jamais eu. Un frère muet auquel j’aimais donner la parole et attribuer des caractères différents. Je le connaissais depuis mon enfance et, quand j’avais remarqué qu’il était orphelin comme moi, j’avais compris que nous serions inséparables.

Je pris la petite guitare que j’avais laissée dans le fond de l’étable et me laissai tomber sur un tas de foin. Je jouai pensivement quelques notes. Sven vint s’allonger à mes pieds, semblant m’écouter. La mélodie d’abord remplie de douceur devint petit à petit plus triste. Je soupirai, pensant une fois de plus à Anna. Ma situation avec la jeune femme hantait mon esprit jour et nuit.

« Les rennes sont plus heureux que moi. Sven, l’amour quelle histoire », chantonnai-je tristement à mi-voix.

Et si je m’étais trompé ? Si tout le bonheur que je m’étais imaginé auprès d’Anna n’était qu’un rêve, un idéal inatteignable ? Non, cela ne pouvait pas être vrai. Pourtant, depuis qu’Elsa avait décidé de rester dans la forêt enchantée, tout me semblait plus difficile et me faisait douter sur ma situation avec Anna, allant parfois jusqu’à remettre en question ma demande en mariage. J’aimais la jeune femme plus que tout au monde. Seulement, la dureté de la réalité me frappait de plein fouet et me faisait prendre conscience qu’Elsa avait été en quelque sorte l’élément fondateur de notre couple car elle avait toujours été présente pour gérer les affaires royales, permettant à sa sœur de passer autant de temps qu’elle le voulait avec moi. Maintenant que l’ancienne reine n’était plus là, Anna avait dû prendre sa place, fragilisant ainsi l’équilibre instable qui s’était installé entre nous.

J’avais arrêté de jouer sans m’en rendre compte. Sven s’était endormi et poussai un léger ronflement. Mes doigts fatigués lâchèrent doucement la guitare. Je décontractai complètement mes muscles et m’enfonçai un peu plus confortablement dans la botte de foin. Je baillai tout en clignant des yeux pour la dernière fois. Je vis à peine la flamme de la petite lanterne posée à côté de l’entrée s’éteindre petit à petit avant de sombrer dans un profond sommeil.
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La Reine des Neiges 3  Empty Re: La Reine des Neiges 3

Mer 15 Fév - 17:42
Mais euh?... L'histoire est pas finie là?! scratch Alors pourquoi le titre dit histoire complète?!
Ansa
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La Reine des Neiges 3  Empty Re: La Reine des Neiges 3

Mer 15 Fév - 17:50
C'est une erreur de ma part...
De toute façon je fais et je ne suis qu'une m*rde.
Désolée je change ça tout de suite.

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La Reine des Neiges 3  Empty Re: La Reine des Neiges 3

Jeu 16 Fév - 10:44
Oh mais non c'est très bien ce que tu as fait, merci beaucoup !

Je n'avais pas remarqué le titre... j'aurais pu le changer seule effectivement
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La Reine des Neiges 3  Empty La Reine des Neiges 3 (Chapitre 8)

Jeu 16 Fév - 10:49
Chapitre 8
Anna
 
« Votre Majesté, il est heure de vous préparer. »

J’ouvris péniblement les yeux tout en m’étirant et me redressant tant bien que mal sur mon lit.

« Qui est là ? demandai-je d’une voix ensommeillée.
— C’est Kai, madame », me répondit le domestique derrière ma porte de chambre.
Mes paupières se maintenaient difficilement ouvertes. Je luttais pour ne pas me rendormir. En comprenant mon manque de réaction, le majordome reprit :
« Les cuisiniers vous attendent dans la salle de bal Votre Altesse.
— Les cuisiniers ? Quels cuisiniers ?
— Eh bien, ceux que vous avez demandés à rencontrer pour définir le menu de la réception qui a lieu dans deux jours, madame. »

Je baillai.

« Quel jour sommes-nous s’il vous plait ?
— Le quatorze janvier Votre Majesté. »

Le quatorze janvier, répétai-je intérieurement. Je levai les yeux vers le bureau en face de mon lit. La pile de feuilles soigneusement empilée sur un de ses coins me rappela subitement la venue des ambassadeurs étrangers à Arendelle ce samedi. Ils avaient tous répondu présents. C’était la première fois que j’organisais une réunion de la sorte en tant que reine. Tout devait être parfait. Je devais leur montrer que je pouvais endosser ce rôle tout aussi bien que ma sœur et que ma mère avant moi.

« J’arrive tout de suite ! » criai-je à Kai en sautant de mon lit.

J’entendis le domestique s’éloigner à pas lents, retournant à ses occupations. Ce ne fut qu’une fois debout que je remarquai que je n’étais qu’en sous-vêtements, n’ayant pourtant jamais l’habitude de dormir ainsi. Je regardai autour de moi. Tout était en ordre, chaque objet étant parfaitement à sa place, ce qui était fort inhabituel. La soirée d’hier me revint alors en mémoire. Les documents, les signatures, ma fatigue… J’avais fini par m’endormir. Mais que s’était-il passé ensuite ? Je m’approchai du bureau. Tout avait été rangé. Les documents avaient été entassés, mon stylo plume avait été nettoyé et remis dans le petit interstice du bois prévu à cet effet. Je me souvenais simplement avoir laissé mes affaires éparpillées un peu partout avant de sombrer dans le sommeil. Quelqu’un était entré dans ma chambre sans mon autorisation et avait tout rangé. Je touchais distraitement mon corset, réalisant que ses lacets avaient été légèrement défaits. Je rougis. Mon cœur se mit à tambouriner plus fort dans ma poitrine. L’idée qu’une personne m’ait vue à moitié nue me mettait extrêmement mal à l’aise. Je me raclai la gorge et inspirai profondément pour reprendre mon sang froid. Où ma robe a-t-elle été posée ? me demandai-je en la cherchant du regard. J’ouvris alors en grand ma penderie et l’y trouvai accrochée au milieu de mes autres tenues. Je l’enfilai pensivement et compris enfin. Kristoff, songeai-je en esquissant un sourire. Voyant ma couronne sur ma table de chevet, je la saisis et la posai sur ma tête. Enfin prête, je sortis le plus silencieusement possible de ma chambre, évitant d’attirer une fois de plus les foudres de Kai me reprochant d’être en retard – comme toujours. Je frappai doucement à la porte de chambre de Kristoff. N’entendant pas de réponse, je l’ouvris. Il n’y avait personne. Gerda, une autre domestique qui avait toujours été présente pour moi depuis ma naissance, passa derrière moi.

« Tout va bien Votre Majesté ? » me demanda-t-elle en voyant mon air soucieux.

Perdue dans mes pensées, je mis quelques secondes avant d’entendre ce qu’elle me disait.

« Oh ! Euh, oui, oui tout va bien ! la rassurai-je. Savez-vous où se trouve Kristoff ?
 — Non Votre Altesse. Je ne l’ai pas vu depuis hier. »

Je fus déçue de sa réponse. Elle sembla le remarquer et enchaîna aussitôt :

« Mais les cuisiniers vous attendent toujours dans la salle de bal, madame ! Il faudrait que vous y alliez avant qu’ils ne perdent patience… 
— Dites-leur que j’arriverai bientôt, dis-je en m’éloignant.
— Mais quand madame ? Quand ?
— Bientôt ! » lui lançai-je, déjà à l’autre bout du couloir.

***   

J’avais cherché dans chaque pièce, chaque recoin du palais. Kristoff était introuvable. Les domestiques que j’avais croisés m’avaient tous sermonnée, me reprochant d’être très en retard, une fois de plus. Je ne leur avais pas répondu, continuant imperturbablement mon chemin. Leurs critiques ne m’importaient plus depuis longtemps. Je les ignorais. J’avais mis de côté ma vie personnelle et Kristoff depuis bien trop de temps. Je ne voulais pas le faire passer après mes devoirs de reine, comme je l’avais pourtant fait depuis quelques mois. Je devais y remédier au plus vite, avant qu’il ne soit trop tard et que je le perde définitivement. Le jeune homme tenait à moi et je tenais à lui. Il avait réussi tant bien que mal à s’adapter dans ce milieu qui était pourtant bien loin du sien à l’origine. Je devais lui prouver qu’il avait fait le bon choix en venant vivre à mes côtés.
Où peut-il bien être ? Je réfléchissais le plus rapidement possible. Il me fallait une réponse, et vite. Le temps me manquait de plus en plus. Tous s’impatientaient terriblement et ne supporteraient bientôt plus mes allées et venues à travers le palais. Si j’étais Kristoff et en manque de compagnie, qu’est-ce que je ferais ? me demandai-je. La réponse me sembla soudain évidente.

« Sven ! », m’écriai-je en me précipitant à travers le château.

***   

J’ouvris les portes de l’écurie, arrivant à moitié essoufflée tant j’avais couru. Ma longue et lourde de robe ne m’avait pas non plus facilité les choses. Mon cheval hennit en me voyant et gratta la porte de son box avec son sabot. Je tapotai doucement son encolure et déposai un léger baiser sur son front.

« Tu n’aurais pas vu Kristoff par hasard ? » le questionnai-je, n’attendant pourtant pas de réponse de sa part.

L’animal redressa ses oreilles et semblait fixer un point derrière moi. Je me retournai, suivant son regard. Je compris ce qu’il voulait en remarquant le sac rempli de pommes à côté de l’entrée. J’en pris une en soupirant et la lui donnai.

« Tu ne m’es pas d’une grande aide toi tu sais ? » lui fis-je gentiment remarquer en riant.

Un  ronflement à proximité se fit entendre. Je me dirigeai vers le fond de l’écurie. Une porte était légèrement entrouverte, laissant échapper quelques bruits. Je la poussai, l’ouvrant complètement. Je découvris alors Kristoff et Sven, blottis l’un contre l’autre et encore endormis. Je m’approchai doucement du jeune homme et m’accroupis auprès de lui. Sven se réveilla et releva la tête à mon approche. Je déposai quelques caresses derrière ses oreilles avant de me tourner de nouveau vers Kristoff, toujours profondément endormi. Quelques brindilles de foin s’étaient mêlées à ses cheveux blonds. Je le regardai silencieusement dormir et souris devant son air si détendu. Sa bouche légèrement ouverte expirait un souffle chaud dans un petit ronflement craquant. Une mèche de cheveux tomba devant ses yeux. Je la repoussai délicatement en arrière et caressai tendrement le front de Kristoff. Le jeune homme ouvrit les yeux au contact de ma main sur sa peau. Il la saisit et entremêla ses doigts dans les miens. Il paraissait à la fois heureux et surpris.

« Anna ? Qu’est-ce que tu fais ici ? me demanda-t-il en se redressant sur la botte de foin sur laquelle il s’était endormi.
— Eh bien, je t’ai cherché toute la matinée et j’ai fini par te trouver ici, lui répondis-je en souriant.
— Tu m’as cherché toute la matinée ? Pourquoi ? Je te manquais ? » fit-il en me donnant un petit coup de coude dans les côtes pour me taquiner.

Je rougis.

« Je… euh… j’ai cru comprendre que tu étais venu dans ma chambre hier soir… » bafouillai-je timidement. 

Kristoff me lança un regard amusé en voyant ma gêne.

« Ne t’inquiète pas, tu es très belle quand tu dors », me dit-il en me faisant un clin d’œil.

Je lui souris, rassurée.

« Un peu baveuse, mais très belle ! ajouta-il en riant.
— Hey ! Tu n’étais pas non plus obligé de venir me voir à cette heure-ci ! fis-je semblant de protester.
— Mais je ne le regrette pas… »

Je fus de nouveau gênée en songeant à mon corset légèrement délacé.

« Mais… euh… tu… »

Kristoff me regarda et plongea son regard intense dans le mien, n’ayant toujours pas lâché ma main.

« Anna, je n’ai rien fait qui puisse porter atteinte à ton intimité. Je te le promets. J’ai juste jugé que ce serait plus agréable pour toi de dormir sans cette robe et sans ce corset aussi serré qui t’étouffe à moitié ! »

Je savais qu’il était sincère. Je lui faisais entièrement confiance.

« Je n’ai jamais compris quelle était l’utilité de porter des choses horriblement inconfortables, qui vous compressent en permanence les côtes et qui vous…
— Kristoff, tu sais que je n’ai pas le choix, le coupai-je.
— Je sais bien… Mais je ne trouve pas ça juste ! » soupira-t-il.

Je souris. Il était si compréhensif. J’avais toujours adoré ce côté compatissant qui était si adorable chez lui. Je me penchai vers le jeune homme et déposai doucement mes lèvres sur les siennes. Il répondit immédiatement à mon baiser, passant une main dans mes cheveux, me plaquant un peu plus contre lui.

« Tu m’as manqué, souffla-t-il en décollant légèrement sa bouche de la mienne.
— Toi au…
— Votre Majesté ! Votre Majesté ! » m’interrompit la voix de Kai au loin.
Je m’écartai doucement du torse de Kristoff et soupirai.
« Je suis désolée… murmurai-je. Il faut vraiment que j’y aille… Je les ai déjà faits suffisamment attendre… »

Il me regarda et me sourit faiblement. Je savais que ce n’était qu’une façade, qu’un air faussement heureux qui cachait une infinie tristesse. Je déposai un léger baiser sur son front et m’éloignai à contrecœur, les larmes aux yeux.
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La Reine des Neiges 3  Empty Re: La Reine des Neiges 3

Ven 17 Fév - 9:19
Euh les domestiques qui sermonnent la reine? Alors sans doute que @Frantzoze pourra nous en dire bien davantage que moi mais dans mes souvenirs d'Histoire, les domestiques ils avaient surtout intérêt à ne faire aucune remarque au souverain! Donc si Anna est en retard, ils n'ont rien à dire normalement Wink

Et je me demande quand même, c'est certes mignon et Anna qui se demande ce qui a pu se passer mais, pourquoi serait elle gênée de se retrouver ainsi et le côté pudeur. Alors oui je pense que dans les mœurs du XIXè siècle ça s'explique mais elle est la reine et elle et Kristoff se cotoient depuis 3 ans, c'est curieux que ce soit si prude
Sinon comme d'habitude c'est très agréable à lire Wink
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La Reine des Neiges 3  Empty Re: La Reine des Neiges 3

Ven 17 Fév - 10:32
Très bonnes remarques ! Je suis bien d'accord, en soi un domestique n'a rien à dire à son souverain (historiquement parlant c'est bien évidemment correct). Mais j'avoue ne pas toujours avoir privilégié l'Histoire dans ma fanfiction (bon bien sûr je ne donne pas un ordinateur à mes personnages au beau milieu du XIXe siècle !  La Reine des Neiges 3  1f605), j'ai vraiment pris comme base les deux premiers films Frozen. Et en les analysant encore et encore, j'ai trouvé que la relation d'Anna et d'Elsa avec leurs domestiques (notamment Kai et Gerda) est finalement très peu développée alors qu'elle aurait méritée de l'être davantage. En effet, ce sont quand même eux qui ont certainement dû gérer l'éducation des deux jeunes femmes lorsque leurs parents sont morts car elles n'étaient pas encore majeures (la majorité étant à l'époque de 21 ans). 
Quoi qu'il en soit, vous allez le découvrir un peu plus tard dans ma fanfiction, mais cette relation entre Kai, Gerda, Anna et Elsa va être développée. En deux mots, si Kai et Gerda agissent de la sorte surtout avec Anna - bien qu'elle soit dorénavant reine - c'est parce qu'ils ont dû jouer le rôle de parents pendant plusieurs années (et possiblement depuis sa naissance et celle de sa sœur, mais je n'en dis pas plus  La Reine des Neiges 3  1f604 ). En bref, ils sont très protecteurs envers elle (peut-être trop) et souhaitent s'assurer que son début de règne se passe pour le mieux car elle est très jeune et a toujours un côté naïf et enfantin qui les inquiètent un peu. 

Voilà concernant les domestiques. Maintenant concernant la relation entre Anna et Kristoff... C'est pareil, la pudeur d'Anna envers Kristoff sera expliquée un peu plus tard (je ne me souviens plus dans quel chapitre exactement mais dans mon souvenir ça ne devrait tarder). Et cette fois-ci je prends vraiment le contexte de l'époque pour base. Ils ont beau être ensemble depuis 3 ans, tout ce qui est relatif à la sexualité avant le mariage est tabou (encore plus dans le milieu royal). Donc pas touche  La Reine des Neiges 3  1f602 . Certes, aujourd'hui ça peut nous paraître "étrange" cette pudeur (quoi que... Il y a toujours des personnes qui refusent le sexe avant le mariage donc bon  La Reine des Neiges 3  1f481 ) mais à l'époque c'était tout à fait normal. Et je le répète, si Anna est extrêmement pudique (bien plus que Kristoff), c'est un peu plus profond qu'une simple différence de milieu social entre les deux amoureux et ce sera expliqué dans les chapitres suivants.  La Reine des Neiges 3  1f604 

Voilà voilà, j'espère avoir répondu à tes interrogations !  La Reine des Neiges 3  1f604
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